CHORÉE
les malades à une bonne hygiène, aux toniques; nous ordonnons en même temps les exercices de gymnastique passive, les massages et les bains (bains sulfureux de préférence).
Il est souvent très utile, au début de toute chorée, de soumettre l’enfant au repos, et il sera isolé afin de lui procurer le calme nécessaire et d’éviter la contagion.
Baginski préconise même le séjour au lit pendant quelques jours. On peut encore, à ce moment, envoyer les enfants à la campagne.
Contre l’anémie, qui est très fréquente, on ordonnera le fer, le quinquina, l’huile de foie de morue, l’arséniate de soude (2 à 10 milligrammes) : l’arséniate de strychnine (1 à 2 milligrammes par jour).
La quinine et l’antipyrine ont été employés avec succès (Baginski, Legrodx).
A un degré plus intense, lorsque l’enfant est nerveux et agité, on fera intervenir les antispasmodiques : valériane (0 k‘’, 30 à 1 gramme), l’oxyde de zinc, l’assa-fœtida, les pilules de Méglin, le sulfate de zinc (08'',05 à 1 gramme), (West), lephosphure de zinc.
On emploiera également avec succès les narcotiques et les antinervins : chloral (Baginski, Bouchot) la belladone, l’opium. Ces derniers médicaments ne seront employés que dans les cas extrêmes s’accompagnant d’agitation nocturne, d’insomnie. Dans ces cas, on a été obligé parfois d’avoir recours aux inhalations d’éther, de chloroforme, au sommeil chloralique, tel que l’indiquait Bouchut. Cet auteur obtenait, grâce au chloral, des sommeils de dix à dix-huit heures. Dans ces formes graves, il est nécessaire de surveiller l’enfant, qui peut se blesser dans ses mouvements incoordonnés, et d’avoir des lits spécialement garnis à cet effet.
Tels sont les moyens principaux employés contre les chorées graves; mais, pour les chorées faibles ou
moyennes, il est suffisant de soumettre l’enfant à un régime fortifiant, à la gymnastique, à l’hydrothérapie (douches froides, bains tièdes, salés, etc.), et à un repos intellectuel complet.
Dans la majorité des cas, nous laissons évoluer la chorée en faisant un traitement symptomatique, et vers la sixième semaine nous agissons plus énergiquement. A ce moment, en effet, la chorée est près de sa terminaison, et l’enfant retire alors de véritables bienfaits de la médication.
Parmi les médicaments, nous avons cité les principaux ; en voici quelques autres qui ont enregistré des succès. Nous les énumérons, car ils peuvent être employés utilement dans quelques cas : sulfate de strychnine (Trousseau et Hammond), ventouses sèches sur le rachis (J. Simon). Courants induits (Baquet), courants galvaniques (Benedikt), bromure de potassium, ésérine (2 à S milligrammes, Bouchut), hyosciamine (2 h tO milligrammes, Oulmont), antipyrine (Legroux).
Tous ces médicaments semblent avoir donné des succès, c’est-à-dire qu’ils ont contribué à abréger la durée de la maladie, qui est habituellement de six, huit ou dix semaines.
Il est bien entendu qu’avant de traiter un choréique il faut s’assurer qu’il n’y a pas de lésions viscérales : fièvre, endocardite, etc. Dans ces cas, on tiendrait compte des complications, sans pour cela négliger de soigner la chorée et ses principaux symptômes.
Disons en terminant que Joffroy considère cette maladie comme une névrose cérébro-spinaled’évolution, c’est-à-dire une maladie nerveuse de croissance ; il l’a traitée comme telle par le chloral (1 à 5 grammes par jour) et l’hydrothérapie froide.
Cet auteur aurait obtenu ainsi des résultats réels.
Cette conception, très tentante, nous semble très rationnelle ; elle expliquerait en même temps la cardiopathie, les douleurs rhumatismales, qui ne seraient que des troubles dus à la croissance chez les prédisposés (Comby,
Chutes du rectum. — (Voir Rectum.) Cirrhoses. — (Voir Foie.)
Cœur. — Les traitements des maladies du cœur seront étudiées : 1» dans les affections congénitales; 2“ dans les affections acquises. Celles-ci ne sont pas si rares qu'on a bien voulu le dire, mais elles ont été longtemps méconnues (Guebsant, Blague, etc.).
Quoi qu’il en soit, les affections congénitales et acquises du cœur, chez les enfants, sont bien connues aujourd’hui, et nous allons résumer ici les principales considérations thérapeutiques auxquelles elles donnent lieu.
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1“ Affections congénitales. — A part l’absence du coeur et certains cas d’ectopie cardiaque, il faut savoir que certaines anomalies sont compatibles avec la vie, car, s’il ne peut être question ici d’un traitement direct, on peut, avec quelques précautions, prolonger l’existence d’une façon très manifeste.
Mais, en général, ces enfants ne vivent pas plus de quatre à douze ans; et c’est par exception qu’on en voit arriver à dix-sept et vingt ans (H. Roger). ^
On peut donner dès maintenant les règles générales suivantes qui sont applicables à presque tous les cas. On éloignera autant que possible toutes les influences nuisibles. Le repos, une vie calme et une bonne hygiène sont indispensables. On évitera ainsi, dit Vogel, de fatiguer un cœur hypertrophié du fait des anomalies, et on retardera la période asystolique.
L’enfant sera vêtu chaudement, car on doit lui éviter tout refroidissement et toute affection pulmonaire (VoGEL, Baginski). Cela est d’autant plus nécessaire que ces enfants ont une circulation défectueuse et une grande tendance à se refroidir.
L’alimentation et le régime seront sévères, mais nutritifs et reconstituants ; on évitera toute médication débilitante (larges vésicatoires, purgations énergiques, etc.).
Voyons maintenant les indications spéciales à chaque anomalie.
A. Communication des oreillettes ou des ventricules. — Eviter avec soin les troubles respiratoires, faciliter la circulation pulmonaire. Si les révolutions cardiaques sont trop précipitées, on donnera des petites doses de digitale. Baginski emploie dans ces cas l’acide phosphorique.
B. Anomalies de la valvule tricuspide (sténose et insuffisance). — Mêmes précautions générales; toni-
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ques, exercice modéré. L’hypertrophie cardiaque donne lieu quelquefois à des palpitations ; on administrera de la digitale, du bromure.
G. Orifices de l’artère pulmonaire (atrésie ou insuffisance). — On doit éviter avec le plus grand soin toute cause pouvant venir gêner le travail de la compensation. Aussi doit-ori insister sur une bonne hygiène, écarter le plus possible toute chance d’affection générale. L’appareil respiratoire sera étroitement surveillé, la moindre bronchite est très sérieuse.
La digitale, l’acide phosphorique, la convallaria, le strophantus, seront utilisés pour combattre les palpitations, les troubles de la circulation veineuse, lorsqu’il y aura des troubles dans la compensation.
D. Persistance du canal artériel. — Anomalie rare, mais toujours grave, à cause du surcroît de travail nécessaire au cœur. L’hypertrophie consécutive n’écarte pas les dangers de l’asystolie toujours menaçante.
Quant à la thérapeutique, elle est la même que précédemment.
E. Anomalies du ventricule gauche et de l’aorte. — Ici encore, la vie est en général très courte ; l’hypertension de la circulation veineuse amène une asystolie rapide accompagnée de congestion, de cyanose.
Tous ces phénomènes seront combattus dans la mesure du possible, mais toujours avec très peu de chances de succès.
2» Affections organiques acquises. — Ces affections existent chez l’enfant et on trouve chez lui à peu près toutes les formes des maladies cardiaques de l’adulte : exception faite pour celles de l’aorte et ses valvules (Blache) plus rarement atteintes.
L’athérome a été signalée exceptionnellement. Quant aux causes, elles sont les mêmes que chez l’adulte. Ces lésions résultent d’endopéricardites aiguës, au