INFLUENCE DES EXCITATIONS DES SENS
ique, comme avant le sommeil ; l'anesthésic eM pissée à inche.
Celte première expérience, pour n'avoir été ni bien longue
bien variée, était décisive. Nous n'avions nullement hyp-
^tisé de B..., nous avions tout simplement provoqué cbez lui
attaque somnambulo-déliranto, dans laquelle les phéno-
168 convulsifs se bornaient à quelques tiraillements des
ibres et quelques mouvements de dôcrlulitioa. Mais il fal-
It les interpréter judicieusement, ces phénomènes eonvulsits,
leur aâsi^'ner leur réelle valeur, c'est-à-dire celle de véri-
des représentants de la phase oonvulsivo de l'ettaque. Mais
les eut-on même nés^llf^és, il était encore facile, h l'aide des
oaractêreB propres du délire que présentait ensuite le malade,
de distinguer cet état de Bomnambuliame hystérique de la vé-
Itable hypnose. Nous en avions la preuve quelques instants
Kn cherchant à explorer la sensibilité, on ferme avec la
un les yeux du malade, qui retombe aussitôt dans son ique. On observe les mêmes mouvements de ré^rgitation
de déjrlutition; puis les membres se raidissent légèrement, idus et rapprochés du corps, qui s'incurve en arrière. Am bout de quelques secondes, les membres redeviennent souples et le malade reprend l'attitude calme d'une personne qui sommeille.
Nous imitons alors avec les doigts, en frappant sur une table, une marche militaire : le malade, les yeux fermés, tourne la tête à droite et à gauche, puis frongant le sourcil, et sur un ton de commandement, il dit t « Allons!... dans le rant*!... »
On lui présente sous les narines un flacon de sulfure de car* bone. Le malade, avec dé|;oût : a Ça ne sent pas les roses d'Aï- • phonsc Karr; on n'est pas à Nice, ici... On est à la salle de « police...: tu as donc dit: Cambronne I à ton caporal?... Allons t « ne me prends pas mon pain. toi... •
;On produit un brutt métallique, en frappant sur un aimant un morceau de fer. Le malade, paraissant s'adresser à
i^Eoco qui concerne le mode da provocation de l'attaque» rie avec co qui se passe pour l'hypnose ne se bornait pas tpioi du procéîié de l'occlusioa des yeux avec pression des fûbes oculaires. Nous avons coostaté plus tard, au cours de nos olverTations, que l'on pouvaii provoquer l'attaque chez de h... simple suggestion verbale. Il suffit de lui dire plusieurs fois : lormcï ! » en insistant avec assurance, pour faire naitre la l'empU'i d'aucune autre manœuvre.
bfcUUE PAOVOOOt.
malqa'an: « On fa anvoxé pour suivre le déport du format.. Qotàbimk d« traitement? i PuiSj changeant de ton et comme ail expliquait ce qu'il voit : « On le met 4 la chaîne, voia-tu ? on c le nve à l'anoeau... • Interrogeant son camarade : ■ Tu nr < TM pas à la Cour d'aosîsea ? « Paraiannt répondre, «reo indtlféreiiûe : t Pour aller dans une auberge de provinoer
■ man^rdu turbot, sauce hoUandala<... et faire la partie de
• billard',., » Changeant de ton : i Ils s'embarquent... Boa
• voyage!... Ils chantent... » Avec amertume : • Entre joort naîiste et forçât, paa tint de différence...; plus tard, on. « devient propriétaire, comme le pharmacien Fenayrou... • Le m^litdo. a quelques frissonnementa convulsîfs, puis repreocV son attitude calme, loaycux fermés.
On lui ouvre le^ yeux et on lui présente un verre coloré eim^ rouge. Au bout de quelques secondes, le malade, avec anxiété-^.- «*écrle: aOhl l'incendie... », et en parlant à lui-même, changean^^ ^ de ton : « En voilà au moins pour 500 lignes de copie !... > ■
On frappe trois coups sur une table. Le malade, avec autorité :^== I En BC^ne. mesdemoiselles !... » Changeant de ton : « Tien*, m c la petite Elise..., où a-t-elle pri;* cette poitrino-là ? Je ne I^^* c lui connaissais pas.... c'est son habilleuse qui lui aur^^^ I arranp'c cela... » Avec raillerie: < X... (un nom d'artistej^^K^
■ qui fait le Uolaunay au petit pied ! » On présente au malade un verre coloré en bleu ; av
admiration: « Oh I que c'est beau!... Superbe ce demicr'^^
* tableau..., il a des tons d'émail...; c'est l'Exposition d\ « Blanc et Noir... a
On lui présente un verre rouge ; toujours avec admiration « La belle sanguine!... h> Fuis, changeant de ton, avec anxiété: o Au feu ]... >
On frappe quelques coups légers, rhythmés, sur le ^ong. Le^ malade, avec ironie : a Ne me le faites pas h la marché « indienne ! Vous n'êtes que des Annamites des Batignolles... a Aseez. ta rue du Caire !... ce sont des attractions d'un s^out^
■ douteux... V (Souvenirs de l'Exposition universelle de Paris en iK89|.
On lui présente un verre rouge. Le malade, avec anxiôu-. s'écrie: « Au feu !... Une femme au 3« étage !... » Changeant do ton. ironiquement : « Pourquoi? ce n'est pas votre bellei mcro!... » Entrant dans son délire, nouB lui demandons alors, fal<iAnt allusion au secrétaire général de la Préfecture de police, souvent mentionné danj les faits divers de oo genre: « M. Lôpine est-il l.\? o Le malade répond, avec nniiété : « Oui, il est lii, près d'une pi>utre..., il va se faire
* tuer... 9
DËLIUË PROrOQUË.
On lui présente un verre bleu. Le malade, avec ironie, sur un ton emphatique : a Tiens, je suis dans Théoph. Gautier!...
« Je regarde ma princesse derrière un vitrail Noua irons
a chanter tous les deux la chanson do nos 20 ans ! »
On frappe trois coups sur la table. Le malade, changeant do ton, et comme s'il se parlait à lui-même, écoutant: « Voiol f l'ouverture ; trémolo h. Torchestre » Interrogeant :
< Qu'est-ce ? un vaudeville?... > Puis comme s'il critiquait la pièce : t VoilÀ la scène à faire, comme dit Sarcey ; le dia-
< loguo est mou.... v
En frappant sur un aimant, on produit comme le son d'une cloche. Le malade imitant le ton des employés : s Chillon !... c Vevey !... Embarquez! » Puis changeant do ton, comme 8*11 s'adressait à un des employés qui le presse : « On y va... t on emb.irquc...; nous n'allons pas faire de plongeon, au « moins?.... i
Eu frappant sur une table avec les doigta, on imite le bruit du tambour. Le malade, se parlant à lui-même avec triste.'$ae : « C'est une parade d'exécution..., on va le dégrader, le pauvre
■ malheureux..., il ira aux compagnies de discipline..., tandis « que l'espion de Nancy s'en tirera avec cinq ans de prison... t Cet homme, qui représente le commissaire du gouvernement,
^ manque de majesté... u
V On fait passer sous les narines du malade un flacon d*eau
^0 Cologne. Vivement, et sur un ton aimable : f Bonjour, Vio-
■ letteL.. Quel parfum dans ton boudoir !... Tu as au moins • fait connaissance d'un prince péruvien ^.. » Puis changeant de ton, et avec ironie: a Tiens, un perroquet?... C'est un
» prince Balkau qui te Ta donné ?... II y eu a beaucoup comme ça... ils sont nés à Alby ou à Agen, ont eu des condamnations..., etc. B Avec tendresse : c Je t'aime toujours bien... ■ On frappe sur le gong. Le malade, étonné, et avec ironie : Qu'est-ce que cette grosse caisse?... • On fait entendre plu* sieurs coups de sifflet. Le m.'iladc, toujours sur le même ton : € Qu'est-ce que ce sifflet maintenant ?... nous faire venir pour « entendre un solo de grosse caisse, puis un solo de sifflet !... « Ces tziganes, ce sont les bohèmes de la musique !... d
On comprime la région pseudo-ovarienne droite. Le malade a quelques mouvements de régurgitation, puis il s'éveille.
Le lendemain, l'aneslhcsie a persisté du côté gauche de la face. La sensibilité est restée du côté droit. Le point hystérogène qui occupait hier la région pseudo-ovarienne du côté droit n'est plus sensible ; aujourd'hui, c'est du côté gauche qu'existe point hystérogène. Le malade dit qu'il est mieux à son aise
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bcomx raOTouclu
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en attaque k l'aide de U AprtA qo^lqueft aecondft
de dégluCt-
n ne »« rappelle pM fla'cat de
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de UraiOeznento des measbrae et de
tkm, il se net h réciter, à mis beeee. les yeux toujours ferdea Tara fiitrii BïeolôC, a^anîmant, il décl.ime à haute U prëaeote dans œs vera, que noua avuna an dans U ■oite être de lui. la conditioa d'un écriTain malheoreux qui, prêa de mourir, fAÎt sa confeaaîoa générale. Celte tirade dore environ trote ou quatre minutes.
On l'Interrompt en piquant arec une épingle te côté droit de la face. Le malade, portant la main de ce côté et .avec mauvaise humeur: «Oh! les goêpea!... Aubergiste, vout no pourriez paa nous donner les Guêpes d'Alphonse Karr^ au lieu de celles que i-ous nous servei T... » Changeant de ton et avec îroDJe : « Je voua dois ?... voua avez mis dans la note le eet que vous avez oublié dans l'omelette.. . > Puis» faisant le gest^ d'ouvrir une porte et comme se parlant à lui-même, avec amertunc : < Dana la camp:>gne, la route e&t fleurie..., joi9 danu le ciel, joie dans les champs..., mais vide dans l'estomac .... cette omelette n'était qu'une omelette soufflée... »
Le malade a quelques secousses convulsivcs puis de nouveau redevient calme, le^ yeux fermes. On frappe un coup Bur UQO table, avec la main. Le malade, relevant la tète, et fortement: « Entrez!...» Puis, répondant à quelque camarade: ■ De l'argent? j'allais t'en demander... Veux-tu déjeuner avec moi? je m'étais promis un petit menu..., mais nous en serons réduits à la cuisine bourgeoise, ainsi appelée parce que ce n'est ai de la cuisine^ ni bourgeois... *
On frappe sur une boite en fer-blanc. Le malade avco ironie: ■ Ah ! des chaudronniers..., des iîlsde l'Auvergne...; ils frappent sur le cuivre..., iU doivent aussi retaper les souliers, > Changeant do ton. comme s'il s'a- Cumbien ce bouquin?... 3 fr. 50? je .; et vous avez uchcté ça à la livre ; ça Sentencieusement : u Kh bien, je n*en
vendre des bouquins. droasait ii l'un doux ; vous en donne i sous no vuut mémo pas... o
VRUX pas ; apprenez qu'on no doit pas voler de pauvres acheteurs... >
On frappe de légers coups rhythmés sur un aimant imitant lo son d'uuo cloche. Le malade^ sur un ton mélodramatique et ot avec des gestes appropries : « Minuit I... le traître s'avance, cachant sous i^on muutoau de papier gris... » Avec ironie, changeant de ton. comme s'il se parlait k lui-même : « Ah ! quo o'ost vlciu... jo parie qu'au 5* acte ils vont se marier, ce
CABACTËR6S DU OÈLIRK.
go.
grand enfariné lîi-bas, avec... • A ce moment le malade est pris de quelques frissonnements convalsifs.
On lui met sous lea narines du camphre. Avec mauvaise humeur: • Oh! aale blague, pas de Kaspail. ici ; pas besoin d'ànaphrodisiaque... •
On place un étui cylindrique, roug:e, devant les yeux du malade. Avec surprise : « Oh ! le joli portc-or... ce sont des luifl qu'un éditeur m'envoie, sans doute. »
Cherchant si le malade extériorise ses sensations, on place 'un prisme devant l'œil gauche. Le malade, avec étonncment : ■ Tiens, j'ai un monocle... » Puis regardant aveo attention îk gauche (cote ane«lhésique) : u Un raLI... (Il compte} 2« 3, 4 rata, il doit y en avoir 7, c'est un nombre... » Avec terreur et •e reculant: « Ils viennent vers moi..., allez-vous-en I... a Lo malade se renverse en arrière : quelques mouvements convulifs*. puis, resolution musculaire , le malade est calme.
On mot un flacon de sulfure de carbone aoiis les narines du malade. Avec impatience: « Bon! les senteurs de l'écurie qui {>arviennent jusqu'ici...; on devrait bien placer les reporters. de fatjon... •
On réveille lo malade, en lui soufflant sur les yeux. H paraît De pas se rappeler qu'on l'ait endormi en lui mettant la main
tjr lea yeux et n*a pas Lu moindre con^tenoe de tout ce qui est passé pendant tout ce temps.
Nous nous arrêtons là dans la description flu délire. Xoua n*en finirions pas si nous voulions reproduire tous les document» que nous avons recueillis à co sujet. La description ci-dessus est déjà bien sullisanle pour eu lonlrer les principaux caractères. Lea conceptious délirantes portent au suprême degré le cachet de la personnailo du malade. C'est un journaliste, un « L^^endclettres », lans fortune, vivant tant bien que mal de sa plume. Il ne 'le que de reportage, de théâtre, de misère d'écrivain à lâche. Voilà pour le côté professionnel. Pour co qui est caractère, il ne se dément pas non plus: il est sceptique, ilusionné, et toutes ses idées délirantes sont marquées sceau- là. Dans la suite, de nouvelles scènes s'ajou- Frenl. Au bout de quelque temps de séjour à la Salpô- [rière* après avoir observé choses et gens autour de lui, il »arUiC souvent, dans son délire, de Thûpital, des malades, dea médecins, toujours avec cette note sceptique et dé* liliusionnéû.
IH
CàMàCnMSé PC
Ea cb qmi coiitwe les nrarléwit eu délire lui-mêait, abstnctkMi fiiile 4e nsAtidn dfiBnnU Q cil à peine beMin ée dire i*»*»"**** U ert aaalogiw à eeux qse ooiu avoes rapporté? pins hant. Rîen D*jnia&qn«, paamèmc la zoopaie. Mène oc%ûie halioeinaloire, mèaae peenbililê d*dcr« ipflBWirr par les CToititio^ ém ocgaoce dea aesia. Le malade, U eat vrai, eat beaneoup moins actif. Ijea jeux de phyaioooHiie aoot fort expreaaifi, mais Q cal aobra de gealea. Pendant toute la durée d'une attaque provoquée Q neae lève pas de lacbaûMOÙ oe !'a assis. De plus, le degré de ooDcentration da malade eat Gertainemeat un («u moindre que dans les cas précêdeols. Non pas qu'il s'occupe davantage des objets ou des personnes qui l'environDeot, roaifl il est indéniable que les hallucinations provoquées par tel ou tel agent impressionnant les sens, sont moins lixes ou moins identiques d'un moment à Tautre. Ainsi lo verre rouge donne tantôt l'hallucination d'incendie, tantôt celle de dessin k U sanguine, tantôt celle d'afUche électorale de candidat anarchiste, et ainsi de beaucoup d*au> très. On Ta \u dans le cours de notre description pour le bruit de cloclies, celui de gong, l*odeur du sulfure tk carbone, etc.
Mais c'est surtout à un autre point de vue que le degré de concentration du malade apparaît moindre que dans les caB précédents. Il nous avait dit, à plusieurs reprises, que, dans les divers services où il était passé, on lui avait, {fcndant son prétendu hypnotisme, fait des suggestions diverses. Nous avons essaye, h notre tour, et nous avons constaté également que le fait était possible. Lo malade, pcndnntson délire, est susceptible d'accepter des sugges" tious quclcon([ucs, analogues à cctlcs do la pôriodc somnambuli(iuc du grand hypnotisme (1). Nous lui en avons
(1) Voir a oo bujct robservntion publiée dans un travail de M. Duniii (do Varsovie) : Einige Hemerkungen ueber êogt' nannte traumatiscke Seuroaen. [Deut, Arch. f. Min. Med. 47 Uil., 5 ot lî Huft, Mars 1801, p. 549). Dans ce cas« qui nous HOinLle bien devoir entrer duus lo cadre du somnambulisinn Ii\^te* rique ot rctîsrnible boaucotip.b certains points de vue, mC
cai do M. Mcsnct, te mnfade acceptait toutes tes sue^ - U
prevonlail on outre la même facou u écrire que notre jeune oorrier
SUGÛESTIOILITÉ.
cfonac quelques-unes, parmi lesquelles nous nous conten- Coroos de mentionner la suivante, à cause de sa complexité. B... avait eu, pendant la matinée, dans le dortoir des ^xzialades, uno attaque spontanée qui avait été suivie de la triode déliranto habituelle. H a les yeux grands ouverte t se promène dans la chambre sans faire d'oxccntricitéa E:>ieii remarquables, tantôt silencieux, tantôt murmurant «3.66 phrases indistinctes- Au bout de quelque temps, nous Ki&ous approchons de lui et lui adressons la parole en l'en- ^rainant du côté d'une table couverte de divers papiers et <5i'une clef que nous venions d'y placer en bonne lumière, .s», dessein. Noua attirons alors vivement son attention sur ttte clef, en lui affirmant que nous sommes dans le caûnet de Téconome de l'hospice. Cette clef, lui disons-nous Tun air mystérieux, est la clef de la caisse, représentée, lans la chambre où nous sommes, par une armoire orditire que nous transformons en un g-ros coffre-fort. Coninuant notre invention, nous lui affirmons que ce coffreort est rempli de rouleaux de louis formant une somme dix mille francs. Il parait étonné tout d'abord et accepte ivec peine nos afQrmations. Mais, en insistant, nous arri' '^'ons cependant aies lui faire admettre.
Nous lui disons alors que nous sommes seuls dans ce <:abiaet, devant ce coffre-fort plein d'or, dont la clef a été oubliée par l'économe, qu'il y a là une belle occasion de s'approprier facilement une forte somme. Il résiste tout d'ftbord : «t Four qui le prend-on ? il n'est pas un voleur... cet argent n'est pas à lui. a Nous insistons vivement avec toutes sortes d'arguments perfides : il n'y a aucun danger, personno ne nous a vus entrer, c'e^t l'absolue certitude deTimpunilé ; une fois le coup fait nous partagerons en- Miuble, il ne doit donc pas avoir peur que nous le dénoncioQs, etc., etc. Après bien des révoltei, des mouvements d'indignation, des hésitations, il se laisse enfin convaincre, avance la main vers la clef, la saisit brusquo- Dïflnl, puis tombe dans nos bras, en proie à une violente
cfflUiteur de la précédente observation. Quand on lui retirait la Wle sur laquelle il écrivait, il coaliauaîi sur la feuille stiivanie ïi corrigeait des mots imaginaires sur une page LUnche. (0. 0.)
Charcot, t. II. 10
MG
ECniTUnE A LETAT OK VEtLLF.
atta(|uo coavulsivc. L'expérience avait doublement réuBaî; l^lle avait prouvé la possibilité d'imposer uu malado doi sugg-estions multiples et dilliciles à admettre et, d'autn part, elle nous avait montré l'inanité de nos efforts pouC lui faire commettre par ce procédé un acte délictueux, ainsi que cela arrive ^généralement lorsqu'on tente d'imposeï des suggestions de co ?cnro, soit dans Thypnotismo, soii dans les états ne relevant pas véritablement de rhypnosoi mais dans lesquels le phénomène de la suggeetibilité exïaU à un plus ou moins liaut degré.
Nous avons dit plus haut que notre malade est journa liste. 11 est aussi ï>oète et fait des vers soit pour l'amoui de l'art, soitdan^un but inlércssé (réclames, pièces cora< mandées, etc.|. Ce côté professionnel se retrouve au pitu haut degré dans ses attaques de somnambulisme, pen« dant lesquelles il écrit beaucoup, soit spontanément, soi* BOUS rinflucncc d'une suggestion sensorielle consistant 1 rasseoir devant une table, oii se trouvent du papier et dl Tencre, ot h lui mettre une plume à la main. Nous avoni pu ainsi constater, dès le début de son séjour â l'hospice, un phénomène fort intércssnnl.
On a vu (p. 136) qu'il était â cette époque atteint d'unf sorte de tremblement qui l'empcchail d'écrire et lavai forcé h 80 faire accompagner dans ses voyaircs par uq petit secrétaire, h qui il dictait ses dépêches ei ses article», Pour nous rendre compte du (rouble (jue co tremblement; déjà bien atténué cependant à celte époque, apportait à9 l'écriture, nous l'avons prié, à Tétat do veille, de nous] tracer une page d'écriture, une pièce de vers de lui, par| exemple. Il nous a écrit alors quelques lignes dont noU0 donnons plus loin le fac-similé (Voyez planche II, Fig. I). Etant dans l'état de veille, il a mis sept minutes à écrirf avec difficulté ces ([untorze vers. Comme on le voit, l'écriture est tremblée, irrcgulière. De plus, on y remarque quelques fautes ou erreurs. Au premier vers il est écrit: ..,. parmi les arbres ; Vm qui est ajoutée sur le fac-similé l'a été pendant la période délirante, lorsque nous lui avons mis son manuscrit sous les yeux. A l'avant-dernier vers on Ht: du fond de leurs iombeenix les trépassés me font*
ECniTUIlB DVNB LE ^OMNAUHULIâUB.
Il y a lÀ éviricmmont soit un déTaut de mémoire, soit uno véritable faute do style. Les deux mots: fond et font ne devaient pas se rencontrer dans un même vers, d'autant lus que le premier se trouvait déjà à la (in du dernier irs du tercet précédent. Dans la pièce écrite dans l'état tmnambulique, il n'a eu garde de laisser passer une reille erreur et a remplacé le mot fond par celui de«eén, klnsi qu'on le verra sur la Fig. '2 (planche II). Une fois ce sonnet ainsi écrit, de cette mauvaise écriture •emblée et avec ces fautes évidentes, nous provoquons une ttaque et, le malade étant dans la phase délirante, nous 'excitons à nous écrire « La fête des morts », il s'exécute facilement et en trois minutes il trace d'une main ferme les l^neB suivantes, que nous avons placées k dessein en re* d« celles qu'il avait éi'ritcs pendant l'état do veille. L'écriture est toute différente, comme on le voit. De pttu, les fautes n'existent plus. Au premier vers, il y a mnrbres nu lieu de arbres, à l'avant-dernSer, sein au lieu de fond. Isnfin, tandis qu'à l'état de veille il avait mis icpt minutes à écrire ces quatorze vers d'une façon incor- ■te à tous égards, trois minutes lui avaient saHi dans ^somnambulisme pour accomplir correctement la même ;ne.
A ce moment nous lui mettons sous les yeux le manasit de l'état do veille et il commence à le relire, corri- »nt tout de suite, sans hésitation, la faute qui s'était tissée dans le premier vers et rajoutant un m i\ arbres. tous ne nous étions pas aperçu tout d'abord do l'erreur Tavanl-dernier vers; auiisi ne le laissons-nous point uitlnucr ses corrections et l'arrclons-nous avant qu'il en i\t arrivé là. Revenu à l'état normal, il ne se rappelle avoir rien écrit, ni rien corrigé. Nous lui présentons trs les deux manuscrits; il reconnaît parfaitement le remicr, fait remarquer qu'on a avec raison corrigé la faute commencement, mais il ignore absolument le second. II tie le renie pas cependant, disant en souriant que nous avons dû le faire écrire pendant (^u'il «dormait». C'est iÏL, ajoute-t-il, son écriture normale, colle qu'il avait autrefois, avant l'invasion do ce malheureux tremblement Hui le géno tant.
rMaokem eoTcn povr
Ses înteckteun oltreot Itur eavoie uae rêcUma i0] M4tc gr&nde quantité de
oa * des flonfrirea, des pie* mont fort jolies, des petite prodaitA iodastriels dont rèeotBpeaee à qaioottqae el Um toornée. Parmi tooe très intéreesa&ts,
noue nous contenterons d'extiaire le suivant.
Ce sont quelques fragments d*ane pièce de vers que nouM choJaiMons dans le nombre, parce qu'elle donne une idée aasez exacte de l'état moral habituel de notre malade, plus riche d*eaprit que d'écus^ un peu désilluflioané et légèrement a un de siècle » , pour employer Texpression à la mode. Le malade la récitait volontiers spontanément pendant son délire.
LA nS Ù'vy JOUBNALISTB.
J*avais rêvé parfois, aéduisante morale.
D'assujettir la mort à l'urno électorale.
Uéduite au seul apport des voix Du ces pâles amants qui fatiguent les arbres, Des chercheurs de repos soua les buis ou les marbres
Des ferrcnta du charbon de bois,
Ln Mort eût succombé sans même un ballottage. L*éclicc était certain ; las! ce galant partage
Elle ne l'a pas accepté.
Malgré lu République, elle domine en reine, De mon suffrage hostile elle rit et — sereine —
Laisse mon vote protesté.
Inutile rameau, sa faulx rouge m^émonde.
Les yoiix seos, j'ai bien pou de regrets pour oo monde
Voguant en plein âge de fer.
Beljtneur, que j'ai parfois outragé comme Ponoe, A mes vains arguments n'opposes pour réponse
l'n fauteuil d'orchestre en enfer.
ÉCRlTUnS DANS LE SOUNAUBULISMB. IVJ
Dieu puissant, vous m'avez éparf^né cette honte. J*ai laissé les Scapin dépouiller les Qéronte,
J'ai préféré l'Agence Uava», Disant les faits divers des fantastiques Eoncs^ Les combats fabuleux des noires Amazones,
Le cri de guerre des Hovas.
J*ai menti comme un gueu\ des fiùrcR Asturies, Mais des vierges en graine, hériticroa mûries.
J'ai respecté la puberté.
N'est-ce donc rien, mon Dieu, dans le siècle où nous sommes. Où l'honneur et Tamour se règlent par des sommes,
D'avoir sauve ma liberté?
Je descendrais joyeux, riant de ma souffrance, Au tombeau, si j étais étranger à la France,
Ce pays magique, enchanté, Ce tableau merveilleux, exempt d'ombres sinistres, pCt les graves vieillards s'appellent des ministres
Et n'enj?endrent que la gaité,
Où les événements tournés en facéties
Ont l'air de vieux refrains aigres comme des scies
Ou de couplets de liéranger, Où revient — preuve encor que notre terre est ronde — Périodiquement quelque nouvelle Fronde :
Coadjuteurou Boulanger.
Jéhovah juste et bon, qu'aucun pécheur ne lasse, En votre paradis résorvuz une place
Au pauvre et repentant rêveur t Journaliste endurci, ma suprême prière Sera pour demander à l'ap&tro saint Pierre
Un dernier billet de faveur.
Cetto poésie écrite, nous plaçons devant les yeux du Achlade une feuille do papier sur laquelle nous avons écrit, disant allusion en même temps à une autre poésie: «Quand ^Vez-vous fait ces deux pièces de vers? -> Il saisit aussitôt ^^e plume et trace les lignes suivantes : tr Mon cher Editeur, k^iiraîB un très pressant besoin d'un acompte de cent ^^ncs. Ces pièces doivent être sous-datées : Montpellier, î^in et juillet 1890. Bien à vous, un peu de votre argent à
ùtmmt trz covc&^TmATMMi dv
moi. ëkgmè d« li,.. « Il éUift d'viHeon facil» d» to^, à r«- MfMiM et À ta rapIdHésvee lc«]oellcsl0iMlftdeêcrtv»tlfs T^nci-desfaa, qu'il ne CbImU que rvprmliilr* de mêmoirt. Il m do reste pea composé peadut mo altaqaes délirantes. Saof quelques eoartcs piêm, poor ieoqoelles i] était facite de TOÎr qu'il coTn^'Oftâit. ç^râce aux raturée dont îl a>avraH ■on papier et aux umps d arrêt peodant leoqueU il refléehtsêait 11 a prea^iue toujonn reproduit de mémofr« des piAow déjà faite*.
Pendant qu*!! écrit, U est assez profondément ooocenirt pour qu'on puisse agiter autour de lui des objets vo}a:itâ et R*ap|)rocher assez près de fics yeux ou de &a copie, sans qu'il n'en occupe le moins du monde. Le champ de la Tisior» parait rétréci et limité exclusivement à son papier. On n^ peut cependant pas, ainsi que nouD l'avions fait chez 1^
jeune Poig lui enlever la feuille sur la(|ueUe i*
écrit cl le voir continuer a écrire. Si on exécute cotl^* aountraction, il s'en aperçoit, paraît étonné ou s'écrie^ c Quelle mauvaise bingue î... J'ai pas fini ! » II cherche su la tiblo le feuillet disparu et ne se décide qu'avec peine écrire sur une nouxcIJe page, s'il ne le retrouve pns. Si on lu lui rend, il continue au point interrompu. Mais îl ne s'occupe nullrmont <lc savoir comment celte fantasmag^ori do disparition ci do réapparition a pu se produire. Par là il est facile do se rendre compte que le degré de concentration du iiialudo (lîiri» son délire, s'il est bien net, n'est du moinspas  b'^aucoup près aussi profond que chez le nommé Poig...
H'W no compose guère de vers pend.int son délire, en revanche, on co (jui concerne la prose, il a souvent écrit devant nos yeux des lettres ou des pièces plus ou moins longues sans trop d'hèHitation.
Quelques Jours après non ciUréc à l'hospice, le malade, qui obsi'rvait avec intércL tout ce qui passait autour de lui dans lu tnaison, avait manifesté à plusieurs reprises l'intonlion d'écrire quelque chose, une nouvelle, un petit roman, sur luSalpêtriûro. Prolituntd'un moment où il étai dans sa crise délirante, nous attirons son attention sur ce st^ot on lui criant aux oreilles à diverses reprises : « dalpdlrlèro! n et on pluçant devant lui une plume, de i'cnc