TUBERCULOSE
Tuberculose. — Nous avons déjà vu, dans le courant de ce livre, les principales localisations bacillaires, et nous leur avons consacré des articles spéciaux. Nous renvoyons donc le lecteur aux articles : Adénites, Adénopathie trachéo-bronchique, Carreau ou Tubercules des ganglions mésentériques. Cerveau, Entérite, Lupus, Méningite tuberculeuse, Péritonite, Phtisie, Pleurésie, Testicules, Typhlite, etc.
Laissant de côté les détails des diverses localisations, nous allons considérer la tuberculose comme infection générale Au point de vue thérapeutique, il y aura à étudier : 1“ la prophylaxie, 2° la médication spécifique ou antihacillaire.
Certaines conditions étiologiques sont intéressantes à connaître au point de vue de la prophylaxie. On sait aujourd’hui que la tuberculose est une pullulation et relève entièrement de la pénétration et de la pullulation du hacille de Kock dans l’économie. Or, l’infection n’est pas aussi rare qu’on le disait jadis, dans le premier âge; les travaux de Landouzy, Queyrat, Hutinel l’ont prouvé. Sans doute, cette rareté relative est due à la difficulté du diagnostic; absence de crachats chez les enfants, absence de lésions à l’autopsie (Damaschino, Lannelongue). Mais, grâce aux procédés d’investigation qU’on possède aujourd’hui, on arrive à déceler la présence du bacille dans bien des cas qui ne présentaient que des lésions banales : broncho-pneumonie, etc.
Sachant que la tuberculose est fréquente, surtout chez les enfants habitant les grandes villes, voyons quels sont les éléments de la contagion et comment on peut espérer les éviter. La contagion est directe ou indirecte. L’hérédité a une influence indéniable; elle y prédispose tout au moins; le plus souvent, dans ces cas, nous croyons que c’est la cohabitation avec des parents tuberculeux qu’il faut incriminer. Après l’hérédité et la pro-
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miscuité avec les tuberculeux, nous trouvons comme causes occasionnelles toutes celles qui amènent un affaiblissement organique : fièvres éruptives et en particulier la rougeole et la coqueluche, la broncho-pneumonie, les bronchites répétées ; signalons encore la scrofule, une mauvaise hygiène, la misère, qui agissent en débilitant le petit malade et en augmentant la réceptivité. Nous ne saurions indiquer ici toutes les causes qui agissent, et nous terminerons en signalant la contagion directe par les crachats, l’inoculation et peut-être môme la tuberculisation par le lait des vaches phtisiques.
La prophylaxie aura donc à combattre et à écarter toutes ces causes. On cherchera à fortifier l’enfant en lui donnant une nourriture saine et abondante, un air pur, une habitation hygiénique. Les résultats merveilleux obtenus par nous à l’hôpital d’Ormesson en sont une preuve indéniable. On se trouvera fort bien, pour les prédisposés, du séjour à la campagne dans une atmosphère pure, en les envoyant dans un sanatorium rural ou maritime. De plus, on augmentera leur musculature et surtout leurs muscles respiratoires, par une bonne hygiène (frictions sèches, bains, etc.), et une gymnastique appropriée (gymnastique respiratoire).
On s’opposera à la contagion en les isolant des personnes tuberculeuses, en désinfectant tes linges et appartements habités par elles, et en recueillant les crachats dans des solutions antiseptiques.
Pour ce qui est de la tuberculisation par le lait de vache, il est préférable de conseiller l’emploi des laits stérilisés ou du moins bouillis.
Lorsque la tuberculose est locale et accessible (peau, ganglions, os, articulations, etc.), elle est justiciable du traitement chirurgical et comporte fréquemment un pronostic bénin. Malheureusement, l’infection tuberculeuse revêt souvent une marche rapide (tuberculose
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miliaire) et se localise souvent à plusieurs organes. Dans ces cas, le pronostic est des plus sévères et le médecin est réduit à faire une médication symptomatique.
En résumé, on doit essayer avant tout de protéger l’enfant, surtout l’enfant prédisposé, par une prophylaxie rigoureuse. Lorsque la maladie est déclarée et qu’elle évolue lentement, on peut espérer la guérir par un traitement général (toniques, etc.) et par une bonne hygiène. Quant au traitement antibacillaire, en tant que médication spécifique, il reste encore à trouver. Nous indiquons à propos des localisations diverses étudiées dans ce livre, les essais faits dans ce sens.
Typhlite. — Sous ce nom, on comprend seulement l’inflammation du cæcum; mais celle-ci se complique souvent de pérityphlite.
On sait aujourd’hui que l’inflammation du cæcum existe rarement seule et qu’elle est exceptionnellement primitive. En elfet, dans la majorité des cas, l’inflammation commence par l’appendice vermiculaire, et, en un mot, le plus souvent on est appelé à constater une appendicite.
Nous étudierons donc le traitement de l’inflammation du cæcum et de ses annexes, après en avoir signalé les causes les plus fréquentes. La typhlite est surtont une affection de la deuxième enfance; la constipation aune influence indiscutable (A. Bonn, J. Besnier). B est probable que l’engorgement stercoral favorise la pénétration des fragments fécaux, des corps étrangers, dans l’appendice vermiculaire (Maurin, Talamon). En dehors des matières fécales durcies, il faut signaler d’autres corps étrangers comme les noyaux de cerises, les pépins, des débris d’os’, etc. Ces corps sont souvent le point de départ des inflammations cœcales et surtout des perforations qui se compliquent de pérityphlite.
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En dehors des inflammations de l’appendice vermiculaire, on peut constater des lésions n’intéressant que le cæcum. Ces dernières succèdent alors à des ulcérations typhiques, dysentériques, tuberculeuses, etc., à des lésions consécutives, à des traumatismes, à des efforts violents. Mais ces causes ne sont qu’occasionnelles.
Le pronostic de cette affection est très variable; il doit être réservé, à cause des récidives très fréquentes, des adhérences qui lui succèdent, des perforations (externes et internes) et de la péritonite suraiguë qui s’observe dans quelques cas.
Traitement. — Faire une bonne prophylaxie en combattant la constipation habituelle, en défendant le plus possible l’introduction de corps ne devant pas être assimilés et digérés (noyaux de fruits, pépins, fraginents d’os); conseiller une mastication attentive. Enfin, il est indiqué de faire, dans certains cas, de l’antisepsie intestinale préventive et d’ordonner des laxatifs ou des purgatifs légers.
Lorsque la typhlite est déclarée, qu’elle succède a une appendicite ou qu’elle menace de se compliquer de pérityphlite, il y a plusieurs indications à remplir. L’affection est très douloureuse; on commencera donc par calmer la douleur. Pour cela, on aura recours aux applications locales de glace, aux cataplasmes chauds, simples ou laudanisés. Les vésicatoires et les sangsues surtout rendent également de très grands services, en effet, ils calment et combattent en même temps l’inflammation.
Signalons, encore comme médication topique, les ventouses sèches ou scarifiées, les onctions à l’onguent napolitain, les liniments calmants.
Dès le début, on doit immobiliser le malade (repos au lit) et immobiliser l’intestin ; pour cela, une diète sévère, alimentation liquide et usage des opiacés. M. Jalaguier
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préconise l’usage de l’opium dans la majorité des inflammations cœcales, pendant les premiers jours.
Pour combattre les vomissements on donnera de la glace, des boissons froides en petites quantités. Les autres symptômes seront traités s’il y a lieu.
Lorsque les phénomènes aigus ont disparu, ou bien tout à fait au début, on essayera de favoriser l’évacuation stercorale.
Dans ce but, on ordonnera, mais avec précaution, des purgatifs doux.On emploiera de préférence l’huile de ricin ou le calomel (O^^IO, 08^20 ou Os',30). Les lavements et même les irrigations prudentes du gros intestin sont utiles à ce moment, en facilitant l’évacuation des matières stercorales.
D’une façon générale, on s’abstiendra de toute médication énergique dès qu’on constatera des symptômes de pérityphlite ou qu’on supposera une perforation.
Dans ces cas, se contenter d’une médication symptômatique et surtout des opiacés. Lorsque la suppuration devient manifeste et qu’on craint une péritonite, il faut intervenir chirurgicalement par la laparatomie. Il est de toute importance de ne pas retarder cette intervention lorsque la situation s’aggrave.
Ceci est surtout vrai,pour les appendicites, affections, pour lesquelles il faut proscrire les purgatifs.
La convalescence sera étroitement surveillée; l’enfant doit garderie lit assez longtemps; on ne lui permettra une alimentation solide qu’au bout de quelques semaines.
De plus, on combattra les tendances à la constipation par des purgatifs légers (huile de ricin ; 1 à 5 grammes), par des laxatifs (huile d’amandes douces, eau de Ghâtel-Guyon, etc.). L’antisepsie intestinale est indiquée (bélol, benzo-naphtol); enfin on excitera la contractilité musculaire de l’intestin par l’usage des amers, des gouttes de Baumé.