EXCITATIONS 0B5 6BNS DA.NS LA CATALEPSIE
Nouâ no décrivons pas en détail les résultats obtenus chez 6ch... dans la période cataleptique de Thypnose à l'aide de l'excitation des organes des sens, renvoyant le lecteur à notre précédent travail (v. n" \XV, p. 30). Il est intéressant de rapprocher ces résultats de ceux que nous constatons pendant la phase délirante de l'attaque. Le processus est évidcmmonl le mémo, et, plus encore, les hallucinations provoquées par une même impression sensorielle sont 1res souvent identiques dans l'un et dans Tautre état. Signalons seulement le verre jaune donnant Thallucination de trrand soleil, Teau de Cologne, celle de jardin rempli de lleura. l'éther, celle d'attaque de nerfs, le chloroforme, celle de contracture hystérique, etc., etc. Sans vouloir tenter de donner une explication psycho-physiologique do ces phénomènes, il n'est pas sans intérêt cependant de rapprocher Tun de l'autre ces deux états analogues d'activité mentale inférieure, qui, à un autre point de vue, montrent une fois de plus combien se touchent do près les manifestations de I hypnose et de rhystéric.
Lo malade que nous allons étudier maintenant est un jeune homme de 18 ans, nommé Georges Poij;..., (fui exerce le métier de layelier. On n quelques points intéressants à signaler dans ses antécédents de famille. Sa mére^ ses oncles et cousins maternels sont bien portants ; mais il a une tanto de ce c6té, religieuse, qui est atteinte de tics convulsifs. Du côté paternel, on note un père sujet à de violents accès de colère, trois oncles, dont deux bien portants et l'autre mort de maladie aiguë. Les trois enfants d'un de ces oncles sont malades; ils sont a pris par les jiim1)e8. » L'un d'eux marche les jambes très écartées!?). L'autre a « une espèce do paralysie des jambes », il traîna ses pieds. Le troisième a la jambe gauche en (loxion forcée d'une façon permanente depuis sa naissance. Il porte un pilon qui s'adapte au genou.
Pondant son enfance, l^oig... a eu des convulsions et on a [parlé do méningite. Depuis lors il fut bien portant. A Tâge de [quinze ans il commenta ;\ travailler comme ouvrier layoticr.
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joon après, tonrint une sorte génériL Bnootre, peadsntta nuit, il se ïextùt en proie k des caocbeoiars terriSaats, rêvant d'assassïzkata, de feu, de saxtg.
Enlin le 17 juin, c'est-à-dire trente-cinq jours après Tacddent de l'ascenseur, il traînait une petite Toiturei bras. quand tont k coup il perdit eonnaissaitce et tomba. Quelques minutes apr^, en rcTenant k lui. il s'sperçut qu'il aTsit craché du sang. On le reconduisit chez lui et Là un médecin, qui vint le visiter, l'envoya à Iliûpltal Larîboisière. Admis Ik, dÂns le service de M. C. Paul, il aurait eu. parait-il.dc la fièvre (39*. 10*), un^oint de côté très douloureux h la hauteur du sein gauche (ce point est aujourcl'hïii le siège d'une zone hystérogène), de la dyspnée et des crachements de sang*. On lui mit un vésicatoire sons l'alsssUe.
Il était dans cet état, alité constamment, lorsque, le quatrième jour uprèa son entrée, il re^ut, vers deux heures de l'aprêit-midi, U visite d'une personne avec qui il se disputa violemment. Pendant cette altercation, il ressentit tout à coup une buul» qui, partant de Tainc gauche, lui remontait h U (JTorpe et Tétouffait. Puis il perdit connaissance. Il reprit ses Ronn In soir vors huit heures. On Inl dit qu'il eëtalt d<9battu, qu'il avait crié, déliré; on lui avait mis la camisole do force pour te maintenir. Lo nuit suivante, le sommeil fut agité, entrecoupé do visions terrifiintcs d'hommes armés qui le pour- Hulvalent.
OUSBRVATIOS.
Le lentiemain II eUit très bien, il ne cracliait plus de s»n^, il n'avait plus de poïDtde côté.maisil respirait toujours mal. Il resta encore cinq jours à Lariboisière. Pendani ces cinq jours il se levait, jouait au loto avec ses camarades, descendait dans la cour. Mais on lui trouvait uuo allure étrange : il se mettait à courir sans motif, lançait les chaises on l'air, voulait se jeter CD bas des eecaliers. En outre, tous Les jours, il avait deux attaques de nerfs, l'une le matin h neuf heurtas, l'autre lo soir À la même heure. Comme il troublait le repos des malades, on ren\oya a Sainte- Anne. Mais, pendant le séjour de onze jours qu'U y fit, il fut parfaitement calme, n'eut pas d'attaques, do aorte qu'on le renvoya.
Hentré chez lui, il resta bien portant pendant trois semaines et recommença à travailler. Mais dans Ica premiers jours d*aoùt il eut une attaque de nerfs, puis, après huit jours de tranquillité, une série d'autres pendant quatre jours. On renvoya alors à l'Hôtel-Dieu où on Tadmit dans le service de M. Proust qui l'adressa plus tard à M. Cuffer, lequel on fin décompte nous l'envoya à la Salpêtrièrc. Voici les détails de l'observation recueillie par nous. Il Ùi à la ::^alpétrière un premier séjour (2U août au HO octobre). Son état était alors exactement ce qu'il ost maintenant.
Aujourd'hui il est porteur des stiiermates hystériques les plus manifestes. L'hémianesthésie ^uche est complète en ce qui concerne lo contact, la douleur et le sens musculaire, louant aiui sensations thermiques, il y a une sorte d'inversion. Le chaud est perçu froid et le froid chaud. De plus, il eiiste & gauche un rétrceissement du champ visuel de 50* avec micromt-'^alopaie et dyschromatopsie spéciale. Le goût et l'odorat sont abolis à gauche ; Touie est diminuée du même côté. Enfin il existe deux zones hystérogènes situées, l'une dans la région iliaque gauche, l'autre nu-dessus du mamelon gauche, sans parler d'une troisième sur laquelle nous reviendrons plus loin.
Lea attaques dont souffre le malade sont des attaques d'hystérie le mieux caractérisées du monde. Elle se composent : i* d'une période épileptoido fort nette avec phase tonique et donique, stertor. écume à la bouche, etc. ; 2<> d'une période do grands mouvements, salutations, arcs de cercle, attitudes illo- ^ueSf accompagnés de cris; 3* d'une période d'attitudes paasioDnoUes. Mais cette troisième phase do l'attaque prend un développement hors de proportion aveu les deux autres périodes. Elle peut durer a elle seule toute une après-midi, ainsi qae noua en avons cotistaté des exemples à diverses reprises. En outre, les attitudes s'accompagnent d'un délire actif, bruyant. On lira plus loin la dcbcriptioa de ce délire. L'attaque
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Aa bout d*on ccrlain Umpa on s'sperçat qu« l'on pounît provoquer rsltaqoe d'une «utre manière. 11 suXfîsait pour cefa de lure fixer par le malade ou objet, le bout du doîgt. ptf exemple, place i qoelqoe dtstaoce de ia racine dn nés. Aa bout de quelque! seeoâdcSy le Babdeoomiiieiiçait à reoTerMr U tête en arrière et â exécuter qnelqoes moavemeDts de déglut4tion. ^î on arrêtait là l'épreoTe, le mahiAB disait resseatir tous Ica phéoocDcnes de l'aura, boule remontant à la gorge, aifflements dana les orc-iUes, battements dans les tempes. Maia si on prolongeait la fixation de Tobjet, tout k coup les ywx se conrulsaient en haut, la face erimaçait et inunédialemect eunenail la phase épileptoîde de Taltaque, suivie k bref délai des autres pcriodes. grands mouvements et attitudes paasion- Dolles. Il existait donc au niveau de In rétine une de cei plaques liystérocrcnes dont nous parlions plus haut (v. p.SSK
Le détire de la phase passionnelle, qui se proloniçeait dans les attaques proroquûes comme dans les autres, mérite d être signalé avec quelques détails. Etendu par terre, tout à coup, AU milieu de ses grands mouvements il s'arrête, redresse k tronc tout en restant assis sur le sol, les yeux effarés regardant fixement le parquet, Puis il avance doucement la main, comme s'il cherchait à prendre une béte qui marche sur le parquet. 11 la manque, elle s'échoppe, et arrive sur lui; il so recule, change de plac^, puis la suit de nouveau de la maio, 1a manque plusieurs fois, ilntt par l'attraper. Quelquefois il saisit par teire un petit morceau de papier qui se trouvait là, qu'on avait jeté devant lui avec intention, et qui prend à ses yeux In figure do ta béte poursuivie. Il la tient alors dans ses doigts et de Pautre main fait le geste de ta déchiqueter, de lui arracher les aileFi, comme un enfant cruel qui jouo avec un papillon ou avec une mouche. Puis tout à coup il pose à terre sa bêle désemparée et d'un î^rand coup de talon l'écrase. Cotte scène a généralement lieu sans paroles. Nous avons pu cependant savoir qu'elles étaient ces hêtcs qu'il écrasait auisi. Nous lui avons demandé dana son état normal s'il ne rêvait jamais d'animaux quelconques. Il nous a répondu qu'à la suite d'une nuit passée chez, un boulanger et pondant laquelle il avait eu très peur des cafards qui hantaient la boutique en grand nombre, Il rêvait souvent de cafards, de cloportes qui so promenaient sur le plancher» sur les murs, sur son propre corps et l'olfrayaiont. Ce sont donc probablement des cafards qu'il poursuit ainsi et écrase pendant son délire.