‹ Clinique des maladies du système nerveux v. 2, 1893Chapitre 72 sur 95 · FAÉQUBNCB DE CETTE DÉFORMATION · texte numérisé non relu

FAÉQUBNCB DE CETTE DÉFORMATION

ainsi qu'on peut facilement le remarquer, n'offre pas le moindre vestige de scoliose,

La dtl*tûrmation que nous signalons ici ne semble pas avoir attiré jusqu'ici toute Tattention qu'elle nous parait mériter. Cependant Tun de nous Tavait, dès 188"^, signalée incideniment (I). On la trouve également mentionnée de la même manière dans quelques auleursi, en particulier dans le livre de M. Raymond ("2/, et Tan dernier MM. Le Noir et Bezançoii l'ont constatée chez ce même malade que nous vous présentons aujourd'hui et dont ils ont publié Tubservation dans la Revue de médecine (3). Elle nous parait être assez fréquente puistiuc, sur cinq myopathiques de toutes fonnes, actuellement présents dans le service do clinique de notre maître, M. le P' Charcot, nous l'avons observée quatre fois, et, chose particuUère, mais à laquelle nous ne croyons pas jusqu'ici devoir attacher grande importance, il s'agissait de quatre hommes, La valeur diagnostique de cette déformation nous semble donc devoir être prise en considération, surtout dans les cas difliciles. Il est certain qu'à première vue, si le malade ne porte pas sur sa face le cacliet typit|uii de sa maladie, c'est-à-dire dans les formes scapulo-huuiérales, la constatation d'une semblable déformation, lorsqu'on le fait déshabiller, doit faire penser tout de suite à la maladie myopalhique.

En ce qui concerne la pathogénie, nous pensons qu'il y a lieu de se rallier à Thypothèso émise par

(1) P. Marie et Georges fîninon. -- Contrihution Aréliuiede quelquen-uties des formes de la myopatliin protjrcssioe primitive, clc, {Hgv. de méd., 183.'»],

("2» F. Ùayiiumd. — Maladies du syntème nerveux ; atrophiea jnusculiiires et maladitîs amj/ofropAit/ues. 1 vul, in-8, Paris. 1881». Ul>iu.

(3) Le Noir et Bezançon. — Ohaervalion de myopathie progressive priinilioe [type facio-scapulo-humér&l de Landouzy-Dejerinc). (Hev. de inéd.y avril 1890).

388 TROUBLE TROPHIQUE OSSEUX.

MM. P. Marie et Onanoff, à propos de la déformation crânienne qu'ils ont constatée chez les myopathîques. Bien que les recherches faites jusqu'aujourd'hui ne permettent pas de tirer des conclusions absolument positives, et en Tabsence de recherches anatomo-pathologiques précises, on pourrait penser qu'il s'agit là, comme pour les déformations crâniennes, d'une lésion ostéo-trophique spéciale, parallèle aux troubles trophîques musculaires qui constituent la myopathie progressive.

Itude clinique sur l'aura de l'accès épileptique (I].

On sait qu'il est de règle générale de dire, pour disting-uer un opilcpticiuc d'un hystérique, en ce qui concerne Tattaque, abstraction faite des autres signes différentiels, que le premier tombe instantanément, sans être prévenu, pouvant quelquefois se tuer dans sa chute, qui laisse du reste souvent sur son visage dm traces ou des cicatrices plus ou moins durables, tandis que le second, averti toujours par l'aura liystérique, a le temps, dans la majorité des ras, de choisir sa place pour tomber, oUj lorsquMl est chez lui ou à l'hôpital, de gagner son lit pour y prendre ses ébats. En fait, cela est absolument vrai, et la preuve en est que l'on ne rencontre guère sur la face des hystériques les ecchymoses ou les plaies contuses, si fréquentes chez les épileptiques.

Mais strictement, la formule de diagnostic, telle que nous la donnions plus haut, si elle est l'expression d'un fait incontestable, n'est cependant pas absolument juste. En effet, nombre d'épileptiques ne tombent pas sans être prévenus ; seulement l'avertissement qui leur est donné est trop court, dans la généralité des cas, pour leur permettre de prendre leurs précautions, ou bien le malade, au moment où il est sous le coup de

(l| Travail de la clinique de M. le P"" Charcot, par Georges Ouinon et Raichline. (Inédit.)

CinACTERES DE L AURA.

l'aura, se trouve déjà dans un élat d'ahurissement tel que cela lui est devenu impossible.

Il reste bien entendu cependant que, pendant cette période prémonitoire qui a reçu le nom d'aura, le patient consene la conscience. C*est une condition néces-*| saire. Dans le cas contraire, le phénomène quelconque, moteur, sensitivo-sensoriel ou psychique qui intervient, ne fait plus partie de Taura, mais de l'accès lui-mémci à titre d'équivalent ou de phénomène surajouté.

Nous rejetons également du cadre de l'aura certains phénomènes, qui, chez quelques malades, précèdent, à échéance plus ou moins longue, l'accès épileptique lequel peut être lui-même, dans ces cas, précédé d l'aura véritable. Ces phénomènes, que Ton peut dési gner sous le nom d'aura éloignée ou mieux encore de prodroinos^ sont éminemment variables, revêlent toutes sortes de formes, quelquefois celle du délire. Ils paraissent beaucoup moins fréquents que Taura vérî table. Les auteurs les distinguent en général de cet dernière et, pour cette raison, nous les laisserons oq plètement de côté.

Dans rhystérie l'absence de Taura est un fait abso' ment exceptionnel. Parmi les centaines d'hystérique& qu'il a observés, alors qu'il avait Thonneur d'être chef de clinique de M. le P Charcot, l'un de nous ne Ta vue manquer qu'une seule fois, d'une façon indiscutable. Si, au contraire, on interro^ des épileptiques, au premier abord, c'est le contraire qui parait la réizle : l'aura semble rare. Mais si Ton pousse un peu les malades, si on aide leurs souvenirs en dirigeant leur mémoire et en appelant leur attention sur les phénomènes les plus habituels de l'aura eomitiale, on s'aperçoit qu'il est loin d'en être toujours ainsi en réalité. L'aura se montre alors relativement fréquente, bien qu'à un degré notablement moindre que dans l'Iiystérie. Cependant il existe des cas dans lesquels le malade ne signale aucune espèce d'aura précédant Taccès.

ACCÈS COMITIAUX NOCTCfiXES.

Parmi ces derniers, il faut tout (rabord en éliminer un certain nombre dans lesquels le résultat négatif de l'interrocratoire doit être attribué non pas tant à Tabsence réelle de l'aura ([u'à Tignorance forcée du malade. Ce sont les cas dans lesquels les accès sont exclusivement nocturnes et complètement ignorés du malade. Alors il ne les connaît que le lendemain matin soit par le récit des personnes de son entourage qu'il a réveillées, soit par la constatation de c(Ttains signes dont il a Thabitude, comme la morsure de la langue, du sang sur l'oreilier, de l'urine dans les draps, le lit bouleversé, etc., etc.,.

Dans cette catégorie d'accès nocturnes, la recherche de Taura présente moins d'importance ; nous n'avons cependant pas voulu les éliminer entièrement de la petite statistique que nous avons drossée pour servir de base à notre travail, et ils y figurent au nombre de quatre (n°' 45, 49, 59 et 70 du tableau).

[Vautres malados à accès nocturnes, au contraire, sont réveillés avant la porte de connaissance qui marque le début de la crise elle-même et perçoivent alors, s'ils existent, les pfiénomènes do l'aura. On en trouvera quelques-uns parmi les cas que nous rapportons.

En examinant, sur le conseil de >I. le P' (Jharcot, les nombreux épileptiques qui viennent se (aire soigner à la policlinique do la Salpêtrière (l), Tun de nous fut frappé du nombre relativement gi*and des cas dans le8(iuels l'aura est parfaitement nette et de la variabilité des auras. Nous commençâmes alors à examiner systématiquement tous les épileptiques qui passaient à la policlinique, ainsi que les femmes épileptiques admises àlaSali>êtrière, dans le service de ïl. Charcot.

Nos recherches ne portent pas in<iiiTéremment sur toutes les catégories d'épileptiques, mais sur ceux-là

(I) Voir plus loin, n" XXXVll, la statistique Je la policlinique du marili â la tialpûtnère, service de M. le P"" Charcot.

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