LAIT
Quel que soit l’instrument employé, l’allaitement artificiel, plus encore que l’allaitement maternel, doit être réglementé. Nous voulons dire, parce mot, qu’il estabsolument nécessaire de donner à chaque tétée des quantités de lait en rapport avec l’râge et l’état de santé de l’enfant. Les repas seront donnés à intervalles réguliers. En effet, il faut savoir que les mères et les nourrices pèchent, en général, par excès; or, nous avons vu, en plusieurs articles de ce livre, tous les inconvénients de cette suralimentation (vomissements, diarrhée, dyspepsies, dilatation de l’estomac, etc.).
Le lait employé dans tout allaitement doit présenter certaines qualités. Ce lait doit être frais, pur, et posséder une richesse moyenne (c’est-à-dire ni trop riche en matières extractives, ni trop riche en eau) ; or, tous les laits sont loin de présenter ces qualités requises.
Les conditions d’approvisionnement et de production ont, à ce sujet, une très grande importance, comme l’a fort bien montré Saint-Yves Ménard. Cela s’applique surtout aux grandes villes.
Ajoutons à cela les manipulations qu’on fait subir au lait (addition de matériaux destinés à le conserver), les fraudes, les additions d’eau, etc.
On comprendra, dès lors, combien il est difficile d’obtenir des laits répondant aux qualités que nous avons signalées.
Nous ne pouvons entrer dans tous ces détails, qui ont un grand intérêt, mais nous dirons que même le lait de bonne qualité peut être nuisible.
En effet, on sait aujourd’hui que le lait, au moment delà traite, peutcontenir des germes infectieux capables de transmettre des maladies graves. Sans doute, cette question est encore à l’étude; elle est même discutée. Quoi qu’il en soit, on a décelé dans le lait les microorganismes de la tuberculose; on a signalé des cas de
la.it
transmission par le lait de .ûèvre aphteuse, de penpneumonie de vaccine. Nous ne voulons pas ici prendie partie dans la discussion de tous ces points, que nous
nous sommes contenté de signaler.
Mais nous croyons devoir ajouter, au point de vue de l’hygiène et de la prophylaxie, que certains laits sont et ueuvent être nuisibles. ,
^ Ajoutons enfin que le lait peut être infecte secondairement : fermentation lactique, infection par le microbe de la fièvre typhoïde, qui semble relever de 1 eau qui a servi au coupage et au nettoyage des instruments; enfin, on a cité une épidémie de scarlatine, qui relève sans doute de la même cause.
Le principe de laits infectieux admis, et il semble indiscutable aujourd’hui, on a cherche a rendre le lait non nuisible, tout en lui conservant ses qualités nutri-
^Ta stérilisation du lait semble donc devoir être appliquée en dehors de toute question de qualité ,^ce dernier point a fait, depuis quelques années, de grands progiès, et il semble que le temps est proche où on pourra avoir des laits stérilisés présentant toutes les garanties voulues (innocuité, conservation prolongée, qualités intrinsèques, telles que digestibilité, etc.).
L question de la qualité nutritive de ce lait stérilisé a été très discutée, mais il semble (Drouet Gautrelet) qu’on a fort exagéré à ce sujet l’influence de la sterih-
somme, les laits stérilisés présentent, à peu de choses près, toutes les qualités du la^it normal cru, ou du moins ils en présentent les principales^
Ajoutons que, seuls, ils mettent a 1 abri de toute nfection, et nous conclurons en disant quils employés dans l’alimentation de 1 enfant, à 1 exclusion de tout autre lait.