‹ Clinique des maladies du système nerveux v. 2, 1893Chapitre 12 sur 95 · CAS DIVBBR DE U. CHARCOT · texte numérisé non relu

CAS DIVBBR DE U. CHARCOT

connu 1o méfait à propos duquel on l'avait confié A l'exa« mon niôdico-léçal do M. Ganiier. Laissant do côte coa trots derniers états qui ne nous occupent point ici, nous voyons que, dans ses accès de somnambulisme spontané, oet hommo marchait, agissait d'une façon en apparenco raisonnable et coordonnée. Mais il ne se mettait en contact ou on rapport avec le monde extérieur que par un côte exclusif, le mabilo actuel de son délire. Une question sans corrélation avec l'idée qui était, à ce moment, maitresse de son esprit, n'était point entendue, mats si Tinter* rogation visait ce point précis, il devenait possible d'entrer en communication avec lui sur ce sujet étroitement limité. Ce sont l)ien là les caractères signalés plus haut dans les cas que nous citions. Nous y reviendrons avec quelques détails à propos de nos malades»

Depuis longtemps, M. Cbarcot avait fait remarquer combien fréquemment les altaques délirantes se rencontrent chez les enfants dos deux sexes, peut-être môme plus parliculîèrement chez les garçons. Chez eux on voit souvent un délire actif, quelquefois furieux, tenir une place prépondérante dans l'attaque d'hystérie. Dans une leçon publiée en [HH\ (1], il rapportait l'histoire d'une petite épidémie d'tiystcrio survonuo chez trois frères et sœurs, à l'occasion de pratiques de spiritisme. Le plus jeune de ces enfants, âgé de onze ans, criait quMI voyait des lions, des loups, son père mort, se battait à coups de sabre avec des ennemis imaginaires, courait, frappait les portes. L'autre se levait, fuyait^ criant au voleur. Dans les Leçcm du Ma.rdiy M. Charcot cite encore d'autres cas de cette espèce.

L'un d'eux (2) a trait à un jeuno collégien de 14 ans qui, dans ses attaques que M, Oharcot qualifiait de somnam* bulodélirantog, se livrait à toutes sortoa d'actes absurdes, en rapport la plupart du temps avec des hallucinations vl» suelles. Il grimpait après le bras de son médecin, le pre*

(t) Charcot. — Lcçonê 8ur Uf maladies du système nerveux^l i. lu, p. SSÎ et suiv.

12) CItarcot. — Leçon» du Mardi, t. 1, p. 199.

UTSTÉniB OB l'enfance.

nant pour une corde à nœuds du gymnaso où dans son délire il croyait so trouver. Sous l'empiro d'une hallucination de mâiiie nature, il tentait d'emporter sa mère sur son dos, la prenant pour le portique du même gymnaac.

Dans le même ordre d'idées, citons encore le cas rap* porté sous le titre d'hystérie maniaque infantile par M. Ulocq (I). Dans ce cas le délire dura plusieurs jours et fui suivi pardeux attaques succesâives qui so produisirent pendant la même journée et marquèrent la lin do la criso somnambulique.

Dans tous les cas que nous venons do citer, nu point do vue noso^raphi([uo, il s'ai^il toujours do la même clioso. Mais on peut déjà voir, par la brève description que noua avons donnéC} que tous ces cas, maigre les grandes analogies c|ui les rattachent les uns aux autres, no se ressemblent pas cependant absolument. Les uns présentent une période délirante courte, marquée par une incoordination d'idées et d'actes saisissante. D'autres au contraire, les deux cas de M. Mesnct et celui de M. Uarnier en particulier, sont remarqual)lc3 par une sorte de ressemblance avec Tétat de veille, et rcxécution d'actes coordonnés, Entre les uns et les autres, toutes les transitions peuvent se rencontrer. C'est, à n'en pas douter, dans rhystériodo l'enfance et on particulier dans l'hystérie des jeunes garçons que l'on rencontrera le plus tj^'^wt! nombre do cas do la première catégorie.

Nous avons pu observer plusieurs enfants offrant des accidents de ce genre dans le service de M. le P'Charcot, à la .SalpOtrîéro.

L*un d'eux, le jeune It..., âgé de 13 ans, commençait son attaque par une aura gutturale fortement aocentuôo, i;riant ; • J'étouffe I» Puis, perdant connaissance, sans tomber par

{{) Blocq.

— Jlystérie maniaque infanUlc (8oc, de méd.

URB DÂN8I/HY9TéniB INPANTILE.

terre, il ëtait pria do quelques mouvement» convulsKs i membres, vôritablo esquisse de La phase épileptofdo, qui duraient quelques secondes. Alors commençait tout do suite lo délire. Il s adressait & son père, effaré de voir son enfant dam cet état, et lui disait: 0 Allez-vous-en, Monsieur. Vous n'êtes pas mon pore. » Puis il sautait à cheval sur le traversin de son Ht et chevauchait h travers la chambre, criant : « Huâ ' bidet ! » et frappant à droite et à gaucho de grands coups d'une cravache imaginaire. Ou bien encore it était furieux et cassait tout ce qui se trouvait autour do lui. Enfin, il revenait à lui, un peu fatigué, dormait quelques instants et se relevait ayant perdu tout souvenir, comme si rien ne s'était passé. Os crises, qui au début étaient assez courtes, se prolongèrent dans la suite ; elles duraient alors jusqu'à une heure entière. U n'y eut jamais, pondant les crises, ni morsure de la langue, ni miction ou défécation involontaire.

Cet enfant, à propos de qui ses parents niaient toute hérédité nerveuse, avait vu les premiers accidents nerveux a« développer sans cause connue. Ainsi que cela so préseato souvent dans l'hystérie infantile, on no constatait chex lui aucune espèce de stigmate hystériquef sauf, et cola n'était encore pas bien net, un point hypcreslhésiqtie dans ta fosse Iliaque gauche.

Un autre petit garçon, âgé de 1^2 ans, était fila d*un pcro qui, à la suite d'un accident survenu dans un cboulomcnt, avait présenté les symptômoa de rhystérie trauniaUque. Depuis cet éboulcmont, tous les ans, pondant doux mois environ, aux approches du jour anniversaire de son accU dent, il était pris do crises de nerfs qu'il nous a décrites, et qui sont, h n'en pas douter, des attaques hystériques, durant quelquefois pondant quatre heurcSi et caractérisées par Taura classique et des grands mouvements violents. A l'cpoqiïc où nous avons pu l'examiner, le pcre du jeune Forcn,.. no présentait aucun stigmate, ni ancslhéaie, ni rétrécissement du champ visuel. Outre cotte tiire héréditaire palernollc, le polit malade a encore une tante maternelle qui a ou la ohoréo à Tàgo de 12 ans et un cousin germain du côté do sa mère qui est mort fou à Tasilo do Vlllejulf.

Pour ce qui est du jeune Foren..., au mois de mai 1888 il fut assailli par un gros chien do Terre-Neuve, qui ne lui fit d'ailleurs aucun mal, mais lui arracha l'écharpo blanche qui!

OBSBRTATIOM,

il veniut de faire sa promièro commanfon) et vive frajeur. A partir de ce moment il était

portait au bras lui causa une

devenu poltroo, pleurnicheur ot presque toutes les nuits rêvait do £ïTos chiens qui l'attaquaient. Les choses restèrent dans cet état pendant cinq mois. Un beau soir, au moment de se mettre Stable pour dîner. Il tomba par terre sans connaissance, sans avoirijté prévenu par aucune sensation particulière. Il se releva au bout de quelques instants et dîna comme si rien no s'était passé. Plus tard l'aura classique laryngée et céphaliquo pré-

Iccda toujours l'attaque. Mais pendant les premières ello manquait, phénomène d'autant plus important qu'il pouvait induire eu erreur, une des attaques s'étant accompagnée de perte involontaire do Turine ot des matières fécales. Mais &\ oa avait pu alors penser ii répilcpsic en raison de ces deux phénomènes : l'absence d'aura, la miction ot la défécation involontaireu pendant la crise, cette hypothèse ne pouvait se soutenir 1ons:teaip9. En effet bientôt apparurent des attaques dans les^ qucUes, rélémcnt convuUif se bornant h quelques lé^rs spasmes des membres, le délire atteignait au contraire une intensité considérable. Û'autre part en Tabsence d'autres stigmates, tels que Tanesthésie, les points hystériques, il existait une amblyopio hystérique totale de Tceil droit constatée ^^ par M. Parinaud.et qui était survenue, au dire des parents, peu ^vde temps après l'accident arrivé h l'enfant. ^H Chez ce petit malade le délire était assez actif et bruyant. ^Kfl court à droite et h gauche, demande de Teau en tendant un ^Bgûbelet imaginaire ot olfro deux sous pour en avoir. Puis il dît: ^P « Donnez-moi un mouchoir. Voilà quatre sous, n Tout h coup ^^ il saule sur son lit et pondant une demi-heure le met sens dessus dessous. 11 prend onlin son matelas sur sa tête et se promène ainsi dans la pièce où il se trouve. Puis celte idée le quitte, ot subitement : « Je vais aller attraper des corbeaux, i dit-il, et en même temps il dispose par terre des pièges imngi- D&ires. Pendant tout oc temps 11 va, vient, les paupières balBsécs et vibrant de petits battements, tournant les obstacles ^^qui se trouvent sur son chemin. Knlin il s'arme d'une gaule ^■ioiaginatro ot pêche h la ligne. Mais trouvant qu'il ne prend ^Hp;LS assez de poisson h Paidede cet engin, il se baisse et attrape les poissons à la main en comptant rapidement : a Un, doux, trois, quatre, i* II sort de cet état soit sans transition bien «cousée. soit par IMntermédiaire de ([uelques mouvements Bpasmodlques.

Dans la suite, après quelque temps de séjour a l'hôpital, les attaques do co petit malade so niodinùront aotublemont.

HAI.LUCIKATIONS DE LA PHA5B PlSSIO^KELLE.

La période délirante se raccourcit peu à peu, rélémcnt convulsif devint graduellement prédominant et il rentra ainsi dans la règle, quittant ses crises somnambulo-délirantes qui avaient si fort effrayé son entourage (1).

Comme on le voit par les quelques cas qui précédent, le délire de la phase passionnelle de Tattaquc hystérique chez les enfants est éminemment variable dans ses manifesta* tions extérieures. Il y a cependant un trait commun à tous ces cas, c'est que dans le délire l'initiative est laissée presque totalement au malade qui Je plus souvent^ règle ses idées délirantes soit sur ses hallucinations visuelles du moment, soit sur les faits habituels de sa vie, soit sur des souvenirs qui ont plus ou moins fait impression sur son esprit. Parmi les variétés prcBque innombrables qu'on pourrait signaler dans ce groupe, il est une forme, pas trôa frwjucnto à la vérité, qui parait mériter une mention spéciale.Cotte forme est caractérisée par le bizarre changement do la personnalité fju'on appelle la zôanUiropie : les ma-

(1) Les cas de ce genre sont exIrC^mement fréquents. Depuis que nous avons rô<lig6 ce travail, nous avons eu dans no;» salles, à U SulpOtritTc, Jeux enfants dont les attaques délirantes ont causé granUémoi dan» le» pays qu'il» habitaient. L'une était une petite Hllo de tt ans, demeurant en Bourgogne, dans un petit iiamcau doquel* ques habitants. lAlo avait des attaques dans lesquelles la périudo délirante prenait un développement tel que. devant l'éin-^i deshab'tlanls, le maire du pays écrivit à M. Cliaruol pour demander son admission àlftSalpf'iriCro. Nous reconnûmes cliezelle dès son arrivée l'atlaquo typique d'hysti^ric avec prédominance de la phase pasriioiuiolie. Trois mois d'isolement et de séjour à la Hnlpôtriero ftufllrent p< lur la guùrir complètement. L'autre est un jeuiro garçon de 12 ann habitant en Corao, à Basiia. Envoyé & la âalpélrièro par Sun minlocin pour consulter M. Uhnrcot. il présentait dès son arrivàfi tous les signes do lliyalérie infantile avec attaques dans Ic^tquellos lu pliase pn^sHloniielle iirédominait d'une façon tout À fait remarquable. La crise se produisait généralement dans l'aprèsmidi ou la soirée. Après une courte période convulsive, le petit malade entrait dans son somnambtilismc qui se prolongeait quel* qucfois JUBfpi'au lendemain malin. Dans cet état il mangeait, buvait, sortait dans la rue, se faisait conduire au théâtre de la Ville et rn rentrant racontait a son père la pièce qu'il avait vu JHUor. \,v londcmaifi matin il avait complètement perdu le s )uvcnir de re qu'd avait fait, niait avoir été au théâtre, etc. Ce garçon est egnlonuMit en voie do guérison. (G. G.)«

DÊLinS ZÔANTHROPIQUE.

if on pareil cas, abandonnent, comme on sait, leur propre individualité ot so croient transformés on animaux divers.

It y a trois ans environ, tes journaux politiques étaient remplît d'articles ou d'entrefilets plus ou moins extraordinaires concernant la femme* chatte de la Salpêtricre. I^cu de gens Tont vue, cette femme-chatte, car elle est à peine restée quarante-huit heures à la Salpétriére, où elle avait été amenée par M. Charcot, qu'elle était venue consulter la veille k sa consultation de la ville. Néanmoins, M. Dulil, alors interne de la clinique des maladies nerveuses, fut prendre son observation qu'il a bien voulu nous communiquer. La voici telle qu'il Va remise entre nos maina.

11 s'agit d'une jeune Ulle do )(i ans, Louise M..., exerçant la profession de couturièrB. Kilo est enfant naturollo, nt5o de père inconnu. Elle vivait chez son onclo maternel qui Tavait recueillie et élevée. On nie tout antécédent héréditaire du cOté maternel, le seul connu.

Elle-même a toujours été nerveuse et impressionnable t\ Texcôs. Hlleeat devenue hystérique à l'Age de 13 ans, il y a par conséquent trois ans (1); c'est au moment de l'étabUssemont des règles et sous rinlluence d'une émotion qu'elle eut sa première attaque d'hystérie.

Elle éUit rentrée un peu tard de son atelier. Son onole, qu'elle craignait beaucoup, lui fit des reprocties, la gronda; et, séance tenante, elle so mit h ctouffcr, elle sentit une boule lui monter du ventre à la gorge, elle entendait des bruits de cloche, SCS tempes battaient et elle tomba sans connaissance. Pendant ! h. 1)4 elle eut des convulsions, dea grands mouvoments, interrompu» do temps en temps par un arc de cercle typique. Lllo revint à elle brusquement sans avoir déliré. Le lendemain, tout était rentré dans l'ordre.

Par la suite elle eut plusieurs attaques semblables, tous les trois ou quatre mois environ, à des intervalles irréguliers.

Elle aimail beaucoup les animaux et avait des chiens et des chats dans l'appartement. Un jour, le 18 janvier 1880, en jouant avec un chut, elle fut mordue par lui à la main gauche. La main goofla, devint rouge et resta très douloureuse pondant trois ou

(1) Cclto obaervutiou date de Juillet 188^^. OUAACUT, T. 11.

DËUaS GALK4NTHnOPIQUB.

quatre jours. Ui$$ le lendemain de l'aocidont et pendant les quinze jours qui suivirent la malade eut une série d'attaques convulsivcs, précédéca d'une aura classique, avec grands mouvements, arc do cercle^ etc., mais sans délire accompagnant l'attaque. Le seizième jour elle fut prise, dans la rue, en revenant de rétablissement hydrothdrapique qu'elle fréquentait, d'une attaque oonvulbive; une personne la releva, la oondulilt à quelques pas de l'endroit où elle était tombée et la lit entrer chez elle en attendant quo la orise fût oomplètement terroinéo.

C'est alora que pour la première fois elle fut prise de délire galéanthropiquo, Llle se mit donc, au grand étonuement du passant qui Tavait secourue, à courir h quatre pattes, k sauter sur les chaises, & miauler, etc.

A partir de ce jour elle eut deux espèces d'attaques : I* Des SLitàques vulgaires suivies ou :iccompagnées d\ine pha9e délirante dons laquelle elle imltail le ohal. 2'* Dos attaques de délire, non précôdccH do convulsions, constituées uniquement par la phase de délire galéanthropiquo qui terminait les pondes attaques.

Elle fut admise à la Halpètrière le 2 juillet. Le 3 au nutliii dans le cabinet d^ophtalmologio, elle eut une attaque de délire primitif dont voici la description :

Dèllro; gaUanthropie hystérique. — La malade ét/ilt dekout; tout à coup, sans prodrome d'aucune iorte. eunu aura, ta physionomie change. Son regard devient fixe, presque auaaitôi \oê yeux se convulseut en strabisme convergent et brusqueiDoiit elle tombe h quatre pattes; elle court sur ses genoux el scd mains posées h plat sur le sol , la tète un pou redressée ea extension; le visage a sa coloration normale ; les traita sont parfois un peu grimaçants, le regard maintenant est mobile, en accord avec les mouvements de la tête et les déplaoements d« la malade; le strabisme a cessé. Elle va, vient, passe avec agilité sous la table, entre les chaises, entre lea jambes des ossiitants et pousse do temps en temps un léger miaulement ou U ]tfftl pffti des chats on colère. Parfois elle s'arrête, dispose ses doigts en griffes ot gratte lo pied de la table, puis le sol, puii le bas do la porte. On lui jctto une boule de papier et auant6L avec des mines de chatte, elle la pousse, la roule et la lait sauter. Doux ou troi» minutes après, sa respiration devient un peu bruyante ; elle émet d'une voix un peu rauque quel<|ilica cris inartioulés; alors elle cherche à mordre la jambe 40 M. Uharcot, court de nouveau, passant sous la table, renvei^ sant une chaise, puis ollo semble Uairur les jambes dos gens. Son oncle dit quo c'est ainsi que la orise Mnit on 9éll6rtl> ^^

CAJUCTàHXS DQ DftUhS idANTHnOPIQUB.

effet, brusquement, ta voilà qui reprend oounaissADce ; elle relève» l'air êlonné, ne sachant co qui vient de lui arriver, 'attaque avait duré cinq ou six minutes environ, La crise de la Salpêtriêre avait été précédée par une criM en tout semblable et qui avait eu lieu la veille, danâ lo »inet de M. Charoot. Âprèa l'attaque, rien do particolicr ^ »ter.

Oo atae jour, 3 juillet, la malade quitta la Salpètrière par îon flk ratooraa chez ses parenta où je l'ai revue qulnao jours aprte. Elle n'avait pas eu de nouvelles crises d'aucune

Siigmutes. — Pas de r^tréoissoment du champ viauel; pu

anesthésiea; ovaire gauoho ua pou sensible; rien autre.

Vers la Un d'août, la malade fut ameiit^ une aprù£i-midt à la

Ipèlrière i>rft son onclo. Celui-ci me raconta qvio quoique^

ra auparavant elle avait été frappûo a, IVtat do veille par l;i

sionomie d'un aveugle dont les paupières battaient ot qui

rouUUt ses yeux dans tes orbites. Lo lendemain une attaquo

se produisit, suivie d'une phase de délire pendant laqucllo

la malade imitait ïfon aveugle. Le délire ^léanthropique ne

^tait pas reproduit.

Chez cette jeune fille nous voyons les accès se produire »UB doux formes bien distinctes. Tout d'abord l'élénienl tnvulsifdc l'attnque, s'il ne prédomino pas d^une Cu^on [>soluc, existe cependant. Puis, un beau jour, lo délire yanthropi(iuc seul éclate par crises en apparence Indéladantcs do Tattaque d'hysldrio, mai» qui doivent ca« indnnt en être considérées coninic la reproduction. Nous (trouvons danu co dûliro, au suprcmo degré, cette sorto to concentration du sujet, mise eu reliof par M. Mcsnot, [uo nous avions déjà signalée dans les eus plus haut cités, ïettc nile« trunsrormée en chulto, se promonttit à quatre »attcs, ne voyait les jambes des porsonnos qui étaient \à que pour les mordre, s'occupait d'une boulette de papier |u*on jetait deviint ollo pour jouer avec, comme un chat 'elle était, tandis qu*àrcliit do veille elle n'y aurait mémo fait attention. Tout ce qui pouvait s'adresser à la femme non à la chatte la laissait indifférente. Lille sortait do itte criso ayant perdu tout souvenir et ne se doutant pas lurarrc Npcctaclc qu'elle avait douné.

ZOXBS liYSTEROOtNES.

Nous avons vu jusqu'ici ic délire ou somnambulisma hystérique soit seul, soit associé aux autres phases plus ou moins accentuées do l'attaque d'hystérie, se développer sponlanénienij comme l'attaque cllo-inénie. Eh bien, nous allons faire reconnaître maintenant que, comme celle-ci, il peut être produit artificiellement par un des moyens que nous avons n notre disposition pour la provoquer. Cette idcodovaJt tautdo suite se présentera l'esprit, lorsque lo délire fait partie intégrante d'une attaque classique représentée par tous sus cléments plus ou moins nettement dessinés. Les zones hyatérogènes diverses devaient, en développant l'attaque, faire éclore aussi le délire qui en fait partie. C'est, en effet, ce qui se produit, pour le moins dans beaucoup de cas : en pressant sur les zones hystérogènes, lorsqu'elles existent, on provoque des attaques en tout semblables à celles qui se produisent spontanément. Les zones hystérogcnes les plus habituellement rencontrées sont: les points ovariens chez la femme, les pointa tosticulairos ol pseudo -ovariens chez Tliommo, les points sous-mammaires, épigastriques, etc., chez Tun et chez l'autre.

Mais il existe certaines zones hyslérogènes plus rarement observées et dont la recherche est faite moins systématiquement en clinitiue. Los unes peuvent être produites par quoique circonatanco particulière. Tel est, par exemple, le point hystérogônc se rencontrant chez un hystéro-traumatique, au niveau de la région qui a été le siège du traumatisme, plaie ou contusion, lequel a provoque l'éclosion des accidents hystériques. Les autres se localisent, au contraire, sans raison apparente. Parmi ceux-ci, il on est un qui présente un intérêt tout spécial au point de vuo du somnambulisme hystérique. C'est \o point hystérogène oculaire ou rétinien, (juaml il existe, la fixation quelque peu prolongée d'un objet quelconque suffit i^our provoquer l'attaque chez les malades qui en sont porteurs.

L'existence de ce point hystérogène rétinien n'est point absolument rare. Outre les exemples (juc nous en donnerons plus loin, on en trouve dans les leçons do M. lo P Charcot un cas absolument typique, Lo malado n'avtlt

POINT RYSTÊROr.ÈMB ÛGULA1RB OD RÉTINIEN,

^ as pu <Mro examine en co qui concorno !o champ visuoU la fixation du centre du périmèlro provoquant chez lui instantanément une violente attaque do nerfs (I j. Chez un individu do cotte catégorie, supposons donc que, pour mettre en jeu sa plaque hystérique rétinienne, nous lui fassions fixer un objet quelconque, par exemple le bout de notre doigt placé à quelque distance des yeux^ ainsi que cela se pratique couramment pour produire Thypnose chez les sujets susceptibles d'ôtre hypnotisés. Il va entrer soit dans son attaque convulsive, soit dans son somnambulisme. Supposons encore, et pour no préjuger de rien, reportons-nous simplement pour l'instant à l'histoire du second malade de M. Mesnct, dont nous rapportions plus haut l'histoire, que co somnambulisme soit assez tranquille et ne donne pas au patient des allures bien différentes do rét.'it de veille. Il sera très facile à un observateur non exercé de commettre ici une grosse erreur et de croire que ce somnambulisme appartient à l'hypnotisme, puisqu'il a été provoqué par un procédé habituel* lement employé pour produire celui-ci.

Khbion, il n'en est rien. On n'a nullement chez ce malade produit létat hypnotique, mais simplement développé une attaque, comme on eût pu le faire en pressant sur le testicule ou l'ovaire. Cette attaque est convulsive, ou somnambulo-délirante, peut-ètro les deux à la fois, peu Importe. C'est toujours Tattaque, et d'ailleurs, comme on le verra dans la suite de ce travail, le somnambulisme hystérique et le somnambulisme hypnotique présentent tous deux des caractères assez tranchés pour que Von puisse les différencier sûrement Tun de Tautre.

Cette petite digression était nécessaire pour rintollîgencû de l'observation qui va suivre. Chez le malade qui on fait le sujet, des personnes, non du métier, il est vrai, avaient cru à V Thypnotisme » alors qu'il s'agissait tout bonnement d'attaques délirantes. On verra, en outre, en lisant ces faitSt à quelles conséquences saugrenues et folles peut

llf Chwcol. — Des trcnibhimentu /lys/t-rif/ue*. leçon rccuoîltie p^rGeort^es Ouinon {Progrès M éfiical, tS90, n" 36). Observation du premier malade, le nomma 6...

OWERTATION.

aboutir l'in^ôrenco du nrfaireB de ce genre.

public naïf et crédule dnnii les

Le jeune Jules Lietel..., âgé de 16 ans i/2, est gardon oharoutior. Son père avait des habitudes d'ivrognerie, et, quand il 6tait gris, il se mettait dans dos colores terribles, fia mère est bien portante. Du côté paternel il a quatre oncles et tantes bien portanti ; du c6t<5 maternel, une tante (également en bonne sant^. Il a eu 9^ frères et scears, dont deux sont morts, l'un tout petit, l'autro h 29 ans, d'une Inryns^ite probablement tuberculeuse. Parmi les autres, il y a deux frères, dont l'un est norveux et 1 autre est atteint d'une paraplégie consécutive il une (racturo de la colonne vertébrale, et quatre sœurs, dont 3 sont bien portantes et la quatrième, ûgéo de 20 ans, est sujette À de« attaques de sommeil. BLIe en a eu doux h la suite desquelles elle est restée paralysée des jambes. La seconde attaque s'est produite pendant la messe que Ton célébrait en mémoire de son porc mort, dix jours après la mort de celui-ci.

Lui-mémo a eu quelques maladies d'enfance, quelques traumatlsmes ou chutes qui n'ont pas laissé de traoee et sont assez anciens. Il n'a eu ni convulsions, ni chorée, ni rhumatisme. Il y a huit mois environ, il entrait comme garçon chez un charcutier de la rue 6&int-Jaoquo8. do son plein grtS. Il avait déjb fait son apprentissage chez son père, A celte époque, il n'avait, sans aucun doute^ jamais rien présenté do semblable à ce qui existe aujourd'hui.

Dix jours environ après son entrée en service, il commençs de temps en temps à se lever la nuit et à exécuter cortainâ actes nullement illogiques ou absurdes, mais intempestifs. Il faisait flon ouvrage, travaillant bien et adroitement, parlait, voulait aller aux Halles, etc., etc. Hcs camarades, couchés dans Ii même chambre que lui, réveillés par le bruit, le fafsaleat recoucher et tout se bornait là (1).

(1) S*aail-tl la do Boranambulismc naturel ou noctambuHsmo, ou Bohl-co uéja des crises de Borantimbulisme hystérique îdcntiqncsl celles qui seproduisiroul dans la stïilo? C'eàt im p tint sur lequel il est bien diflicile de faire la lumièro. S'il H'a^^it ilo noctambiiUsinC il semble qu'il y ait dans ce cas uue sorte de transition entre Ifl somnatnbuîiame nocturne et le fiomaainbulismc hy«lt^riqiic. Noiu serions ptuiùt p>rté fi pons^ïr ({iic ica prciuièreti cnscs puremeol noctiuoos étaient les mêmes que les suivantes. Elles se maoifeA-

OBSVRTATIOH.

Ptif» peu f^ ppulï^îierisMdcvinronlplusfnSqucntoBot n'eurent plufi lieu sonlomcnt In nuU. I/O soir» après dîner, soit assis. Usant, soit debout, tr.ivalIlAnt, il « s'cndormnit » tout d'un coup. 8«flycux PO formaient, ses paupiùres battant Icj^orement, les mains et les bras étaient le Rit.'go de quelques courtes con* torsions, aans grande étendue et sans grande violonoe. Puis IL M remettait au travail, les yeux toujours fermés, faisant son ouvraire avco une précision, une résfularité et une adresse tout à fait remarquables, n'oubliant rien, réparant môme los oublis qu'il avait pu commettre pendant la journée. (Tous cm renseignements, ainsi que ceux qui suivent, ont été recueillis auprès do ion patron, le chnroutiordo la rue Saint-^Iacques).

Le premier soir où sa crise le prit après dîner, il eut quelques hallucinations terriliaiites. Mais il est k noter que ce fait n^s'est jamais reproduit jusqu au 12 janvier, jouroù il est rentré ohcason père. Chez ce dernier, au contraire, les hallueinattoiin terrifiantes se montrèrent presque constrimment les mémos que le malade nous à fait voir ici et dont il sero parlé plus bas. Dans sa premlèro crise, il voyait dos voleurs, appelait nu seoours et voulait aller au poste de police chercher los sergents d« Yille.

Les jours suivants et aussi pendant presque tout le temps

qui suivit, ce fut In politique qui fit los frais du délire, nu

' moins on grande partie, Ij'enfnnt avait été endoctriné par un

autrs gai^on do la maison, homme d'un certain â^o, qui lui

inculquait les doctrines boulangistes.qui n'eurent pas do peine

i fruotiiier dans son falblo cerveau. Lors do la fuite de Bou*

^lapgrer, l'enfnnt, dans son délire, l'interpellait, tâchait de lo

HKonvaincre de rentrer en France, au besoin le traitant do h'icho

^B| de i feignant *. D'autres fois il invectivait des hommes du

^Houvernemcnt, les adversaires de Boulanger, et une nuit il

P^crivlt sur un carreau de carrelage une lettre h M. Conatans

dans laquelle lui, ^^arçon charcutier, lo mensçalt» lorsque le

général serrait de retour, do le faire c casser de son grade do

ministre do rintérlsur.SlKné: J.Lotel... et Ernest I^oulanger. s

Notts possédons le oarroau, qui nous a été donné par son patron.

La lettre est écrite it ronore, parfaitement oorrooto et d'une

écriture qui est tout ^ fait identique à l'ôvrlturo habituelle do

l'enfant à l'étal do veille.

i un pou pUis lard, voilà tout, sans manquer d'ailleurs do up A cotlo r^gle, ^ Hnv<Mr que cIiOa Ich onfanis ou parlîcu* ntiaquos se produisent liubiluollomcnl le soir, avec plus !d8 dcré^laritc. (O. G.)

C>BSBRVATl0^f

Gënéraloment on ne voyait pas la On do la crise. L'entaiit parlant et répondant aux questions des gens qui l'entouraient, à un moment donné on lui disait de se coucher, qu'il étuil rheure. 11 so couchait et s'endormait et l'on n'en avait plus do nouvelles jusqu'au lendemain mutin, à moins qu'il no so réveillât dans une crise do somnambulisme nocturne, comme cela lui arrivait ((uelquefois, par exemple lorsqu'il écrivit la nuit dans son lit au ministre de Tinlërieur. Il arrivait cependant quelquefois que l'on pouvait le faire revenir à lui pendant la orise. Tandie que coupa, flagellations, eau froide, çrands bruits restaient sans action, il suffisait de lui soulever de force les paupières, de le regarder brusquement et do lui crier son nom avec foroe. Mais cela était loin do réussir toujours.

Il avait quelquefois de véritables illusions dont la persistance n'était pas absolue. Ainsi il prenait souvent son patron pour un individu qu'il appelait a le grand barbu* [son patron ne porte que la moustache] et h qui il avait voue une haine impUcable. 11 le poursuivait, le menaçait, mais dès que l'autre le touchait en parlant, il s'écriatt immédiatement :; c Ah! le patron t >

On n'a jamais remarqué de modifications physiques bien notables. Comme il travaillait pendant ces crises avec une grande activité, il devenait rouï^, suait à grosses 'gouttes. Do temps en temps les yeux s'ouvraient pour quelques secondes puis se refermaient. Quelquefois dans le cours de la crise survenaient ces contorsions des mains et des bras qui en marquaient à pou près régulièrement te dêbut^ suivies d'un peu d'accélération de la respiration.

11 avait Cmi p&ratliror la curiosité de tout le quartier au bout de quelque temps et était devenu dès lors un véritable petit phénomène. A jiartir do ce moment on sMma* gina de lui faire prédire l'avenir, retrouver des objets perdus, faire des pronostics pour les courses de chevaux, lire des lettres à travers l'enveloppe, dire l'heure le dos tourné à l'horloge, etc., etc. Comme on le voyait amoureux de la demoiselle du comptoir chez son patron, on s'avisa d'arranger une petite histoire avec celle-ci, et on l'excita à monter le soir dans la chambre de la jeune fille « pour voir ce qu'il ferait». Itne fit que l'embrasser et se réveilla à ce moment, très ému et furieux de ce qu'on lui avait fait ou laissé faire (car dix personnes étaient lu à le regarder). Un de ses camarades, un nommé Gulard, garçon chex le

OBSERVATION

wt

mémo patron, semble avoir jouô dans cela un rôle actif et peut-être pas désintéressé. Il avait fini par s'apercevoir qu'en le fixant d.ins les yeux il « l'endormait» et il exécutait cette manœuvre souvent, lui faisait alors prédire les chevaux gagnants des courses, etc.

Le 3 janvier 1890, étant en courses, il rencontra un enterreent devant lequel il omit de se découvrir, et un prêtre qui assait par là le gourmanda sévèrement, le menaçant de la unition divine [il était dans son état normal h ce moment). 11 ntra chez son patron tout penaud et ennuyé, et le soir même c ce jour, nu moment où il « s'endormait », des phcnorocncs xtrnordinaîres so produisirent (1).

On vit tout ù coup tout lo matériel do la boutique ot de la éuisinc entrer en danse, les saucissons remuaient dans leurs paniers, les couteaux de cuisine voltigeaient en l'air pclemèlo avec les boites de sardines, les clefs se trouvaient sponnément chanf^ôes sur toutes les porten, les bouteilles quittaient les planches sur lesquelles elles étaient placées et allaient se briser contre une colonne située au milieu de la ièue. Le g.amin était assis tranquille, <> endormi », dans un in de la pièce, ou allait et venait, prédisant quelquefois ce qui allait so produire et faisant sortir les gens de la pièce où les bouteilles allaient se briser.

r Dans tous ces prodiges il y a une part à faire à la cré* dulité de son patron et de l'entourage et aussi probablement à rinHuence de quelque farceur, peut-être do ce Ouiard,quî s'amusait à l'endormir pour lui faire prédire les gagnants des courses. Quoi qu'il en soit, ce petit manège dura huit jours au bout desquels son patron, lassé^ le renvoya et le fit reconduire chez son frère, rue du *otenu.

Pendant ces huit jours. les crises furent beaucoup plus fréquentes. Elles se produisaient mémo le jour et plusieurs fois par jour. L'enfant semblait avoir pris en aversion ce Guiard, ont il ne disait jamais de mal quand il était lucide. Mais, à

l!) Ces fait* m'ont Hé racontés par lo charcutier ot sa femme, i învO(|uaicnt lo tùmol^n&ge do tous les bouliquierd du quartier et l'on verra & ce propos jusqu'où peut aller la crôdulité des IIS en matière de incrvoillcux. (Q. G.)

OBSBRVATrON.

068 momontfl, Il rinmltait, voulait se jât«r sur lut. lo battre, même fi'il n'était pas là, le vnyaat quand mémo dnnR une baU luoinatiOD,

Chez son fràre, les crises continuèrent, et là, pour la première fois depuis l'histoire des volourp, les hallucinations terrifiantes reparurent, avec lo mî>me caractère que colles qui seront décrites plus loin.

EUi actuel (janvier id90). C'est encore un enfant que nous «vons devant les yeux, bien qu'il ait près de 17 ans. Sa voix n'a pas encore mué. Pas de traces de poils sur la face. Membres grêles, taille petite, quoiqu'il soit assez bien muscld. Le pubis présente quelques poils naissants, en moins grande quantité qu'h l'état ordinaire k cnt âge, La verge est assez volumineuse, en battant de cloche, et Tenfant avoue des habitudes d'onanisme assez accentuées. Il a avoué, dans une do ses crises délirantes, être allé deux fols dans une maison de tolérance et y avoir accompli le coït.

Il est intelligent, répond bien aux questions qu'on lui fait, d'un ton simple et naturel, tout différent de celui qu'il emploie on général dans son déliro. Du reste, son patron le regrette, il travaillait bien, était honnête, s'acquittait à merveille den courses, des commissions qu'on lui donnait h faire. On trouvera plus bas lo récit de quelques-unes de ses crises délirantes.

11 ne présente pas d'anesthésie cutanée bien délimitée, cependant il y a par places sur ses membres supérieurs et intérieurs, h droite et à gauche» quelques plaques très pou étendues où la piqûre n'est point porguo ni commo douleur, ni comme contact.

Rien du côté do l'ouïe. Le goût est h peu pr^a complètement aboli à gauche. L*odorat est normal.

Hétréoisserocnt concentrique du champ visuel dos deux côtés à 50", sans dyschromatopsio. avec un peu do polyopio monoculaire et de mégalopsie, surtout de l'œil irauohe. L'exa* men du champ visuel, pratiqué immédiatement aprcs une crise délirante, ne décela aucune moâification dans retendue du rétréoisBomont.

Pas de zones hystérogènes ni hyperesthésiques, sauf La zone hystérogène oculaire, ainsi qu'on le verra plus loin. Jamais d'attaques de nerfs simples avec convulsions, jamais de pertes do connaissance.

Le sommeil est bon, quelquefois interrompu par descauchomarp, mais rarement. Pas d'hallucinations hypnagogiques.

Tous les autres appareils fonctionnent normalement. L'appétit est bon. les selles réguliures, sans constipation. Anémio noUible. Pâleur de la face. iSouffle au l**^ temps et h la base du

OBSERVATION

CfTur. Pas do pAmlysio, pas d'atrophie musculaire, Paa d« troubles Irophiques ou vaao-motoupfl. Les réflexes rotullens sont

mnrquablement faibles des deux côtés et no se produisent pas k chaque rhoo du tendon. I^e réflexe pharyngien existe, mais n'oRt peut-^tro pns très fort.

Voici maintenant le tableau de quelques accès délirants que le malade a eus devant nous.

Le malade ayant dit que les phénomènes provoqués par les tentatives d*hypnotisation étaient semblables h ceux do la crise spontanée, on essaya tout do suite quelques manœuvres qui donnèrent le résultat suivant ; La Hxation d'un objet brillant n'amena pas Thypnoso, ainsi qu*on était en droitdo 8*y attendre, tea phénomènes relatés ne présentant aucune analogie avoo 1m manifoitations hypnotiques, mais provoqua tout simplomant une attaque de délire.

Au bout de )5 secondes environ de fixation de Tobjet brillant, tes paupières commencèrent à battre, h se fermer convulsivement, les oflobes oculaires h se renverser. Pondant ce temps, quelques mouvements do déglutition survenaient. Puis l'ooclusion complète se produisit, les paupières continuant de vibrer, et aussit'U le malade se mit à exécuter quelques mouvements oonvulstfs consistant en : Oexion de la tête en avant» torsion des poignets, fermeture des poing^s, adduction convul- •ive des bras Jusqu'à les porter derrière lo dos. Cela dura quelques secondes, puis le malade se remit. Les yeux étaient toujours fermés, les paupières battant.

Tout è coup il s'écrie : « Vous ne le voyez paa? Comment faire pour y aller? * Il se lève, c 0>at ennuyeux : je suis seul pour y aller. • 11 prend sa chaise et essaie de la briser, ff J'y arriverai pas. » 11 s'assied en faisant un ^este do dépit. Puis survient un moment de calme. Alors : « Tiens! tiens! c'est drAIe..., une bétel > Il se jette h quatre pattes, les mains on avant, comme pour l'attraper. « Elle est partie c'est ennuyeux, t Pais le tableau change. • Si je pouvais me sauver t > Il te lève et prend sa chaise, cherchant k la briser... t Je n'y arriverai^ pas..., o^est du temps inutile, n'est-ce pas? Je n'y Arriverai pas. ■

B'adreisant à lut, M. Charoot lui demande alors t i Oà sommes-nous Ici ?» U. ■ A la 6alp6trlère. » D. « Tu as vu une bôto? > U. < Ohl oUe est partie... Ah I la voiU I • D. « Gommoni est-elle? • It. « Comme une araignée..., toute noire..., grosse oommo une tortue... Tlensl tlonsl c'est ennuyeux, o'ost u*olle mo fait peur! » Il churche de nouveau è casser la chaise. ■ Pourquoi veux-tu brisor oolto ohaise? > U. « Pour prendre uo b&toa et taper sur la bèie. • D. • EWq n'y est plus. • Tout

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