COUP D’ŒIL SUD L’ATHREPSIE
nière exclusive, je vais d’abord vous la montrer dans son ensemble, vous eu présenter comme un schéma clinique, dans lequel se trouveron t groupés méthodiquement les divers symptômes constitutifs. Il est vrai que rarement ils se présenteront aussi nombreux chez le même sujet, mais cela importe peu ; ce que vous devez connaître, c’est leur ensemble, c’est l’ordre dans lequel ils se développent ; et ce mode de succession, vous le trouverez dans l’exposé qui va suivre.
Je considère dans l’évolution de l’Athrepsie trois périodes, durant chacune desquelles le mal présente, tant au point de vue de sa durée que de sa gravité, des différences considérables.
Dans la première, le fait initial est une modification des garde-robes, qui, plus répétées et plus molles qu’à l’état normal, cessent d’être jaunes et homogènes, pour présenter des grumeaux blancs, et des stries verdâtres.
En même temps, la quantité des urines diminue et leur couleur se fonce.
La soif est plus vive , et, par ses cris, l’enfant demande plus souvent à la satisfaire ; mais il est vite rassasié, et malgré la fréquence des tetées, la quantité de lait qu’il boit est inférieure à la dose normale.
Il est rare que le pouls s’accélère et que la température s’élève ; toutefois cela peut avoir lieu, mais la modification est si peu considérable, qu’il est malaisé de la constater.
L’enfant est grognon, inquiet ; il s’agite et dort moins bien ; il commence à souffrir.
Jusqu ici le mal est léger; bien souvent même il passe
Première période.
Seconde
riode.
56 SYMPTOMATOLOGIE.
p<s- inaperçu, et s’il s’arrête, la santé à peine atteinte ne tarde pas à se rétablir. Mais s’il continue sa marche, on le voit entrer dans une nouvelle phase, caractérisée par une aggravation de tous les accidents.
Les selles se multiplient, sont très-aqueuses, d’une odeur souvent très-forte et repoussante; on y trouve beaucoup de grumeaux d’un lait à peine attaqué par la digestion, et de la bile, qui parfois constitue avec du mucus presque toute la garde-robe.
Il survient des régurgitations laiteuses, qui répandent une odeur acide, butyreuse, et ne tardent pas à être suivies de vomissements.
La muqueuse buccale rougit, tend à se sécher et l’on voit apparaître, à la surface de la langue, du muguet sous la forme d’un petit semis blanc, qui bientôt couvre les autres régions de la bouche, et y forme de larges plaques blanches.
Il n’est pas rare de constater des ulcérations sur divers points de la bouche, notamment sur le frein de la langue, sur celui de la lèvre inférieure, et en arrière, sur la voûte palatine.
L’appétit est notablement diminué et il semble que l’enfant soit comme fatigué du sein. Il le prend mollement et le quitte après y avoir pris seulement quelques gorgées de lait.
Presque toujours, alors, la peau des fesses, des cuisses, des bourses ou des grandes lèvres est couverte d'une éruption érythémateuse.
Chez la plupart des malades, la température, d’une instabilité tout à fait particulière, subit des variations qui peuvent dépasser 2 degrés ; chez d’autres, elle prend assez vite une marche régulièrement décroissante.