OBLITÉRATION DU TROU DE BOTAL
iets de l’endocarde, que relient entre eux des fibres élastiques et du tissu conjonctif. On y distingue aussi des vaisseaux et de petites bandes musculaires, qui d’abord distribuées sans ordre apparent, ne tardent pas à se grouper, de manière à présenter deux dispositions principales. La plus fréquente rappelle un éventail qui, ayant son pied dans l’un des piliers, l’inférieur ordinairement, s’étale dans toutes les directions et jusqu’à la périphérie. Dans d’autres cas, de chaque pilier part un faisceau dont les fibres rayonnent d’avant en arrière, reliées entre elles par un certain nombre de trabécules anastomotiques.
Quelques années après la naissance, la valvule a pris une épaisseur qui diffère peu de celle de la paroi inter-auriculaire. A droite elle est en général rosée et lisse ; à gauche, elle est un peu jaunâtre, et sa surface est rugueuse, surtout à la périphérie, où se dessinent nettement des faisceaux musculaires qui s’insèrent sur la paroi de l’oreillette, laissant parfois entre eux un certain nombre d’anfractuosités, ce qui rappelle la cicatrice d’une brûlure.
Il est très-rare que le bord antérieur de la valvule compris entre les deux piliers adhère à la paroi de l’oreillette gauche sur laquelle il est venu s’appliquer. Habituellement on peut engager au-dessous de lui, un stylet qui, après un trajet de quelques millimètres, tantôt est arrêté dans un cul-de-sac, tantôt pénètre dans l’oreillette droite par un orifice caché sous le bourrelet qui circonscrit en arrière la fosse ovale. Cette dernière disposition est de beaucoup la plus fréquente; l’examen de deux cent treize cœurs, appartenant à des sujets de un jour à deux ans, fait par M. Da Costa Alvarenga (a), lui
fa) Da Costa Alvaranga, Études sur les perforations cardiaques et particulièrement sur les communications entre les cavités droite et qauche du cœur. Lisbonne 1868. (Gai.med. de Paris, p. 101, 1870.)
ANATOMIE
Persistance fréquente d’une communication entre les oreillettes au niveau de la fosse ovale.
a montré que l'occlusion n’existait que dans huit cas, c’està-dire quatre lois environ sur 1 00.
Cet observateur pense que dans les deux premiers mois l’orifice est constamment ouvert , et qu’il n’y a pas d’époque lixe pour son occlusion.
J’ai fait quelques recherches sur ce point d’anatomie, et voici ce qu’elles m’ont appris : chez soixante-deux sujets, âgés de moins de deux ans, l’oblitération du trou de Botal n’était complète que quatre fois, c’est-à-dire six à sept lois pour 100. Sur cinquante-deux individus des deux sexes, Agés de plus de dix-neuf ans, l’occlusion existait vingt-six fois, c’est-à-dire, dans la moitié des cas.
Mais de ce que l’orifice n’est par hermétiquement clos, quel que soit l’âge, il ne s’ensuit pas que dans le jeu régulier du cœur le sang passe d’une oreillette dans l’autre. Les parties sont tellement disposées, qu’au moment de la systole auriculaire le sang lui-mème applique l’une contre l’autre les deux parois du trajet et empêche ainsi toute communication.
Cependant lorsque, sous l’influence d’une des causes qui déterminent l’affaiblissement et le relâchement du cœur et l’accumulation du sang dans ses cavités, l’oreillette droite subit une distension considérable, le passage devient praticable au sang : c’est ce qui arrive dans les asystolies passagères ou tenaces. Dans ces cas, la fosse ovale avec son orifice joue véritablement le rôle d’une soupape de sûreté au profit de l’oreillette droite, plus exposée que la gauche aux surcharges brusques.
La seconde voie fœtale qui se ferme après la naissance est le canal artériel, connu de Galien et bien étudié par Fallope et Yésale.
Son oblitération, contrairement à l’opinion de Flourenset
de quelques autres auteurs, coïncide à, peu près avec celle du
trou de Botal. Billard (a) afait là-dessus les observations sui- Époque à ia-
' ’ quelle le canal
vantes : sur dix-neuf enfants morts le jour de leur naissance, «jjw s’°hliil était complètement fermé deux fois, et en voie d’occlusion quatre fois; chez les treize autres, il était libre et plein de sang. Ces conditions sont peu modifiées le deuxième et le troisième jour. Le cinquième, sur vingt-neuf cas, dix fois seulement, le canal était largement ouvert; son oblitération était très-avancée cinq fois, presque complète dans sept et absolue dans sept autres. Sur vingt enfants de huit jours, il était presque oblitéré chez six et complètement imperméable chez onze.
M. Brière (a), sur vingt et un enfants morts du dixième au vingtième jour, a trouvé le canal artériel complètement oblitéré quatorze fois, et seulement rétréci sept fois. Il a vu qu’après le vingtième jour la perméabilité est tout à fait exceptionnelle.
M. Alvarenga, sur cent trente autopsies d’enlants de un jour à douze ans, a trouvé le canal artériel plus ou moins perméable cent quatorze fois; mais il ne l’a jamais vu complètement fermé avant le trentième jour. Pour cet auteur, l’oblitération aurait habituellement lieu du second au cinquième mois, et elle se ferait en même temps que celle du trou ovale; cependant, quand l’une précède l’autre, c’est celle du canal artériel .
J’ai recherché de mon côté l’état du canal artériel chez cent quatre-vingt-sept enfants âgés de un mois à trois ans et au-dessus. Le tableau suivant permet d’embrasser d’un coup d’œil le résultat de ces observations :
(a) Loc. cil., p. 575.
t ï(^n;nUtZ’ Arl‘ClC C(lml artériel (Nouv- dicL deméd. et de cltir. pratiques.
ANATOMIE
Mode d’oblitération du canal artériel.
Age.