COUP D’ŒIL SUR L’ATHREPSTE
Le pouls suit en général, et dans le même sens, les modifications thermiques.
Des cris aigus, subits ou continus avec redoublements, témoignent d’une souffrance exacerbante. Ils précèdent l’émission des garde-robes, et cessent momentanément quand elles ont eu lieu.
Un amaigrissement général et considérable ne tarde pas à se produire. La face est amoindrie, et le pourtour des yeux, sensiblement déprimé, a pris une teinte bleuâtre. Les membres ont diminué de volume ; les chairs ne résistent plus à la main qui les presse ; elles sont molles et le tégument est comme flétri. Le corps tout entier est flasque; l’enfant n’a plus de ressort, il se laisse aller, et l’on sent bien que ses forces sont notablement amoindries.
Gomme vous le voyez, le mal est déjà très-avancé et bien menaçant ; pourtant, il n’est pas encore irrémédiable. Mais un pas de plus, et l’Athrepsie confirmée est entrée dans sa dernière phase.
Cette troisième époque est caractérisée par un trouble si profond de la nutrition et par des lésions viscérales si considérables, que le retour à la santé est désormais impossible.
A ce moment, tout, dans l’état de l’enfant, prend un aspect sinistre qui frappe l’œil le moins exercé, et ne peut laisser aucun doute sur sa fin prochaine. Les symptômes précédemment indiqués s’accentuent notablement et d’autres viennent s’y ajouter, qui donnent au mal une physionomie nouvelle.
Plus d’appétit. Si, par une sorte de mouvement instinctif, l’enfant saisit encore le sein , ses lèvres y restent fixées à
Troisième période.
SYMPTOMATOLOGIE.
peine durant quelques secondes ; il s’en retire bientôt en jetant un cri, qui marque le désespoir où il est de n’y pouvoir rien prendre. S’il accepte encore le biberon, ce n’est que pendant un temps très-court ; il ne tarde pas à le refuser et, incapable de tout effort, il ne boit plus qu a la cuiller. Repoussant le lait, il finit par ne prendre que quelques gouttes d’eau sucrée. En dernier lieu, on ne peut rien introduire dans sa bouche, aride, rouge et tapissée de muguet ; et pourtant, on la voit s’ouvrir largement, comme si elle demandait, comme si elle cherchait à saisir quelque chose.
Les évacuations alvines, d’ordinaire multipliées et d’une fétidité extrême, peuvent au contraire diminuer et même parfois reprendre un aspect à peu près normal.
La suppression des urines est habituelle. Quand elles s’écoulent encore, c’est en proportion très-minime et l’on y constate la présence de l’albumine.
Les vomissements signalés dans la seconde période deviennent plus fréquents ; ils semblent avoir lieu sans grands efforts, et les matières s’échappent des narines en même temps que de la bouche. Tantôt c’est du lait en grumeaux, exhalant l’odeur nauséeuse du beurre altéré ; d’autres fois, on y trouve du mucus teinté par une matière brunâtre.
Les respirations sont profondes et pénibles. Tous les muscles qui servent à la dilatation du thorax sont mis en action et le sternum s’enfonce profondément vers la colonne vertébrale. Il semble qu’il existe un obstacle insurmontable à la pénétration de l’air; et pourtant, si l'on pratique l'auscultation, on trouve que le murmure respiratoire n’a rien perdu de sa pureté et de son ampleur. L'haleine est froide. La température du corps s’est notablement abaissée; pour s’en convaincre, il suffit de toucher la peau, surtout aux