‹ Clinique des nouveau-nésChapitre 12 sur 127 · MORT APPARENTE. ASPHYXIE DES NOUVEAU-NÉS · texte numérisé non relu

MORT APPARENTE. ASPHYXIE DES NOUVEAU-NÉS

mort apparente , comme Font fait quelques auteurs. La mort apparente, que Ton peut observer sans doute chez les nouveau-nés mais qui diffère beaucoup de l’état que je cherche à vous faire connaître, a pour signe caractéristique la suspension momentanée des mouvements du cœur. En Mort apparente, même temps, la peau -et les muqueuses sont d’une pâleur cadavérique, les membres sont flasques et le corps entier est dans la résolution; c’est une syncope qui se prolonge.

Ici le cœur a cessé de battre ; tandis que dans l’état précédent, les battement et les bruits du cœur sont encore perceptibles et ne disparaissent qu’avec la vie ; toutes les fonctions, bien que réduites à leur plus simple expression, existent * encore. La mort apparente est accidentelle et peut survenir chez des enfants doués de toutes les apparences de la santé ; l’autre, au contraire, la vie sans respiration, est intrinsèque, elle dépend de l’individu, dont l’organisme est imparfait et dont les fonctions tiennent encore de celles du fœtus. « Ces . enfants, dit Billard (a), vivent pour ainsi dire de la vie embryonnaire, soit que le sang conserve le principe vivifiant qu’il avait reçu de la mère, soit que l’oxygène de l’air absorbé par la peau ou les membranes muqueuses, pénètre dans le torrent de la circulation ; soit, enfin, que cet élément de la vie ne soit pas encore à cette époque d’une aussi grande importance qu’il le sera plus tard. »

Chez les enfants qui viennent de naître, on observe aussi un autre état morbide, paidicuhèrement caractérisé par la congestion de la peau et de tous les organes. Ilest habituellement Asphyxie 0» qualifie d asphyxie ou d apoplexie des nouveau-nés. La figure nouveau-nés. est violacée, le pouls à peine sensible, le cri étouffé; les

(a) Loc. cil., p. 527.

PHYSIOLOGIE

mouvements respiratoires font défaut ou ne se montrent (pie pendant un temps très-court. L’asphyxie survient alors avec ses caractères habituels, et, pour en triompher, il faut rétablir la respiration soit en excitant la peau ou les muqueuses, soit en pratiquant l’insufflation. L’asphyxie des nouveau-nés, diffère de la mort apparente, parce que, chez ceux qui en sont atteints, le cœur n’a pas cessé de battre ; — et de la faiblesse congénitale, parce qu’elle se montre chez des enfants aptes à vivre, mais qui ont subi l’influence d’une cause accidentelle et tout à fait extrinsèque si l’on peut ainsi dire, connue par exemple la longueur de l’accouchement ou la compression du cordon.

Lorsque les choses s’accomplissent normalement, l’enfant pousse un cri ; — manifestation éclatante de l’indépendance . qu’il vient d’acquérir, et pour la vie extérieure, signe comparable au premier battement du cœur qui révéla la vie dans l’utérus.

Nous n’avons pas à rechercher ici quelle est la cause de ce cri et du mouvement inspiratoire qui le précède. « Comme le premier battement du cœur, dit Longet, la première inspiration doit reconnaître pour cause une loi primitive de la nature, une force inconnue qui domine tous les phénomènes de la vie; nous n’expliquerons pas autrement le premier effort de succion que fait l’enfant sur le sein de sa mère, ni le premier mouvement volontaire qu’il exécutera (a). »

Une fois établie, la respiration s’accomplit d’une manière continue, mais non avec la régularité qu’elle aura plus tard. L’enfant qui vient de naître est inhabile à respirer comme

(«) Loc. cit., t. III, p. 997.

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