‹ Clinique des nouveau-nésChapitre 14 sur 127 · FONCTIONS DE LA PEAU · texte numérisé non relu

FONCTIONS DE LA PEAU

La peau, chez le nouveau-né, présente quelques particularités qui méritent de nous arrêter. Vous savez qu’au moment de la naissance elle a une teinte rouge cerise qui persiste un certain temps, quelquefois huit, dix et même quinze jours ; plus prononcée et plus durable chez les enfants chétifs et les avortons. D’abord répandue d’une manière à peu près uniforme sur la surface du corps, cette coloration s’éteint graduellement et ne disparaît qu’en dernier lieu des extrémités, où la circulation est toujours ralentie.

L’exfoliation épidermique qui survient quelque temps après la naissance est un indice médico-légal de la vie, mais elle ne peut servir à préciser l’âge de l’enfant. Elle n’apparaît chez les avortons que très-tardivement, tandis que chez les enfants nés à terme elle commence le premier ou le second jour et est en pleine activité du troisième au cinquième. Elle se termine à une époque très-variable, le trentième, le quarantième et même le soixantième jour. Chez les sujets malades et affaiblis, elle dure plus longtemps; de même que chez eux, l’élimination du cordon ombilical se fait avec plus de lenteur. On l’observe principalement sur le ventre et les parois thoraciques.

D’abord, l’épiderme forme des plis et se fendille ; puis il se détache, en formant soit de larges lamelles (1) , soit des pellicules presque imperceptibles, analogues à celles que produit la desquamation furfuracée de la rougeole.

Cette modification de la peau est en rapport avec les nouvelles fonctions qu’elle va remplir ; jusque-là elle a été imperméable et inactive, désormais elle sera le siège d’une

(I) Baer a vu chez un enfant, né totalement détaché sur la poitrine et depuis quelques heures seulement, y former comme une espèce de chel’épi derme présenter non-seulement mise, des plis au visage, mais encore être

Coloration delà peau.

Exfolialion épidermique.

PHYSIOLOGIE

perspiration continue, qui s’effectuerait mal, si elle ne subissait le travail que je viens de vous signaler.

Il peut arriver que la chute de l’épiderme se fasse dans quelques régions, les aisselles par exemple, avant que les couches qui doivent le remplacer soient parfaites. Il en résulte un suintement et parfois un véritable intertrigo.

Quand après une première exfoliation il en survient une seconde, ce qui d’ailleurs est rare, il faut toujours, d’après Billard, la considérer comme un phénomène morbide.

Dans l’étude de la circulation, après ce que je vous ai dit de l’occlusion des orifices fœtaux, une seule question nous intéresse, c’est celle du pouls. Habituellement on l’explore au poignet. . Ce procédé, dont on peut se contenter à l’état de santé, est presque toujours insuffisant, comme . vous le verrez bientôt, chez l’enfant malade. L’examen de la radiale, est alors très-difficile, pour ne pas dire impossible, à cause de l’amoindrissement qu’a subi son volume, de l’agitation du sujet et de quelques autres circonstances que vous apprendrez à connaître, et qui dépendent de la maladie.

Le pouls doter- Pour compter les pulsations, et apprécier leurs diverses

"Son '"du qualités, c’est au cœur qu’il faut s’adresser. Son auscultation

cœur. 1 1

est indispensable, si l’on ne veut pas errer à chaque pas ; et je m’étonne que cette méthode ne soit pas recommandée dans les ouvrages consacrés aux maladies des enfants (1). J’ausculte le cœur soit directement, soit à l’aide d’un stéthoscope, qui en maintenant l’oreille éloignée de la poitrine fait disparaître

(1) Après avoir donné relativement à l'exploration de la radiale des conseils minutieux, Billard ajoute (a) : « Enfin, si les batte-

ments du pouls sont trop précipités, trop obscurs, ou trop difficiles à saisir, on pourra, à l’aide du stéthoscope ou de la main, observer et

(a) Loc. cil., p 72

Page 1