‹ Clinique des nouveau-nésChapitre 83 sur 127 · MUGUET PULMONAIRE · texte numérisé non relu

MUGUET PULMONAIRE

La quantité considérable de ses éléments, la longueur et les ramifications nombreuses des tubes, l’absence de dilatations bronchiques et de vacuoles dans le voisinage, ne permettent pas d’admettre que le végétal ait été transporté peu à peu, et en quelque sorte brin à brin, dans un groupe d’alvéoles; tout doit faire admettre, au contraire, que quelques semences ayant été entraînées par l’air dans un infundibulum, y ont végété de manière à former le noyau compact trouvé dans le sommet du poumon droit. Il s’agit donc bien là d’un cas de muguet pulmonaire proprement dit (1).

(1) Dans! le fait suivant, au contraire, il est très-probable que les •éléments de la mucédinée ont été transportés pendant les mouvements inspiratoires dans les alvéoles.

Obs. XXXIV. — Encéphalopathie athrepsique. — Pneumonie, muguet gastrique, muguet dans les alvéoles du poumon; stéatose rénale.

Henriette B., née le 5 octobre 1870, est apportée à l’infirmerie le 19.

Pas de cris, pas de mouvements, anémie complète ; la peau est trèspâle; convulsions oculaires; muguet buccal .

La mort a lieu le “20, à neuf heures du matin.

L’autopsie est faite le “21.

Poids 2078 gr.

Dans les hémisphères cérébraux, on trouve quelques noyaux de stéatose.

Le poumon gauche, rouge-vio-* lacé dans ses parties déclives, souple et aéré, présente, en arrière, surtout entre les deux lobes, et dans la région qui correspond à la gout-

tière thoracique, des saillies irrégulières d’un gris verdâtre. On en voit quelques-unes à la base. Il n’existe rien de semblable dans la profondeur du viscère. Sur quelques points du poumon droit on trouve une lésion qui a une certaine analogie avec la précédente ; mais les parties jaunâtres, au lieu d’être entourées d’un parenchyme emphysémateux, en sont chassées dans un tissu induré semblable à celui de la pneumonie.

La coloration jaunâtre des parties malades est due à une matière puriforme dont la constitution n’est, pas la môme des deux côtés. A gauche, on y trouve de la graisse en grande quantité, des leucocytes, des débris d’épithélium, des tubes de muguet et d’autres filaments, beaucoup plus ténus, sans cavité appréciable, ressemblant à de la fibrine; mais résistant à l’action de l’acide acétique.— Dans la matière du poumon droit, on voit seulement de la graisse et des leucocytes.

Il y a du muguet dans l’œsophage.

Sur la face postérieure de l’estomac, dont la muqueuse est grisâtre

Rapports René- Après vous avoir fait connaître les organes nue peut

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ïissusnvcsoil.s- atteindre le muguet, dans le corps des enfants athrepsiés , et

J,lc,!"ts' les aspects si divers qu’il présente suivant ces différents sièges ;

je dois appeler tout particulièrement votre attention sur les | rapports qu’il affecte avec les tissus.

Grâce à l’éLudc de coupes d’ensemble, je vous ai montré ï. que sur la langue, dans l’œsophage, dans l’estomac et sur la glotte, le végétal commence par s’implanter sur l’épithélium, mais qu’il ne tarde pas à pénétrer dans le derme muqueux et même dans des parties plus profondes, telles que les I tuniques cellulo-vasculaires de l’œsophage et de l’estomac. I Ainsi, ce n’est pas seulement dans la couche superficielle i des organes, qu’il cherche les éléments de sa nutrition; il va les puiser jusque dans leur profondeur.

Je ne puis donc admettre, avec M. le professeur Gubler, j « que le muguet n’est pas un parasite de l’homme, parce j qu’au lieu de pénétrer dans l’épaisseur des membranes, il se I contente pour vivre, des produits de sécrétion. » J’affirme I au contraire, que le muguet est un parasite de l’homme, j aussi bien que le gui est un parasite de certains individus | du règne végétal. Je vous en ai donné des preuves, qui ne | peuvent laisser aucun doute dans votre esprit.

ou violacée, on voit un semis de petites tumeurs semblables à des grains de semoule, Ires-adhérents à la paroi et résistant au raclage ; sur quelques points elles sont très-rapprochéesles unes des autres, et donnent à la partie un aspect qui rappelle celui du

papier de verre. Il s’agit là de muguet gastrique, comme le prouve l’examen microscopique. Les reins sont congestionnés, fermes, rénitenls et les tubes de la substance corticale sont sténtosés à un haut degré.

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