‹ Clinique et thérapeutique infantiles (volume 2)Chapitre 44 sur 63 · SCROFULE · texte numérisé non relu

SCROFULE

agissent toutes en amenant une misère physiologique (Comby). . . , .

Le pronostic de cet état constitutionnel n est pas grave en lui-même, mais il doit être réservé à cause de la prédisposition qu’il crée à la tuberculose, îi cause de sa tendance à la chronicité et de la gravité que présentent les maladies intercurrentes.

Ajoutons cependant avec Suchard, que l’hygiene et une médication appropriée peuvent beaucoup contre cette diathèse, qu’il faut d’ailleurs la combattre de bonne heure et énergiquement.

Traitement. — Prophylaxie et traitement general.

Les principaux moyens sont les suivants ; la vie au

o-rand air, à la campagne, au bord de la mer, dans fes montagnes. On cherchera à activer la circulation et les fonctions cutanées par les frictions sèches, les bains (sulfureux, salés), par l’hydrothérapie, les massages. La gymnastique ordinaire et la gymnastique respiratoire rendront de grands services. L’alimentation sera substantielle et fortifiante (lait, laitages, poissons frais, viandes rôties, bière, etc.). Parmi les médicaments prophylactiques, signalons en première ligne l’huile de foie de morue, les sirops antiscorbutiques, l’iode et ses dérivés, les phosphates, etc.

Comme on le voit, ce traitement prophylactique s’adresse surtout à l’état général et ce sera le traitement général de la scrofule confirmée. Ici, on insistera surtout sur l’administration de l’huile de foie de morue, sur les ferrugineux et les iodures. On complétera la médication par une saison au bord de la mer et inieux, à Salies-de-Béarn, Challes, Saint-Honoré, la Bourboule, Bourbon-l’Archambault, Lavey.

Qu’il s’agisse de prophylaxie ou de traitement de la maladie déclarée, celui-ci sera institué de bonne heure, conduit avec soin et prolongé.

STOMATITES

En effet, c'est par l’hygiène et le traitement général qu’il est permis d’espérer et d’obtenir de bons résultats.

Quant au traitement local, il sera variable avec la localisation (eczéma, impétigo et autres affections cutanées; adénites, otorrhées, rhinites, amygdalites, blépharites, conjonctivites,- kératites, etc., etc.). Dans tous ces cas, le traitement local sera institué (voir ces mots), mais il sera secondé par le traitement général, qui reste le plus important.

Pommades contre les engorgements ganglionnaires :

Lanoline. ! grammes.

lodure de potassium. 4 —

Teinture d’iode. XV gouttes.

Autre pommade ;

2L Chlorure de calcium Poudre de digitale..

Vinaigre concentré..

Axonge.

Sirop antiscrofuleux :

2L Sirop de gentiane. 250 grammes.

lodure de potassium. 4 —

Chlorhydrate d’ammoniaque... 1 gramme.

Matin et soir, une cuillerée à bouche.

Spasme. — (Voir Glotte.)

Stomatites. — Les stomatites sont très communes dans les premières années ; elles sont plus fréquentes au moment de la dentition et chez les enfants allaités artificiellement. Nous avons déjà vu les stomatites spécifiques et graves telles que le muguet, le noma, les localisations buccales de la diphtérie; nous avons signalé la stomatite qui accompagne la scarlatine.

En effet, les stomatites sont assez communes dans les

6 grammes.

STOMATITES

fièvres éruptives, et à propos de celle de la scarlatine, nous avons décrit les moyens d’y obvier.

Nous allons maintenant signaler quelques stomatites, moins graves, mais qui doivent être connues et traitées La stomatite érythémateuse, la stomatite la stomatite exfoliatrice (desquamations linguales) sont

les trois variétés les plus bénignes. et

Elles sont fréquentes au moment de la dentition et sont dues le plus souvent à une mauvaise hygiène générale et alimentaire. Comby décrit encore d autres variétés au’il a observées souvent; la stomatite ulcéreuse, qui est presque toujours de cause locale (coqueluche), la stomatite herpétique, qui accompagne tre cruémment d’autres localisations herpétiques (herpès guttural, labial). La stomatite impétigmeuse es tune

Lplus intéressantes; elle accompagne le plus souvent

l’impétigo aigu ou contagieux ^Behgeron, Zit). bioualons enfin la stomatite varicelleuse, que nous avons observée, comme Comby, fréquemment dans les vari-

En somme, ces variétés sont bénignes. Mais elles doivent être connues du praticien Elles sont des , causes de douleur, d’obstacle a 1 alimentation, et constituent toujours des portes d entrce ouvertes a l’infection; elles doivent donc être soignées (Comby,

^"trTitement. - 1» Prophylactique. ” dentition, l’alimentation ; prescrire dans tous les cas la propreté de la bouche, qui sera obtenue par les lavages à l’eau bouillie, et avec des eaux alcalines (^^chy). ^

2» Traitement proprement dit. — Continuer et auoinen ter les lavages ; on y introduira de 1 acide Conque- du chlorate de potasse, du benzoate de soude. Ces gâtions seront complétées par des attouchements avec des collutoires et avec du jus de citron. Les ulcérations

SYPHILIS

seront cautérisées s’il y a lieu (teinture d’iode, crayon de nitrate d’argent, etc.). Si la bouche est fétide, nous conseillons les lavages à l’acide borique, à la liqueur de van Swieten dédoublée et au permanganate de potasse en solution (1/2 0/0).

3» Traitement général. — Corriger les défauts d’alimentation, relever l’état général.

Collutoire.

æ Borax..

Glycérine..

Solution pour irrigations buccales.

IL Eau bouillie.

Bicarbonate de soude..

Permanganate de potasse..

A couper d'eau chaude pour faire de

1 litre.

12 grammes.

fréquentes irrigations.

Strophulus. — (Voir Peau.)

Sudamina. — (Voir Peau.)

Syphilis. — La syphilis de l’enfant est, dans la très grande majorité des cas, une syphilis héréditaire et donne heu à des accidents précoces, et parfois à des accidents éloignés (syphilis héréditaire tardivel.

La syphilis peut, aussi, être acquise.

Nous n’avons pas à entrer ici dans les détails de 1 étiologie tels que syphilis paternelle, syphilis maternelle, syphilis conceptionnelle, influence de l’ancienneté de la syphilis paternelle et maternelle, et surtout de la durée du traitement, etc.

Nous dirons seulement que l’enfant issu de parents syphilitiques (père mère, ou les deux) a de grandes chances de naître syphilitique. Cette syphilis contractée dans le sein de la mère est dite héréditaire, et ne présente pas d’accident primitif (chancre).

SYPHILIS

Traitement de la sïphilis héréditaire.

l» Accidents précoces. — Il faut savoir, dit J. Simon, que la maladie a une évolution rapide et fatale, et qu’il ne faut pas perdre de temps. On instituera, dès les premiers symptômes, le traitement mercuriel, et on fera absorber des quantités appréciables de mercure.

Pour cela, on emploiera les frictions mercurielles, gros comme un pois ; ces frictions seront répétées deux ou trois fois par semaine. Gomby dit que c’est un excellent mode d’administration; il est actif et a l’avantage de ne pas passer par l’estomac. Monti déconseille les frictions pour les enfants à la mamelle, pour les raisons suivantes : irritation de la peau, affections cutanées, anémie. Il prétend qu’elles n’abrègent pas la durées des manifestations. Nous croyons au contraire que les onctions faites avec discernement rendent de très grands services.

On donnera en même temps tous les jours 10, 20 à 23 gouttes de liqueur de van Swieten, suivant l’âge.

Ces gouttes, seront données en plusieurs fois dans du lait. Cette préparation est excellente dans la syphilis infantile.

Lorsqu’il y a coexistence de syphilides cutanées et lorsqu’elles sont accentuées, on donnera tous tes jours un bain de sublimé (2 à 6 grammes par bain). Ces bains seront des auxiliaires utiles et agiront également comme antiseptiques (J. Simon, Comby, Blache).

Quelques auteurs préfèrent le calomel au sublimé.

Monti en donne un centigramme par jour et l’associe au lactate de fer, et plus tard au saccharure d’iodure de fer (1 à 2 centigrammes) ; cet auteur continue l’usage du calomel jusqu’à la disparition de l’anémie, de la splénomégalie, etc.

Lorsqu’il y a des troubles intestinaux, on aura

SYPHILIS

recours aux onctions, aux injections sous-cutanées de calomel, sublimé, et mieux, d’albuminate ou detannate de mercure et d’huile grise (Le Pileur).

Il est très important de compléter la médication par les précautions suivantes : l’enfant sera entouré de soins hygiéniques; on insistera sur la propreté. L’enfant doit être nourri au sein, par la mère bien entendu, car l’allaitement artificiel donne chez les hérédosyphilitiques des résultats désastreux.

Combien de temps doit durer ce traitement? Il doit être prolongé pendant plusieurs mois, car nous pensons, avec Fournier, que ce traitement n’affaiblit jamais un jeune syphilitique. J. Simon va même plus loin et dit que des diarrhées, des troubles de gastro-entérite, sont heureusement modifiés par le mercure. Il faut cependant agir avec prudence et supprimer momentanément tout traitement, lorsque les accidents ont disparu, mais y revenir t la moindre alerte.

En dehors du traitement mercuriel pur, il y a le traitement mixte. Il faut y recourir chez l’enfant plus vite que chez l’adulte, c’est-à-dire vers le huitième ou le dixième mois.

On emploiera dans ce but le sirop de Gibert qui sera donné à la dose de une demi-cuillerée à une cuillerée à café par jour. On en continuera l’administration pendant quinze jours ou un mois.

On le suspendra ensuite pendant une quinzaine; on le reprendra et on continuera ainsi pendant plusieurs années, en espaçant les reprises. Mais il ne faut pas se dissimuler qu’il est bien difficile de persuader ce dernier point aux parents. Or, il est important de sui’veiller de très près ces petits malades, et de leur faire suivre de temps en temps le traitement mixte pour combattre l’infection syphilitique et d’autres complications, telles que la scrofule qui s’y ajoute

SYPH]

souvent, les pseudo-paralysies, ou la syphilis ce’rébrale, etc.

2» Syphilis héréditaire tardive. — D’après les quelques exemples que nous venons de signaler à cette période, d’une façon générale, la syphilis héréditaire tardive se présente tantôt sous les allures de la scrofule (scrofulate de vérole de Ricord), tantôt elle ressemble à la syphilis tertiaire des adultes (Comby). Le pronostic est serieux à cause des mutilations qu’elle peut occasionner et aussi des dangers qu’elle fait parfois courir.

Traitement. — On insistera sur le traitement mixte, Tiodure de potassium, qui sera donné en assez grande quantité (1.2, 3,4 grammes par jour, suivant l’âge), les frictions mercurielles, etc.

Soigner en même temps l’état général ; alimentation tonique, ferrugineux, séjour à la campagne, aux bords de la mer. Le traitement des accidents variera avec la localisation.

Syp hilis acquise. — Les différents modes de propagation sont la vaccination, l’allaitement par une nourrice contaminée, etc. Le traitement sera le même que celui de la syphilis congénitale.

Mesures prophylactiques. — Nous allons terminer ce chapitre du traitement de la si^hilis héréditaire et acquise par quelques considérations prophylactiques.

L’enfant né syphilitique doit être nourri par la mère, ou artificiellement. Il en sera de môme lorsque l’enfant naît de parents syphilitiques, quoiqu’il ne présente pas des signes de syphilis héréditaire.

On conseillera en outre aux personnes atteintes de syphilis, comme moyen prophylactique de l’hérédosyphilis, d’attendre au moins deux ou trois ans avant le mariage, en suivant un traitement régulier. Et on prolongera le traitement spécifique au point de vue

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préventif, après le mariage, qu’il s’agisse du père on de la mère. Fournier défend le mariage lorsqu’il y a des accidents, lorsque la syphilis paraît grave, et que les accidents reviennent souvent.

Pour la syphilis acquise, faire un examen attentif de la nourrice, renoncer au vaccin humain, empêcher les sujets syphilitiques d’embrasser les enfants, etc.

Voici une formule de bain pour les enfants syphitiques.

Dans un bain de soixante à quatre-vingts litres on ajoutera :

Tj. SubUmé,2 àS grammesetjusqu’à 10 grammes.

Sel ammoniaque. 3 —

Alcool. 25 —

Solution antisypMlitique.

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