RÉSECTION DE LA TETE DE LHUMERUS
hérente, longue de cinq pouces, provenant d'un débridement préventif qui a été fait immédiatement après la blessure. Une sonde droite ordinaire introduite dans la plaie parcourut le trajet qui , parsemé d'esquilles, était long de dix pouces environ.
Cette exploration me fit reconnaître une fracture de la tête de l'humérus et d'une portion du scapulum , dont il me fut impossible de bien préciser le siège.
Pendant quelque temps, le moignon de l'épaule fut recouvert par d'amples cataplasmes, et la diarrhée, combattue par les moyens ordinaires, . sauf les émissions sanguines , de peur d'ajouter encore à l'épuisement du sujet , ne fut apaisée que momentanément, d'où je conjecturai qu'elle était entretenue par une réaction sympathique de la blessure jsur le tube intestinal, sinon par un commencement de résorption purulente, ou par des ulcérations. Le 14 mai, déjections alvines plus fréquentes; peau sèche, pouls déprimé et vif; pus abondant et de mauvaise nature ; une phlyctène apparaît sur la plaie de sortie du projectile. Ces accidents ne permettant plus de temporiser , je résolus d'opérer le jour même.
Les avis se trouvèrent partagés; les uns proposèrent l'amputation scapulo-humérale , d'autres la résection simple de la tête de l'humérus. Je
n'hésitai pas à me prononcer en faveur de la résection de l'extrémité supérieure de cet os et de toutes les parties lésées du scapulum. Cette opinion se trouva être aussi celle.de M. le baron Larrey, dont la consultation écrite m'arriva quelques jours après que l'opération avait été pratiquée.
L'existence d'une fracture de la tête de l'humérus et l'hypothèse d'une lésion des apophyses coracoïde et acromiale du scapulum devant servir de base au procédé opératoire , voici celui dont je fis choix.
Le patient fut assis sur une chaise ; les parties molles de l'épaule étant bien tendues par les mains d'un aide, je lis, depuis l'acromion jusqu'à cinq à six pouces au-dessous , une incision sur la ligne médiane en divisant jusqu'à l'os toute la masse du muscle deltoïde. Je trouvai la tète de l'humérus réduite en esquilles , les unes libres et nécrosées,les autres adhérentes aux tissusvoisins, qui étaient indurés et difficiles à couper.
Pendant l'opération même , j'ai fait observer comment ces indurations auraient rendu impossible la formation d'un lambeau supérieur fait d'un seul temps, selon le conseil de Dupuytren , et on a pu se convaincre que les trois temps proposés par Lafaye ne sauraient être rejetés d'une manière absolue.