‹ Clinique et thérapeutique infantiles (volume 2)Chapitre 41 sur 63 · RHUMATISME · texte numérisé non relu

RHUMATISME

rons ici seulement les abcès siégeant dans le tissu cellulaire rétropharyngien et à point de départ ganglionnaire (Gilette, Vbrneüil), et non les collections purulentes ostéopathiques.

Ces abcès ne sont pas absolument rares dans les premières années, et succèdent à des lésions inflammatoires de voisinage (nez, pharynx, bouche, et même cuir chevelu). Ces abcès s’observent fréquemment dans le cours et au déclin de certaines maladies telles que rougeole, scarlatine, variole. La tuberculose et surtout la scrofule y prédisposent.

Le pronostic en est grave lorsque le diagnostic n’est pas fait de bonne heure.

Traitement. — On obtient alors de bons résultats par l’ouverture de la collection. Il ne faut pas compter beaucoup sur les purgatifs et les vomitifs qui font souvent perdre un temps précieux.

Au début, on peut essayer d’arrêter l’inflammation par les lavages antiseptiques, les gargarismes, la glace. Quant à l’opération, elle est souvent délicate, et pour les détails nous renvoyons aux traités de chirurgie.

L’étiologie montre que ces abcès sont souvent des infections secondaires; on fera donc une bonne prophylaxie par une bonne hygiène générale et surtout en maintenant la bouche dans une propreté rigoureuse. Grâce à ces moyens et grâce à l’antisepsie préventive et opératoire, le pronostic de cette affection est bien moins sombre que jadis.

Rhinite. — (Voir Coryza, Nez.)

Rhumatisme. — Le rhumatisme est un peu moins fréquent chez l’enfant que chez l’adulte ; il est rare de l’observer au-dessous de 2 ans-, quoiqu’on en ait signalé ■

rhumatisme

des exemples dès les premiers jours de la vie (Wieder-

“pa^rmuTcirconstances étiologiques ^ quons l’hérédité, qui joue uu rôle manifeste, le froi Phumidité. Quant au rhumatisme scarlatineux, il ne doit pas être confondu avec le rhumatisme ordinaire. Fn ekt le rhumatisme scarlatineux n est qu une loca- Mon infectieuse secondaire due au streptocoque, au coiïs ou après une scarlatine. Dans le rhumatisme, les complications cardiaques sont très frequentes chez les enfants; elles assombrissent le pronostic de cette affecüon, car elles influent toujours sur l’évolution et la

™/„'eSÏLK£pte etPicol. I. plupart d» rétrécissements dits congénitaux relèvent d une ou plusieurs attaaues de rhumatisme pendant le jeune âge.

ïhutement. - Il est bien simplifie depuis qu on connaît les préparations salicylées et leur administration

‘"^AuÏÏ '"nouTdirons qu’on doit commencer le traitement de tout rhumatisme articulaire aigu par 1 administration du salicylate de soude. Les doses varieront avec l’âge, entre 60 centigrammes et 5 S^mes et 7om nensôns, avec d’Espine et Picot etCadet de Gassicourt^ qu’il est inutile et même imprudent d emp oyer les doses massives préconisâmes par ^’^chambault qui allait iusqu’à 6, 8 et même 10 grammes. Le salicylate d’autant plus vite que son administration se rapnroche du début de l’affection. Le salicylate de quinine Légalement une excellente Pf"“Lnt -ranL services chez les enfants, lorsqu ils ne toleient nas le salicylate de soude. L’administration du salicylate La prolongée jusqu’il la disparition des phénomènes douloureux et de la fièvre; il est inutile croyons-nous,

de le continuer au delà, même a doses faibles.

EHUMATISME

Ajoutons qu’on aurait obtenu de bons résultats avec le nitrate de potasse (Gbhrardt), la vératrine (Bouchot, Jacobi), la teinture de colchique (H. Roger).

Traitement local. —Immobiliser les articulations, les entourer d’ouate et de taffetas gommé ; essayer de calmer encore les douleurs parles liniments calmants, huile de camomille camphrée, huile chloroformée laudanisée. L’antipyrine peut rendre des services dans ce cas.

Pour les complications, surveiller étroitement le cœur, le péricarde; il faut alors donner, mais avec prudence, un peu de digitale, qui est un bon diurétique. Penser aux localisations pleurales. Les affusions froides seront utiles dans les cas d’hyperthermie exagérée, et à accidents cérébraux.

Pendant la phase aiguë, l’alimentation sera peu abondante ; le lait, les bouillons, les thés de viande, les préparations alcooliques, les tisanes diurétiques seront employés de préférence. Une bonne préparation est la tisane de feuilles de cassis, sucrée avec le sirop de reine des prés (GoÜel).

Onctions sur les articulations douloureuses avec ;

:?£ Lanoline.. . . 80 grammes.

Huile de jusquiame. 30 —

Acide salicylique.: S —

Chloroforme . . 4

Convalescence. — L’enfant sera l’objet de soins particuliers. On lui donnera une bonne alimentation, des ferrugineux, des alcalins, et comme médicament, l’iodure de potassium répété à petites doses pendant assez, longtemps. Éviter avec soin les refroidissements; habiller l’enfant chaudement (flanelles). Enfin, on ordonnera des bains tièdes, des frictions, des massages, un séjour à la campagne ; ces soins seront utiles s’il y a tendance à la forme chronique.

Cette forme d’ailleurs rare (Pelissib, Diomont, Berger)

rougeole

se manifeste souvent par des déformations des petites articulations (rhumatisme noueux) ; elle sera t^itee par les badigeonnages iodés, le salicylate de soude et surtout par l’iodure de potassium, les bains, les massages, raeclricité et un séjonr dans une état,on thermale (Bourbonne, Bourbon-l’Archambault, Aix).

Roséole ou Rubéole épidémique. - Cette

maladie, dont l’existence a été longtemps discutée, semble Admise aujourd’hui. C’est une petite fievre éruptive épidémique le plus souvent. Le rœthelun des Allemands n’est autre chose que la rubeole epidemique,

et elle est assez fréquente chez eux. ^

Le pronostic en est bénin. Il n’exige guere de tiaitement à instituer, à moins de complications. On ve’llera aux soins de propreté, à garantir l’enfant du les complications pulmonaires sont assez frequentes. Une diète légère, quelques bains et les quelques précautions hygiéniques que nous venons de signaler, suffisen le plus souvent.

Rougeole. — La rougeole est une des fièvres éruptives les plus communes dans l’enfance. Le pronostic en est ordinairement favorable, mais il faut savoir qu’elle a des complications nombreuses, fort variables Lueurs, avec les sujets et les épidémies. Ces complications sont toujours graves Disons enfin de un an la rougeole est toujours serieuse Elle fait tous les ans, dit Comby, près de deux mille victimes a

quelques considérations nous sont utiles pour la

^"'En'effeu'pour nous, la prophylaxie doit être rigoureuse dan; tous les cas. Nous ne pensons pas, comme d’Espine et Picot, qu’on puisse se demander s il peut être

ROUGEOLE

utile d’isoler les enfants un peu âgés, lorsqu’ils sont bien portants.

Comment doit-on pratiquer la prophylaxie? Par l’isolement immédiat et prolongé. Cet isolement, pour la rougeole, sera de vingt-cinq à trente jours et ne cessera qu’après avoir fait prendre à l’enfant un ou plusieurs bains savonneux et des lotions désinfectantes du cuir chevelu. On insistera de plus sur la désinfection des vêtements, etc., et des chambres.

Au point de vue prophylactique, nous avons à considérer quelques détails intéressants et discutés.

Pour Sevestre comme pour nous, la rougeole serait surtout contagieuse au début, pendant les périodes d’invasion et d’éruption ; pour Sevestre, elle cesserait après. Quant à nous, nous conseillons de prolonger l’isolement jusqu’à vingt-cinq jours. A ce propos, disons que la période d’incubation varie entre dix, douze et quinze jours; cette notion est intéressante pour le médecin appelé à se prononcer sur le sort des enfants qui ont été avec des rougeoleux.

La contagion serait médiate, et Sevestre pense que la contagion par une tierce personne, de salle à salle, est douteuse et toujours exceptionnelle.

Nous croyons cependant qu’elle peut exister, et nous avons, à ce sujet, des exemples concluants. Wasserführ, parlant de l’exclusion momentanée des écoles, des frères et sœurs des rougeoleux, la condamne, car il n’admet pas la contagion par des individus sains.

Quoi qu’il en soit, et connaissant la gravité des complications de cette fièvre éruptive et son pronostic sérieux chez les jeunes enfants (un, deux et même trois ans), nous pensons qu’on doit assurer par des moyens sévères une prophylaxie sûre et prolongée.

Ollivier, dans un rapport, arrive aux mêmes conclusions ; il faut, dit cet auteur, vulgariser l’idée de la

ROUGEOLE

contagion, de l’isolement et de la gravité de cette maladie chez les jeunes sujets; il faut surveiller les écoles et isoler les rougeoleux dans les hôpitaux.

Traitement. — 11 comprend : 1° le régime et les soins hygiéniques; 2“ la médication proprement dite; 3“ le traitement des complications.

Dans les cas légers et normaux, les soins hygiéniques et le régime suffisent, et l’intervention médicale n’est pas nécessaire. On insistera sur une bonne hygiène (aérationmodérée, chambre spacieuse, non encombrée). Il est également important de veiller, quel que soit le degré de la rougeole, à la propreté du corps, du linge et des objets de literie. Les lavages de la bouche et des yeux avec des solutions boriquées chaudes, seront très utiles pour combattre certaines infections secondaires.

Comme alimentation, on ne permettra que du lait, du bouilon, des thés de viande. Les limonades citriques, à l’acide lactique, limonade vineuse, etc., suffiront à calmer la soif. Enfin, on surveillera les poumons (atélectasie). Les toniques seront très utiles dans tous les cas (préparations alcooliques, vins généreux, extraits de quinquina, potion de Todd légère).

2« Médication proprement dite. — Elle sera destinée à combattre la plupart des symptômes qui peuvent apparaître d’intensité variable au cours de la rougeole. Les fluxions catarrhales vers les muqueuses sont de règle dans la rougeole, mais à des degrés variables.

La fièvre, par exemple, ne sera combattue que lorsqu’elle dépasse les limites normales et qu’elle donne lieu à des symptômes inquiétants. Pour cela, on aura recours aux boissons diaphorétiques, au sulfate de quinine, à l’antipyrine, aux lotions et aux bains tièdes. Les bains froids seront réservés, mais très utiles dans lestas hyper toxiques avec exagération de la température (Dieulafoy, Jdhel,»Kenoy).

ROUGEOLE

Les phénomènes nerveux seront combattus par l’antipyrine, la quinine et surtout les bains froids, lorsqu’ils résultent de l’byperthermie ; dans les autres cas, on ordonnera des antispasmodiques et antinervins (musc, chloral, bromures, la poudre de Dower, etc.)- L’adynamie sera prévenue par les potions cordiales dès le début, et, lorsqu’elle augmente d’intensité, par les stimulants (acétate d’ammoniaque, éther, caféine).

Les symptômes gastriques, la diarrhée, la constipation seront traités, s’il y a lieu.

La conjonctivite, la photophobie seront soignées par les lavages antiseptiques, les compresses humides, etc., et on laissera l’enfant dans une demi-obscurité.

Les symptômes pulmonaires (bronchites, congestions pulmonaires) donnent souvent lieu à des indications thérapeutiques. Les révulsions prudentes, les potions à la belladone, à l’aconit associé au kermès, etc., seront ordonnées; parfois, la dyspnée*ne se rapporte pas aux lésions pulmonaires et sera traitée par la poudre de Dower, les bromures.

Lorsque la rougeole est hémorrhagique, ou menace de le devenir, on insistera sur les toniques, l’alcool, l’extrait de quinquina et le perchlorure de fer.

3“ Traitement des complications. — Celles-ci sont très variées, et dans leur apparition, et dans leur nature. Nous signalerons une des plus graves, la broncho-pneumonie; Sevestre pense qu’une antisepsie rigoureuse de la bouche peut être très utile au point de vue prophylactique. Lorsqu’elle est déclarée, la soigner, par les moyens ordinaires (voir broncho-pneumonie).

4“ La convalescence sera étroitement serveillée; on évitera surtout les refroidissements.

Enfin, il faut soumettre l’enfant progressivement à une alimentation tonique et reconstituante, l’envoyer à la campagne pendant quelque temps. La bronchite, qui

ROUGEOLE

persiste quelquefois assez longtemps, sera combattue avec attention, dans la crainte d’une tuberculisation possible.

Potion à donner au début :

% Sirop de codéine.. 12 grammes.

Eau de laurier-cerise. 2 —

Julep gommeux. tOO —

Il Acétate d’ammoniaque.. 4 grammes.

Eau chloroformée. 60 —

Julep gommeux. 80 —

Par cuillerée à dessert d’heure en heure.

If, Antipyrine Caféine-

Cognac.

Sirop de tolu.

Eau distillée.

A donner touies les trois

2 grammes.

0gr,50

20 grammes.

quatre heures.

Scarlatine. — La scarlatine est moins fréquente que la rougeole; elle atteint les enfants comme les adultes; mais les nourrissons semblent présenter une immunité assez marquée pour cette maladie. La période d’incubation est très courte : un à quatre jours, et le plus souvent elle n’est que de deux à trois. Elle est plus courte chez les blessés et les opérés. Le pronostic de cette affection est variable, peu sérieux en général dans le jeune âge, parfois terriblement grave dans l’adolescence, certaines épidémies sont parfois fort malignes. Cette maladie est généralement plus grave en Angleterre qu’en France. Enfin l’hyperthermie, les phénomènes ataxoadynamiques, les infections secondaires, les néphrites font porter dans bien des cas un pronostic réservé. La scarlatine est toujours sérieuse chez les scrofuleux.

Comme pour la rougeole et les autres fièvres éruptives, le traitement comprend plusieurs points : 1“ mesures prophylactiques ; 2“ hygiène et traitement général; 3« médication.proprement dite; 4° complications et convalescence.

1“ Mesures prophylactiques. — La contagion est la seule cause de propagation de la scarlatine, quoiqu’on n’en connaisse pas encore le microbe pathogène. Lorsqu’un enfant est atteint de scarlatine, il doit être isolé aussitôt, et cet isolement doit être rigoureux et non

fictif (Ollivier) et durer une quarantaine d e j ours à partir du début de l’affection. Cet isolement ne prendra fin, en un mot, qu’après la disparition complète de toute desquamation. Dans tous les cas, avant de permettre à l’enfant de reprendre sa vie habituelle, on lui aura fait prendre plusieurs bains savonneux ; on devra également désinfecter ses effets, ses objets de literie et la chambre. Pour la scarlatine, plus que pour les autres fièvres éruptives, la désinfection doit être rigoureuse (désinfection à l’étuve, au sublimé, à l’acide phénique, etc.) à cause des squames épidermiques qui sont des éléments de contage très virulents. On sait aujourd’hui que le degré de virulence persiste très longtemps dans ces squames.

2“ Hygiène et traitement général. — Nous attachons une grande importance à cette partie de la thérapeutique.

Lorsque la scarlatine est normale, les moyens hygiéniques suffisent le plus souvent.

L’enfant sera placé dans une chambre spacieuse, bien aérée; la température en sera de 16 à 18 degrés. On lui donnera des boissons rafraîchissantes ou' acidulées, légèrement diaphorétiques, sans le couvrir outre mesure. Comme alimentation, se contenter de lait et bouillon; lorsque la fièvre a disparu, on permettra des laitages, des potages, des œufs et un peu de vin généreux coupé avec une eau minérale. Le régime lacté absolu (Jaccoud) ne nous semble indiqué que lorsqu’on constate de l’albuminerie.

Surveiller les fonctions digestives et ordonner, suivant les cas, des laxatifs, des purgatifs légers, des lavements. Les bains, excellents pour l’hygiène de la peau (Baginski), ne seront cependant ordonnés qu’après quinze, vingt ou trente jours, selon l’intensité de la maladie.

Parmi ces mesures hygiéniques, signalons l’importance d’une antisepsie buccale rigoureuse que les travaux de ces dernières années ont mise en lumière.

SOAELATINE

Il s’agit ici de toute Thistoire des infections secondaires de la scarlatine, infections qui constituent l’élément principal de gravité de cette maladie.

Quelques détails nous semblent ici nécessaires pour indiquer l’avantage des mesures antiseptiques préventives (Hutinel). Les travaux de Wurtz, Bourget, Guinon, Netter ont montré que la cause de ces infections était le streptocoque seul, et plus souvent associé au staphylocoque doré. Or, ces micro-organismes pénètrent au niveau du pharynx, et leur introduction est favorisée par la chute de l’épithélium de cette' partie du tube digestif. Après leur pénétration dans les tissus, ces microbes se localisent en différents points du corps.

Voici les différentes complications auxquelles donnent lieu ces localisations : angines pseudo-diphtéritiques, arthropathies, néphrites, pleurésies, pneumonie, endopéricardites, adénites suppurées, pyohémie. Or, toutes ces complications sont graves, et, connaissant la porte d’entrée la plus fréquente, une précaution s’impose ; l’antisepsie de la bouche et de la gorge. Celle-ci sera pratiquée dès le début dans toute scarlatine; et grâce à ces précautions, nous évitons, comme Sevestre, Hutinel, etc., des complications qui étaient fréquentes jadis. Pour pratiquer cette antisepsie, on emploiera des lavages d’eau bouillie additionnée de naphtol, d’acide borique, d’eau de Vichy chaude, de collutoires à la glycérine et à l’acide borique, etc.

Terminons cette première partie de la thérapeutique en disant que l’enfant ne devra quitter^ la chambre qu’après la desquamation complète, c’est-à-dire vers le quarantième jour. ^

Pendant toute cette période, il faut éviter les refroidissements, tout écart de régime, soigner l’état général par une médication tonique et favoriser la desquamation par des onctions quotidiennes avec des corps

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