MUGUET DE L’INTESTIN
n’y séjournent et ne se fixent à la paroi. — Aussi, pour expliquer le développement du muguet gastrique, il faut, de toute nécessité, admettre 1 affaiblissement ou même 1 anéantissement de toutes ces causes préservatrices. Or, vous savez que c’est précisément ce qui a lieu chez nos petits atlirepsiés.
La plupart des auteurs dont j’ai déjà cité les travaux et Mug ceux-là mêmes qui n’ont pas vu le muguet dans l’estomac, disent en avoir rencontré dans l’intestin. Trousseau et M. Lélut sont les seuls qui n’aient jamais constaté celte localisation.
Valleix et Mi Seux donnent des observations de muguet intestinal, mais elles n’ont pu me convaincre ; et je leur adresse les mêmes reproches qu’aux laits de muguet gastrique publiés par ces auteurs.
Dans la première observation de Valleix, recueillie parLediberder, « on voyait çà et là, dans le tiers supérieur de l’intestin grêle, des points jaunes, ayant la plus grande analogie avec ceux qui existaient dans l’œsophage. »Dans la seconde, il est dit : « que les deux dernières plaques de Pcyer étaient couvertes d'une légère couche de matière blanchâtre, formée de grains, placés les uns à côté des autres, très-rapprochés, non entraînés par un filet d’eau, mais s’enlevant avec assez de facilité ; la substance de ces couches était tout à fait semblable à celle qui tapissait la cavité buccale. Les plaques au-dessous étaient violacées, mais n’avaient subi aucune autre altération. »
Les observations de M . Seux sont également au nombre de deux. Dans l’une, le parasite avait pour siège le duodénum. On y voyait, outre des plaques rouges, une foule de corps saillants, d’un gris jaune, ayant le volume de gros grains de semoule,
uel inte£tinal.
en tout semblables aux grains de muguet qui existaient sur la langue ; on avait beaucoup de peine à les détacher et, audessous, la muqueuse était intacte. Sur plusieurs points, on voyait entr’eux une couche grisâtre de muguet mobile. »
C’est le gros intestin qui était affecté chez le second malade : « Dans le cæcum, contre la valvule iléo-cæcale, existait une plaque de °2 centimètres carrés, formée par la réunion de petits grains saillants, jaunâtres, assez rapprochés les uns des autres. Tout le long du côlon descendant et du rectum, on remarquait aussi une foule de petits grains, semblables aux précédents et à ceux du muguet isolé qui existaient dans l’œsophage. Ils résistaient à l’action continue d’un filet d’eau, et on ne les enlevait qu’après un frottement assez prolongé. Au-dessous, la muqueuse n’était ni déchirée ni excoriée. »
M. Robin aurait vu du muguet dans l’intestin grêle (a).
J’avais d’abord mis en doute ces observations qui n’étaient pas appuyées sur l’examen microscopique (b). Ici, en effet bien plus encore que pour l’estomac, on est exposé à de nombreuses méprises ; car les circonstances abondent, dans lesquelles des saillies semblables à celles qui viennent d’être signalées apparaissent sur la muqueuse intestinale et notamment dans le duodénum, sur les plaques de Peyer et à la surface du gros intestin. Pour admettre l’existence du muguet intestinal, j’attendais le contrôle
du microscope. Sur deux malades, 1 occasion s est présentée à moi de faire cette vérification, fiiez ces deux sujets, le parasite avait pour siège le cæcum et faisait corps avec la muqueuse; dans l’un d’eux il était étalé en
(a) Loc. cil., p. 496.
1 1,) Dans mon mémoire sur le Muguet gastrique ,
eic., (Idc. Cil,, p. 591).
MUGUET DE