‹ Clinique des nouveau-nésChapitre 80 sur 127 · L’INTESTIN · texte numérisé non relu

L’INTESTIN

plaques d’une couleur marron; dans l’autre, il formait de petits mamelons (1).

De toutes les régions du tube intestinal, le cæcum parait donc être la plus favorable à son développement. C’est la

seule, en effet, où se trouvent les conditions d acidité nécessaires à sa végétation, et à ce point de vue, il mérite d’être rapproché de l’estomac.

Le muguet peut-il végéter sur l’anus? MM. Robin et Bouchut l’y auraient observé ; mais ils ne disent pas que la vérification ait été faite à l’aide du microscope.

J’ai très-fréquemment examiné cette région, chez les enfants dont la muqueuse buccale était couverte par la mucédinée, et j’y ai trouvé assez souvent une matière blanchâtre et pultacée qui ne s’enlevait que par le raclage. Son examen m’a fait voir qu’elle était constituée par de l’épithélium pa-

(1) L’une de ces observations, celle où le muguet cæcal formait des plaques, ayant été publiée (a), je ne crois pas devoir la reproduire ; voici l’autre.

Obs. XXX11. — Athrepsie; muguet du cæcum. — Victor M., né le 14 octobre 1873, est admis à l’infirmerie le 2 novembre.

Muguet buccal , cri de détresse, sécheresse des yeux, pâleur extrême de la peau, battements du cœurlrèsaffaiblis.

Temp. Réel. 29".

Pouls 40.

La mort a lieu le 3, à une heure du matin.

L’autopsie est faite le même joi/r.

Poids 2140 grammes.

11 y a du muguet sur la muqueuse de l’œsophage qui est très-rouge. La végétation consiste en un semis assez épais de petits mamelons ayant une teinte jaune qui rappelle celle de la bile.

La surface interne du cæcum est également très-injectée. On y voit, çà et là, assez éparpillées, de petites saillies analogues à celles de l’œsophage , mais moins proéminentes, résistant au raclage, et constituées par une accumulation de spores et de tubes articulés, caractéristiques de la mucédinée du muguet.

Prétendu muguet de l’anus.

(a) Voyez ma Noie sur un cas de muguet du gros intestin (Arcli. de vlius norm et path., 1870, p. 621).

Muguet dans les voies respiraloires.

vimentcux en couches stratifiées et dont quelques cellules, vues de champ, présentaient une certaine analogie avec les filaments du muguet.

Comment se comporte le parasite vis-à-vis des voies respiratoires? Sur cette localisation, comme sur les précédentes, les avis sont partagés. Yalleix, Trousseau, MM.Seux, Barrier et Empis (I) la nient formellement. M. Lélut, qui presque toujours a vu si juste, ne l’a notée, comme j’ai eu déjà l’occasion de vous le dire, que sur les bords de la glotte.

M. Guider, après avoir fait remarquer que généralement l’on a nié la présence du muguet dans les organes de la respiration, ajoute qu’il la considère comme possible a priori, et qu’il en possède deux exemples hors de toute contestation. Voici ces faits en abrégé :

A. — Une femme atteinte d’érysipèle rend, dans un effort de toux, une production blanche, en plaque contournée et connue moulée sur un organe cylindrique, molle, légèrement élastique et analogue à une fausse membrane, laquelle n’était autre chose qu’une agglomération des filaments de l 'oïdium albicans. La forme et la dimension de cette production, l’existence antérieure d’une aphonie complète, qui diminue à partir du moment où cette sorte de pseudo-fausse membrane fut rejetée, tout concourait à montrer que le muguet, dans ce cas, provenait réellement des voies respiratoires.

(1) « Le muguet affecte spécialement la muqueuse buccale, dit M. Empis (a), cl il ne s’étend jamais au larynx

ni à la trachée. Il n’y a pas encore d’exemple de muguet se propageant au conduit respiratoire. »

(a) Empis, Etude sur la diplitliérite (Ardue, gèn. demèd., 1850, I. XXII, p. 282 1.

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