CHUTE DU GQRDON OMBILICAL. T
■s’obstrue avec une rapidité telle que, si la vie a duré de vingt-quatre à quarante-huit heures, on n’y peut plus faire pénétrer un stylet de trousse. Un autre effet de l’expansion des poumons est d’appeler dans le ventricule droit le sang de l’oreillette, détourné du trou ovale, dont l’occlusion complète ne tarde pas à se produire par l’accroissement rapide de sa valvule.
Telles sont les modifications anatomiques que subit l’organisme de l’enfant aussitôt après la naissance et dans les jours qui la suivent . Elles ont lieu rapidement, mais aucune d’elles n’est instantanée. Pendant qu’elles s’accomplissent, chacun des organes en cause peut devenir le siège d’un travail morbide.
Ainsi le nouveau-né ne se débarrasse pas brusquement de ses caractères fœtaux; cela se fait peu à peu. Je vais vous faire connaître avec quelques détails ces changements.
Commençons par le travail qui s’opère au niveau de l’ombilic et qui accompagne la chute du cordon.
La structure de celui-ci vous est connue. Vous savez structure du qu une game formée par un prolongement de l ammos en- ifcai. veloppe deux artères et une veine, enchâssées dans ce que l’on appelle la gélatine de Wharton. Les artères naissent des hypogastriques, avec lesquelles elles se continuent à plein canal, se dirigeant en avant et en dedans, pour se placer sur les parties latérales de la vessie, gagner la paroi abdominale antéîieuie et pénétrer dans 1 ombilic. La veine, plus large que les ai tèies, naît du placenta par de nombreuses branches, parcourt la tige funiculaire dans toute son étendue, arrive a l’ombilic, et de là se dirige en haut et à droite pour aboutir à la veine porte et au canal veineux.
La gélatine de Wharton, interposée entre les vaisseaux, y
Clnilc du cordon ombilical.
N ANATOMIE
joue un rôle de protection. M. J. Renaut a récemment donné une bonne description de sa structure et de sa constitution histologique (1).
Ap rès la ligature et la section du cordon, la partie qui reste adhérente à l’enfant se flétrit, devient molle, prend une teinte bleuâtre. Puis elle brunit, se rétrécit, diminue de Ion-
(1) Autour des vaisseaux est une couche de fibres longitudinales blanches, plus opaques que le reste du tissu et se tordant en spirale, comme les canaux eux-mêmes. Ala périphérie, au contraire, la substance muqueuse étant beaucoup plus abondante , le tissu est plus mou. Comme elle est irrégulièrement répartie, il en résulte de petites masses globuleuses, translucides, qui donnent au cordon un aspect noueux. Cette substance est constituée par des fibres conjonctives, finement striées ou ondulées, anastomosées les unes avec les autres, et formant des alvéoles de dimensions variables, que remplit la substance muqueuse avec quelques cellules embryonnaires semblables aux leucocytes et qui sont traversés par des fibrilles très-grêles. Les fibres principales sont recouvertes de cellules plates constituées par une large plaque de protoplasma et par un noyau vésiculeux. Le revêtement ainsi formé par ces cellules est discontinu et les éléments cellulaires eux-mêmes sont peu adhérents aux fibres, le long desquelles on les voit glisser avant de devenir libres. Il résulte de cettedisposition, comme le fait observer M. J. Renaut, que le tissu aréolaire
du cordon, situé sous le revêtement fourni par l’amnios, rappelle d’une manière frappante la structure du tissu cellulaire lâche sous-cutané, dont cette couche pourrait être considérée comme le prolongement, suivant la remarque de M. Virchow.
La seule différence, consiste en ce fait, que les mailles du tissu muqueux de Wharton, sont très-régulièrement aréolaires , et qu’elles contiennent, au lieu de lymphe, de la mucine. — L’épithéliumde la surface libre du cordon, prolongement de celui qui recouvre l’amnios , est formé de deux couches. La plus superficielle est constituée par de largesplaques irrégulières à bords crénelés, avec noyau. La profonde est formée par des cellules pavimenteuses à noyau central, entouré quelquefois de nombreuses gouttes d’une matière réfringente, probablement muqueuse, qui sur certains points se réunissent pour former uu globe unique très-volumineux. Au-dessous d’elles, et les séparant du tissu muqueux proprement dit, est une troisième couche de cellules plates irrégulières, qui semble être l’analogue des couches profondes du corps muqueux de Malpighi (a).
(a) J. Renaut, Note sur le tissu muqueux du cordon ombilical [gélatine de Wharton] ( Arch . de pliys. norm. et patli., p. 1219, 1872).
CHUTE DU CORDON OMBILICAL, sueur, se contourne en vrille, se dessèche et finit par être réduite en une sorte de lamelle parcheminée, semi-transparente, à travers laquelle on aperçoit des lignes noires, formées par les vaisseaux ombilicaux.
Billard (a) pensait que la dessiccation du cordon, phénomène essentiellement physiologique, ne peut se faire que pendant la vie; qu’elle cesse dès que celle-ci s’éteint; et que sur le cadavre, au lieu de se dessécher et de tomber au bout de quelques jours, comme cela s’observe sur l’être vivant, il subit une inévitable décomposition.
Contrairement à cette manière de voir, Lorain (b) a démontré expérimentalement qu’il s’agit là d’un fait purement physique et nullement d’ordre vital , dépendant des conditions thermiques et hygrométriques où l’enfant se trouve placé, qu’il soit vivant ou mort. M. Tardieu ( c ) professe la même opinion.
La partie desséchée du cordon est éliminée à la suite d’un travail inflammatoire, qu’elle provoque, comme le ferait un corps étranger. La peau rougit au niveau de son insertion abdominale et il se forme autour d’elle un sillon qui est le siège d’un suintement séro-purulent. Isolée de la sorte, elle finit par tomber, laissant à sa place une petite plaie qui se cicatrise habituellement en huit ou dix jours.
Cette chute n’a pas lieu toujours à la même époque. Elle est d’autant plus rapide que l’enfant est plus robuste. Chaque jour on peut vérifier l’exactitude de ce fait, signalé par Billard. Le plus souvent elle a lieu du quatrième
(a) Billard, Traité des maladies des enfants nouveau-nés et à la mamelle n 20
2e édit., Paris, 1833. '
(b) Lorain, De la fièvre puerpérale chen la femme, le fœtus et le nouveau-né. (Theses de Paris, 1855.)
(c) Loc. cit.
ANATOMIE
Rétraction
vaisseaux
hilicaux.
au cinquième jour; quelquefois le troisième ou le sixième, rarement le second. Elle n’est retardée jusqu’au dixième, que chez des sujets chétifs, atteints de faiblesse congénitale, malades ou nés avant terme.
L’élimination du cordon est une conséquence de sa constitution ; il ne renferme pas de vaisseaux dans son tissu, ceux du derme cutané s’arrêtant à sa base où ils forment un cercle très-net. Dès qu’il a cessé d’être baigné par le liquide amniotique et d’être parcouru par le sang des artères et de la veine ombilicale, il ne peut plus se nourrir et meurt. Seule, la portion qui se trouve unie aux tissus vasculaires continue à vivre; l’autre se mortifie et se détache de la première, au point même où cesse la vascularisation (a).
des A ces phénomènes extérieurs d’autres succèdent, qui
om- . 1
en sont la conséquence et qui s’accomplissent dans l’intérieur de la cavité abdominale; en voici un aperçu d’après Lorain (b) etM. Ch. Robin (c) .
La séparation des divers éléments funiculaires n’est pas simultanée. Les artères se divisent les premières, du troisième au cinquième jour; ce n’est que consécutivement que se détachent d’abord la veine, puis l’enveloppe périphérique.
Cela fait, les vaisseaux dont la portion intra-abdominale continue de vivre ne restent pas en place. En vertu de leur élasticité propre, ils se rétractent dans le sens de leur longueur. Cette rétraction commence pour les artères plus têt
(a) Voir, à ce sujet, Théas, De quelques considérations sur le cordon ombilical (Thèses de Paris, 1861). — Bouchaud, De la mort par inanition et études expérimentales sur la nutrition chez le nouveau-né (Thèses de Paris, 1861).
(b) Thèse citée.
(c) Ch. Robin, Mémoire sur’la rétraction, la cicatrisation et T inflammation des vaisseaux ombilicaux et sur le système ligamenteux qui leur succède. — (Mémoires de l'Académie de médecine, t. XXIV, p. 361. 1860.)
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