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VINGTIÈME LEÇON

TRAITEMENT DE L’ATHREPSIE

Messieurs,

L’étiologie nous a appris qu’il est facile de provoquer l’Athrepsie, de la faire naître, pour ainsi dire, à volonté. — Il est beaucoup plus malaisé, lorsqu’elle existe, de la combattre et d’en arrêter les progrès. Tout ce qui précède vous le prouve surabondamment. Soyez pourtant convaincus que 1 hygiène et la thérapeutique, loin de rester impuissantes, vous rendront, dans le plus grand nombre des cas, de trèsgrands services.

Si le tableau que je vous ai présenté est sombre, c’est qu’il a été fait à l’hospice des Enfants-Assistés, c’est-à-dire dans une de ces maisons où il semble que tout se réunisse pour imprimer au mal une marche funeste. Lorsque les enfants sont isolés et dans un milieu sain, conditions habituellement réalisées dans la pratique de la ville, tout est moins grave, et il est rare qu’à l’aide d’un traitement bien institué l’on ne parvienne pas à triompher du mal.

TRAITEMENT

Alimentation «lu nouveau-né.

Nécessité de l’allaitement naturel.

Avant de vous dire comment il faut le combattre, je crois devoir vous faire connaître sommairement le régime alimentaire des enfants du premier âge. J’aurais pu placer ces remarques à la fin de la deuxième leçon ; mais, comme nous puiserons dans ces règles d’hygiène plusieurs moyens thérapeutiques précieux, il m’a semblé que la meilleure place à leur donner était celle-ci.

Tout nouveau-né doit être allaité par sa mère; ou, à son défaut, par une nourrice étrangère; et le lait qu’il tire du sein doit être son unique aliment.

Pour bien comprendre l’importance de ce précepte, reportez-vous à ce qui a été dit de la nutrition avant et après la naissance. Rappelez-vous que, pour le nouveau-né, la mamelle est l’équivalent du placenta; que le lait de la mèreest presque le sang que naguère elle lui donnait (1); et que l’arracher au sein, c’est rompre tous ses liens maternels, c’est l’exposer aces troubles digestifs dont les conséquences sont parfois si redoutables.

Il est pourtant des cas où la mère ne peut pas nourrir ; alors vous devez exiger qu’elle laisse à une nourrice mercenaire le soin d’allaiter son enfant. Et je vous signale ici l’une des circonstances où votre responsabilité médicale sera le plus engagée, où votre fermeté sera mise à la plusrude épreuve. — La femme qui ne veut pas nourrir ne manque jamais de prétextes pour se soustraire au plus naturel des devoirs, et la raison n’a que bien peu de prise sur son caprice ou son égoïsme. Mais, je vous l’affirme, ce n’est pas à combattre ces mauvaises mères que vous aurez à vous efforcer : vos luttes les plus pénibles seront contre celles qui, mues par un sentiment ex-

(1) ï Le sang monte aux mamelles, lequel l’enfant suce et tette jour et dit Ambroise Paré, et se convertit en nuit. » lait, qui n’est qu’un sang blanchi,

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cessif de la maternité, n’admettent pas qu’un obstacle puisse les priver de nourrir leur enfant. Rien n’empêchera ces trop bonnes mères de satisfaire ce besoin. 11 en est qui, vaincues par l’évidence, vous promettront de ne pas donner le sein ; mais elles ne resteront pas toujours maîtresses de leur résolution, tant est impérieuse la fonction génératrice. J’en ai vu qui, le jour, surveillées, n’osaient rompre leur parole; mais qui, la nuit, abandonnées à toute l’impulsion de leur instinct, dans un élan de fureur jalouse, arrachaient l’en-

fant des bras de sa nourrice, pour lui présenter leur sein souvent tari, mais d’où leur venait, par le contact de ses lèvres, la pleine satisfaction de leurs désirs.

Après vous avoir avertis que les difficultés de la pratique ne viennent pas toutes de la maladie, revenons à celle-ci, et voyons dans quelles circonstances vous devez interdire l’allaitement maternel.

L’obstacle peut être du côté de la mère ou de l’enfant. Le premier cas est le plus fréquent.

J’y ai déjà fait allusion, à propos de l’étiologie, mais il n’y a aucun inconvénient à y revenir. Il peut se faire que la nouvelle accouchée n’ait pas de lait; que l’apparition de celui-ci soit très-tardive ; ou bien que sa quantité, d’abord suffisante, diminue notablement, après six semaines, deux mois, au moment du retour des fonctions utéro-ovariennes. Il peut se faire encore que ses mamelons s’excorient ou se gercent; que des abcès lui viennent aux seins; qu’elle soit anémique, débile ou sujette à des attaques nerveuses ; qu’on redoute les atteintes de la diathèse tuberculeuse; ou bien, enfin, qu’il se déclare chez elle une affection fébrile aiguë. Dans tous ces cas, vous devez donner à l’enfant une nourriture étrangère.

D’autres fois, la mère peut allaiter; mais l’état du nouveau-

Du choix d’une nourrice.

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né s’oppose à ce qu’elle le fasse. Supposez, en effet, qu’il ne 1 soit pas à terme, ou bien qu’il soit atteint de faiblesse congénitale. L’eau sucrée, la décoction de gruau et toutes les J

autres boissons que l’on fait prendre en attendant le lait maternel sont, dans ces cas, tout à fait insuffisantes. 11 faut immédiatement donner le lait d’une nourrice, qui, seul, est capable de ranimer l’enfant et de le faire vivre. S’il a un i bec-de-lièvre, une division du voile du palais, ou s’il est | atteint de syphilis héréditaire, et que, dans ce dernier cas, la mère ne paraisse pas infectée, on le nourrira à la cuiller, I au biberon, avec du lait d’ânesse, de chèvre ou de vache, | suivant la tolérance de son tube digestif.

Lorsque vous serez obligés de choisir une nourrice pour l’enfant dont la santé vous sera confiée, je vais vous dire brièvement les signes qui doivent fixer votre choix et mettre de votre côté le plus de chances favorables.

La bonne nourrice est celle qui fait un beau nourrisson ; c’est assez vous dire que l’usage seul vous fixera sur la valeur de celle que vous aurez prise. Telle femme, en effet, se | présentant dans les meilleures conditions, laissera péricliter >un enfant, qu’une autre, de beaucoup moins belle apparence, jj ne tardera pas à rendre prospère. — Toutefois, voici les garanties que vous exigerez.

La nourrice aurade25à35 ans. Elle sera accouchée depuis 1 2 mois au moins, et non depuis plus de 4 ou 5 (1) . Elle devra ; présenter tous les attributs d’une bonne constitutionet d’une |

(1) Les femmes les plus aptes à nour- il ajoute que l’on peut sans inconvé-

rir, suivant M. Jacquemier (a), sont nient sérieux prendre une nourrice

celles qui, âgées de 18 à 35 ans, ont accouchée depuis 5 ou 6 mois, un lait de G semaines à 4 mois. Mais

(a) Jacquemier, Manuel des accouchements, t. U

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santé actuellement bonne. Elle ne portera aucune trace d’une affection diathésique. Vous vous assurerez surtout qu’il n’existe, chez elle, aucun indice de syphilis. Les seins, volumineux, assez fermes, mais souples et sans aucune dureté, seront mobiles sur la poitrine. Une vascularisation superficielle y marquera l’activité fonctionnelle. La palpation y fera découvrir un tissu glandulaire abondant et peu de graisse. L’aréole sera foncée; le mamelon allongé, un peu plus volumineux à son extrémité qu’à sa base, s’érigeant aisément, sans être trop sensible, couvert d’un tégument assez endurci pour être à l’abri des gerçures et des érosions. Il faut qu’en pressant le sommet du sein on en fasse jaillir sans peine, comme d’une pomme d’arrosoir, une gerbe lactée. Le lait, d’un blanc très-légèrement bleuâtre, fluide et sans saveur bien prononcée, ne présentera, à l’examen microscopique, ni corpuscules de colostrum, ni hématies, ni leucocy tes. Enfin, et ce moyen d’information est certainement le plus précieux, vous examinerez l’enfant de la nourrice qui vous sera présentée. Sa belle apparence sera le meilleur garant des qualités de la mère (1).

Lorsqu’une nourrice réunit toutes ces qualités, il y a de grandes chances pour que le nouveau-né que vous lui confierez, s’il est dans un état satisfaisant, y reste; et pour qu’il recouvre la santé, s’il l’a perdue. Mais, je vous'le répète, vous n’aurez la certitude de ces bons résultats qu’après l’épreuve faite (2) .

(1) On voit souvent, dit Désormeaux, des femmes dont le lait est de médiocre qualité faire de leurs enfants de très-beaux élèves, et n’en faire que de fort chétifs des enfants étrangers qu’on leur a confiés d’après la bonne apparence de leur nourrisson.

(2) La couleur des cheveux, à laquelle semblent tenir encore un certain nombre de praticiens, n’a aucune importance. Les raisons qu’ils pourraient donner de leur préférence ne seraient pas meilleures que celles d’Ambroise Paré cherchant à justifier ce précepte : que la nourrice ne

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Il ne faut pas, pour un motif futile, pour un dérangement passager de la digestion de l’enfant, dont vous triompherez sans peine, changer une nourrice ; et ce n’est, en général, qu’après un certain nombre de jours que l’on peut juger sa valeur; mais dès que vous aurez acquis la conviction que son lait n’est pas celui qu’exige l’enfant, n’hésitez pas à la remplacer par une autre; et cela autant de fois que vous le jugerez nécessaire, car la vie de l’enfant peut en dépendre, ce qui engage gravement votre responsabilité.

L’alimentation de la femme qui nourrit doit être très-réparatrice; elle doit en effet suffire aux frais d’une sécrétion abondante et réelle en principes nutritifs ; mais il importe peu que ce soient la viande ou les végétaux qui y dominent. L’essentiel est que les aliments pris soient bien digérés et réparent les pertes qu’entraîne à chaque instant la production du lait. Une nourrice qui digère bien et mange suffisamment est dans les meilleures conditions pour remplir sa tâche ; et j’estime que fréquemmenton met à tort sur le compte de tel mets ou de telle boisson un dérangement du nourrisson, dont la cause est ailleurs. Toutefois, certains enfants sont particulièrement affectés par des substances qui imprègnent le lait; et, là-dessus, vous devez avoir l’attention constamment éveillée. Mais, je vous le répète, vous n’accepterez une pareille explication des troubles digestifs de l’enfant que si elle vous est imposée par la répétition du même accident, sous 1 influence de la même cause, ou par toute autre circonstance de valeur ( l ).

doit pas être rousse, mais brunette. Il les empruntait à Sextus de Chérouèse. « Ainsi, dit-il, que la terre noire est plus fertile que n’est la blanche, par semblable, la femme brunette porte toujours le lait plus substancieux. ï

(1) Ou s’est assuré par l’observation directe ou à l’aide d’expériences faites sur des animaux, que les principes odorants de certaines plantes, telles que l’asperge, l’anis, 1 ail, 1 oignon, la carotte, passent rapidement dans le lait.

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— Vous empêcherez que la nourrice, sous prétexte de l’épuisement causé par l’allaitement, n’ingère une trop grande quantité de liquide, et, en particulier, de boissons alcooliques.

— Vous lui prescrirez, autant que possible, l’exercice et la vie en plein air.

Le jour, — c’est toutes les deux heures seulement que le Fr(if>“?|tcees sein doit être présenté à l’enfant. La nuit, — il est bon qu’il dorme le plus possible ; et par exemple, de 8 heures du soir à 6 heures du matin, deux ou trois tétées, sont suffisantes. Quand le nourrisson est bien portant et qu’il a dépassé quatre mois,on peut se contenter de l’allaiter toutes les trois heures. Les intervalles entre les repas seront toujours proportionnés à l’âge, et croîtront à mesure que l’on introduira dans le régime des aliments autres que le lait. Toutefois, ils ne doivent pas être trop éloignés, parce que, suivant la remarque de M. Péligot, le lait, en séjournant dans les mamelles, finit par s’appauvrir (1).

(I) Voici, d’après M. Reyzet, la quantité de beurre trouvée dans 100 parties de lait d’une femme de 27 ans, nourrice et accouchée depuis i l mois :

Avant de donner le sein :

Après avoir donné le sein :

M. Milne Edwards (a) explique cette différence de la manière suivante : « C’est, dit il, dans les ampoules initiales des conduits lactifèresque naissent et se développent les utricules sécrétoires qui fournissent les matières grasses et les autres substances solides les plus importantes du lait, taudis que l’eau, plus ou moins chargée de matières albuminoïdes et salées, y est ajoutée par les parois membraneuses des conduits galaclophores, qui ne sont pas aptes à sécréter les produits laiteux par excellence. Il en résulte que, plus le

(fj AI i Inc Edwards, Leçons sur la physiologie et l’anatomie comparée, Paris, lob8, t. IX, p. 158.

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Dans quelques cas exceptionnels, ces règles ne peuvent être suivies: c’est lorsque les enfants sont nés débiles ou ont été affaiblis par la maladie. Les repas seront alors très-peu copieux, et l’on devra les muliplier. La nourrice tirera du lait de son sein, etle fera boire à l’aide d’une cuiller préalablement réchauffée. Elle ne devra pas craindre de réveiller l’enfant pour l’alimenter ; car il serait dangereux de le laisser plongé trop longtemps dans la somnolence où le met sa faiblesse; elle l’agitera même, de temps en temps, pour le faire respirer et crier, — pôur le faire vivre.

Dans ce cas, la quantité du lait consommé restera bien au-dessous de celle que peut donner la nourrice; aussi veillerez-vous très-attentivement ù ce que les seins soient tétés par un autre enfant ou vidés artificiellement. Si l’on n’agissait de la sorte, la lactation diminuerait rapidement, et, plus tard, serait tout à fait insuffisante (1).

lait fourni par les ampoules traversera rapidement cette portion excrétoire des glandes mammaires, moins il sera aqueux. »

(1) « Comme chez la femme, dit M. Jacquemier (a), la quantité de lait sécrété se met en quelque sorte en rapport avec la consommation faite , un enfant fort, d’un grand appétit, qui tette souvent et vide complètement le sein, sans toutefois fatiguer la nourrice, porte la sécrétion au plus haut degré d’activité qu’elle peut atteindre, et reçoit le lait dans les conditions où il est le plus riche en principes nutritifs ; tandis qu’un enfant peu développé, faible, laissant, chaque fois qu’il prend le sein, une plus ou moins grande quantité de

lait séjourner dans les mamelles, n’en prend que la partie la plus séreuse, et réduit bientôt la sécrétion dans la proportion de ses besoins. Mais si l’enfant, faible, soit parce qu’il est né prématurément, soit parce qu’il est maladif et que cet état se prolonge, ne peut pas entretenir une sécrétion suffisante , les mamelles sont d’abord exposées à s’enflammer, puis le lait se tarit. Il arrive souvent que des enfants nés dans ces conditions, après avoir perdu le lait de la mère, perdent aussi celui d’une bonne nourrice; et, à la fin, celle-ci, la première victime, est accusée par la famille, et souvent par le médecin consulté tardivement, d’avoir nui à l’enfant. »

(a) Loc. cit., t. It, p. 808.

TRAITEMENT. ,Ui

L’allaitement naturel doit être prolongé le plus longtemps possible, et, si rien n’y met obstacle, l’enfant y sera soumis exclusivement jusqu’à 8 ou 10 mois. Mais il est quelques cas où l’on doit ajouter au lait du sein d’autres aliments ; comme par exemple lorsque la mère veut nourrir malgré l’insuffisance de son lait. D abord, on donneia, une ou deux fois dans les 24 heures, du lait de chèvre ou de vache ; puis, vers 5 ou 6 mois, on commencera l’usage de crèmes préparées avec du lait et de la fécule de riz ou de l’arrow-root, qui, vous le savez, n’est autre chose qu’une fécule extraite des tubercules d’une amomacée (4) et débarrassée d’une huile volatile qu’elle contient. Son extrême finesse la rend très-recommandable en pareil cas. Je préfère ces aliments à ceux faits avec la "farine de froment, ou le gruau d’avoine, que l’on a conseillé à cause de sa richesse en matières grasses et en principes albuminoïdes. Ces bouillies très-nourrissantes trouvent leur usage à une période plus avancée ; on y joindra des potages gras au tapioca et des œufs frais, très-mous, que l’on fera prendre à l’aide d’une cuiller.

Lorsque vous introduirez ces aliments nouveaux dans le régime de l’enfant, vous le surveillerez très-attentivement, prêts à le remettre exclusivement au sein, s’il survenait des troubles digestifs (2).

(1) Le Maranta Arundinacea.

(2) Dans le compte rendu de la maison impériale des Enfants-Trouvés de Moscou pour l'année 1873, on trouve, sur la manière dont on pratique l’allaitement mixte dans cette maison, des renseignements que je crois devoir reproduire ici, avec les résultats obtenus.

Le nombre des enfants nourris au

lait de vache en 1873 a été de 1570.

Chaque nourrice avait deux enfants à soigner auxquels elle donnait alternativement le sein et le biberon, et cela de deux heures en deux heures.

Chaque enfant tétait par conséquent toutes les qnatre heures une fois, et était nourri au biberon pendant l’intervalle.

Les biberons employés sont en

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poque du sevrage.

A quelle époque doit-on sevrer l’enfant, c’est-à-dire lui retirer complètement le sein? Trousseau, qui, avec la plupart

verre et n’ont pas de telin. Le lait de vache administré est plus ou moins étendu avec de l’infusion de semences d’aneth, suivant l’âge de l’enfant; ainsi pour un enfant de 3 à 27 jours le mélange est de 1/3 lait et 2/3 d’infusion ; pour un de 27 à 34 jours, ce mélange est fait par moilié; et pour un enfant de 34 à 100 jours on emploie 2/3 lait et 1/3 d’infusion. Quant à la température du mélange, elle est toujours réglée à 36°.

La quantité de lait qui entre dans le mélange n’est pas invariable, puisqu’elle est augmentée dès qu’on s’aperçoit que l’enfant perd de son poids, ou même seulement qu’il se maintient sans changement.

Quand les enfants tombent malades on ne les retire pas pour cela de la division des enfants au biberon. On les soigne tout en continuant de les nourrir au lait de vache, et on ne les envoie à l’infirmerie que lorsque l’on a reconnul’iuuti lilé des soins.

L’âge des enfants soumis à cette alimentation mixte a varié de 2 jours à 8 mois et le poids de chacun d’eux se trouve compris entre 2 kil. et 5 kil. 800 gr.

Sur ces 1570, 778 ont profité de ce régime, c’est-à-dire ont gagné en poids; 491 sont restés stationnaires, et 301, non-seulement n’ont pas profité, mais ont perdu de leur poids.

Le nombre des enfants qui ont été malades s’est élevé à 272; sur ce nombre, 94 ont été atteints d’alfection du tube digestif, et 178, de maladies diverses. La mortalité sur ces mêmes enfants a été de 117.

La maladie a frappé de préférence les enfants de 2 à 7 jours, puisque sur 431 enfants de cet âge, 123 ont été malades, tandis que sur 1139 enfants de 7 jours à 8 mois, le nombre des malades n’a été que de 149.

Le tableau ci-après indique du reste clairement ce mouvement de la maladie.

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