‹ Clinique et thérapeutique infantilesChapitre 43 sur 55 · DIABÈTE · texte numérisé non relu

DIABÈTE

en ajoutant au lait du bouillon ou du thé de bœuf.

Chez les enfants plus âgés, et après le sevrage, le lait sera remplacé par le bouillon, les œufs, les jus de viande, le beurre. En un mot, on arrivera le plus vite possible à l’alimentation carnée. On proscrira, dans la mesure du possible, l’usage des amylacés, les farines riches en fécule. Comme légumes, on permettra l’usage des carottes, des navets, etc.., le pain ordinaire sera remplacé par du pain de gluten ou du pain grillé.

Plus tard, on prescrira toutes les règles de l’alimentation des diabétiques adultes.

Comme médication, signalons le traitement par les ferrugineux (Baginski), les eaux de Carlsbad (Heuriciüs), phosphate de fer (West).

Quelques auteurs ont préconisé le henzoate de soude, le salicylate, le lactate de chaux, qui agiraient comme antifermentescibles (Baginski).

Tous ces médicaments peuvent agir dans la polyurie simple, mais ils sont sans action dans le diabète confirmé.

D'après les auteurs qui ne voient dans cette maladie qu’une névrose, il faudrait employer les narcotiques et les antispasmodiques. La poudre de Dower (West) diminuerait la polyurie ; Bquchut recommandait l’opium et la morphine.

On a enfin essayé, mais avec peu de résultats, la valériane, l’atropine, l’ergotine, l’assa-fœtida, la strychnine.

Voilà les quelques médications applicables au diabète insipide ; quant au traitement du diabète confirmé, on s’attachera surtout, comme nous l’avons indiqué, à l’application d’une bonne diététique.

En même temps, on aura recours à une bonne hygiène : exercice, hains, douches froides, frictions sèches.

DIARRHÉES

A la période d’amaigrissement et de déperdition des forces, on prescrira des toniques, l’arsenic, l’huile de foie de morue. Le séjour à la campagne, aux bords de la mer, peut également être utile.

Diarrhées. — Sous ce nom, nous étudierons les entérites aiguës simples, en signalant à la fin de l’article quelques indications thérapeutiques spéciales à certaines variétés. Il faut savoir que toute diarrhée chez un enfant en bas âge est toujours sérieuse et souvent grave (voir Choléra infantile).

1» Prophylaxie. — La grande majorité des diarrhées des jeunes enfants est due à une mauvaise alimentation, à une hygiène mal comprise et. à la pénétration de produits infectieux dans le tube digestif.

L’allaitement artificiel est la cause principale de ces diarrhées. En effet, chez l’enfant élevé au sein ces lésions sont rares et toujours moins sérieuses.

La meilleure prophylaxie consistera donc à préconiser l’allaitement naturel, et même, dans ces cas, à prévenir l’infection par quelques précautions. Par exemple, maintenir les mamelons d’une propreté rigoureuse dans l’allaitement.

Pour l’allaitement artificiel, conseiller une asepsie complète de tous les instruments ; faire bouillir l’eau, lorsqu’elle ne présente pas les conditions voulues ; rendre le lait inoffensif par l’ébullition, ou en ne se servant que de laits stérilisés (laits du commerce, ou mieux, appareil de Soxhlet, de Budin, etc.).

On veillera ensuite à ce que l’enfant soit entouré des conditions hygiéniques nécessaires : propreté du corps,

■ bains, promenades au grand air, etc.

Les diarrhées du sevrage seront évitées souvent par quelques précautions. On déconseillera le sevrage prématuré; celui-ci sera toujours progressif et jamais brusque. La base de l’alimentation sera constituée par

DIARRHÉES

du lait jusqu’à un an et plus si possible (Gomby, Blache) ; on se méfiera des farines alimentaires du commerce. Il sera préférable de se contenter de l’usage du lait et des œufs, le plus longtemps possible. On veillera enfin à l’application d’une asepsie alimentaire complète.

2“ Traitement proprement dit. — Régime. — Lorsque la diarrhée est établie, quelle qu’en soit la forme (légère, grave, primitive ou secondaire), la première chose à faire est d’instituer un régime convenable. Celui-ci suffira souvent à cause de la fréquence des diarrhées d’origine alimentaire.

Si l’enfant est au sein, on réglementera les tétées, en les espaçant et en supprimant toute autre alimentation.

S’il vient d’être sevré, et si c’est pendant la période des chaleurs, il sera prudent de le remettre au sein.

'Lorsque l’enfant est allaité artificiellement, on cherchera dans l’allaitement les causes possibles de la diarrhée (lait de mauvaise qualité, instruments malpropres, suralimentation, etc.), et on les écartera.

Si ces précautions ne suffisent pas, on conseillera l’usage de laits stérilisés, et dans les deux cas on en fei-a prendre après chaque tétée, ou bien on mélangera au lait de l’eau de chaux, de l’eau de Vichy, de Vais.

Lorsque l’enfant est sevré, on le soumettra à un régime sévère ; lait, œufs, bouillons, eau de Vichy, de Pougues, et on supprimera l’usage de tout liquide fermenté (vin, eau rougie).

3“ Médication. — Nous pensons que la méthode évacuante est indiquée au début de toute diarrhée de quelque gravité. On peut employer l’huile de ricin à petites doses répétées.

if, Huile de ricin. 6 grammes.

Sirop de gomme;. 8 —

Eau de fleurs d’oranger.. 2 —

Une cuillerée à café le matin, trois jours de suite.

DIARRHÉES

Le calomel (0”LOG à 0°',10) administré avec prudence peut être également très utile. West employait volontiers l’hydrargyrum cum creta, associé à la poudre de Dower. La poudre de Dower et le calomel ne nous semblent indiqués que dans les cas graves. Les vomitifs ont ici de rares indications. (Symptôme gastrique).

J. Simon conseille des laxatifs légers (sirop de chicorée, pincée de magnésie, calomel). Cadet de Gassicourt conseille aussi de débarrasser l'intestin au début.

Lorsque la diarrhée a résisté aux modifications de régime et à la médication purgative, on prescrira une diète plus sévère, un usage un peu plus abondant des alcalins. On administrera en même temps des astringents : cachou, ratanhia, bismuth. Pour calmer la soif, qui est parfois très vive, on ordonnera de l’eau de riz, de l’eau albumineuse.

L’alimentation se composera, dans la majorité des cas, de lait donné avec mesure. Il constitue un aliment réconfortant par excellence (J. Simon) et, pour notre part, ses contre-indications sont exceptionnelles. Suivant l’âge enfin, on alimentera l’enfant avec des bouillons de poulet, du jus de viande, des aliments réduits en pulpe, des fruits cuits. Dans les formes graves. Cadet de Gassicourt conseille de supprimer tout à fait le lait, qu’il remplace par le bouillon de poulet et le lait de poule.

Après avoir débarrasé l’intestin par un lavement, on devra chercher à s’opposer aux décompositions dont il est le siège, et à lui permettre de fonctionner normalement.

Pour cela, on aura recours aux médicaments antiseptiques, et les auteurs ont conseillé dans ce but : le calomel (Jacobi, Emmbt), le salol, le salicylate de soude (06%05 à 0®L10), le benzoate de soude, le benzonaphtol (I à 4 grammes), l’acide chlorhydrique dilué,

DIARRHEES

les naphtols (Bouchard), l’acide lactique (Hayem,Lesage), le thymol (Martin), la naphtaline 0«^,10 à 08^20) (Comby) et même l’iodofoi'me.

Cadet de Gassicourt se contente d’associer, dans ces cas, le laudanum (1/2 à 2 gouttes) à l’acide chlorhydrique dilué (2 gouttes). La créosote (1 à 2 gouttes) a été également administrée.

On a employé aussi le nitrate d’argent (Rilliet et Barthez, Cadet de Gassicourt). Les lavements d’ipéca (Ghouppe) agiraient contre la diarrhée et les vomissements. Le professeur Debove et Sevestre ont eu de bons résultats avec le talc (15 à 20 grammes par jour).

4“ Traitement symptomatique. — Le but principal dans le traitement des diarrhées infantiles est de combattre et d’arrêter le flux intestinal. Si celui-ci résiste aux traitements indiqués plus haut, il est nécessaire de faire appel à un traitement symptomatique énergique.

Nous avons déjà signalé les astringents; nous arrivons maintenant à l’usage des opiacés.

Ceux-ci devront être employés chaque fois que la diarrhée persiste, ou devient trop abondante. On ordonnera alors le laudanum de Sydenham (1/2 à2 gouttes), Télixir parégorique (5 à 10 gouttes) en potion, par fractions ou dans des lavements émollients.

Ces petits lavements seront toujours précédés d’un grand lavement plus abondant, qui aura pour but de laver et de désinfecter le gros intestin (Blache). Cette méthode de lavage du gros intestin (eau bouillie, eau de camomille simple ou eau boriquée), préconisée par nous depuis bien des années, nous donne de bons résultats. L’usage de l’opium rend de très grands services dans les diarrhées rebelles, et, tout en agissant avec prudence, il ne faut pas craindre de l’ordonner. Les lavements de nitrate d’argent, avec ou sans laudanum, sont indiqués dans les cas graves.

DIARRHÉES

Contre les vomissements, on prescrira les boissons froides ou glacées, la teinture d’iode (1 à 6 gouttes) (Leoendre). Les lavages de l’estomac qui débarrassent et nettoient cet organe peuvent également être employés. La révulsion au creux épigastrique (petits cataplasmes sinapisés) nous a souvent réussi. On peut encore donner la potion de Rivière par cuillerée à café (Cadet de Gassicourt).

Dans certaines diarrhées infantiles (diarrhées catarrhales), on observe des symptômes de congestion hépatique, de polycholie et d’embarras gastrique; on aura recours pour les combattre à l’ipéca et au calomel.

Contre l’élément douleur, on instituera des fomentations sur le ventre, des frictions avec de l’huile de camomille camphrée. Les cataplasmes légèrement sinapisés et laudanisés réussissent également fort bien (Blache). On maintiendra longtemps sur le ventre de l’ouate et de la flanelle, afin de conserver une chaleur très utile.

Les tendances au refroidissement ou collapsus seront combattues par les enveloppements d’ouate, les bains sinapisés, les frictions, l’usage de l’alcool, les injections d’éther, d’huile camphrée. S’il y a des troubles nerveux, on instituera un traitement calmant approprié (bains chauds, etc.).

Enfin, on veillera, soit après la disparition de la phase aiguë, soit avant, suivant les cas (longue durée, intensité), à maintenir les forces de l’enfant. Les bouillons, les thés de viande, bouillons de poulet, seront très utiles ; l’administration de l’alcool (rhum de préférence) a ses indications, mais doit être faite avec prudence.

5° Convalescence. — Après la guérison, il faut agir, avec grande prudence et ne reprendre que peu à peu l’alimentation normale.

La dyspepsie consécutive sera traitée par l’eau de chaux, les alcalins, les amers, la strychnine. On

DIARRHÉES

cherchera api-ès à relever les forces du malade par un régime reconstituant et tonique.

Certaines diarrhées donnent lieu à des indications spéciales. Par exemple, la diarrhée de l’infection palustre est justiciahle du sulfate de quinine (Qs^jOlS à 0e%50), suivant l’âge (J. Simon).

Gomhy résume ainsi le traitement des diarrhées infantiles :

« 11 y a, en dehors du régime alimentaire, qui est capital au double point de vue curatif et prophylactique, deux médicaments éprouvés, Vopium et le bismuth. On devra toujours commencer par là, avant d’avoir recours aux nouvelles médications. L’opium se donnera en potion ou en lavement, sous forme de laudanum de Sydenham, à la dose de 1,2, 3, 4, S gouttes au plus, suivant l’âge (six mois, un an, dix-huit mois, deux ans, trois ans) en répartissant l’ingestion de cette dose sur toute la journée (une cuillerée à café d’heure en heure d’une potion de 60 à 80 grammes). Pour un lavement, on restera plutôt en deçà, à cause de l’impossibilité du fractionnement, et on ne dépassera pas 1 ou 2 gouttes. L opium se donne encore sous forme d’élixir parégorique, dix fois moins actif que le laudanum, à la dose de 10 à 20 gouttes en vingt-quatre heures. 11 se donne enfin sous forme de sirop diacode, h la dose de 2, 4, 6 grammes en vingt-quatre heures, suivant l’âge. »

Si ce traitement échoue, on essayera l’acide lactique, l’acide chlorhydrique. Si les acides sont en défaut, on aura recours aux alcalins, eau de chaux, eau de Vichy, eau de Vais. Comme boissons, on donnera l’eau albumineuse, l’eau de riz, la décoction blanche de Sydenham, le tout édulcoré avec un peu de sirop de coings et additionné de cognac ou de rhum (10 à IS grammes).

Dans les cas très graves, on aura recours au lavage de l’estomac, aux bains sinapisés, aux injections sous-

DIARRHÉES 147

cutanées d’éther, de caféine, d’eau salée. Si la diarrhée se prolonge, oh insiste sur le régime lacté, sur les astringents, sur les toniques, sur l’antisepsie intestinale et les lavements astringents.

La viande crue ne sera pas oubliée; on l’assaisonnera de sucre en poudre ou de confitures pour la faire accepter. Une bonne hygiène générale, propreté absolue de l’enfant, aération, promenades, changement d’air, séjour à la campagne, une cure à Plombières, compléteront le traitement des formes chroniques et rebelles de la diarrhée infantile.

La diarrhée de la syphilis infantile serait très heureusement modifiée par les préparations mercurielles.

Les diarrhées résultant de certains états morbides (entérites, etc., la cachexie srofuleuse, tuberculeuse, etc.) ne sont souvent qu’un épiphénomène et le traitement général dominera dans la majorité des cas le traitement local.

Purgatif doux :

■4 Huile de ricin...

Sirop de gomme..

Eau de fleur d’oranger.. .

Laudanum.

Matin et soir une cnillerée à

. 6 grammes.

. ni gouttes.

café pendant trois jours.

Potion antidiarrhéique :

4 Infusion de roses rouges.... 100 grammes.

Eau distillée de cannelle. i

Sirop de coings. j 30 —

Teinture de cachou. lo

Acide sulfurique alcoolisé. 2

Laudanum de Sydenham. VIII gouttes.

Une cuillerée à café toutes les trois à quatre heures.

4 Hydràrgyrum cum creta. Os^SO

Poudre de Dower. Of 60

Sucre pulvérisé.! ^ ! ! ! ! !! 1 gramme.

fî. S Â nNri'oon An /t.*..,. __1-

F. s. A. Diviser en dix paquets.

Un à trois paquets par jour.

DIPHTÉRIE

Tanin... ■ •

Opium pulvérisé .• Os',05

Craie préparée. 2 grammes.

Sucre.

M. S. A. En dix paquets.

Un toutes les deux heures.

Diathèse hémorrhagique. — (Voir Hémophylie.

Diphtérie. — Dans cet article, nous allons étudier le traitement de la diphtérie dans une de ses localisations les plus fréquentes. C’est dans ce but que nous avons réservé pour ce moment le traitement de l’angine diphtéritique.

Le traitement local, à la suite des decouvertes de Klebs et Lœffler, a pris une très grande importance, et nous résumerons dans cet article les traitements récents. On sait également aujourd’hui que les microorganismes de la diphtérie sécrètent des toxines énergiques (Roux et Yersin) et non moins graves que les localisations bacillaires.

On voit dès lors toute l’importance que peut avoir le traitement général, soit pour combattre l’intoxication (médication spécifique), soit pour permettre à l’organisme de résister (médication reconstituante et tonique).

En complétant cette étude par des considérations prophylactiques nous aurons indiqué, d’après les progrès récents, le traitement de la diphtérie, à un point de vue général. ^

Prophylaxie et hygiène du malade. — A. Lorsqu on est appelé pour soigner un enfant atteint de diphtérie (angine le plus souvent), la première chose à faire est de penser à éviter la propagation de cette grave maladie. Pour cela, le malade sera isolé pendant toute la période ' de la maladie. En effet, les travaux de Roux et Yersin

diphtérie,

ont montré la grande vitalité du bacille diphtéritique. Il y aura donc des mesures à prendre également après la maladie.

Pendant la maladie, l’enfant sera placé dans une piece vaste, bien aérée et bien éclairée. L’air sera renouvelé plusieurs fois par jour, et la température de la chambre sera maintenue entre 16® et 18°.

Tout ce qui sert aux pansements et à l’usage du petit malade sera détruit ou désinfecté chaque fois (tampons d’ouate, pinces, vases, etc.). Les crachats et déjections seront recueillis avec soin et on désinfectera minutieusement les objets qui les ont contenus : lavages à l’eau bouillante, immersion dans des liquides antiseptiques (sublimé, sulfate de cuivre, acide phénique). Le linge sera également désinfecté.

Afin d’éviter la contamination directe et à distance, le médecin devra revêtir des blouses de toile qu’on nettoiera souvent et il en fera porter aux personnes qui soignent les enfants. Ces vêtements seront quittes chaque fois qu’on sortira de la chambre du malade. Après chaque exploration, pansement, etc., on veillera à une désinfection absolue des mains (lavage soigne, immersion dans des solutions de sublimé).

Après la maladie, et connaissant la vitalité du microbe diphtéritique, on prendra des mesures minutieuses, mais très importantes. L'enfant sera baigne plusieurs fois, tous les objets ayant servi seront désinfectés aux étuves, (Genest et IIehscher); vêtements, literie, tentures, etc. La chambre sera lavée avec soin, elle sera condamnée jusqu’à ce qu’elle ait été complètement désinfectée, vapeurs sulfureuses, et mieux, pulvérisations de sublimé. Grâce à ces précautions, le médecin aurafait son devoir et évitera ainsi les chances de contagion. ... ...

Nous parlerons plus loin des pulvérisations antisep-

diphtÆr:

tiques pendant la maladie, car elles entrent dans le traitement proprement dit.

B. Traitement local. — On admet aujourd’hui généralement que la maladie est d’abord locale. Cette conception a conduit les médecins à traiter rigoureusement la localisation primitive, afin d’atténuer ou même d’éviter l’infection générale. Aussi le traitement local a-t-il pris ces dernières années une grande importance (J. Simon, Gaucher, Hutinel, Jacobi, Baginski, etc.).

Le traitement local se composera principalement d’irrigations, de badigeonnages, de gargarismes et de pulvérisations locales et générales.

Pulvérisations. — Les pulvérisations dans la chambre sont très préconisées auj ourd’hui. Elles ont l’avantage de charger l’air de vapeurs humides et peut-être, quand on se sert de liquides antiseptiques, de désinfecter l’atmosphère. Pour cela, on fait évaporer ou pulvériser des liquides contenant du goudron, du thymol (J. Simon), de l’acide phénique (Renoü, Delthil) ou du sublimé. On préconise aussi les vaporisations d’aseptol (Grognot).

Quelques auteurs ont cherché à modifier et à détruire les lésions par les pulvérisations locales; nous allons simplement signaler les essais faits dans ce but : pulvérisations liquides : vinaigre (Engelman), eau de chaux, eau phéniquée, perchlorure de fer, eau de Vichy, sublimé : 0,05 à 0,10/200 (Stompf).

On a essayé d’enrayer le mal par les pulvérisations, et mieux, par l’insufflation de corps solides tels que : tanin (Barthez), fleur de soufre non lavé (Barbosa), sulfate de quinine (Burckhardt), sel de cuisine (Seibert), sucre (West).

Les irrigations constitueront pour nous, avec les badigeonnages, le fond du traitement des fausses membranes. Les lavages ont pour effet de maintenir la gorge et la bouche propres et d’éviter les infections secon-

DIPHTÉRIE

daires; déplus, elles contribuent à détacher, sans effort et sans traumatismes, les fausses membranes.

Ces irrigations remplacent les gargarismes qui ne peuvent être employés que chez des enfants déjà âgés; on pourra d’ailleurs employer cette méthode utilement chez eux, en tentant de leur apprendre à se prgariser. Ces irriptions se feront plusieurs fois par jour avec des solutions tièdes d’acide borique à 4 0/0 (J. Simon Hdtinel), eau chloroformée faible avec ou sans aseptol; eau de chaux, eau de Vichy (Blache). On peut employer également pour ces lavages le sel de cuisine (1 0/0), le thymol 1 0/00, le naphtol, 0s^02à0e'’,03 0/10 (Gaucher), l’acide phénique neigeux, (0,3 à 1 0/0) Le salicylate et le benzoate de soude à 2 0/0 et le vinaigre antiseptique de Pennés étendu d’eau (Blache). Ces irrigations seront répétés plus ou moins, suivant les indications.

G. Badigeonnages. — Les différents topiques essayés sont très nombreux, mais nous ne signalerons que les principaux employés depuis que cette méthode a été bien réglée.

Ces badigeonnages peuvent se faire avec des pinceaux; il vaut mieux se servir de tampons de coton hydrophyle fixés dans une pince à forci-pressure. Ces tampons ne serviront qu’une fois et seront brûlés immédiatement. On doit éviter dans les attouchements toute brusquerie qui amènerait des lésions de la muqueuse.

Ces badigeonnages seront répétés plus ou moins souvent, suivant les cas, et on les fera alterner avec les irrigations.

Nous intercalons volontiers entre les badigeonnages que nous allons décrire des attouchements avec le jus de citron, qui nous a paru être un excellent topique, quoique d’ordre secondaire. Parmi les solutions

V 152 DIPHTÉRIE

employées, nous signalerons celles qui semblent avoir donné de bons résultats; nous indiquerons même les deux formules suivantes. J. Simon, se sert de la solution suivante :

■ 4 . Acide salicylique. Os^eO.

Infusion d’eucaiyptus. 60 grammes.

Glycérine.. 40 —

Aicool.... 15 —

N. B. Dissoudre préalablement l’acide salicylique dans l’alcool, ajouter la glycérine, puis 1 infusion d’eucalyptus.

Gaucher préconise la solution suivante, qui est très employée et réussit souvent :

21 Acide tartrique Acide phénique Alcool à 90»....

Huile d’olive...

Camphre.

Comme J. Simon, nous n’employons pas volontiers l’acide phénique chez les jeunes enfants; nous le l’éservons pour les enfants %és de plus de trois ans, et nous prescrivons toujours l’acide phénique neigeux sans dépasser 2 à 3 grammes.

On a essayé aussi le naphtol camphré.

Voici quelques autres substances employées en badigeonnages ; créosote (Legroux), naphtol (Legendre), perchlorure de fer (Gdelpa) sublimé, (Hütinel, Werner), huile lourde de pétrole (Lamarre, Blache'. Enfin, on a préconisé récemment le phénol sulforiciné (Josias) ; ce mélange serait inférieur aux solutions contenant la glycérine; il diffuse trop, contenant de l’huile (olive, ricin), qui mouille peu et pas assez.

Ce collutoire phéniqué est pénétrant et adhérent (Armaingaüd) et aurait été employé avec succès par Cadet de Gassicourt, d’Heilly, le professeur Grancher.

Comhy le préconise à cause du peu de douleur qu’il

4 gramme.

5 grammes.

DIPHTÉRXB

occasionne. Nous ne prolongerons pas inutilement cette liste d’antiseptiques employés localement, mais nous ne croyons pas mieux faire que de résumer des expériences faites par MM. Ghantemesse et Vidal et qui seront utiles à consulter.

Ces auteurs ont observé que les produits suivants se sont montrés inefficaces sur le bacille diphtéritique ;

Eau de chaux médicinale.

Tanin à.

Acide phénique a.

— borique à.

Sulfate de cuivre.

Acide salicylique.

Perchlorure de fer.

lodure de mercure.

Au contraire, le développement des bacillesest retardé par la solution de Sauteon de Romorantin (cette solution comprenait de l’acide phénique pur, du camphre et de l’huile d’olive), et parla solution de Gaucher dans laquelle cet auteur remplace l’huile par la glycérine.

En somme, le traitement local dans la diphtérie est très important et doit se composer de pulvérisations, de lavages et de badigeonnages antiseptiques faits avec méthode et dont l’usage sera répété proportionnellement à l’activité l’eproductive des fausses membranes.

Traitement génébal. — Il comprendra deux points : 1“ combattre l’infection ; 2“ soutenir les forces.

La première partie de ce traitement n'est pas facile, car il n’y a pas de médication spécifique contre l’intoxication diphtéritique.

Celle-ci, en effet, n’est pas une infection par pénétration de microbes, mais bien un empoisonnement par les toxines sécrétées par le bacille de Klebs et Lœffler (Loeffler). On a essayé cependant d’agir sur la diphtérie

DIPHTÉRIE

par la médication interne. Les balsamiques (cubèbe, copahu) doivent être essayés; lesmercuriaux (calomel), le chlorate de potasse, peuvent être employés, mais ne semblent pas donner de résultats. La pilocarpine aurait donné quelques succès à Lereboullet et à Gutzman. Quelques auteurs ont essayé de favoriser l’élimination du poison par les purgatifs salins et les diurétiques (digitale, spartéine, strophantus).

Nous pensons qu’il faut avant tout se méfier de l’action débilitante de tous ces médicaments, dont le pouvoir est d’ailleurs hypothétique. Le perchlorure de fer a été également administré à l’intérieur (J. Simon) : 5 à 6 gouttes.

Le benzoate de soude n’a pas donné de résultats. M. Daly préconise le calomel jusqu’à purgation énergique. Jacobi donne du sublimé OsfjOOl à Os^OOS. Signalons enfin la papaïne, qui aurait donné des résultats variables à Bouchut, Wiirtz, Rossbach.

Nous résumerons en disant qu’il faut peu compter sur l’action de ces médicaments, et que, dans les cas où on les emploiera, il faudra en user avec prudence.

En effet, il faut avant tout éviter de débiliter l’enfant, déjà profondément atteint par la diphtérie ; tel est le second point du traitement général. On veillera donc avec soin à soutenir les forces de l’enfant. Pour cela, on ordonnera un régime essentiellement tonique. On usera largement de l’alcool sous toutes ses formes : vins généreux, cognac de 10 à SO grammes par jour (Cadet deGassicodrt). Le café, le thé, la kola, seront d’excellents toniques. Enfin on aura recours aux préparations de quinquina.

Pendant la maladie on combattra l’hyperthermie, on veillera avec le plus grand soin sur le cœur, dont la parésie est fréquente. Ici encore, l’alimentation reconstituante et les toniques rendront de grands services.

Page 1