‹ Clinique des nouveau-nésChapitre 17 sur 127 · URINE · texte numérisé non relu

URINE

chaux , sous forme de cristaux, dits en enveloppe de lettre, c’est-à-dire d’octaèdres dérivant du type cubique , très-peu nombreux et d’une petitesse extrême; 3° d ’urate de soude sous forme de sphérules ou de bâtonnets ovoïdes. Ce sel se rencontre très-rarement et en quantité très-minime. — Il est probable que les enfants, dans l’urine desquels on rencontre ces sédiments salins, ne sont pas en parfaite santé.

Parmi les caractères chimiques, les seuls qui méritent de vous être signalés sont : la réaction, la contenance en urée, en chlorures, en phosphates et en acide urique.

L’urine saine est toujours neutre. Lorsqu’on la trouve acide, fût-ce même très-faiblement, il faut soupçonner un vice dans le régime, comme par exemple un intervalle trop long entre les tetées.

La présence de l’urée dans l’urine des nouveau-nés a été niée par John, Moore, Rayer, Longet, Béclard, etc. ; elle est au contraire admise par Fourcroy, Lionel Beale, Ch. Robin, Harley, etc. (1).

M. Quinquaud conclut de quelques analyses faites par lui, qu’un enfant de vingt jours rend plus d’urée qu’un enfant qui n’en a que trois.

? Dans toutes nos recherches, nous avons rapporté au litre d urine les quantités d’urée qui ont été dosées. Les chiffres obtenus de la sorte sont donc plutôt virtuels que réels, mais ils sont comparables entre eux ; toutes les analyses ayant été faites dans les conditions que je vous ai précédemment indiquées, et qui sont le plus favorables à l’observation journalière.

En procédant de la sorte, nous avons vu qu’un litre d’urine contient en moyenne 3*, 03 d’urée, chez les enfants de un

(I) Rees, Wœhler et Régnault ont trouvé de l’urée dans le liquide

amniotique, mais Scherer n’est pas parvenu à en démontrer la présence.

Réaction.

Urce

PHYSIOLOGIE

jour à un mois, et d’un poids moyen de 3g,',850. Il en résulte que ce litre d’urine renferme, par kilogramme d’enfant, 0gl', 80 d’urée; — tel est le chiffre normal.

Un nouveau-né qui, dans les vingt-quatre heures, donne 300 grammes d’urine, rend donc pendant cet espace de temps 0,90 d’urée, soit 0gl',23 par kilogramme de son poids.

Ce sont là des moyennes générales, qui, dans l’état physiologique, peuvent être influencées par un grand nombre de circonstances, telles que l'âge, le poids et la température.

Pendant les quatre premiers jours, l’urine contient des quantités d’urée graduellement décroissantes, de 7gr,05 à à 2gr par litre et de lgr,89 à 0g,',55 par kilogramme d’enfant.

Du cinquième au neuvième jour, l’abaissement se prononce encore davantage : le chiffre de l’urée étant de lgr,70 par litre et de 0gl-,47 par kilogramme.

Le dixième jour, il y a tendance à l’augmentation de l’urée, et l’on trouve les chiffres 2gr,39 par litre et 0gI',60 par kilogramme.

Du onzième au trentième jour, l’augmentation s’accuse encore plus nettement par les chiffres 2gl',73 par litre et O', 73 par kilogramme d’enfant.

D’une manière générale, l’urine des nouveau-nés de un a trente jours, contient par litre, d’autant plus d’urée, que le poids de l’enfant est plus considérable ; mais, quoique s’élevant dans le même sens, l’urée ne croît pas proportionnellement au poids : de telle sorte qu’un enfant lourd en rendra, par kilogramme de son poids, moins qu’un enfant plus léger, bien que la quantité de ce principe, évalué par litre, soit plus considérable dans le premier cas. — 1) après cela, lorsque les urines de deux enfants, d’un âge à peu près égal, présenteront des quantités inégales d’urée, avant d’expliquer cette différence par un état pathologique, on devra s’assu-

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rer qu’elle n’est pas due à un écart entre le poids des sujets.

L’influence de la température peut être résumée dans cette phrase : plus un nouveau-né se refroidit facilement, moins son urine renferme d’urée.

Celle-ci est moins abondante lorsque l’urine est aqueuse que dans le cas où elle est teintée ; et sa proportion est dans un rapport direct avec la coloration. L’acidité entraîne une quantité d’urée plus considérable que l’état neutre.

L’acide urique, dont je vous ai déjà parlé à propos des sédiments, peut se présenter à l’état de liberté ou combiné à la soude, mais seulement dans les jours qui suivent la naissance et en quantité très-minime (1).

Je ne m’arrêterai pas aux matières extractives, non plus qu’à ce qui a trait aux acides benzoïque , hippurique, etc.

L’urine des nouveau-nés contient toujours des chlorures, mais en proportion quelquefois si faible, que tout dosage exact est impossible; la moyenne générale chez les enfants de trois à trente jours a été de 0?',79 par litre , soit O1', 22 par kilogramme d’enfant. Leur quantité totale rendue dans les vingt-quatre heures augmente jusqu’au trentième jour.

Je n’ai rien a vous dire de précis relativement aux phosphates. La quantité maxima d’acide phosphorique que l’iirine puisse contenir est de l®1 ,95 par litre, soit Orr,47 par kilogr. d’enfant. Du seizième au trentième jour, il en est éliminé une proportion plus considérable que du premier au quinzième.

(l)Wachenroder(a), Robin et Ver- M. Gautier (c) dit qu’il existe en deil (b), et Golding Bird, nient la quantité notable dans celle des enprésence de 1 acide urique dans l’u- fants à la mamelle, rine des nouveau-nés, tandis que

(a) Wachenroder, Beitrâge sur Zoocliemie. neues Jalirbuch der Chemie und Phar'tn t. VIII, p. 407 et t. IX, p. 7 et 67, 1833.

(b) Robin et Verdeil, Traité de chimie anatomique, t. II, 1853.

(c) A. Gautier, Traité de chimie appliquée à la physiologie, etc., t. II, 1874.

Acide urique.

Chlorures

Phosphates.

PHYSIOLOGIE

Les sulfates, la chaux, la magnésie et la potasse n’existent qu’à l’état de traces ; il n’y a jamais d’albumine ni de sucre (1).

Un nouveau-né, dont l’urine se présente dans les conditions qui viennent d’être indiquées, peut être considéré comme bien portant ; mais si l’une d’elles est modifiée, dans des limites plus étendues que celles que je vous ai fait connaître, il faut songer à un vice de l’alimentation ou à un état morbide.

Dans le premier cas, il y aura une diminution de la quantité, une coloration jaune pâle, une réaction faiblement acide et l’absence des chlorures ou l’abaissement de leur chiffre normal. Quant à l’état pathologique, il s’accusera par l’augmentation de l’urée, la présence d’un sédiment organique ou cristallin, l’opalescence, l’excès des chlorures ou des phosphates, la réduction de la liqueur de Barreswill, etc.

(I) MM. A. Martin et G. Ruge (a) ont récemment étudié les urines des nouveau-nés à l’état physiologique.

Voici les principales conclusions de leur travail.

Le plus souvent, les nouveau-nés n’urinent que douze heures après leur naissance. Les moyennes de l’urine rendue sont, les deux premiers jours, de 12 cc.; le troisième, de 26 cc., et le dixième, de 66 cc. — L’urine, très-claire à la première miction, est ensuite très-foncée. Sa coloration est dans un rapport direct avec la quantité d’urée qu’elle contient, et dans un rapport indirect avec son abondance. Au début, les urates se déposent très-rapidement par refroidissement; mais à partir du cinquième jour il ne se produit plus de sédiments urinaires. — L’urine des nouveau-nés est généralement

acide. Sa densité moyenne est de 1006. La moyenne des matières solides contenues dans 100 grammes est de 0,93, c’est-à-dire moins du quart de ce que l’on trouve chez l’adulte. Il y a 0,088 de chlorure de sodium. On trouve toujours, comme l’avait dit Virchow, au moins dans l’urine de l’une des mictions, de l’albumine. Sa quantité augmente jusqu’au troisième jour et l’on n’en trouve plus à partir du huitième.

Dans vingt-quatre heures le nouveauné n’excrète que 03r, 1923 d’urée, tandis que l’adulte en excrète 35 gr.

Comme on le voit, ces résultats sont, sur des points très -importants, en contradiction avec ceux que je vous ai fait connaître. 11 est probable que tous les enfants étudiés par MM. A. Martin et C. Ruge n’étaient pas en parfaite santé.

(a) Martin et Ruge, Zeils. fur Geburtsh., B. I, n° 2, 1875, et Revue des sciences médicales, t. VIII, p. 256, 1876.

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