CONTAGION NERVEUSE
grossières, obscènes, proférées à haute et intelligible voix, alors même qu'il s'a^t de ]>ersonnes éduquées, bien élevées. Le nommé Baut...che, que je vous présente, à ce propos, comme un coprolalique, n'a pas été peut-être bien élevé, mais c'est bien involontairement, je vous assure, qu'il profère devant vous des jurons, des paroles grossières qui offensent vos oreilles et qu'il voudrait retenir. Mais, je le répète à dessein, la coprolalie peut se voir dans la meilleure société. Témoin le cas produit par le professeur Pitres, d'une jeune lillede Bordeaux, âgée de quinze ans, ayant eu une tante aliénée, un père tiqueux, tiqueuse elle-même et qui dans les paroxysmes émettait les ])arolcs les plusordu^hères: n..de D...,f..tre, etaussi le mot de Cambronne; dit venia verbis. Témoin encore le cas de la marquibo de D..., que j'ai entendue de mes propres oreilles prononcer hautement en i)ublic des paroles du même g-enre. La maladie chez, elle a duré plus de soixante ans. Quelques auteurs, Briquet lui-même, ont mis la coprolalie sur le compte de Thystérie. A mon avis, c'est là une erreur qu'il importe de relever. Nous devons nous efforcer de déiLcager l'hystérie d'une foule de matériaux étrangers qu'on voudrait y introduire et qui ne font qu'encombrer un domaine nosographique déjà si chargé. L'hystérie et la maladie des tics peuvent coexister, mais celle-ci ne dérive pas de celle-là ou inversement.
Avant dVn finir je voudrais insister encore sur un point relatif à Ictiologie des bruits laryngés hystériques. 11 existe dans cette catégorie un bon nombre dcxemplea qui démontrent que ces bruits peuvent se transmettre (l'un sujet ix un autre par une sorte de contagion nerveuse. On pourrait citer plusieursépidémiesd'aboicmeiit, de miaulementproduitcft par ce mécanisme, qui ont été observées dans des asiles, des couvents, des écoles et ont affecté non seulement des filles mais encore des