FŒTUS ET NOUVEAU-NÉ
Cette limite posée, qui détermine nettement les enfants dont nous aurons à étudier les maladies, je vais d abord chercher à vous les faire connaître à l’état normal, vous disant oe qu’ils étaient hier, ce qu’ils seront demain; et vous initiant ainsi, autant que je le pourrai, aux transformations que subissent, pour ainsi dire à chaque instant, ces êtres dont la modalité organique et fonctionnelle a pour caractère dominant l’instabilité.
Le fœtus est attaché à sa mère; il vit de sa substance, recevant d’elle son liquide nourricier et le lui rendant après l’avoir épuisé pour sa nutrition. — La naissance le jette brusquement dans le monde extérieur, transformant les conditions de son existence, changeant le jeu de ses organes et faisant éclore de nouvelles fonctions. — Désormais il va respirer et digérer, ses sens vont entrer en action et son appareil circulatoire, profondément modifié, va donner au cours du sang sa direction définitive.
Durant la vie intra-utérine, quand la seconde circulation fœtale est établie, c’est dans le placenta que se* fait l’hématose. C’est dans l’intimité de cet organe transitoire que le
est mort-né ou s’il succombe au bout de quelques jours, deux signes d’une grande valeur ne permettent pas de douter qu’il soit venu à terme : ce sont, d’une part, la présence du point d’ossification de l’extrémité inférieure du fémur, qui présente une largeur de 2 à 5mm ; et en second lieu l’existence dans le maxillaire inférieur de quatre alvéoles, nettement circonscrits par un cloisonnement complet.
La viabilité peut s’allier à un développement incomplet du fœtus; aussi l’époque à laquelle un enfant
est viable ne peut-elle être précisée d’une façon rigoureuse. La loi française déclare non viable tout fœtus âgé de moins de six mois ; mais cette limite n’a rien de fixe, et le plus souvent elle doit être étendue jusqu’au septième et parfois même jusqu’au voisinage du neuvième mois; de sorte qu’un enfant venu à terme peut n’être point viable, tandis que la viabilité est compatible avec une naissance anticipée de deux mcis. Je reviendi'ai du reste sur ce point à propos de la faiblesse congénitale.
Changements organiques et fonctionnels qui s’opèrent à la naissance.
ANATOMIE
Seconde circulation fœtale.
sang du produit s’artérialise par son contact avec celui de la mère. Il y arrive par des artères et en sort par une veine. Dans ce dernier trajet, après avoir franchi l’anneau ombilical, il suit deux voies pour atteindre le cœur droit. Unefaible portion traverse le foie, rencontrant le sinus de la veine porte; tandis que la masse principale, suivant le canal veineux d’Arantius, arrive directement dans la cave inférieure, déjà parcourue par le sang des extrémités inférieures. Il est versé dans l’oreillette droite, qui reçoit également par la cave supérieure, le sang de la tête et des membres supérieurs ; mais tandis que celui-ci s’engage directement dans le ventricule droit et de là dans le canal artériel (quelques gouttes seulement vont aux poumons), le premier, grâce à la disposition de la valvule d’Eustache qui le sépare du précédent, passe par le trou de Botal dans l’oreillette gauche ; et de celle-ci dans le ventricule correspondant, qui le pousse par l’aorte dans deux directions différentes. Le courant principal arrive à l’extrémité céphalique par les carotides ; l’autre parcourt l’aorte descendante, où il se mêle au sang du canal artériel, se rend aux parties inférieures, et par les artères ombilicales au placenta, d’où nous l’avons vu partir.
Après la naissance, le cordon, d’abord bleuâtre et turgide, ne tarde pas à se décolorer, à s’affaisser, et au bout de deux ou trois minutes les battements dont il était le siège ont cessé. Désormais les vaisseaux funiculaires rétractés ne recevront plus le sang placentaire; mais bientôt, par une sorte de compensation, la veine porte sera remplie par celui des organes digestifs.
Du côté du cœur s’accomplissent des changements non moins importants. L’aspiration thoracique détermine un courant considérable de l’artère pulmonaire vers les poumons, et le sang ne passe plus par le canal artériel, qui