VACCINATION
Mais, d’une façon générale, on ne doit vacciner que les enfants bien portants, c’est-à-dire que lorsque l’enfant est faible, chétif ou atteint d’une affection quelconque, il faut attendre le rétablissement de la santé.
La vaccination peut présenter quelques anomalies et quelques complications. Nous allons les passer rapidement en revue.
Disons d’abord qu’elle peut être efficace, sans présenter de manifestations cutanées* ; qu’elle peut présenter un retard variable dans la formation des pustules; nous avons également signalé cette anomalie et nous ne lui attribuons aucune importance pour ou contre l’immunité.
La vaccination est le plus souvent bénigne et n’entraîne aucune réaction. Il faut cependant savoir qu’on a signalé des cas s’accompagnant d’hyperthermie (40“), de convulsions. Ces symptômes sont, en général, passagers ; on les traitera cependant, s’il y a lieu. Parfois, les plaies vaccinales se compliquent de lymphangite, d’adénite, d’érysipèle, de gangrène. Les causes de ces infections peuvent résider dans le vaccin; le plus souvent, ce sont des infections secondaires, qu’on évitera en procédant aseptiquement, pendant l’opération et dans les pansements ultérieurs.
Signalons enfin les éruptions vaccinales généralisées qui sont ordinairement sans danger.
La vaccination procure l’immunité contre la variole, mais il faut savoir que cette immunité n’est pas indéfinie et que les revaccinations, après un temps qu’on ne peut déterminer, sont très utiles; il nous suffira de signaler les bons effets obtenus par les revaccinations dans l’armée. En attendant que la vaccination soit obli-
4. Vaccine efficace sans manifestation cutanée. (Mémoire lu à l’Académie de médecine le 2 oct. 1883, par le D'' Blache.)
VABIOLE
gatoire, nous nous faisons un devoir de revacciner les enfants entre sept et dix ans et entre quatorze et dixhuit ans.
Varicelle. — La varicelle est une fièvre éruptive, infectieuse et contagieuse. Elle diffère totalement de la variole; en effet, on sait que la variole ne confère pas l’immunité contre la varicelle, que l’enfant vacciné peut être atteint de varicelle, même en pleine période d’évolution vaccinale. La contagion est le principal mode de propagation de cette maladie, d’ailleurs fort bénigne.
Traitement. — Isoler l’enfant, l’entourer de soins hygiéniques, éviter les refroidissements, telles sont les principales indications thérapeutiques. L’expectation suffit dans la très grande majorité des cas; signalons seulement, comme accidents possibles, la stomatite par la présence de pustules dans la bouche, la conjonctivite, la néphrite.
Comme pour les autres fièvres éruptives, l’isolement ne prendra fin qu’après la guérison complète (quinze à vingt jours) et après avoir fait prendre plusieurs bains savonneux et amidonnés à l’enfant.
Variole. — Grâce à la vaccination de l’enfant, telle qu’elle est faite et réglée aujourd’hui en France et dans la plupart des pays civilisés, la variole n’est plus une affection commune dans l’enfance. Elle ne présente pas d’ailleurs, chez l’enfant, d’autres particularités que celles observées chez l’adulte.
Au point de vue prophylactique, il faut savoir que la contagion est le seul mode de propagation de cette maladie. L’élément contagieux se trouve dans le liquide des pustules et aussi dans les croûtes de la période de dessiccation.
Sans revenir ici sur les indications de la vaccination.
VABIOLB
qui devrait être obligatoire, nous disons qu’on doit isoler, dès le débnt, l’enfant atteint de la petite vérole. Cet isolement sera rigoureux et méthodique; il ne prendra fin qn’après une désinfection complète. Cette désinfection portera sur la peau du malade (bains savonneux, lotions antiseptiques au sublimé, à l’acide phénique, au thymol). On désinfectera également le cuir chevelu après avoir préalablement coupé les cheveux courts. Les vêtements, les effets de literie seront également désinfectés; les procédés varient, mais le meilleur est celui de la désinfection par la vapeur sous pression (étuve de Gbneste et Herscher). La chambre occupée par les varioleux sera également désinfectée; pour cela, on aura recours aux pulvérisations avec la liqueur de van Swieten.
Enfin, le médecin doit veiller à ce que la transmission de la maladie ne se fasse pas par lui-même et par les personnes appelées à soigner le ou les varioleux, etc.
Traitement. i° Mesuveshygiéniques. RégiMe.Traitenient général. — Gomme pour les autres maladies éruptives, on placera l’enfant dans une chambre spacieuse, bien aérée, de température moyenne. On veillera aux soins de propreté. L’enfant sera soumis à la diète : lait, bouillons, thés de viande. On lui donnera des boissons émollientes et rafraîchissantes.
Enfin, on soutiendra les forces par des potions alcoolisées : vin vieux, cognac, etc. Eviter la constipation, combattre l’état saburral par un léger purgatif. L’insomnie du début et la rachialgie seront traitées par l’administration des calmants, l
Ces quelques précautions suffisent dans les formes légères; quant à la médication topique, elle aura surtout pour but d’éviter la défiguration et de rendre la moins dangereuse possible la transformation des vésicules en
VAEIOLE
pustules. Les soins de propreté seront alors très utiles. Nous ne pensons pas qu’on puisse faire avorter l’éi’uption. On cherchera surtout à éviter l’irritation et l’infection des pustules; pour cela, les lotions émollientes à l’acide borique, les bains tièdes, les onctions avec les corps gras, les glycérolésphéniqués, boriqués, etc., peuvent rendre des services et aideront à la dessiccation. Talamon a préconisé, ces dernières années, des pulvérisations de sublimé, en solution alcoolique et éthérée. Les bains sont surtout indiqués à la période de dessiccation.
Le médecin peut avoir à combattre certains autres symptômes. La fièvre est parfois très intense; on prescrira alors la quinine, l’antipyrine, les bains tièdes. L’agitation, le délire, les convulsions seront combattus par le chloral, le bromure, la poudre de Do wer et les bains.
Les phénomènes adynamiques nécessiteront l’usage de l’alcool, du vin, du quinquina, de l’éther, etc. Enfin, les formes hémorragiques seront soignées par l’administration des acides, du ratanhia, du percblorure de fer. L’énantbème variolique (angine) peut donner lieu à des indications thérapeutiques, mais, dans tous les cas, on veillera à assurer la propreté du pharynx et de la bouche (lavages antiseptiques).
Le traitement des complications variera avec les localisations; celles-ci sont heureusement rares, car elles sont toujours graves. Signalons la pyohémie, les endocardites infectieuses, la broncho-pneumonie, les otites suppurées, les furoncles, les ophtalmies. Ces complications seront soignées d’après les règles habituelles de la thérapeutique.
Onctions sur la face avec :
?: Oxyde de zinc. 4 grammes.
Carbonate de zinc. 3 —
Huile d’olive... . 60 —
Mêler et broyer au mortier.
VÉGÉTATIONS ADÉNOÏDES
Tf, Bichlorure de mercure. 08',80
Glycérolé d’amidon liquide. iO grammes.
Uniment contre la rachialgie.
Chloroforme. 6 grammes.
Essence de cajeput,.... 20 , —
Essence de térébenthine—- 10 —
Baume de Fioraventi. 60 —
Varioloïde. — Elle est une variole modifiée et atténuée par la vaccination. Baginski dit qu’elle n’ est pas très fréquente chez les enfants ; quant à la variole vraie, il îa dit exceptionnelle depuis l’introduction delà vaccination.
Le traitement de la varioloïde se confond singulièrement avec celui de la variole, et nous aurons peu de chose à en dire. Le pronostic en est favorable, et la plupart du temps l’expectation simple suffit. L enfant sera mis dans de bonnes conditions hygiéniques; on calmera la fièvre lorsqu’elle sera trop intense; la diète est indiquée pendant la période fébrile.
On évitera enfin, comme pour la variole, l’irritation des vésicules; pour cela, on usera largement des bains tièdes et des onctions avec des corps gras.
Végétations adénoïdes. — (Voir Amygdales, Amygdalite et Angines chroniques.)
Ces tumeurs exigent un traitement sérieux à cause des accidents auxquels elles donnent lieu ‘ : otites, surdité, angines à répétition, troubles et arrêt de développement (atrophie faciale, déformation du thorax, de la colonne vertébrale).
Le traitement consiste à enlever ces tumeurs par
1. Aperçu clinique sur l’hypertrophie du tissu adénoïde du pharynx nasal, par le D' Blache. Revue des maladies de l enfance, janvier 1888.
VEESINTESTINAUX
divers procédés, à soigner le catarrhe naso-pharyngien et à modifier l’état général.
Vers intestinaux. — Le rôle des vers intestinaux en pathologie infantile a été très exagéré, et on sait aujourd’hui que ces parasites sont rarement dangereux. Parmi ces vers, les uns, comme les lombrics ou ascarides lombricoïdes et les oxyures vermiciilaires, sont presque spéciaux à l’enfance; d’autres, comme les tœnias, appartiennent surtout à l’adulte, mais sont souvent observés dans le jeune âge.
Nous allons passer en revue le traitement de ces différentes variétés et en indiquer la prophylaxie.
1“ Lombrics. — Ici, comme pour les autres vers, on ne devra instituer le traitement qu’en connaissance .de cause, c’est-à-dire qu’après en avoir reconnu la présence. Voir les vermifuges employés le plus fréquemment : la mousse de Corse (de 4 à IS grammes), le semen-contra (1 à 4 grammes) ; on emploie quelquefois le principe actif de cette plante : la santonine ou acide santonique, à la dose de Os^Ol à QsslO. Cette substance agit fort bien, mais elle doit être maniée avec précaution, car elle peut donner lieu à des accidents. On a préconisé encore, mais en seconde ligne, le camphre, l’essence de térébenthine, le pétrole, le calomel.
L’administration de tout vermifuge sera suivie d’une purgation; le calomel (OsLlO à0s'',25) sera employé de préférence; on pourra encore ordonner l’huile de ricin, la scammonée. — Comme moyens prophylactiques, habitudes de propreté, eau pure, filtrée, se méfier des eaux de pluie (Da vaine).
Calomel. 0g>',î5
Racine de jalap pulvérisé. ) , L
Semen-contra....;. j
Ag prendre [le matin àfjeun dans du pain azyme ou des confitures.
VERS INTE ÜAUX
Oxyures vermicdlaires. —IGês vers sont tenaces et assez difficiles à détruire. jOri les combattra avec les vermifuges indiqués précé4éniment ; quoique leur siège soit de préférence la dernière portion du gros intestin, on utilisera le calomel et les purgatifs. On aura, déplus, à combattre les démangeaisons ; pour cela, on utilisera les lavements d’eau froide, d’eau de chaux, de vinaigre, de sel, de pétrole, d’huile d’olive; ony ajoutera souvent des décoctions d’ail, d’absinthe. Ces lavements peuvent amener la guérison, seuls, lorsqu’ils sont continués assez longtemps. Comby préconise les lavements au sublimé à i pour 5,000.
On peut encore essayer comme parasiticides les onctions au niveau de l’anus avec de l’onguent napolitain dédoublé qui calment aussi les démangeaisons, les suppositoires au salol, à l’iodoforme. West conseille l’usage du soufre à l’intérieur. Chez les petites filles, les oxyures peuvent envahir le vagin; on les détruira avec des injections au sublimé, liqueur de van Swieten dédoublée (Baginski), à l’eau chloralée, 2 à 3 0/0 (Blache).
Pour un lavement ;
lodure de mercure. ) Qgr 05
lodure de potassium. j ” ’
Eau distillée.... 125 grammes.
Suppositoire ;
11 , lodure de mercure. ! Ogr 02
de potassium.
Beurre de cacao.
3“ Tænia. — On peut observer chez l'enfant différentes variétés de tænia. Signalons ,d’abord le tænia mediocanellata ou inerme; c’est le. ^s fréquent chez l’enfant ; il se rencontre surtout dans les’muscles du
VEES INTESTINAUX
bœuf, et s’observe chez les enfants à qui l’on donne de la viande crue.
Puis, viennent le tænia solium qui provient surtout de la chair du porc ; le tænia elliptica, qu’on impute au chien, et enfin le tænia botriocéphale, fréquent en Prusse, orientale, Russie, Suède, où on mange beaucoup de poissons, ce qui a fait penser qu’il proviendrait de certains poissons.
Traitement. — Il est le même que celui qu’on applique contre les cestoïdes de l’adulte.
Baginski préconise surtout le kousso (5 à 10 grammes).
Comby ne l’emploie que dans la seconde enfance.
Le kamala échoue souvent (Baginski). La racine de fougère mâle (10 à 15 grammes) ou son extrait éthéré, 4 à 6 grammes, est très efficace.
Voici la formule que nous employons avec succès pour les jeunes enfants :
if. Extrait de fougère mâle. 2 grammes.
Huile de ricin. IS —
Sirop de menthe. 20 —
A prendre en deux fois le matin à jeun.
On peut encore employer, chez les enfants, la macération d’écorce de grenadier (10 à 20 grammes), les semences de courges (40 à 60 grammes).
Tous ces vermifuges réussissent assez hien ; avant de les administrer, il est préférable de mettre l’enfant à la diète lactée, la veille, et de lui donner le médicament à jeun. Enfin, on fera suivre ce dernier de l’administration d’un purgatif (huile de ricin).
■ 2 f, Semences mondées de citrouille. 40 grammes.
Sucre pulvérisé. 30 —
Extrait de racine defougère mâle. Ià4 —
Eau distillée. ISO —
En émulsion. A prendre en quatre fois le matin à jeun.
VULVITE ET VXJLYO-VAGINITE 171
2L Ecorce fraîche de racine de grenadier. 40 à 60 grammes.
' Eau..“
A faire macérer douze heures. Bouillir et réduire à SOO grammes. Tamiser et à prendre en trois et quatre fois, à une demi-heure d’intervalle.
Vulvite et vulvo-vaginite. — Les inflammations de la vulve sont assez fréquentes chez les petites filles, surtout dans la deuxième enfance.
On a discuté (Comby, Vibert, Bordas, Suchard) la nature de cette infection ; dans bien des cas, on a trouvé le gonocoque de Neisser ; il est donc probable que la majorité de ces vulvo-vaginites sont blennorrhagiques.
La contagion s’expliquerait alors par la communauté des lits, la communauté des linges, des éponges servant à certains détails de toilette.
Suchard a signalé des cas de contagion par les baignoires. En somme, on considère aujourd’hui que la vulvo-vaginite est le plus souvent blennorrhagique, et qu’elle est due à la contagion, inconsciente dans l’immense majorité des cas. En effet, le contact vénérien, le viol doivent être exceptionnellement incriminés. (Olli-