‹ Clinique des maladies du système nerveux v. 2, 1893Chapitre 23 sur 95 · HALLUCINATIOXS PROVOQUÉES DANS LA CATALEPSIE · texte numérisé non relu

HALLUCINATIOXS PROVOQUÉES DANS LA CATALEPSIE

à proprement parler, la véritable cartictéristique psychique, au même Litre que la llcxibilitè cireuse des muscles en est la caractéristique somatiquo (1). Au point de vue purement psychique, il y a une certaine analogie entre le somnambulisme hystérique et la catalepsie. Loin de noua l'idée de vouloir identifier en tout deux états aussi dissemblables dans leurs manKestalions extérieures. Nous no pouvons, il est vrai, prétendre savoir au juste ce qui se passe dans le cerveau d'une cataleptique au repos, mais il est permis de penser qu'il est absolument inactif. Chez le •omnambule hystérique, au contraire, il n'y a pas un seul instant de tranquillité et, sans excitation aucune, colui-ci présente une spontanéité dans les conceptions délirantesquin^st pas undescOtésIes moins remarquables de cet état.

Mais si l'on su^;>êre une idée au cataleptique, soit par le sens musculaire, soit par un sens quelconque (vue. odorat, goùt, etc.), il se trouve dés ce moment en proie à une hallucination ou à une série d'hallucinations enchainées, qui tiennent toute la scène et ne laissent de place à l'intervention d'aucune idée étrangère à l'idée provoquée. Nous avons publié ailleurs un travail sur ce sujet et montré quels sont les caractères do CCS hallucinations provoquées, comment le malade s'empare à sa guise do l'impression reçue, la transforme à son gré en dehors de la volonté do l'opérateur [2). Ce sont bien là les caractères des hallucinations provoquées dans le somnambulisme hystérique.

De plus, dans l'un et dans l'autre état, c'est par les mêmes procédés que l'on peut arriver à provoquer des hallucinations: c'est-à-di,re par des excitations des organes des sens, L'étatcataleptique correspond àcet égard au degré le plus profond de concentration du somnam-

0) Voir à ce sujet : P. Janol. L'automatisme psychologique^ ParÎB, 1889.

(2J Georges GuiriijD et Sophie Woltkc. — De l'influence des excitations senaiiioes et sensoritilles dans les pfiases eataleptiue et somnambulique du grand hypnotisme (.Vouu. Iconogr, » l 61 plus iiaul, n' X.KVj.

fa S&lpétriève, t8Ul,a»

PKBdOïSâUTE SOftllALI.

la parole ne prodi

effet.

balUme hystérique, OU0 analogie frappante a pu être parfaiteinent mise eimi^ lumière ch&z une de nos malades, la nommée Schey...«^v qui était en même temps hypootiaable et sujette k dea^^s atta^fuee de somnambulisme hystérique. XouâavonsdoDC=^

pu comparer facilement chez elle les hallucinations pro '

Toqiiées dans la catalepsie et dons la crise délirante, cCT' '^ nous avons remarfiué que nombre dcntre elles étaient* al absolument identiques dans l'un et dans l'autre état. Lîl^^^" > seule différence essentielle a été que, dans la catalepsie. In^r^ a malade ne rend compte de l'idée dominante que pardes^SK '^ gestes et une mimique plus ou moins active, mais toujQurijs ■ " parfaitement appropriée et facile à interpréter, tandis que,.^ ^^t dans le délire hyatérique, elle se sert de la parole et A\x.M~~9^ geste, manifestant extérieurement de cette façon encore^^^"®

mieux l'hallucination ou la série d'hallucinations sucées- -

sives, auxquelles elle est en proie. Pour plus de détails et^V ^' alin d'éviter les redites, nous renvoyons le Icctonr à l'observation de celle malide donnée plus haut en détail.

Quoi qu'il en soit de l'interprétation que l'on puisse essayer de donner de ces phénomènes, ce quo nous ne tenterons d'ailleurs pas de faire ici» il était cependant intc-— ressant de rapprocher Tune de l'autre ces deux manifes — tations morbides, la catalepsie hypnotique et lesomnam^ — butisme hystérique, toutes deux caractèrisces au point de^ vue psychique par l'état de monoidéisme, aussi nettement;^ appréciable dans l'une quo dans l'auti^e.

Pout-on dire qu'il y ait chez ces malades un véritable dédoublement do la personnalité? Oui. au sens strict des mots. Mai» il nous semble qu'il vaudrait mieux réserver cette dénomination à certains autres cas désignes parfois BOUS le nom de vit^ilambulisme et dont nous nous occuperons ailleurs (Voir plus loin, n"' XXIX et XXX). Mais il n'en est plus moins vrai t|u'il y a véritablement dans nos faits d'aujourd'hui deux personnes distinctes l'une de l'autre.

La première personne, qui est l'individu normal, no conserve aucun souvenir de ce qui s'est passé pendant

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l'éiat somnambulique, de ce qu'a pensé, exécuté la personne délirante. Celle-ci a-t-elle notion de la personne norm«ilo ? Voilà qui est plus difncile à dire. Avant tout, l'idée do souvenir inipli([uc une comparaison latente et la conscience d'un état actuel dans lequel on évoque un fait antérieur. En un mot, pour qu'il y ait souvenir du passé, il faut que lo présent existe. Or, chez nos somnambules hybtériques, il ne semble ptis y avoir de notion do l'état présent, ou plutôt, c est Ihallucinatiou du moment qui on réalité constitue à elle seule tout J'clat présent. C'est ce que M. OiUcti de la Tourettc entend en disant que la seconde personne est délirante (1). On dit quelquefois au

1 figuré : revivre ses souvenirs, ses annéesde jeuncsacetc. On i>cut dire cela sans flgure des somnambules liyslériques. A proprement parler, ils revivent tel ou tel incident de leur vie passée, qui redevient un fait constituant à lui seul, à cause prccisémenl do ce monoidéisme dont nous

(parlions plus haut, leur vie présente. On ne saurait donc dire strictement ([u'ils se souviennent de leur vie antérieure et (juc la personne délirante conserve la mémoire de la personne normale. Nous ne parlons ici, bien entendu, que de faits antérieurs et non pas de notions acquises et devenues inconscientes en tant que souveniis, telles que la lecture, l'écriture, etc.

D'autre part, la personne délirante estello une et tou* jours la même? Autrement dit, le souvenir dun délire antérieur est-il conservé dans une période ultérieure de somnambulisme? La ré{)on0e à cette question nous est fournie par Tobservation de notre jeune journaliste. Dana

(la plupart des autres cas que nous avons décrits, la succession des hallucinations spontanées ou provoquées ne permet pas. â cause du mode de réaction des sujets, de se faire une idée bien nette â ce point do vue. Mais, chez dfl B..., H en est tout autrement. Nous avons vu très nettement la personne délirante se maintenir la même d'une att^'ique sur l'autre, et cela à plusieurs jours de distance. Que l'on se rappelle les détails que nous avons donnés touchant la rédaction de la nouvelle que lo malade com-

(I) Gilloâ de la Tourette. — L'hypnotisme et les états analol'eues au point de eue méiiico- lég.if, 1" édilioa, p. 245.

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