‹ Clinique des maladies du système nerveux v. 2, 1893Chapitre 34 sur 95 · LADAME · texte numérisé non relu

LADAME

rapporter... Dès l'état second elte résiste vigoureuflemont lorsqu'on essaye de la forcer à faire ce qui ne lui convient pas, et elle déploie alors une grande force rausculaipc... Quand elle est daoB son état normal, elle perd toujours au jeu de dames, mais lorsqu'elle est dans l'état second elle gagne^ au oontrmire, toujours. «

I II est bon de noter, en passant, que M. Ladame n'a jamais constaté, chez cette malade, d'anesthésie cotanée ni aucun autre stigmate d'hystcrie.

Bien que cette jeuno fillo, dans son état second, se souvint des faits de sa vie normale, il lui arrivait cependant iouvcnt, « dans l'clat second, do no pas reconnaître les personnes de sa connaissance dans Pétut primo, u Elle parle à M. Ladame, qu'elle connaît fort bien dans l'état normal, comme si elle s'adressait à quelqu'un d'étranger, et un jour qu*il essayait de la réveiller, c'est-à-dtre de la Cfciro revenir à 1 état prime, elle lui répondit : « Je dirai à M. Ladame que vous avez voulu me réveiller quand je ne dormais pns. q

Au début, le fiance de M"* X...» qui pouvait l'hypnotiser lorsqu'elle était à l'état de veille, n'avait aucun pouvoir nir elle quand elle était dans Tctat second. M. Ladame fut plus heureux dans la suite. 11 put par^'eni^ à l'hypnotiser dans l'élat second et par la suggestion faire disparaître les crises do dédoublement de la porsonnatitc, ainsi que les attaques do somnambulisme nocturne.

L'élément hystérique est, dans ce cas, représenté par l'attaque do sommeil qui précède chaque crise de dédoublement de la personnalité. Celle-ci lui succède immcdiatennent ; le malade sort de l'une pour tomber dans l'autre, comme certaines passent de la période convutaivedo l'attaque ordinaire dans la phase des attitudes passionnelles. Tel est le premier pointa considérer.

Je ferai remarquer les autres différences qui existent entre la première et la deuxième personnes. Celle-là est aimable et douce, celle-ci violente et emportée. C'est donc surtout une différence de caractère qui distingue l'état second. En ce qui concerne le souvenir, il est bizarre de voir que la malade, bien que se souvenant dans l'état II de tous les faits de Tétat T, oublie cependant certaines

kB ir. B0NAMAI80N.

figures. Elle continue à savoir marcher, lire, écrire, cRS ter, jouer du piano.

Il en est à peu près de môme dans le cas dû à M. t50* namaison (1). Ctiez sa malade les racultés paraissaient] ptu8 affinées dans l'état second que dans Tétat normal.

C'est une Jeune Qlle de ?? ans chez qui les premiers accidents nerveux remontent à !*âge de quatonto ans. A vingt ans elle entre comme sous-maîtresse dans un couvent et là, à la suite de pratiques de dévotion exngéréea ayant amené un oer*

in degré d'anémie et d*un traumatisme de la région hypo* trique, les premiers symptômes liystériques caractérisés font leur apparition.

Ce KOFit tout d'abord des attaques convulsives, puis, sept mois plus tard» dos attaques de sommeil. Trois mois après le début de ces dernières parait la première crise quatifioe par M. Uonamaison do sornuaitibutistue spontané, et que nous appellerons, avec M. Charcot, attaque de vigUamhxdisme ou dédoublement hystérique de la personnalité. Cette première attaque dure trois mois consécutifs avec des retours d'une ou deux heures par jour à TOtat normal, interrompue, comme rétat normal iul-même« par des attaques convulsives ou de^ sommeil. |H

Au bout de ce temps, le dédoublement de la personnalité' ne se montre plus que quotidiennement, vers le soir, pendant plusieurs licures.

Au milieu de tous ces accidents se pincent divers épiphénomènes de nature hystérique qui survenaient de temps à autres par acrident, tris que : des attaques de catalepsie, ou plutôt de ritridité avec conservation do la connaissance , des crises de dyspnéod'une violence peu commune; une paraplégie complètej et, à diverses reprises, des contractures variées, du mutisme, de l'aphonie, des vomissements» do la diarrhée ner-

Ivcuse, etc., etc.

D'ailleurs, cette jeune ûlLe porte les stigmates de l'hystéri

(I) Bonaraftison.— Un cas remarquable tVhypnost êpontAnéti, gr&nde hystérie et grand hijpnotiame. {Uev. de l'hypn, «I deU p9ych. phyiioL, M" février 1890, p. 23i).

CAS DE M. BOXAUAtSOM

la mieux caractérisée : hémianesthésie sdasltivo-Mnaorielle gauche très prononcée, ovaral^ie du même côté, clou hystérique, etc.; hémlamyosthénio gauche. La malade fait usage d'apiol pour ramener les règles dont Tapparition est toujours marquée par une recrudescence des accidents nerveux, de morphine pour calmer mb diverses douleurs, de cbloral pour pouvoir dormir.

L'état second peut se produire h, la suite d'une attaque con- Yuisive, laquelle se présente toujours sous la forme typique de U grande attaque décrite par M. Charcot, ou bien succédera une Attaque de catalepsie. Dnns d'autres cas, elle est simplenent précédée d'une courte phase cataleptoide qui pourrait échapper à un observateur inattentif ou non prévenu. Elle se produit tous les soirs entre six et sept heures.

Après une de ses attaques ou au sortir de la courte phase eataleptolde qui en marque le début, la malade, par une inspiration profonde, entre dans Tétat second, i Elle jette alors autour d'elle un regard étonné en disant aux personnes présentes : ■ Bonjour I i ou bien encore : « Ah I vous voilà ! • pois paraît ae souvenir et reprend la conversation ou le travail interrompus au point où elle les avait quittés... Une modlfioftUon sensible s'est produite dans les allures et le caractère (te M*^* X... ; l'expression de sa physionomie est différente, les yeux sont plus brillants, l'allure plus dégagée et plus vive; elle cause et rit avec plus d'animation. Très docile k Tétat normal, elle devient, en état second, volontaire et capricieuse. Elle s'occupe de préférence, dans cet état, & des ouvrages de broderie ou do couture minutieux et dlffloiles, qu'elle conduit ftvcMs une activité fébrile et une dextérité peu commune.

• L'inleltigonce et la mémoire sont plus affinées ; la suraotîvitê de cette dernière faculté est surtout manifeste. Le souvenir do faits oubliés à l'état normal se réveille et se présente ù 0on esprit avec une netteté extraordinaire et elle les raconte avec une verve et un entrain qu'elle n'a pas habituellement. Nous rav(ins plusieurs fols entendue chanter, en somnambulisme, une romance anglaise apprise pendant son enfance et dont elle ne sait plus le premier mot, une fois revenue k )'^t«t normal.

« Pondant l'attaque de somnambulisme, la malade a gardé te souvenir de tout ce qui s'est pasaé pendant l'état normal et les attaques de somnambulisme précédentes.

• Quelquefois cependant la malade parait avoir oublié, pendant l'état second, les faits qui ont immédiatement précédé le début de cet état. C'est ainsi, qu'étant entrée un jour en somnambulisme à la fin du repas, elle a*étonnaitqu*on commençât

PH^OMÉNEB HYSTÉRIQUES.

par le dessert, ne se souvenant plus qu*on avait auparavant Horvi le dîner.

« Revenue à l'état normal, ta malade a complètement oublié tout ce qui n'est passé et tout ce qu'elle a dit pendant l'attaque de somnambulisme; mais il arrive bien souvent que. le lendemain, en rentrant en somnambulisme, elle cherche^ renouer la conversation ou k continuer la lecture ou l'ouvrage commencés pendant la période de somnambulisme précédente et qu*elle avait oubliés pendant l'état normal.

■ Comme nous l'avons dit plus haut, la malade entre en somnambulisme chaque soir entre six et sept heures et reste dans cet état toute la soirée. C'est en état second qu'elle ae couche et 8*endort.,. Dans cet état indéterminé qui sépare La veille du sommeil, elle pouaae, par instant, un cri involontaire ou plutôt une sorte d'aboiement. Cet aboiement se produit quelquefois pendant plus d'une heure, cessant quand on réveille la malade pour reprendre dès qu'elle va se rendormir. La malade en a à peine conscience... >

Ajoutons enfin que la malade était hypnotisuble et que l'on pouvait provoquer chez elle toutes les maniTcstalions du grand hypnotisme. M. nonamainon a utilisé avec succès cette disposition de sa malade au point de vue thérapeutique.

En ce qui conoerno la nature dos phénomènes observés, M. Bonamaison arrive aux mômea conclusions que Vi- 7>ioli, â propos de son cas, qui présente de grandes analogies avec celui-ci. Il est d'avis qu'il s'agit là de grand hypnotisme spontané. Pour les mômes raisons que jo donnais ci-dessus, je pense qu'il vaut mieux ranger aussi cocas dans ceux de dédoublement de la personnalité de nature hystérique. Los phénomènes qui marquent le début dos crises d'état second sont trop franchement hystériques (attaques convulsîvoa, attaques do sommeil ou plutôt de contracture, d'après la description de l'auteur) pour permettre une autre interprétation, sans parler encore do cette sorte d'amnésie rétrograde qui accom* pagne parfois chez elle rentrée dans le vigilambulisme et qui s'observe fréquemment chez d'autres à la suite d'une attaque vulgaire d'hystérie.

Remarquons déjà que, dans ce cas, l'état second ne d'une attaque de sommeil se prolonge au delà des limites

CAS DE M. nUNCHI.

OÙ nous l'avions vu jusqu'ici enfermé et dure, la première fois, pendant trois mois consécutifs avec de courtes interruptions d'état normal de une ou deux heures par jour.

Comme dans les cas de Dufay, de Ladame, l*ctat II est relativement plus agréable à la malade que son état normal après les premières crises. Dans Tctat second, en effet, elle est plus vive, plus adroite, plus intelligente et surtout, ayant conservé le souvenir do toute sa vie, tant normale que vigilambulique, elle n'y est pas troublée par la pré- Bence de ces lacunes de mémoire qui existent à Tétat normal, et portent alors sur toutes les périodes d'état second.

Si celte malade entre dans son vigilanibulisme par rintermédiaire de phénomènes convulsifs, il est peut-être permis de penser qu'elle en sort également par le môme procédé. Ces aboiements qui se produisent pendant la nuit, alors qu'elle s'est couchée en état second, pourraient bien n^ctro aussi que des phénomènes convulsifs par l'intermédiaire desquels elle revient à l'état normal.

Avant d'arriver à rhistoiro deb deux malades bien connus de Camuset et d'Azam, qui, par leur importance* par tes observât ions détaillées dont ilBon tété l'objet, forment la base des travaux les plus complets sur le dédoublement de la personnalité, je signalerai encore un casde M. Bianchi (1). La brièveté avec laquelle l'auteur le décrit ne permet malheureusement pas d'en tirer grandes conclusions. Mais c'est bien aussi un cas de dédoublement périodique do la personnalité, choz une jeune fi'le ayant présenté dos phénomène.*? hystériques variés, tels quo : anorexie et amblyopie hystérique. Tous les soirs à unocertaino heure, elle entrait en état second. Ordinairement triste, renfermée, dans rétat normal, elle devenait subitement alors vivo, gaie,expanBive,Un soir, pendant qu'elle était en état second son frère arriva à la maison. Elle manifesta une grande joie de le voir, Tembrassa avec effusion et lui fit grande

(I) Bianclii. — La reeponsabilita nclV isterismo. (Conj/r. dos ptych, itaLA iVouare. septembre 1889; et Keo. »pcr. di freniat. « med. /eo., 1890, 1. 16, f. III, p. H6).

CAS DB M. VRRRIBST.

fête. Le lendemain matin, revenue à Tétat normal, elle fort étonnée de le trouver là et raccuelllit avec une froideur marquée.

Nous n on savons pas plus long sur ce cas. Mais ai noua ne pouvons le mettre à profit à certain point de vue, ces quelques notions sont sufflsantes pour permettre de le ranger, ainsi que l'a fait M. Dianchi, dans les cas de dédoublement hystérique de la personnalité.

Le cas rapporté par M. Verriest (I) est particulièrement intéressant en ce sons que sa malade présentait dans les deux états des phénomènes morbidcfï ditférents, en môme temps qu'une amnésie complète d'un état dans l'autre et réciproquement, et qu'on pouvait provoquer artificiellement le retour de l'un ou de l'autre. Je cite textuellement MM. Dourru et Durotqui donnent une analyse de cocas.

• C'est légalement une hystérique, qui, vers l'âge do quinie ans, h, la suite d'une attaque oonvulsive, perdit complètement le souvenir de son oxlstcnoe normale, pondant laquelle ello montra beaucoup plus de goût et d'entrain, mais (ut incapable de boire ; un second accès l'a rendue à son existence première, mais, en même temps qu'il lui faisait perdre le souvenir de tout ce qui s'était passé pendant la période précédente, cet accès la rendait muette. Une seconde crise nerveuse l'a replongée dans son existence seconde, et ainsi do suite. Peu à peu, les périodes d'existence normale sont devenues de plus en plus courtes et, actuellement, cette malade vit presque continuellement dans son exintence seconde ; mais comme, dan^i cet état, H lui est impossible de boire^ le médecin est obligé, de temps en temps. d'Intervenir et de la ramener h son existence première ; celle-ci no dure paa, en général, plus d'une heure ; la malade en profite pour se désaltérer, puis elle a'aasoupit et se réveille de nouveau dans son état second.

a M. Verriest peut facilement provoquer les deux états.

Il la place dans l'existence première par l'hypnotisme en lui

(I) Verriest. — Congr. de phrèniaîrie et de neurop&th. Anvors, 1885. /n Bourru et Burot, V"ariafionj de /a penonns- Uté, Paris, i88d,p. 166 et suivantes.

CAS DE M. TRRRIBST.

M^Kment la mAin sur 1m globes oculaires et 1» té* Tetllaat ensulle par une interpellation brusque : immédiate- Btent quelques secousses nerveusee se produisent dans les aD<3Qbr«6 BUpérieurs, puis la malade ouvre les yeux ; alors cUe ne sait plus où elle en est. sa physionomie est sombre et inquiète ; incapable d'exprimer sa pensée par la parole {farticulation des mots est aphone) elle écrit pour demander le lieu où elle se trouve, quelles sont les personnes qui l'entourent, et profite de ce nouvel état pour boire avidement plusieurs verres d'eau. Pour la ramener \ «on existence seconde, 11 suffit de l'hypnotiser et de la réveiller comme précédemment. Dans cet état la malade est ?aie, sa fisrure est souri.inte, •Ut caufie volontiers ; elle essaye, mais en vain, de boire ; un •paamo de l'arrière-^rge parait être la cause qui s'oppose à U déglutition du liquide. »

Ici, à l'encontro de ce que nous avons vu dans la plupart des observations précédentes, les deux états sont complètement sépares ot dans aucun d'entre eux la malade ne se souvient de ce qui s'est passé dans l'autre. De plus, chacun est marqué par des nianirestations morbides qui n'existent point dans l'autre : mutismo dans l'êlat I, impossibilité d'avaler les liquides dans Têtat H. Nous retrouverons un phénomène analogue dans l'une de nos deux ol>ser\'ations personnelles.

Je ne rappelle que pour mémoire deux des faits rapportés par MM, Bourru et Durot (1). Dans Tu n, il s'agit "^'wne jeune femme de 26 ans, « grande hystérique, qui ^ «prouvé, à une certaine époque de sa vie, des crises convuhives qui ont bouleversé tout son Ôtre. A la suite d'une B»"ande attaque, elle a perdu lo souvenir de sa vie antc- •*i«uro. I» Outre les stigmates les plus accentués de l'hys- ^•«îrio. elle présente en outre la faculté dôlrc hypnotisée, ^^ose bizarre, dans lo somnambuïismo hypnotique provoqué, et là seulement, elle ao souvient de sa vie an-

ïrieure.

Dans l'autre, il est question d'une petite Ollo do douze

11) Bourru et Burot. — Op, cî^, p. 14Û et suivantes.

CAS DE M. CAMUSBT.

ans, quî, à la suite d'une série d*altaquos hystériques accompagnées des stigmates bien caractérisoSt perdit coniplctcmont lo souvenir « des faits antérieurs et delà plupart des notions dordre quelconque qu'elle avait apprises. Excepté ses parents... elle ne reconnait plus pcreonnc. Elle a même oublié ses deux jeunes Tréres, que cependant elle voit à chaque instant. Elle ne sait plus lire, ni écrire, ni toucher du piano. La mémoire des choses et dos objets les plus communs est perdue et les mots qui les désignent no réveillent plus aucune idée.» C'est une instruction et una éducation complètement à refaire.

A proprement parler, ils'ap^it plutôt, dans ces deux cas, d'amnésie absolue quo do dédoublement vrai de la personnalité. Si Ton voulait consiilêrer comme viîçilambules toutes les personnes qui ont pulhologiqucment une lacune dans leurs souvenirs, on pourrait aller loin (11. Où est la limite exacte? autrement dit, quel est le rôle Btrict de la mémoire dans la constitution de la personnalité ? cela est bien difficile à dire. Il y a là une sorte de zone de transition occupée par des cas mal délimités. En tous cas, ce ne sont pas ceux-là qui nous occupent spécialement ici,

J'arrive maintenant au cas do M. Camuset dont l'histoire est aujourd'hui singulièrement difficile h analyser. en raison du ijrand nombre d'autours ijui se sont occupes do ce malade et qui ont public lo résultat de leurs observations [2]. Il est rapporté avec une profusion do détails dans le livre déjà cité de MM. Bourru et Burot, dont il forme, pour ainsi dire, ta base et le fondement. '

M) Voir, à ce sujet, Rouillard : Des timnésieêy eic, th. Paris. t885 ; et Hibot : Les maladies de la mémoire. Paris, 1883.

(2) Camuset. — Ann, mêdico-pÈychol. Janvier 188Î.

Legraad du Saullc. — Les hystériques, Paris. 1883, p. 270.

J. Voisin. — Arch. de neurol. Septembre 1885 et Ann, mé' dico-psychol . Janvier 1887.

Mabille et Kamadicr. — Soc. de psychoL physiol. Mai 1887, et Rev. de Vhypnot. Août 1887.

Bourru et Burot — V'Aria/ion» de la pertonnalité, 1888.

CAS DE U. CAVUSET.

Ces auteurs ont observé Louis V... pour la première fois, eo 188d, à l'hôpitAl militaire de Uochefort. FI avait à celte épo^que C2 uns, et, en 1863, il avait passé son enfance à Lcsmcs^ près de ChartreB, battu par sa mère et vagabondant. Il aurait eu déjà à cette époque, parait-il, des crises d'hystérie, ûinrqut^ea par des hémoplisies et des paralysies transitoires.

Bn 1871, il commit un vol domestique pour lequel il fut condamné et envoyé en correction h la maison de Saint- Urbain. Là, il fut employé à travailler la terre et on lui apprit à lire et à écrire. Pendant son séjour dans cet établissement, un jour qu'il travaillait aux champs, il rencontra une vipère qui s'enroula autour de son bras, sans le piquer d'ailleurs, et lui causa une frayeur extrême. A la suite de cela, il fut pris (le crises hystériques violentes et resta, pendant trois ans, paralyse des membres inférieurs.

Ne pouvant rien faire de lui à Saint-Urbain, on le transféra il' asile de Bonneval où il fut mis entre les mains de M. Camusot |l). Il était alors toujours paraplégique, d*un caractère doux, savait lire et écrire. Là, on lui apprend le métier de tailleur, qui était compatible avec l'état de paralysie de ses membres inférieurs et, au bout de quelques moïs, il était en état de coudre convenablement. Un beau jour, il est pria d'une violente crise hystérique d*où il sort dans un état tout i fait singulier.

A son réveil, la paraplégie a complètement disparu et son élat psychique est totalement modilié. Il ne reconnaît point les lieux où il se trouve, ni les personnes qui Tontourent. 11 se croit à Saint-Urbain, pendant la premiète partie du séjour qu'il y a fait, jusques et y compris Tincident do la vipère, qui lui est arrivé i l'autre jour » et au deïà duquel il ne connaît plus rien. On croit tout d'abord à la simulation, qu'on essaie de dépister par tous les moyens possibles, mais on est bien obligé de croire qu'elle n'est pour rien dans ces sini^uliers phéaomènes. Il ignore absolument sa paraplégie et, quand on lui en parle, il demande si & on se moque de lui. » De plus, dans cet état, il est méchant, querelleur et voleur. Au bout do quelque temps, il vole des habits et soixante francs à un infirmier ol fait une tentative d^évasioa. On io rattrape et on le réintègre k l'asile.

De 1881 à 188:^, outrequelques périgrinatlons que MM. Bourru et Burot ont pu découvrir artificiellement, il est à l'asile do

il) Camunet, ~ Loc. cit,

nflQ

206 OBSERVATIONS DE MU. BOUKRU ET DUAOT/

Saint-Georges, prc? Bourg, bous U direction do M. Lacuï Pendant son séjour dans cet établissement, il présente raôino caraulùre et les mêmes viues que précédemment.

On le retrouve à Paris, en 1883, puis il Sainw-Anne et enfin à Bicctre où il entre dans le service de M. J. VoiHin il). Pe dant son séjour dans cet hospice, il fut pris, à partir Î6 janvior 188*1, de paralysies et de contractures diveries 17 avril, à la suite d'une attaque, la contracture n disparu et se croit dans l'état antérieur au 2G janvier ; il n'a aucune tion do la contracture qu'il vient d'avoir et on l'étonné bea coup en lui disant qu'on est au 17 avril et on lui montrant dos feuilles vertes aux arbres.

Quelque temps après (juin 18S4), à la suite d'une nouvelle attaque, il se croit au 17 avril pendant vingt-quatre heureA^H Mais, le lendemain, il retombe dans l'état primitif, il la faven^^ d'une autre çriae qui remet les choses en place. EnOn, en janvier 1875, il s'évade de Bicétre, après avoir vulé des habits et de l'arjîenl à un infirmier, comme à Bonnoval.

Aprt;s quel<{uo temps de séjour à Paris avec un camarade de l'asile, qu'il avait retrouvé, il a'ençage, on no sait pas trop comment, dans l'infanterie de marine dans laquelle il sert sans incidents jusqu'au mois de mars de la même année. C'est alors que, devenu hémiplégique à la suite de crises nouvelles, il entre à l'hôpital de Hochefort où il est entre les mains de MM. Bourru et Burot.

A cette époque (avril ISS&J, le malade est atteint d'une hémiplégie motrice et sonaitivo-sensorielle du côté droit avec points hyslérogcncs bien caractérisés. Son caractère est irritable, son langiigc grossier. Il souffre d'un trouble do la prononciation qui le rond presque inintelligible. A mesure que l'hémiplégie s'améliore et tend à la guérison. Bon caractère se raodillc et devient plus doux, bien qu'encore irritable.

Dans cet état, Il ne connaît que la deuxième partie do son séjour à Bonnevalf se rappelle très bien M. Camuset. l'histoiro do son vol et de sa tentative d'évasion. Puis, de 1881 à 1883. il y a une lacune dans ses souvenirs, qui portent ensuite sur son séjour & Bicètre, dont il se rappelle parfaitement tous les incidents, nommant M. J. Voisin, M. Bourneville, etc.. parlant do son évasion et de sa vie à Paris. 11 a oublié toutoe qui a rapport à son engagement dans l'arméo et n'a, d'autre part» aucune notion des faits relatifs k son enfance, b. son séjour h

(IJ J. Voisin. — Arch, de naurol. Septembre 1885.

OBSBRVATIOMS DE MU. BOURAU £T BUHOT.

Saiat-UrbAÎn. postérieurement à l'incident de la vipère, à la première partie de son séjour h Bonneval, alors qu'il était paralysé.

MM. Bourru et Durot, tentant de guérir l'héraiplogie par les moyens œsthébiogênes^ piucent un aimant auprès du malade. Pou He temps après, une petite crise se déclare et, au rèTcil, un singulier changement s'est produit. L'hémiplégie s'est transférée au côté gauche; le caractère B*est modiOé en bien. Le malade est à Bicètre, salle Cabanis, service de M. J. Voisin, en 1884. Il ne reconnaît aucune des personnes prélentes et, d'ailleurs, n'a aucune notion des autres périodes de son existence.

A la suite d'une autre application d'aimant, le malade se oroît à M&oon, en 1881, et a oublié tout le reste. Il sait lire, mais il est incapable de dire où on lui a appris.

Une autre expérience du même genre modifie différemment M persunnalilé. 11 est à l'asile de Saint-Oeorges, sous les soins de M. Lacuire ; il a dix*neuf ans. Tout le reste de sa vie lui «st inconnu.

^ En plaçant un aimant au niveau de la nuque on réveille chez ^Ê lai une de ses anciennes personnalités, qui reparaît seule. P 11 est à Bonneval, pendant la première partie do son séjour ï (Uns cet établissement, alors qu'on l'y faisait travailler comme r tailleur; il est paralyné des deux jambes. 11 vient do Saint- I Urbain où cette paralysie s*est développée. Il lit à peine et est ^LObligé d'épeler ses lettres pour y arriver. Toutes les r.utro8 ^P&ériodes de la vie, tant antérieures que postérieures à 1880, " fui sont inconnues.

L'action de l'iMcctriclté statique développe chez lui une crise et, à la suite de celte expérience, il est à Saint-Urbain ^vant rtnoident de la vipère. Il a quatorse an^. Il est doux, convenable et bien élevé. Il n'a aucune paralysie, ni ancathé- %ie. On voit combien cet état contraste avec l'état de Hochefort, caractérisé physiquement par l'hémiplégie droite, car 11 Qst bon de dire que, entre chaque expérience rappelant artificiellement tel ou tel état de personnalité, il retombait sponta- PAémcnt dans la situation où il se trouvait en entrant à l'hôpital «le Hochcfort (état de Rochefort, avril 1885). Après ccUe expépienoe 11 revint, par l'intcrmédiuiro d'une crise convulsive, de r«ot état de Satnt-Urbain avant la vipère, à l'état de Hochefort. En plaçant un aimant au niveau de la cuisse droite, on assiste au développement d'une véritable petite crise, puis le malade est soldat dans l'infanterie de marine, en garnison & Rochefort, avant son entrée à l'hôpital. Dans cet état, que Ton pourrait à la rigueur considérer oomme l'état le plus rappro-

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EXftUTX-

cfaé de TéUt normal, dont 1 iM de U soooMiioa de toM OM teto T»w« 4e ■niade ae sosTieat de Iode km vie» suif te autour à Saint-tThain» aprèi U ripèire^ tt U eéjoar à BcnaevjJ, alors qull était

Nous D'iroas pas plos loin dans U descripCkm dtm dhrtn étaU de personnalité de Lodîb V... Qu^U nous mlSaft de dire qtie par d'autres procédés aaalognesj eC aussi par la ■ugg«stioa hypnotique (car le malade est hjpootîsable), MM. Bourru et Burot ont pu produire rapparitioa d'autres états. C'est même en partie par ce mo^en qu'ils sool a.rrïvés à reconstituer avec certitude rhistoire détaillée de la vie de leur malade, dont les circonstances ainsi dévoilées par lui-même, qui se transformait successivement sur les diverses personnes qu'il avait été autrefois, leur furent confirmées par les médecins des différents èlablifisements où il était passé.

Sorti de l'hôpital militaire de Rochefort, le malade fut transféré à l*asile de Lafond où, confié aux soins de M. Mabille (Ij, il présenta des attaques de déroulement des états successifs de personnalité. Dans ces criseSi on le voyait se transformer successivement et sans transition en ses diverses personnalités, soit spontanément, soit sous rinflucnce d'une provocation consistant dans lasue^stion hypnoti([Uc, soit do dates de sa vie (« vous êtes à telle époque, dans tel«isilo » , soit de phénomènes pathologiques ayant caractérisé l'un quelconque de ses états ^sug'gestion do la paraplégie de Bonneval, par exemple).

Enfin, nous le retrouvons de nouveau à Bicétre, cliea M. J. Voisin ['?}, où il présenta de véritables crises de somnambulisme hystérique relatives tantôt à un état| tantôt à un autre.

En résumé, nous retrouvons chez ce jeune homme plusieurs états bien distincts de peràonnalité : En premier lieu, l'état dans lequel il se trouvait dans

(1) Mabille et Ramadier. — Loo. cif.

(2) J. Voisin. — Ann. médico-psychoL Janvier 1887.

ÉTATS SUCCESSIFS DE PBRSONN'AÛTI

enfance et pendant la première partie de son séjour Saint-Urbain^ âgé de dix ans, doux et docile de caractère ; pois l'état dans lequel il était pendant la seconde partie flcjour à Saint-Urbain, après l'incident de lu vipère et le but de son séjour h Bonneval, âgé de 17 ans, parapléuc, arrogant, méchant et voleur ; lesdivcrs états de Bicôtre (I" séjour, 1883 à 1885) ; rélat de Hochefort, avant d'entrer à l'hôpital, où i est iode corps et d'esprit, n'ayant oublié que la seconde e de son séjour à Saint-Urbain, avant la vipère, et le butde son séjour à Uonreval, (juand il était tailleur. Cet t peut être jusqu'à un certain point considéré, si Ton ut, comme l'état normal ;

Vêtat à son entrée à Thôpital de Rochefort, avec hémU

é?io droite sensitivo-sensorielle et motrice, Toubli de

Ions les états de sa vie autres que la deuxième partie de

80TÎ séjour à Donneval (non paralysé) et son premier

j «jour à Hicétre (1884).

I Tous ces états, et j'en passe, et non des moins intéres- ^■■ants. tels que ceux de Bourg, de Màcon, de Saint-Georges, ^■Mc., etc., sont caractérisés par des modilications psychiques, physiques et pathologiques qui distinguent netleïncnt chacun d'eux de tous les autres.

Inutile, il me semble, d'insister plus longtemps sur cet «cmple si curieux et si intéressant de variation do la porwnnalité. Avant d'en venir au cas de M. Azam, non "ïoins bien étudié que celui-là, je crois nécessaire d'insîsicr une fois de plus sur la manière dont le malade entrait <i*nsses divers états de personnalité ou en sortait, c'cst-à- ^ire par l'intermédiaire d'une attaque hystérique, si le P^Mage était spontané, et, s'il était provoqué, par des doyens laimant, suggestion) qui touclient do près, on le •^'t, à Thystérie et qui en tous cas étaient presque toujours ■ulvis de phénomènes convulsifs d'intensité variable, reïi^wntant l'élément convulsif dune attaque plus ou moins Complète ou avortée.

t^ans cette révision des faits aujourd'hui publics de ^^oublement de la personnalité d'origine hystérique, je

Ch ARGOT, T. II. i4

niGDCS HVSTÉKIOtTES.

ne comprendrai pas le cas de M. Tisaié (I) pour cette son que le malade, dans son étal second, était bous le c d'une impulsion morbide et d une idée ïixo qui le forçaient à voyager. H n'agissait donc pas, à proprement parler, comme une personne à l'état de veille, dans ses fugu dont les unes étaient complètement inconscientes, arutrea demi-con&cientcs. Ce cas se rapprocherait plut des faits de fugues inconscientes avec impulsion chez des hystériques, analogues h celles dont j'ai ciU* des exemples dans mon précédent travail sur le somnambulisme hystérique. Le fait de pouvoir revivre et se rappeler ses fugues pendant le sommeil hypnotique, fait dont on trouve des exemples dans le somnambulisme hystérique, plaide égale ment en faveur de cette hypothèse. Pour ces raisons ja laisse donc de côlé ce cas si intéressant à d'autres titres et j^arrive maintenant au cas bien connu de M. Azam, celui de Félida X.„

M. Azam a observé cette malade pendant une longue période do trente-deux ans (!8ô8 à IS'JOj et après avoir publié son histoire dans différents travaux (2) a pu cuUd constater la cessation des troubles qu'il avait si minuticu' sèment étudiés (3j. Ce cas étant universellement connu* je me contenterai de le résumer sans grands détails, d'après le dernier mémoire de M. Azam.

En J858, lorsqu'il la voit pour la première fois, Félida eai âgée de 15 ans. C'est une francltc hy8tcrique, avec attaqiii convulsives, héraoptyïiies licrveuscs, etc.. Elle est laborieuse et intelligente, mais d'un caractère sérieux et phitôt triste. Depuis l'ô^e de douze ans, « presque chaque jour, sans cause connue, ou sous l'empire de la moindre émotion, elle est prise

(Ij Tissié. — Lna Aliènes voyageurs (Ui. Bordeaux, !887) Les Relies, Paris, I8C0.

(2) Azam. — II[tpnotismc^ double eonseience et aitêrAtionê] de la personnalité. Paris, 1887. — On trouvera dans ce lîvre^ i'obscri-alioa luut entière de Félida (inoinB la lin rt^lalivc it sa ^érison) ainsi que riiidication des nombreux trnvaux dnns lesquels M. Azam a puLli6 tes différentes phases de son liisloire.

(3» Azam. — Le dédoublement de la pertonnAlilé et te Jom* nimbulismo. {Rev. Scient,, IHÎ>0, i». 130).

CAS DE FÉLIDA X...

d4 M qu'elle appelle « sa crise ». En fait, elle entre dans son deuxième otat. Voioi comment: elle est assise, un ouvrage de couture à la main. Tout d'un coup, après une douleur aux tempes (que Ton ne saurait mieux faire que de comparer, en l'y atîflimilant, h l'aura eéphalique de l'attaque d'hystérie) elle j'cnd'jrl d'un sommeil profond, dont rien ne peut la tirer et qui dure deux à trois minutes; puis elle s'éveille. Mais elle est (IifftVente de ce qu'elle était auparavant: elle est gaie, rieuse, continue en fredonnant l'ouvrac^e commencé, fait des plaisanteries avec son entourasse; son intellip^nce est plus vive, étoile ne souffre pas des nombreuses douleurs névralgiques de >on état ordinaire. Dans cet état, que M. Azam a nommé sa condition second»*., Félîda a la connaissance parfaite de toute >& vie, se souvenant non seulement de son existence ordinaire, mais dos états semblables h celui dans lequel elle se trouve. Eni« a conservé également, dans cet état, toutes les notions Accises dans l'état 1 et devenues plus ou moins automatifVk«8. lire, écrire, marcher, etc.. « En 1858, cette condition ■Monde durait de une h trois heures, chaque jour, quelquefois iDoina. Apres ce temps, nouvelle perte de connaissance (absoloment Identique & celle qui avait marqué Ventrée en condition seconde) et Félida s'éveille dans son état ordinaire. M&is elle est sombre, morose, et elle a conscience de sa ma- «iie; ce qui l'attriste le plus, c'est l'icnorance complote où *Q«est de tout ce qui s'est passé pendant la période qui préf'^vie. quelle qu'ait été sa durée. Je ne rappellerai qu'un exemple de oette lacune de la mémoire:

« Étant en condition seconde, elle s'est abandonnée à un J*\1Q6 homme qui devait être son mari, et, un jour, dans son *tat normal, elle m'a consulté sur les phénomènes singuliers qu'elle éprouvait dans son ventre. La grossesse était évidente, ^».l8je me gardai bien de le lui dire. Un moment après, la ûondiiion seconde étant survenue, Félida me dit en riant: * Je vous ai raconté tout h l'heure toute espèce d'histoires. Je •Ma très bien que je suis grosse. »

*t II en était ainsi, en 1858. Dans les années suivantes, les

P^odes de condition seconde se sont accrues et elles ont

^Çalé en durée les périodes d'état normal. Alors Kélida pré-

•^tait ce phénomène singulier que pendant une semaine,

pAr exemple, bien qu^elle fiît dans son état normal^ elle igno-

'^it absolument tout ce qu'elle avait fait et tout ce qui s^était

paisé pendant la semaine précédente, et que, dans la semaine

Rivante, en condition seconde, elle connaissait toute sa vie.

*Nii«, oea conditions secondes ayant dépassé en durée la vl©

^^^^fi&ale, ii s'est trouvé que, pendant nombre d'années, lee

CAS OE FKLtDA X...

pt^riodea d'dtat normal no duraient que trois K quatre jou9^ souvent moins (quelques heures), contre trois îi quatre moli de condition seconde. Alors, pendant ces trois ou quatre jours. rexistenco do Félida était intolérable, car elle ignorait abtolument presque toute sa vie. n

Elie craignait de passer pour folle auprès de ses clientes {elle élail couturière à cette époque} en commettant quelque grosse bêtise causée par le manque de souvenir. De plus, dans cet état, ses manifestations hystériques s'aggravaient et ces souffrances tant physiques que morales étaient telles qu'elle Ht pluHloura tentatives de suicide.

En mémo temps que les états de condition seconde empiétaient de plus en plus sur la vie normale, les périodes de trannition par l'intermédiaire desquelles elle entrait de Tune dans l'autre ou en sortait, et réciproquement, devenaient de plus en plus effacées et courtes. Son mari seul élail capable de les distinguer, tellement bien elle savait les cacher, de façon que personne ne s'en aperijùt. C'est ainsi qu'un jour, se trouvant à un enterrement, en condition seconde, dans une voiture de deuil, elle tomba tout ix coup en condition normale. Personne ne vit cette transformation, mais elte^ très marrie de se trouver en cet endroit, ignorant même quel était le mort dont elle suivait le convoi, sut par des questions adroites se mettre au courant de la situation et cacher à tous sa déplorable infirmité.

Ces transitions de l'un à l'autre état pouvaient également survenir pendant la nuit. Son mari, dont l'attention avait «lé attirée sur eu sujet, put s'apercevoir qu'elles se faisaient toujours par l'intormédiairc d'une perte de connaissance, plus ou moins courte, comme pendant li veille.

0 Aujourd'hui, dit M. Azam, pouvant enfin clore cette longue et si intéressante observation, Kélida a quarante-sept ans. tia santé générale est mauvaise, Cjir elle a un kyste de Tovairc. Voici, au point de vue intellectuel, quel est son état.

n Depuis envirun neuf à dix ans, les périodes do condition seconde ont diminué de longueur, et bientôt, comme quinze ans auparavant, elles ont égalé colles de la vie normale. Puis celles-ci se sont accrues peu à peu. EnQn, à l'heure actuelle, en 1890. les conditions secondes, que son mari appelle sa petite raison, ne durent plus que quelques heures et apparaissent tous les vingt-cinq ou treate jours, si bien que Félida est à peu près guérie. »

Reste à savoir s'il n'eiit pas mieux valu pour la malade guérir dans l'autre sons, comme M. Âzam espérait aupa*

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