HALLUCINATIONS SUGGEREE
les Agisâcnicnts de noiro pseudo-docteur, r|ui fut, inutile de \e dire, à sa première .ipp;iritian daiiH i'h()pilal, mis à la porte avec tous les 'loiuicurs dus à son inquatitiablo conduite.
On voit p.ir cet oxcmpio à qiiil dr^pc noîrc malado est
augi^'cstionnablc. L'cxpûricnce clc l:iphotograpiiie le prouve
coro sunibontiammeiit. O.i mot de\ai:t les yeux de la
alade un carré de bristoï, au \orso dufjuel on a fait au
Valable tout en haut un signe invisible pour elle. On Irte
ec énergie, par des objurg;» lions réitérées, sur le bristol,
ne hallucination visuelle, par exemple la photoçraphio
itlc M. Charcot, tel qu'il se prcscnlo le plus hahituLlleracnt
:\\ïx yeux des malades, assis dans son fauteuil, dans son
cabinet, à l'ho-pice. Lorsque l'hallucinalion est bien fixée,
on place, hors de la vue de lu malade, lo bristol inurr[ué,
dnns un paquet d*autres cartes Bcmblablcs. Au bout do
Iquel(|U(3 temps, une demi -heure, ({uoiquos heures, un Jour, on présente à la m;ilado le paquet de cartes un lui àisnnt d'y chercher, <iuil y a quelque chcse pour elle. Aussitôt qu'elle arrive .sur une certaine de ces tartes, elle la prend en souriant et la met do côté, en disant que c'est lcpoptr;iit do M, Charcot. Si on regarde alors au \crso, on y retrouve la marque de convention et on voit (|ue c'est bien collo où avait été fixée riiallucinaLion de photof^raplïic, lajuelle est encore bien nette, puisqu'elle la placo toujours dans le bon sons et la retourne si on I avait uiiïo l*t6tcen bas, disposition toujours facile à contrôler, grâce ila situation du signe de convent^c^.
Les suggestions peuvent ménie par ordre prendre le Cftrftcicre des suggestions posl hypnolitiucs, ai l'on peut employer ici ce terme, et être trjmBporlécs dans l'état A. Alors la malade, pendant une période d'état normal provoquée, voit et retrouve encore (a photographie, le chien ou le chat, l'élève du service coiffé d'un castjuo à panache ou il'un bonnet de colon. Cette période d'état A passée, elle voit encore Ihallucinalion suggérée dans la phase ^'Hai B consécutive, ce qui prouve nettement la continuité des diverses périodes détat second, mémo interrompues par des périodes intercurrentes d'état normal, biions tout de liuilo ici, bien que ce soit emp éter sur la CdARCOr, T. it. \b
CA.nACTÉnE DANS l'état d.
description do Télat A, que la malade dans celui-ci no prend pas de la mémo manière, par exemple, riinilucina* lion grotesque do relève coilïê d'un casque à plumes. Dans lï-tat U, elle rit comme une folle ; dans 1 état A. elle 8'indignc, et s'adrcsEant à moi, par exemple, me deiiiundo « comment co monsieur a eu l'audace de coiumetlre uns telle inconvenance ci de se présenter dans une pareille tenue devant son chef de service, M. Charcot. » 11 y a là une petite nuance do sentiments assez intéressante à noter et qui monlro bien cette indifférence de la malade dans l'état y, à la iiicllc je faisais allusion pltis haut.
Tels sont les ])lKuiomcnes qui caractérisent Tétat de vigilambuliîimo chez celte jeune fiilc. Voyons maintenant quels Eont ceux do létat A ou état normal.
2" Etat A [étal nonnaU ctal prime, êial de veille).
Dans les conditions ordinaires, l'état A, Tctat normal, l'état de veille, n*a]iparail point spontanément aux yeux do robsL-rvateuv. Kn effet, il n'oxible Itabituellement que pendant la nuit, commençant peu do lempi après le coucher do la malade et cessant le matin au moment du réveil, pour faire place au retour spontané de l'étal 13. Tl dure donc seulement nendant la nuit, do sorte que la malade ilort «a vie normale. Mais après quelques invcsligalions. on s*a* perçut qno cet état do veille pouvait revenir arcidcntellcmont <lc tetiipâ en temps, soit spontanément, après une attaque parexemple, soit provoqué par certaines manoeuvres sur lesquelles nous reviendrons plus loin. En tous cas, le^ périodes accitlenteilos d'état A, tant spontanées que provoquées, sont toujours fort courtes. Elles atteiurncnt rarement un quart d'hi'urc. Une seule fols, on a vu une période spontanée consécutive à \me attaque, dans la journée, durer environ une heure. En moyenne elles sont A peu près de dix minutes.
J'ai étudié moi-même Tétat A, non seulement dans ses manifestations accidentelles, les seules, on le comprend, dans lesquelles on puisse faire quelques recherchée, mais encore pendant la nuit et le sommeil. J*at pu ainsi me
PHÈNOMÈNiîS PHYSIQUES DE L'6TAT A.
-aincre qu'il ny avait aucune différence entre les dir^es périodes et qu'iJ s*agisiiait bien là d'un état unjquiî^ toujouTd comparable à lui-ntéme dans toutes «es apparitions.
^KLc phénomène lo plus caractéristique qui distingue cet ^Knt et cmpôclic dès l'abnrd toute conTuRion avec Tautre, ^Btt un trouble particulier de la mutilito. La malade ne peut pas marcher. KUe n'est pas paraplégique, à vrai dire, et en éprouvant la force musculaire des différents fegments des membres inférieurs, on s'aperçoit qu'ils ont couscrvô toute leur énergie. Cependant, elle peut à peine rester debout, est obligée do s'appuyer contre qucl<iue meuble pour no pas tomber, et est à peu près incapable de marcher. 11 s'agit là fort vraisemblabjemcnl d'une sorte d'astasie-nbasie.
Peut-être en partie à cause de ce trouble de la marche
qui la gène grandement, Marguerite a^ dans Tétai A, un air
soucieux, onnuvé, (|ui fait un frappant contraste avec sa
^BpHysionomie éveillée et expressive de tout à l'heure. Elle
^Be parait d'ailleurs pas bien à son aise dans cet état. Ctle
^^seseni « toute drôle (1). n
, Llie e&l aî^acoe et répond avec impatience aux quoalions qu'on lui pose. Mais on s'aperçoit tout de suite qu'i-Uo a conscience de sa vie antérieure, d'après les renseignemonta u'ellc donne sur sa famille et sur son enfance [voir plus roin). Elle sait lire, écrira et fait couramment des opérations d'arithmétiqud asscï! com[>liquée8.
Si on vient alors à rechercher chez elle les phénomènes
norbidca notés dans l'étal U, on constate un cliangement
mplet. En ce qui concerne les attaques do nerls, nous
il I « Je fiui« toute tiroie — je me eens drôle » sont des eiprcstioim fjue 1 L»n leruontre ftouvcat dans ia i>uut'hc des âoumarnflulea hysieii([ue&, qui expriment ainsi I espèce de changement ificonîrfifnl sun'pnu chez elles. Voir h ce sujet Pierre .Tanel \^'Avtùnta1ii'me p^tjrhologiqve, p. 130). q.ii eile tgftjemenl '^. 1U^) u((ieiiiue« cab de malades porapleiçriquos h l'état de veille ^putailciuent «(files dans te boniniuubulibuie hypnotique. Mais coHt o'L^pDuse provoquée vraie qu'il b'agit dans ces ca« et son J^Tigilaini ulisme hystérique. Il n'en est pas moins intéressant dc J» tajiprocher du notre en raison de cette dissociation dea tfonnloi de La molditô daus 1 un et l'aiUre état.
fiB
ancMATXs mrtrrti iQcti,
ne Itii en aroni |amai - vu dans cH état, saitf celles qui eu marqcent U fin, et à l'aide desquelles elle repsaee sposta* nément dans le vigilambultsme. Pendant la nnft, oô elle est, même éveillée, dans l'état A. on a*a jamau onnstaté d*attaqaeB.
Quant aux autres stigmates de Ittyst^ri^. ils sont aassi profondément modiGés. Au Heu d^ane aneslbésie cutanée totale, elle ne présente plus qu'une hémianeethésie du gauche. Cite conserve l'ouie et l'odorat intacts, seul le est diminué du c6té qauehe. Le rétrécissement du visuel est beaucoup moins prononcé 60* a gauche. i\ droite] et la malade distingue parTaltcmcnt bien tontes couleurs (t. Fig. 5).
FV- *• — OuiDp t1sm4 m MaryocriU Dio . . d«nt l'étu nomul (oa voit «a w r#UéclM«iDffat MC mtiam prooaoe^ qoe daat 1% TifUttateÙno»).
Mais le changement est encore bien pi us accentué si l'on s'adresse à l.i mémoire. Elle connaît tous les détails de sa vie antérieure jusqti au mois d'octobre 1889. C'est ainsi qu'elle nous dit être née à P... et avoir élc en pension tout d'abord à 1.'... chez Mlle D. ., puisa P... chez Mlle D....CO qu'elle était incapable Je Taire, on s'en souvient, dans 1'^ tat B. De plus, elle donne sur sa famille et ses antécédents des détails précis je les ai reproduits au début de Tobscrvalion) qui ont pu être contrôlés par les renseignements
MÉMOtRB DAN8 L'ÉTAT A.
fournis par aos parents. Ello sait que son père et sa mère aont morls, et de quelles maladies, par qui elle a été élevée après être devenue orpheline, etc.,, etc... (l).
Elle possède quelques notions assez précises d'histoire. Elle connaît Jeanne d'Arc; elle sait que Olêopâtro et Marc-Anloinc élaient des personnages de riiiatoire Komaine, celui-ci Romain, celle-là reine d'Egypte.
Elle possède parfaitement bien toutes les connaissances acquises par l'inslruction el l'éducaiion que peut avoir une jeune Olle de &on âge. Elle sait ce iju'on lui a appris tou- L-iiant la mort, l'âme, le ciel et Tenfer. Ello n'ignore point ce qu'est un cimetière, un cercueil, etc.. Enfin elle n'écrit pas un mol dont elle ne connaisse le sens d'une lagon [dus ou moins précise.
Mais si elle a ainsi la parfaite connaispanco do su vie antérieure, en revanche, elle ignore absolument tous les faits accomplis et les événements survenus dans ï elal U, c'està-dire depuis environ le mois d'octobre 1889. En d'autres termes, la personne normale n'a pas la moindre notion de la personne vigiinmbulique.
J'ai dit plus haut quVIlc s'était lice d'inttrae amitié avec l'une de ses compa;;nos, Marguerite F,.., passant tout son temps auprès d'elle, sortant chez ses parents, partageant avec elle son argent, ses repas. Dans l'état A, elle no la connaît plus. Elle ne l'a jamais vue. bi un insiste en L*ji domaiid;tnt si vraimeni elle ne se rappelle pas Tavoir vue quoique part: t Ah ! oui, dit elle, je l'ai vue quelquefois. C'est la jeune fille qui couche dans le lit voisin du mien, i Cette reconnaissance est Jiicile à expliquer; elle a vu, en effet, Marguerite K... pendant Ia nuit. lursqu'oUe est en état A, couchée dans le lit voisin du ■'en. Nous fîmes souvent cette confrontation dos deux amies et l'autre finit par no plus 8emouvi>ir de ce brusque dérangement de sentiments chez sa camarade. Mais avant qu'elle fût instruite do cela, elle avait un jour subi une vive émotion •n la voyant ainsi et l'avait crue un peu folle.
. On peut se reporter, en ce qui concerne la description des pWiiomènca de l'ûtat A chez cette malade, h la description ciiJcsBus de l'étal B, J'ai suivi îi dessoin cxacicmcnt le inôme plan P»n8 les deux, afin que la comparaison i)ui3ac t>trc faite plus faciletient.
MÊMOrRB DA>rS L'ÉTAT A,
A propos datie contrariété qnoïconque, Mareuerite avait <w. dan» le jardin de l'hoHpice, une petite alïaquf de nerfs. Celle-ci terminéo, son nmie s'aperçoit avec stupeur qu'elle ne peut plus marcher (elle était tombée spontanément en état A en plein jour). Elle s'approche d'elle pour lui porter secaur*. tâche de la rassurer en la tutoyant comme d'habitude. • Mais, maderaoiaelle, répond Marguerite. laissez-raoi trAiiquille !... je ne vous connais pas... pourquoi me tutoyez-vous? • On devine la stupeur de son amie ([ui fond en Urme«. au grand étonncmont do l'autre. Celte période accidentelle spontanée d'état A fut la plus lono^tie qui ait été constatée ; elle dura environ une heure, heure do quiproquos et d'êtonnemeata pour sa pauvre amie qui n'y comprenait goutte. Au bout de ce temps, Marguerite, à la faveur d'une nouvelle attaque, rentre dans son état habituel (-Hat B), peut de nouveau marcher et redevient affectueuse comme par devant. Mais, le lendemain matin, l'autre vient me trouver et me raconte col épisode qui l'ai'alt tout émotionnéo ot lui avait fait croire, uo instant, à la « folie • de sa compagne.
.Te poupifiis citer mille cxemplea analogues de cet oubli total des faits d'un étal dans l'aulru.
Un dimanche matin (16 février 1890), h Tépoque où Marf?ucrite était liée avec notre autro vi^rilambule. Marie H.... M. Charcot lea fait venir toutes deux dans son cabinet. Aussitôt qu'elles arrivent, on leur demande ce qu'elles viennent de faire et Martruerito r.iconte qu elle vient de se promener dans les cours de l'établissement ovec « sa petite mère > (c'est ainsi qu'elle appelle Marie H...), qu'elles ont été rendre visite h madame 1'..., une des surveilluntea du aervioe, et donne des détnlls précis sur ce qui sVst passé pemlant cette visite* On provojue alors artdiuiellement {voir plus loin) le retour Tétai A. Voilii Marguerite devenue incapable do faire un pas fort étonnée do se trouver là. « Bile no sait pas qui est eolt madame D... ; elle ne s'est p:is promenée le matin dans I cours; elle ne connaît pas Marie I!..., intimement du moins ^ elle se rappelle l'avoir vue quelquefois, le soir ; c*eflt, croit. elle, la personne qui occupe le lit voisin du sien. >
le.
Autre exemple :
Le lendemain du jour où elle avait assisté (en état B) à m mtitlnée du théùirc do la l'ortc-Saint-Marlin, à la ropréicot'
ABSBSiCB DB SCGQE3TIBILITE.
de CléopMre, elle noua raconte ses impressions 'V. plus haut). Nous provoquons alors le retour du IcUt A et elle ignore absolument qu'il existe une pièce do théâtre ainsi intitulée, elle n'est d'ailleursi pas allée au Ihéâtro la veille. Mais dis que dans l'état B. bien que connaissant la pièce, elle rait & peu près co qu'étaient Cléopâtre et Marc-Antoine, s l'état A, n'ayant aucune notion du dramt*. elle sait parfaitement bien que celui-ci était un général romain et ocHe-là une reine d'Egypte. Au bout de quelques minutoH, l'état h étant revenu spontanément, clic a perdu de nouveau toute aotton historique concernant ces deux personnag^es, mais elle uit qu'elle est allée la vcillo au théâtre voir la pièce...
Ces exoniploa sont assez caractcrisUques.
^Bes phénomènes l'aractcrisant cliacun des deux états, nous ^■constatons que^dans l'état A, la malndca absolument pordu Vtouto<j les manifestations hypnotiques qu'elle présentait ilans le vig^ilambulismc. Plus d'hyperexcitabilité nouromascuïairo, à peine un léger degré de diathcsc de con- Iracttire, Plus d'étal cataleptique : on peut frapper de grands coups sur une table, produire subitement un grand bruit, même avec un fort gon;^, lu malade manifeste de l'agacement, mais elle reste dans son état normal et il est impossible de produire ainsi la catalepsie.
De mémo on ne constate plus aucun des phénomènes du somnambulisme hypnotique t|ui étaient développés à un BÎ haut dei^pô dans l'état vi^-ilambuliciue. !*lu8 do contracture des muscles par excitation léL,''ôro de lu jioau isouffle) ; •lïsencc totale de suggcsiibiïitc. On a beau insîslcr, orilonner, c'est en vain; elle résisti?, elle se révolte contre ootte absurde prétention do lui faire voir dos choses qui ûwistent pas. « La prend-on donc pour une folle? » J'ai "Hé plus haut de la suggestion transportée par ordre do eut B dans l'état A. C'est là, si l'on peut ainsi parler, inc sorte de suggestion post-hypnotique et nullement une '^'ggeslion dans l'état A.
Tels sont les phénomènes qui caractérisent l'état A, *t de veille, état normal. Il nous reste maintenant à Mier comment se fait le passage d^un état dans rautre«-
DEBUT PRIMITIF DK L IkTAT B.
3* PABâAOB d'un ÉTAT DANS l'AUTRK.
D*unc façon génopalo, d'après co qui ressort de la lon^^io observation de cUiquo Joue, à laquelle nous avons soumis notre malade, on pcul dire, et on verra plus loin l'importance de ce phcnomùne, que le passage d'un état dans Tautro se fait toujours par rinlermédiaire d'une attaque convulsive hystérique d'intensité variable, tantôt d'une violence modérée, tantôt, au contraire, simplement ébauclice.
Mais noua avons ici plusieurs circonstances à consiJcror: tout d'aV}ord comment, dès le début, l'êtit B a remplace l'état normal et ensuite comment, depjis l'établissement dûfinitifde cet état second pendant la journée, U passage BC fait de l'un dans Tautro tant spontanément (le soir et le matin) qu arlilicicllement
En ce qui concerne le premier point, on est en droit do penser, raisonnant d'après ce qu'on a vu dans la suite et par analogie avec les cas déjà connus, on particulier avec celui do Fêlida, que ce passage n'a pas été brusq ic et que rétat U ne s'est pa-i installé deQnitivemunt en une fois. Les attaques, fréquentes à cette époque, ramonaient tantôt l'état D, tantôt rétat A, suivant qu^dlcs avaient lieu dans l'un ou dans l'autre. Peu â peu, ces attaques diminuant dy fréquence, l'état second a empiété de plus en plus pendant le jour sur l'état normal et a uni par se régler ainsi qu'on Ta vu.
Il y a donc eu au début des oscillations irrcguliôrcs entre les deux états, marquées par des attaques convuUivcs successives. Celte fayon de comprendre les choses est d'ailleurs encore conGrméo par les renseignements émananl des parents qui avaient au début nolé roncbevétromentdeft deux états. Grâce à la présence de l'astasie-abasio dans l'état A, ils avaient très bien remarqué que dans le couranC d'une journée, coupée par des attaques de nerfs fréquentes * leur nièce était après elles tantôt ■ paralysée o, tantôt pn?'*— faitement capable de marcher.
Pour ce qui est du passage quotidien de l'état B à TéliftC A^ le soir, et de l'étal A à l'étal U, le m;itin au réveil, j*
PAS3.«GB DE l'état B a l'ÉTAT A.
Aé plusieurg fois au coucher de Marguerite dans Tespoir (le constnter les phénomènes qui marquaient ce pasfiag»^. Pour une raison ou pour une autre^ soit que les manifestations convulsîves aient étô assez peu accentuées pour m*cchapper, soit que mon altenlion ait été en défaut au moment précis de ce passage, je n'ai jamais pu arriver il noter quoi que ce soil, Op comprend que celait encore bien plvis difficile à constaler |»our un observateur non préveau et peu habitué aux pliénomènes de ce genre. ^H J'attirai cependant là-dessus t'alicntion de Marguerite ^BF.... l'amie de notre m tlade, et cette jeune fille m'affirma ^B que le matin au réveil, Marguerite étirait ses bras et se ron- ^f \'crsait en arrière, ainsi qu'elle avait fait mainlos fois devint nous lors des passages accidentels diurnes, spontanés ^- ou provoqués, d'un état dans l'autre. ^B II est donc vraisemblable qu'il en était do môme le soir " et [{uo les passages quotidiens matinnux et vespéraux se Irisaient à la faveur d'une petite attu juo convulsivo hystcriquo avortée, tout comme les transitions accidentelles. Lorsque le passage accidente! pendant le jour se fait I spontanément, le fuit est tout à fait caractéristique. A la I suiie d'une contrariété, d'une émotion par exemple, éUint L en état B, Marguerite est prise d'une allaciuc hystérique ^B pai'failement typique avec cris, grands mouveaicnls, arcs ^^ de cercle, etc .. Quand tes convulsions cessent, elle est on «lat A. paraplégique, et ne connaissant plus ses compagnes. Au bout de quelque temps, une nouvelle attaque survient, beaucoup moins violente, les poings se ferment» les bras Retordent, la malade se renverse en arriére, ébauchant un *rc do cercle. Puis elle rentre dans l'état B, d'où elle ne ^rtipa plus que le soir spontanémont, suivant la règle ^blie. J'ai cité plus haut un exemple de ce genre (p. '230). "oiic, dans ces cas, pas d'hcsitalJon possible sur le mode I ^e transition.
^— ^Ilen est de même lorsque Ton provoque artiliciollenicnt HP passage d*un état dans l'autre. La mulade étant habi- "*^ellemcnt pendant le jour dans l'état second, c'est le plus ! Souvent le retour à l'état normal que Ton provoque. 11 **^f'it pour cela de lui donner vivement, avec insistance, *lusieurs fois de suite, l'ordre do « se réveiller, n Elle
PÀB8AGE DE l'état A A L'i^TAT
résisto an peu : u Mais je ne dors pas... Qirest-ce que vous me voulez?... » Pats, tout à coup, ses yeux se convulsent dans l'orbite, elle se renverse en arrière, ébauchant un arc de cercle, ses poiu js se ferment, ses bras se tordent, elle eât agitée d'un petit frissonnement, émet deux ou trois expirations convulaivos. Tout cola dure quelques secondes et, quand c*est fini, la malade est d.ins l'état .\, astasique-abasique, non sugi^stibto, en possession de toutes ses connaissances et du souvenir de sa vlo antérieure.
Il est rare que l'on ait besoin de provoquer le retour à rélat B. L'état A provoqué est génL'rulement très court et no dure guère plus de cinq à dix minutes. Nous n'avons jamais pu. par des suçrg'esLions réitérées dans Le vi^ilambulismc, le proloncrcr au delà de ce délai. Le passage à l'état H se fait de lui-même, à la faveur d'une petite attaque identique. Pour le provoquer, il suffit d'employer cette manœtivre d'iiypnolisation connue sous le nom do fixation du regard. Il existe peut-élre dans Tocil une zone hystéro'^^ène, analofrue à celle qui existe fréquemment cho2 les somnambules hystériques (l\ car nussitât les mêmes pliénomènes convuUifa se produisent et l'état D est rétabli.
Au mois d'avril 1801, la malade quitta le servi ce loujour» dans le même état, étant ainsi restée soumise à not observation pondant une période do dix-huit mois, pendant loàqui'ls les pUénomùncs avaient persibté. toujoun^ identiques à eux-mêmes.
Sept mois plus tard, le H octobre 1801, elle écrivait son amie Martruerile F..., qui était encore dans le service une lettre bien intéressante (fue ccllo-ci nous commtmiqua Cette lettre nous montre qu'elle est toujours dans l'état U.clu moins pendant le jour, et que l'étal A se montre de plus en plus rarement Elle fait tous les jours, en étiU second, des acquisitions de plus en plus oonstdérables, qui la moltont
[U Voir plus Imtit, u" XXVUl : Georges Guiuon. — Documenté pour ger ci r à l'histoire des somnamitiiliimeti. Du totn' namhnliitme ht/fttérique, etc.