DÉLIRE PROVOQUÉ
carafon à midi. » (Le nommé N... ostuu malade du sorvicc, atteint do vertiges, qui donne souvonC son carafon de vin h ses camarades do la salle). « Ah ! gà, là haut, tu ne vas donc pas desuendrc de ton choval? En voilà un drôle de système! > A ce moment^ il esquisse quelques convulsions et ébauche un petit arc de cercle. Aussitôt après on frappe à son oreille quelques coups légers sur un tam-tam. Il pouruuit son délire habituel sans avoir l'air d'entendre, f En voilà des grenouilles dans 00 champ... Paff I les voilà parties. » On continue à frapper sur le gong; il semble prêter roroillo ■. a 11 y a Ici un drùlo de murmure... Je suis cependant hardi.... mais j'ai peur. Au secours !... Je vais aller chercher M. Guinon. » D- ■ Qu'estce que tu entends? s H, « Des soldats..., ils viennent me chercher..,, à moins que (,m ne soit pour Byraud... Non. c'est pour Guiard... Ah I chouette 11 Mais celte bête I... ces grenouilles I t D. ai 13e qucUe couleur sont-elles? » B. « Ce sont des grenouilles des Indes, elles sont vertes, grosses. » Il prend alors ses bretelles qu*il détache de son pantalon et frappe par terre avec à coups redoubles. « Les voilà qui arrivent.. .. jo suis perdu !... Je vais leur donner me» bretelles et ma chemise àmanger. d II enlève sa chemise et la lance aux gronouillos avec ses bretelles. « Les voilà qui bouffent..., elles sont heureuses. »
De nouveau on frappe sur le gong. Aussitôt : « Voilà lei soldats..., ils viennent chercher Eyraud. » D. t Les vois-tu, les soldats? • U. • Oui, ils passent là-bas..., on dirait un chaudron, leur musique... Qu'est-ce que c'est que ça? Le feul > Avec une vivo expression de frayeur, il se précipite en avant. * Il faut que je ï'éteigne, car les grenouilles viendraient... Encore des soldats?... Ah I ces grenouilles, quelles grosses cuisses..., on dit que c'est pns mauvais à manger... Bon! en voilà une qui m'a mordu le doigt. » Il suce le bout de son doigt. O. « Ois donci vois-tu ce poteau ?» U. « Où i;a? * I). « Là~b&s. » U. c Ahl oui..., il est vert. » Il abandonne aussitôt cette hallucination do poteau vert, puis : « Il y avait du bœuf, des léi^umes. c'était de l'herbe.. . Je vais pour faire une omelette ; je casse six oeufs..., ils étaient pourris... J'en casse douze... U me faut un cuisinier... G... (il s'adresse à un malade do la salle), c'était de Turine à D... (autre malade)... Je lui demande du rhum..., c'était du jus do fumier... Fruycinet se mole do tout ça... Il panût qu'il fait porter aux soldats le sac sur le devant... M. N... a beaucoup de vertiges... Il faut que je lui supprime son carafon...!, etc., etc.
D. « Qu*est-ce que tu faisais hier à trois heures quand on t'a attacher « ^11 était en attaque.) R. « Je jouais aux dames..., je
CAj^ACTÈnBS OS lVttaque dèlirantu.
causais..., jo rigolais..., puis j'ai soulevé le matelas de mon voisin et je l'ai culbuté (il avait, en effet, fait cela la veille dans son attaque délirante}..., et puis M. Quinon est venu noua voir... il était en chemise... Tiens! un dragon rouge!,,, Non, c'est Guiard. o D. <> Vois-tu !à-ba8 M. B...? > (un malade de la salle avec qui il cauRO souvent]. R. • Non, ce n'est pas lui..., c'est un homme qui lui ressemble et qui plante dos poteaux V. etc., etc.
... Ce jeune garçon est encore àThôpital plus d'un an après 30ti entrée. Il n'a plus ses attaques délirantes, mais de grandes attaques convulaivos revenant à intervalles de plu a en plus éloignés.
Après la description longue et détaillée que nous en a%'ons donnée, il nous parait inutile do revenir sur les caractères de cette attaque délirante qui sont bien nettement tranchés. On peut les résumer en quelques mots :
!• Une période do conluraions, portant principalement sur les membres supérieurs, et qui semble être le vestige des phases convulsives de la grande attaque hystérique, avortée chez lui et presque réduite à la phase des attitudes passionnelles qui prédomine de beaucoup.
?• Une période de délire, caractérisée par la présence d'hallucinations et d'illusions, particulièrement et presque exclusivement de la vue, la possibilité pour lo malade de communiquer avec le monde extérieur et les personnes qui l'entourent. La succession des tableaux, leur indépendance réciproque absolue, leur variété, le caractère terrifiant de quelques-uns d'entre eux, la vision d'animaux affreux, constituent aussi des caractères importants et dignes d'être notés. C'est absolument ce qu'on voit dans la phase des attitudes passionnelles de la grande attaque hystérique.
Insistons en passant sur cotte zoopsie qui fait presque toujours partie do la phase passionnelle ordinaire ou prolongée. On connaît depuis longtemps (1) les analogies remarquables qui existent entre le délire alcoolique, où cette zoopsie constitue un caractère important, et le délire hystérique.
(Il Uicher. — Loc. cit.
Charcot, t. 11
9S CABACTBIIBS DU OBUflE SOHNAIIB0L1OUK.
3* De plus, il est à remarquer quo le ton, sîDon la voix du malade, change pendant la période délirante. A l'étal norcial, il parle posément, doucement, avec une parcimo» nie de gestes qui saute d'autant plus aux yeux que, pendant qu'il délire, il est, au contraire, à co point do vue, d*une c xubéraocc remarquable. Il marche comme un mau* vais acteur do mélodrame ([ui cherche à forcer ses effets. Son ton est exaclemenl en rapport avec sa démarche.
4** Enfin on observe de temps en temps qu'entre deux tableaux il existe une sorte d'éi)auche do la période de contorsions qui commence l'attaque. Le malade ne semble pas à ce moment capable de communiquer avec ceux qui îentourent. et il sort do là en faisant quelques mouvements précipités de respiration.
Une des caractéristiques du délire du somnambulisme hystér que ctii une certaine mobilité dépendant de U succession et de rcnchevétrcment des hallucinations vi- Buelles qui en forment le fond. Mais tout mobile qu'il est, ce délire présente cependant une certaine fixité, en ce sens qu'il est toujours le même chez le mémo individu. Les hallucinations peuvent être assez, variées chez un même malade, leur nombre peut s'au^'mentcr quand la période aomnambulii[UC s'allonge, mais elles forment une sorte de fond pour ainsi dire immuable. Si le malade répond, ce qui n'est pas di^ns la règle, et à ce point de vue le jeune Letcll... est une exception sinon rarissime, du moins pea fréquente, il ne répond guère, en général, que dans le» limites plus ou moins étroites do son délire, quand OD entre avec lui dans ses conceptions délirantes du moment, ou qu'on lui rappelle par la parole une de ses hallucinations habituelles. Mais, entons cas, on ne crée rien, on ne peut rien lui suggérer de nouveau par ce moyen.
Il est cependant possible d'influencer le délire des somnambules hystériques. Déjà M. Mesnet, chez son second malade f avait con&taté qu'à cet égard il n'était point indépendant des influences extérieures. « On peut l'influencer, écrit cet auteur, changer son rêve, lui donner une autre direclion ; on peut, en piquant légèrement la peau avec
WOOirtCATtONS ARTIPICIKI.LBB DU D^LIIIH.
tine épingle. lui faire rê\er due! ; on peut, en éclairantsa chambre, lui faire rêver flamme, incendie; l'action cérébrale provoquée ciiez lui est toujourfl en rapport avec le «eriB 8ur lequel l'excilalion aura éfé portée. » Ces quelques lîpnc'8 contiennent en i^erme tous les détails des recherches que nous avons entreprises à ce sujet dans le somnambulisme hystérique (1). C'est, en eflet, par les sens «t, ce qui n'avait pas été remarqué, par des impressions scnforicllcs simples seulement, que Ton peut arriver à changer le délire des hystcriques et à lui imprimer une direction dont on n'est pas absolument miiître, à vrai dire, en m^me temps qu'à y ajouter des tableaux nouveaux.
M. Pitres fde Dordeaux) sigTiale, il cet vrai, la possibilité de donner des sugy:cstions dans la phase passionnelle de l'attaque d'byâtërie, mais sans în&istcr sur les caractères spéciaux de ces suggestions ['2). De plus, la malade dont l'obBcrvation l'a conduit à faire ces recherches présentait dans son attaque une immixtion de manifestations hypnotiques, telles que la catalepsie, ce qui rend le cas moins net et le classe dans les cas de transition ({ue nous nous proposons d'étudier uliérieurement. Enlin M. lo professeur Charcot, faisant allusion a ce cas de M . Pitres, ailirnie (jue le fait n'est point très rare dans la phase des attitudes passionnelles de lattaque (3).
^fais toutes les recherches faites jusqu'aujourd'hui dans
Icet ordre d'idées ne repOEaicnt (juc sur des faits isolés et n'avaient point été dirigées méthodiquement. Les choses en étaient a ce point lorsque M. le docteur Motchoutkoweky id'Odessa) eut l'idée d'impressionner les sens dans la phase des attitudes passionnelles^ et s^aperçut ([ue parce procédé il pouvait intlucnccr le délire du sujet, le 4frfger jusqu'à un certain point et y ajouter des (ableaui.
(1) Cioorg»?s Guiiiua et Sopbie WoUke. — Du l'irtlfuence de*» excitation» deê orgune* deti sens itur lett hallucination» (/<r U itUMo pa*«ionn«//e rfe l'attaque hystérique. tAreh. de Xeurol,, IR9I, t. XAI, p. 34*5i. Voir ptim haut n- XXVI.
(2^ Piu-«ft, — iJeë zoneif hyslèrogène» et hypnogéncê ; dêê ai/aque» de foniineil. Bordeaux iRÔb,
(3) Charcot. — Leçonn du Mardi, t. U, p 3?tl.
INFLUENCE DES EXCITATrOKS SENSORIELLES.
Nous avons publié dans un travail antérieur (I) les résultats des recherches de M. Motchoutkowsky et de ceUes que nous avons entreprises avec le D"" Sophie Wollko (d'Odessa). Noua no rappellerons que pour mémoire l'observation du médecin d'Odessa, parce que le malade no parlant pas quand il était sous l'empire de ses hallucinalions, son délire, qui se passait au dedans de lui-même^ n'était saisissable que par des çestesou des expressions de physionomie. Mais elle non est pas moins intéressante en ce {[u'clle montre bien riniluoncc des excitations des organes des sens sur la direction des hallucinations de la phase passionnelle.
Il s'agissait d'un nommé ('onEtant..., âgé de 57 ans, soldat libéré. Cet homme était atteint d'accidents hysté* riques avérC8 et portait les stigmates permanents les plus nets : anesthésie, etc. En outre il avait des attaques et une sorte de paraplégie par contracture.
Les attaques, qui. au début du séjour à l'hôpital, n'étaient caractérisées que par des convulsions, s'accompagnèrent plus tard d'une phase d'altitudes passionnelles typiques. pondant laquelle il délirait, mimait des scènes de la vie militaire, voyait son père mort, etc. Au réveil il ne se souvenait absolument do rien.
Or^ on s'aporçut (]ue pendant cette phase passionnelle, le malade étant en proie à telle ou telle hallucination, il Hiiflisait de lui mettre devant loa yeux un verre coloré, sous les narined un corps odorant, sur la langue une substance sapide, pour changer brusquement ses joux de physionomie et lui donner des hallucinations assez fortes et persistantes. On remarqua aussi que chez cet homme, ouvrier grossier, sans instruction ni éducation, c'étaient les excitations sensorielles les plus simples qui donnaient lieu aux hallucinations les plus vives et les plus persistantes. Le contact d'eau chaude ou d*eau froide avec la peau lui donnait desidéos d'ahlutionsoude bainfroid.il se mettait alord à mimer une scène tout entière, se lavant, se frottant, s'ossuyant s'il s'agissait d'eau chaude, s'ébattant dans l'eau à la na^a s'il s'agissait d'eau froide.
♦1/ Goorgca Gniiion et Sopliio AVoUkc, loc> c.it.
■aaraacs» bc m. csukcoT.
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plus \m Mm déliruitM qu^ \mk dowMll oo(f«** >oo^i«it taMÙottrs soii à àaa mIm hihlUwh «t trèis sûu« plM de la tm: M bfttgner, boirtt, auuig«r, »oU à d«« souvenirs ëe la Tie mlltuire : lex^rctce do fusil ou du aiZbff^ les foctioMy le saIuI oniHUirc» c<c. Eiitin, cllee préeen- Uient ce c^rftctère particulier d'èCre ju»qu'à un c«rt»itt point indépeadAntea de U volonté de l'op^rateitr, le malade partant à sa guise sur une impression sensorielle quelconque qu'il arrangeait à sa façon, suivant I hallucination qu'elle déxeloppait dans son ccrvemu. Eu dehors de aon délire il était absolument insensible à ce qui aepaaaait autour de lui.
Malheureusement, pendant qu'il était en proie à cea conceptions délirantes provo(|uées, le malade ne parlait pas. Comme il présentait d uutre part, à ce moment, un certain degré de sensibilité aux suggestions ortlinaires, celles que l'on rencontre dans la phase sonin;\nibuIiiiue du grand hypnotisuie, on lui ordonna de raconter ultérieurement dans une autre attaque les tableaux qui s'étaient déroulés devant ses yeux ot les scènes auxquelles il avait pris part. Il obéit en effet, et dans les K'cits qu'il fît on retroma ussex cxaclcnicnt Texplication des joux de physionomie et des gestes qu*il avait exécutés.
Cette observation, bien t|u'uii peu itiiparfaitu en ee seDs que le malade ne traduisait pas sos conceptions dclirunlcs par In parole, montrait assez, nettement t'influonco dos excitations des organes des sens sur les Imllucinations de la phnse passionnelle de raltn(|ue hystérique. |)anN lu suite M. le P"" Charcot, mettant ii proRl Tidée apportée pur les Docteurs Motchoutlcowbky ot Sophie Woltko, l'applUjuH à SCS malades, au cours do l'étude approroiulio (lu'il lit ilu délire hystérique et do ses dlversi^s modalités poiulunl l'année 1890. Ses idées sur ce sujet furent exposées par lui dans plusieurs leçons cliniques de cette même année. C'est en nous inspirant do ces leçons et de tout rcnsoifçnomont de notre maître éminent que nous avons écrit le présent travail.
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flolércox ta emporté. (La aère du pècv, morte à Si ans, êUll aoBSi Tive et nerreose; elle a prat-«tre ea, iTaprès les renseignement! qui nous ont été fournis, de* attaques dlijvtérie. Un frère da pèra est Bort à 51 sas, en 188^. d*ane hsmto éCnngtée. Une scBvrert morte nos que mona ayoos pQ savoir de quelle maladie. Denz astres Mres sont Mon portants. L'sn d'eux a des enfants éi^ement bien portants, toutefois l'une de see tiUes. â|pée de 38 ans, boite depuis l'âge de 10 ans; ell« parait aroir eu une coxalgie).
Sa mère est morte à 35 ans, de suites de coucher. EHe était im peu nerveuse et s'impatientait ûtcitemeot. (Le père de I» mère est mort jeune. La mère est morte à 71 ans. truM attaque d'apoplexie. Une s<Bur de la mère, â^e de 40 ans, est très nerveuse. Une autre soeur est morte de la poitrine).
La malade cat la 3* de 5 enfants, toutes filles; l'aîoée * 94 ans, la plus jeune, 13 ans. La seconde, ât^ée do 33 ans, est nerveuse ot sujette à des h.iUucinalîon'Tfil y a quelques mol9, elle voyait dos lumiùres, avait des êtourdissemonts, et mani* feslatt une grandu crainte do tomber malade, comme sa scBUrt-
(i) Toute colle preauCTO partie de 1 ubsorvaii^a de Sch...cr nous a été obtttpeaiurnoitt oomrniiiiiiiuée par M. Iltiet, qui t'a rsouolllie on 18RS, alorn qiril étaii interne de la clinique di M. Cliarcol. N'»'i«* lui ndrcasnns nos ineillcura rom'>rci(?mi^nl«.
OfiSEaVATJOy.
I mil
i*aTant-dornlère, 10 ans, a ctt= sot^^noe duns le service, dans
courant de l'année 1>S88, pour une dcfornaation coagéaitale du pied (pied plat) aocompagnoc de conLracturo avec ancsthéaie locale correspondante (contracture hystérique]. Elle a eu des convulsions dans aon enfance (I).
Aiiticédcitts personni'ls, — La malade est née à Saint- Denis, où son père habite depuis 30 ans. Ella a marché et parlé de bonne heure ; n*a pas ou do convulsions. Elle se moairAît déjà nerveuse dans son enfance, et quand on la contrariait, elle avait de violentes colères. Les règles ont apparu pour la première fois h 13 ans et ont c:ô régulières jusqu'en 1887.
Depuis la mort de sa mère (elle avait alors 10 ans), elle a eu assez souvent des hallucinâlîons. Il lui arrivait parfois de voir une main jaune (oclie de sa mère sur son lit de mort) qui s'avançait vers elle, la tirait par derrière, ou se posait sur son épaulu droite. La nuit elle avait souvent aussi des cauchemars, rêvait de sa mère, la croyait couchée avec elle dans son lit, etc.
Placée en apprentissage chez une couturicro, de 14 h IQ ans, elle n'a pas continué ce métier, parce que, dil-ello, elle n'aimait pas à rester assise toute la journée, et aussi parce qu'elle voulait quitter la maison paternelle, où elle oo s'accordait pas avec sa belle-mère. C'est pourquoi elle s'est piacéû comme femme de chambre ; elle est restée 2 ans dans la même place, jusqu'au moment où elle est tombée malade et a dû entrer ii lliâplta].
En novembre ISd'j. Sch...er eut une première grande attaque léro-épilcptique (porto de connaissance, chute, convulsions) qui dura environ !/l d'heure. Dans les premiers jours de janvier 1887, seconde alt.iquo semblable ù la précôdt3nte. P-is, quelques jours après, elle essaya do s'empoisonner en avalant un flacon do teinture de noix vomique. mais elle eut bientôt des vomissements et le poison ne (ut pas absorbé. Environ une heure après (vers 10 heures du soir) elle fut prise d'une attaque de délire qui dura toute la nuit. Elle avait des hallucinations, et voyait, entre autres choses, un homme noir qui s'avançait vers elle, la menaçait, et elle ne pouvait réussir h le repousser. EUe-raème ao montrait violente, essayait de frapper les personnes qui U maintenaient, et îe? menaçait de \m tuer.
|1) A CCS rongeignements. i]ui datent do 1883, n.>u* pmvoii» ttsr celui-ci, h savoir que. de 1883 à 13)1. nous avoa* soijînô rfislpâU-ière troia dos soeurs de 3cb...«r, pour à^ aocidetiU — ^ ■' ïte. (O. a.i
OBSKBVATIO.V.
Le lendemain clic Tut prise de mouvements choréiques qui s'étendaient aux 2 cotes du corps et durèrent toute la journée. La nuit, elle fut reprise de son délire, puis le lendemain U chcrée reparut. Au bout do 3 à ) jours, les mouvements chor<^iquca se cantonnèrent sur le côté droit.
Quelque temps après [fêvri(»r 188"). la malade entrait pour la première fois à lu Salpêtrière. A ce moment, elle avait d« rhémichoréo rliylhmce permanente du côté droit. Quelques jours après son entrée cette hcmîcborée cessait d'être penii.v nento et ne revenait plus que par accès.
Elle resta dans le service de la clinique jusqu'au mois de juillet 1887. A cette époque, elle était a^sez améliorée pour pouvoir retourner chez son père, et pour se remettre quelque temps après {août 1887) ^ son service do femme de chambre. Mais^ chez ses maîtres, elle fut reprise bientôt de nouveaux accès d'ht^michoric rhythmée, entremêlés parfois d'attaques hystéro-épileptiques. En janvier 1888, ses accès de chorée augmentant du fréquence, &e reproduisant plusieurs fois par semaine, et par moments plusieurs fois par jour, elle entra pour la seconde fois à la Salpètrière.
Depuis cette époque elle a continué h avoir assez fréquemment, et h Intervalles irrcgulierR, des attaques hystéro-epilcptiques et plus fréquemment encore des attaques d'hémicborèe rhythmée. Celles-ci reviennent spontanément ou peuvent être provoquées par l'excitalion d'un point spasmogène situé sur le sommet de la tête ; elles sont arrêtées pnr la compression de la région ovarienne droite. La malade présente en outre des stigmates hystériques permanents.
A 3 reprises différentes : on juin, en août 1888 et en jan<* vier 1880 elle eut des attaques de délire qui se prolongèrent plusieurs jours.
Le mercredi matin, 13 juin, a la suite d'une attaque ild chorée, Sch...er n été prise d'un délire qui s'est prolongé jusqu'au jeudi de la semaine suivante (21 Juin] et a cessé après une nouvelle attaque de chorée rhythmée. Pendant tout cA temps la malade assiste ou prend part à dos scènes extrêmement variées, changeant d'un moment à l'autre, quelquefois gaies, le plus souvent terririanles. £Ue raconte .^i haute voix les scènes qui se déroulent devant elle, et auxquelles elle participa comme principale actricejmais ses réactions motrices sont loin de répondre au trngiquc de ces scènes. Le plus souvent elle se contente de fuir d'un côté à l'autre de la pièce où elle se trouve, ou bien elle s'enfuit dans la cour, erre d'une plaoo à l'autre, rentre dans la sallci etc. 11 est facile de la maintenir et de la faire aller où l'on déairu, quoiqu'elle paraisse complè-