‹ Clinique des plaies d'armes a feuChapitre 17 sur 65 · INFLUENCE DU CIEL D AFRIQUE SUR LA MARCHE DES PLAIES · texte numérisé non relu

INFLUENCE DU CIEL D AFRIQUE SUR LA MARCHE DES PLAIES

Sous le ciel de l'Afrique, la vie est toute en expansion ; la chaleur assouplit les tissus, y appelle les fluides réparateurs, favorise l'exhalation de ceux qui doivent former la cicatrice , et rend la guérison beaucoup plus prompte que dans les régions plus tempérées. En Egypte une remarque

SUR LES PLAIES d'aRMES A FEU. 61

analogue a été faite par M. Larrey. Témoin des heureux résultats qu'il a obtenus en ne levant le premier appareil que le plus tard possible, nous avons suivi la même conduite , et nous avons eu à nous en féliciter, d'autant plus que, ne trouvant aucunes ressources au milieu des barbares, il fallait être économe des provisions d'ambulance dont nous nous étions munis au départ.

Cette méthode, ajoute M. Larrey, a pour principaux avantages:

i° D'éviter la fréquence du contact de l'air sur les plaies;

2° De diminuer beaucoup l'abondance de la suppuration dont les effets sont si souvent funestes ;

3° De maintenir la coaptation ;

4° De faciliter et de multiplier les soins auprès des autres blessés , si le nombre en devient trop considérable, comme le cas se présente toujours à l'armée;

5° De permettre aux blessés le transport d'un lieu à un autre , même fort éloigné, sans nécessiter aucun pansement pendant l'intervalle ; et des faits nombreux pourraient démontrer cet avantage , que ne sauraient infirmer des théories fondées sur la résorption du pus, ou sur d'autres accidents quelquefois exagérés ;

6° La grande et heureuse influence qu'exercent

les pansements rares sur la terminaison des blessures et des plaies résultant des amputations.

Voici ce que l'expérience m'a démontré à ce sujet :

Toutes les fois qu'une plaie récente est exempte de complication, par exemple de la présence de tout corps étranger, les pansements rares offrent des avantages incontestables; mais quand la blessure suppure abondamment, que le malade est très affaibli , qu'il y a à redouter les influences fâcheuses de la résorption , résorption qui est nulle, ou dont les effets sont presque nuls chez les sujets qui ont en eux une grande force de réaction éliminatoire soutenue par une constitution physique non détériorée, dans ces circonstances, dis-je, il importe de renouveler fréquemment les pansements, jusqu'à ce que le pus soit redevenu moins abondant, plus épais, bien lié, homogène, pus louable des anciens, sous peine de voir survenir ces quintes de toux incessantes avec crachats purulents, et ces diarrhées colliquatives si souvent mortelles. Or, la rapidité de la marche de ces accidents sera en raison directe de l'épuisement du sujet, parce que la résorption sera par cela même d'autant plus avide de puiser partout des fluides réparateurs, même délétères.

Page 1