CLASSIFICATION DES AURAS
seulement chez qui il n'existe pas en apparence de lésions organiques manifestes. C'est ce qui explique le relativement petit nombre des malades qui composent notre statistique (soixante et onze). En effet, nous avons éliminé tout d'abord les cas d'épilepsie partielle due à une lésion cérébrale, tumeur, compression. Nous avons également rejeté hors de notre cadre tous les malades atteints do sclérose cérébrale infantile avec ou sans paralysie. Leur témoignage, car c'est la plupart du temps aux dires du malade qu'il faut se conformer, ne nous paraissait pas assez digne de confiance, étant donné Pélat de débilité intellectuelle où ils se trouvent pour un grand nombre. Nous n'avons pas voulu, dans ces conditions, faire un choix parmi eux et nous les avons tous éliminés en bloc. Nous avons agi de mèrae en ce qui concerne les épileptîques aliénés ou délirants.
En un mot nos recherches ont porté exclusivement sur les épileptîques simples, sur les cas d'épilepsienévrose, sans lésions nerveuses manifestes.
Nous ne nous appesantirons pas ici sur la description des diverses auras de l'accès comitial. On la trouve dans tous les traités classiques et dans les ouvrages spéciaux. Lorsque, dans le cours d'une observation, nous nous trouverons en présence de phénomènes rares ou spécialement intéressants, nous y insisterons chemin faisant.
Pour classer nos soixante ot onze cas, nous avons adopté la division usuelle en auras motrice, sensitive, sensorielle et psychique. Nous avons rangé les hallucinations diverses dans le cadre des auras sensitives et sensorielles, limitant le nom d'auras psychiques à certains phénomènes plus particulièrement mentaux (réminiscences, émotivito angoissante, etc.). Enfin, parmi les auras complexes, nous plaçons les cas dans lesquels l'aura est constituée par Tensemble do nuinifestations variées, autrement dit par la combinaison de phénomènes moteurs, sensitifs, sensoriels, etc...
INTEnnOGATOmE DES MALADES.
Enfin, nous avons remarqué la fréquence relative d'une forme d'aura encore peu étudiée et que nous classons sous la rubrique d'au7'a hystéroïde. Dans cette catégorie, les phénomènes ressemblent, à s'y méprendre, à ceux de l'aura de l'attaque hystérique, soit aura céphalîque, soit aura ovarienne, gastrique, cardiaque, etc., soit combinaison de Tune et des autres. On conçoit que dans les cas de ce genre le diagnostic devient beaucoup plus difllcile entre l'hystérie et le mal comitial. Mais chez tous les malades de cette catégorie, dont nous donnons Thistoire, il était rendu suffisamment évident par la présence d'autres signes (caractères de raccès, morsure de la langue, miction involontaire, etc..) pour ne pas laisser de doute dans l'esprit.
Avant de venir à la description ou plutôt à la nomenclature de nos cas, car elle sera très brève, autant que possible, il nous semble nécessaire d^entrer dans quelques explications au sujet de notre méthode d'examen. En effet, dans nos observations, on ne trouvera guère que des constatations positives, pour éviter les longueurs. Mais chaque malade a été examiné entièrement à l'aide d'une sorte de plan, de questionnaire écrit que nous avions sous les yeux et qui, mentionnant les phénomènes connus de Tépilepsie, nous permettait de ne rien omettre dans l'interrogatoire. Nous pouvons donc dire que, chaque fois qu'un phénomène un peu spécial n'est pas noté chez nossujets^ c'est qu'il n'existait pas. Ces observations s'appliquent également à la recherche des antécédents héréditaires, que nous avons faite dans tous les cas.
En ce qui concerne la description do l'accès, nous n'entrerons non plus, à moins de nécessité, dans aucun détail. Qu'il nous suflise de redire que les interrogatoires ont été conduits avec la pi us scrupuleuse méthode et que tous les cas simplement douteux ont été rejetés, ainsi que ceux dans lesquels il y avait combinaison
AURAS MOTRICBS.
avec une autre affection pouvant amener une confusion, l'hystérie, par exemple.
Notre statistique ])Orte sur soixante et onze cas pris, avec la bienveillante autorisation de M. le P'Charcot, ce dont nous le remercions bien sincèrement, tant ù sa policlinique que dans son service de clinique, à la Salpèlrière. îSur ces soixante et onze cas, vini^t-huit ont été trouvés absolument sans aucune espèce d'aura. Dans ce nombre lifJîurent les quatre cas à accAs exclusivement nocturnes dont nous parlions plus haut. Nous ne donnerons pas les observations do ces malades ; on en trouvera la nomenclature dans le tableau placé plus loin et qui résume l'ensemble de notre petite statistique.
Restent donc quarante-trois cas dans lesquels on a pu constater la présence de Tuura. Ils se décomposent de la manière suivante :