DÉLIRE HYSTÉRIQUE PROVOQUÉ
à coup il inci son foulard comme pour s'habillor et Bortir. a Jo vais partir, i D. < Pourquoi? » H. ■ Pour chercher cette bote.» D. « Tu la vois? « R. i Elle est loin, loin.... dorrièro un gros poteau..., un gros poteau vert. > II ouvre les yeux pendant quelques secondes^ puis les referme, a Mais j'ni peur, j'ai peur. » 11 se laisse tomber à terre. I). « Qu'eHt-co que tu tai8?0 R. N Je me cache pour échapper à ootte bête. *
Nouveau changement: Toujours oouchtS par terre, Il regarde les murs de la pièce où nous sommes. Û. i Qu*est*ce qu'il y a sur ces murs? v R. n Des tableaux tout partout..., c'est beau ici. » D. i Kais attention. Tu as les pieds dans l'eau. » H. « Mais noni c'est le plancher... (tâtant le sol avec ses mains), il y a un tapis, i II se lève. D. ■ Ouvre le.q yeux. F^egrarde-moi. • Il ouvre les yeux avec un certain effort, fixe le regard d'un air menaçant, prend sa chaise et cherohe h la briser^ toujours dans le but de se faire une arme pour tuer la bète...
... t Vous ne voyez pas ce c;rand poteau?... Qu'est-ce donc qu'il y a dessus?... H y a un homme auprès... Oh! c'est excessivement loin. * Il met ses deux mains sur ses yeux en abat-jour» puis cherchant à lire et déchiffrant comme avec peine : n C'est un grand poteau loui roui^e! « D. i Est-ce qu'il y a quelque chose dusaus? » H. « Il y a écrit : Jouno homme ! vous en avez encore pour Î5 secondes à dormir. ■ Puis il se tait el en effet au bout de *i5 secondes ses yeux s'ouvrent et il revient à lui, très étonné de trouver son foulard autour de son cou. Durue : 10 mirutes environ. Il dit no se souvenir de rien, ne comprend pas quand on lui parle de la bcto et du poteau.
Quûlqiie temps après une deuxième tentative est faite par la pression des globes oculaires. Le résultat se fait attendre un peu plus longtemps p minutes) mais il est exactement le même. Même période do contorsion des bras et des mains précédant l'invasion du délire lui-môme, pendant une demi-minute environ. Puis toujours les mèmeâ scènes, labctcen forme d'araignée, grosso comme une tortue. touLc noire et couverte de poils, les efforts pour briser la chaise, le dépit. Mais ici le ton est beaucoup plus nettement accentué que tout i\ l'heure, il est dramatique, ampoulé, théâtral, par exemple : « Pourquoi voux-tu m'empécner?... C'est pour tuer cette bête! Mais que rien no m*ompêche d'aller la tuer, et j'espère que bientôt ncus serons vengés. » Tout cela en brandissant la chaise, avec de grands gestes et en s'avançant h pas comptés comme un acteur en scène. Tout à coup il tourne ta tète. D. o Qu as-tu entendu? • R. I Rien, — une porte, » c'était absolument exact, on ouvrait une porte dnns la pièce voisine. Cette fois l'autre bôtc, celle qui ne l'effraye pas et qu'il \out attraper, cet ncttomenl dé-
Unie, o'ost un hanneton. Mais toujours mémo impossibilité do lui donner une suggestion.
Puis tout À coup, voyant rinteriio du service qui écrit, notant ;m fur et à mesure l'expression do ses conuepiiuns dôUrantes. il s'écrie : « ï'ourquoi donc ce monsieur écrit-il tout lo temps?... c'est ennuyeux. » Enfin il revient à lui spontanément sans avoir annonce son réveil. Durée ; 7 minutes environ. Son teint est un peu animé, sa face un peu rouge. La pupille droite est un peu plus grande que la gaucho. On n tenté pendant la crise de lui faire de nouveau ouvrir les yeux et on a pu remarquer que quand il disait re^rder des objets très éloignés la pupille gardait la mémo dimension que pour les objets roppro chés.
Un peu plus tard nouvelle crise provoquée par la fixation d'une grosse lète d'épingle brillante. Même période de contorsions des membres ; même délire : la héte, le poteau vert où est écrit « chasse gardée t. Cette fois un nouveau tableau s'ajoute : « Si j'allais à Saint-Ouen! trouver le jeune homme avec qui je travaillais.» D. o Qu'est-ce que tu lui veux'i*» R. « Je veux le trouver pour le punir. » D. • Que t*a-t-il fait? » R. • Il m'a endormi. ■» U. « Comment s'appelle-l-il? • R. ■ Auguste Guiard... Tenez! le voilà qui passe là-bas, devant lo bureau do placemeot. » D. i Mais non ! nous sommes à la i:>alpctrière.. Il n'y a pas de bureau de placement ici. » H. « Je sat:» bien..., mais ça ne fait rien, je le vois tout de même. »
Puis mettant ses mains sur ses yeux en abat-jour, il lit dans le lointain sur un grand poteau rouge : < Jeune homme I on voua a endormi avec une épingle, donc vous en avez encore |iour cinq secondes. • En effet, au bout de cinq secondes^ il revient à lui.
Quatrième expérience: Fixation d'un objet brillant, résultat Identique. Mêmes hallucinations, la bête, les poteaux, Auguste Guiardftoujoursséparôeslcs unes des au treH,comme des tableaux différents qui se dérouleraient successivement devant lui, sans se mélanger. Mais un nouveau tableau s'ajoute: un régiment, 1ID colonel ; lui-même doit partir lo lendemain matin avec ses hommes pour tiaint-Ouen, pour prendre et punir Auguste
Quiard Puis le réveil se produit, annoncé par lui U heure
Bxe, d'après la pancarte placée sur le poteau rouge, comme préoédonuuent,
A co propos, il ost bon do fairo remartiucr que le temps qu'il fixe pour son réveil ot qu'il annonce en Bccondes, un pott au hasard de ses concoptlous délirantes, »o vérifie
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tant hifln qno mal. O est tantôt un peu plus, tatilôt un |>ei moins. Ce fait est facile à comprendra et ne saurait, préd-' sèment h OAUse des petites erreurs, donner prise k une hypothèse do simulation.
Ln ce qui concerne lu lecture des leltrca à travers leur enveloppe, que l'on citait comme exploit du malade, nous avons tenté un olfort dans co sens. Le malade nous a répondu en se moquant un peu : « Pourquoi me demande»* vous celai* Vous savez bien que c'est impossible, i La lecture simple eat ellc-môme impossible, et une fois que l'on voulait trop attirer Tattontion du malade en le forçant à lire quelques lignes improvisées, il s'est réveillé spontanémont.
Quelques jours plus tard, à C heures précises du soir, t$ inatudo^qui dans un des accès provoqués du matin avait indiqua l'heure ^ laquelle 11 aurait sa crise spontanée du soir, s'csl redrcBsé tout A coup sur son lit. (Il s'était mis au lit aus8il<5( aprcH le dîner qui a lieu h 5 heures). Il a commencé par fermer sus points et par tordre ses hiAs convulsivement aveo efforts ; puis U s'est étendu sur son Ut; les torsions, flexioas et exlensiona exagérées dos muscles s'accompagnaient parfois d*un soulèvement du bassin au-dessus du plan du lit. Par ce mouvement, le malade esquissait comme un arc do cercle Incomplet. Tous ces mouvements ont duré quelques secondes h peine. Aussitôt le malade a parlé : « Ah I voilà les
soldats Attention, s. v. p. — Halte 1 t A oe moment on a
approché la lampe de son visage. U avait les yeux fermés, et bien qu*il les ait tenus constamment fermés pendant toute U durée do l'attaque, il disait de temps à autre : « Pourquoi cette lampe? emportez-la, c'est gênant à la Jin f •
Puis, seconde série de contorsion des mains; le maladi cherche ix déchii*er sa couverture, hq retourne brusquement e frappe & coup de poing son oreiller, en disant: « Tiens, tiens me voilh vcn^é. sale béte. u — a Ah ) Si nous allions à 5 heures dîner. Mais J'ai faim, p On lut apporte du pain, il le mange aveo voracité. Il rapproche ses deux mains au-dessus des yeui. prend l'attitude d'une personne qui regarde au loin : « Quel est cet homme? Je ne distinguo jian bien. Tiens, voilà un poteau. > — D. • Quelle est la couleur de ce poteau? > U. « liouge. V Kt épcUnt une inscription la têtu pcnchéu en 4vaut« comme s'il distinguait les lettres avec dlilicullé; «
ÉVOLUTION DB U UAUDIB.
hommu, vuua eu aves encore pour 13 douobea {\q malin il avait pria Ift première), alors vûui ierea guéri (!)• »
A ue moment il le redreiao et fait oulenùre un bruit particulier quMl produit on faisant claquer seii lèvrea. 8'adruaunt aux malades, aux iminuioroa ; « Qu'eal-oe que vuui Uitea-lù V Pourquoi laut du monde ?» U ao met à genoux sur aon lit: ■ AU I la vuil^ I aalo bêle. • Knfm il ie reoouchoi ouvre les
»ux et o'eat fini. Cola a duré environ 20 minutes.
On voit que la crise spontanée prêtenle absolument lea inômei oaractèrea que lea oriaea provoquées. C'était & prévoir, maie 11 était bon en tous cas de lo constater.
Dans les aemaines ([ul suivirent rentrée à l'hospice, Iom urlst'8 sûtnnaiubuli(|uos Hpontanées s'allongèrent do plus en plus, rélément convulsif restant toujours au second
I^lan. Lo mômu phénomène fut constulé dans lea criscti provoquées. Ceat ainsi qu'environ un mots après l'entréo Dn itfovoqua par ta fixation du dolyt une attaque qui dura Iroia quurU d'heure, et le lendemain une uutro qui dura une heure et vingt minutes. Dana ces longues attaques, le fond du délire restait toujours le même, mais de nouvellea scènes s'étaient ajoutées. Lctel... avait fait connaissance avec leti autres malados de la salle, il s'était mis au courant dos habitudes du sorvioc, et tout cela apparaiasalt Kiins ac8 hallucinations.
Do plus, dans une de ces doux longues attaques provo< liées on imagina de frapper, à c6té de lui, à coupa légers ■ur un gong, et on s aperçut que le malade percevait ce •on et s'appropriait cette sensation pour en faire le point de départ d'halluoinationa apûciulea en rapport avec la nature du bruit produit.
Ktantdûno tombé en attaque par Uxatlon du bout du doigt. Il fait lea quelques ooutursionti qui en marquent le début, puis falaant U (^HmAoe: • 11 n'ent pAU bon, oe sucre... U*eat
pMpoaaIbJe, ilamisdea ^grenouilles dans aa soupe M. N..,j
tl a DOAUooup de vertigea. H faudra qu'on lui supprime son
(1) Inutile d'ajouter que cette prédiction uo s'est nullement réali« Cur un un aprèa le malade est encore dans le service aveo aliai^uea y\yû oitt perdu, il est vrai, le caractère fioumouibulîquci HMii août do vCritablob »ltaquv(i de uraudo b>HlCrie. (0. U.)