RÉTRACTION DES VAISSEAUX OMBILICAUX
que pour les veines, et parfois avant la chute totale du cordon. Elle est complète à la fin de la première année, et chez quelques sujets les artères ont atteint le sommet de la vessie au bout du deuxième mois. Le même travail s’accomplit dans la veine, de quatre à huit jours plus tard. La distance à laquelle l’extrémité des vaisseaux se trouve de l’ombilic n’est pas la même à tous les âges, non plus que chez tous les sujets. Elle peut varier de 5 à 14 centimètres pour les artères, et de 3 à 10 centimètres pour la veine. La rétraction porte sur les tuniques interne et moyenne, l’adventice restant adhérente à l’ombilic. En même temps s’opère une véritable contraction, qui réduit notablement le calibre vasculaire; puis l’extrémité des artères se cicatrise, delà cinquième à la huitième semaine; celle de la veine, du dixième au vingtième jour. À partir de ce moment, l’oblitération se fait par adhésion de la paroi interne : de haut en bas pour les artères, et de bas en haut pour la veine. Elle s’accompagne d’une atrophie de la tunique moyenne et d’une augmentation de volume de l’adventice; si bien que depuis le moment de la naissance jusqu’à l’âge adulte le calibre des artères reste à peu près le même.
Les différentes phases de ce travail ont pour résultat d’amener les artères ombilicales dans le bassin, sur les côtés de la vessie ; et la veine, dans le ligament faloàforme du foie, laissant a la place qu’elles occupaient, entre leur extrémité actuelle et l’ombilic, des cordons fibreux dus aux transformations de leur tunique adventice. •
La dépression ombilicale se produit par la rétraction des ligaments artériels, dont un faisceau s’insère au derme de la cicatrice cutanée et la maintient fixée de haut eu bas sous forme d’un cul-de-sac, qui a son fond au niveau de l’anneau fibreux. Il en résulte que l’ombilic cutané est
ANATOMIE
Valvule du trou deBotal.
Mode d’oblitération du trou de Botal.
situé un peu plus haut que l’anneau, et paraît d’autant plus enfoncé, que les tissus musculaire et adipeux dépassent davantage en avant le niveau de la ligne blanche.
Les modifications organiques les plus importantes que provoque la naissance sont celles du cœur et des gros vaisseaux, dans leur région cardiaque. Pendant la vie fœtale, les oreillettes communiquent largement par le trou de Botal, ouverture ovale ou arrondie dont est percée leur cloison. Chez le nouveau-né, cette communication disparaît rapidement. A sa place on voit, du côté- de l’oreillette droite, une dépression régulière ayant le contour de l’ancien orifice (c’est la fosse ovale) ; et dans l’oreillette gauche, une sorte de cicatrice, souvent couverte de trabécules saillantes.
La valvule qui doit servir à l’oblitération du trou de Botal commence à se montrer chez l’embryon humain dans le courant de la huitième semaine, en même temps que la cloison inter-auriculaire se développe sous forme d’un léger croissant, dans le prolongement de la cloison des ventricules. On la voit apparaître, en regard de la valvule d’Eustache, à l’embouchure de la veine cave inférieure, dont elle n’est en quelque sorte qu’une continuation. Elle s’accroît d’arrière en avant. Son bord antérieur, en forme d’arcade, s’insère par deux piliers, l’un supérieur, l’autre inférieur, sur la paroi de l’oreillette ; interceptant avec le bord opposé du trou deBotal uue ouverture ovalaire, qui se rétrécit graduellement et qui d’ordinaire <f disparu quelques jours après la naissance. Alors le diaphragme obturateur dépasse dans sa marche envahissante, le bord antérieur du trou ovale, et vient s’appliquer sur la paroi gauche de la cloison, qui de la sorte est double en ce point. Durant sa période d’accroissement, il est mince, lisse, transparent et de couleur rosée ; constitué par deux feuil-