TRAITEMENT DE LERYSIPELE PAR LE FEU
IIe OBSERVATION.
Piaie conluse à la jambe droite 5 suite d'ao coup de feu. — Ërysipèle traité sans succès par des saignées locales, et guéri rapidement par la cautérisation.
P..., fusilier au 4e régiment de ligne , âgé de vingt - quatre ans , d'une forte constitution et jouissant jusque là d'une bonne santé, reçut à Bougie une balle qui glissa sur la face interne et moyenne du tibia , où elle détermina une plaie contuse. Tout alla bien pendant dix jours, après lesquels ce militaire fut évacué sur Alger. Pendant la traversée , le fond de la plaie devint grisâtre , ses' bords se renversèrent , le pus se tarit , et un érysipèle apparut. On mit 1^ malade à la diète et cinquante sangsues furent appliquées sur la jambe.
Le lendemain , quand je vis ce blessé , l'érysipèle avait envahi presque tout le membre abdominal; il y avait fièvre, soif, douleurs épigastriques, céphalalgie; il était évident que l'inflammation cutanée avait réveillé les sympathies gastro-céphalites , et que l'estomac et le cerveau réagissaient à leur tour sur le foyer de l'irritation.
Il fallait apporter un remède prompt et énergique. Je fis choix de la cautérisation afin de faire cesser à l'instant l'érysipèle , et de couper ainsi
le mal dans ses racines. Deux cautères à cône tronqué, chauffés à blanc, furent portés très rapidement sur toute la surface érysipélateuse dont les limites furent cautérisées avec un peu plus de force.
La rougeur disparut instantanément, et fit place à une couleur d'un blanc jaunâtre; l'épidémie seul avait été atteint par le feu , et le malade, que cet appareil de supplice avait vivement ému , se mit à rire de ses craintes exagérées , car il avait en réalité peu souffert. La plaie fut pansée simplement, et tout le membre fut, pendant deux jours , imbibé d'eau froide avec addition d'extrait de saturne; trente sangsues furent mises sur le creux épigastrique et dix à chaque apophyse mastoïde.
Une détente générale suivit cette médication ; le pouls devint large et souple , la peau moite, la langue humide , et les maux de tête disparurent. Du côté du membre, la desquamation de l'épiderme se fit sans offrir rien de particulier; plus d'érysipèle , la plaie se détergea et guérit comme les plaies contuses ordinaires.
IIIe OBSERVATION.
Érysipèle œdémateux de la jambe gauche traité sans succès par la compression , et guéri par le cautère actuel.