ÉRYSIPÈLE
grave chez le nourrisson, et, si l’érysipèle coïncide'parfois avec une infection puerpérale de la mère (Widal), le plus souvent elle est due à l’infection par la cicatrice ombilicale, ou par les plaies du vaccin. Ces considérations ont donc une très grande importance au point de vue de la prophylaxie. Pour cela, on veillera à tenir l’enfant dans une propreté absolue, à appliquer une antisepsie rigoureuse de la plaie ombilicale (voir Cordon ombilical), et des plaies vaccinales, etc.
Une fois déclaré, le traitement ne diffère pas sensiblement du traitement habituel, mais le pronostic est toujours sévère chez les jeunes enfants.
Érysipèle chez les enfants plus âgés : l’affection est rare (Rillibt et Barthez) et, si elle prend parfois une grande extension, elle se termine favorablement dans la plupart des cas. La gravité réside surtout dans la. localisation et la propagation à certains organes (méninges, glotte, pharynx).
Le traitement comprend :
foLes mesures prophylactiques : isolement, propreté, pansement des plaies, etc.
2» Traitement LOCAL. — On essayera d’agir par l’application topique des antiseptiques. Dans ce but, on a employé les compresses humides d’acide borique; nous nous servons de préférence de solutions dé sublimé et très rarement d’acide phénique. On a préconisé l’iodoforme, les badigeonnages de glycérine phéniquée à3 0/0,
la térébenthine, la teintured’iode, la résorcine,richthyoL
Malheureusement, l’application de tous ces antiseptiques n’est pas sans danger chez les jeunes enfants. Les compresses trempées dans la solution de Van Swieten dédoublée nous ont toujours donné de bons résultats, et n’ont pas présenté d’inconvénients.
Les insuccès nombreux de certaines méthodes ont fait appliquer chez l’enfant des moyens plus énergiques.
ÉRYTHÈMES
Nous les signalerons simplement : injections locales hypodermiques (acide phénique à 1 pour 2,000; savonnages soignés de la région malade et lotions énergiques avec des solutions fortes de sublimé et d’acide phénique. On a même préconisé les scarifications suivies de lotions antiseptiques.
3oTr AITEMENT INTERNE, — Il Sera surtout symptomatique.
Disons cependant qu’on a essayé de combattre ainsi l’infection; on a donné dans ce but du benzoate de soude, de l’acide phénique, de la résorcine, de l’antipyrine, etc...
Le traitement général variera avec les cas (gravité, hyperthermie, etc.). Nous ordonnons volontiers de [la quinine à l’intérieur comme antithermique et tonique. Le salicylate de soude sera donné avec prudence à cause de son action dépressive. Les toniques (alcool, etc.) sont indiqués et seront donnés dès le début.
4° Traitement des complications. — Elles seront combattues et prévenues dans la mesure du possible. Les indications ici varieront avec la nature, le siège et la gravité de la complication; nous n’y insistons pas.
Érythèmes. — I» L’érythème simple est très fréquent chez les jeunes enfants; il est connu encore sous le nom d’intertrigo, érythème papuleux ou ulcéreux. MM. Sevestre et Jacquet'les ont bien étudiés et ont montré combien il était difficile de les distinguer parfois de certaines éruptions syphilitiques. Ces auteurs en distinguent deux variétés : 1» érythème simple des fesses 2" érythème lenticulaire ou postérosif (?) (Jacquet).
Dans le traitement, on cherchera surtout à prévenir l’alfection en prenant de grands soins de propreté.
On surveillera les fonctions digestives, qui ont une si grande influence dans les affections cutanées infantiles (Brocq, Sevestre).
ÉRYTHÈMES
Contre l’érythème déclaré, on appliquera des lotions émollientes et même astringentes ; les régions malades seront poudrées avec de l’amidon ou du lycopode. Afin d’éviter les frottements, il sera prudent de poudrer les plis avec des poudres de : oxyde de zinc, bismuth, talc, seuls ou associés à l’acide borique finement pulvérisé. Dans certains cas, on sera obligé de combattre le prurit; pour cela, on conseille l’acide salicylique, le vinaigre ; nous nous montrons très modérés dans l’application dans ces cas de l’acide phénique.
2“ En dehors de ces érythèmes de la première enfance, on observe encore, chez les enfants plus âgés et chez les adolescents, d’autres érythèmes que nous allons signaler rapidement.
Érythème polymorphe (populeux, vésiculeux). — Ici le traitement général a une grande importance. En effet, dans l’étiologie on relève fréquemment, dit Brocq : le froid, l’alimentation mal appropriée, certains médicaments, quelques infections générales, ou le rhumatisme. On surveillera donc le régime; l’enfant sera purgé; on combattra l’anémie, le lymphatisme, la diathèse rhumatismale, etc...
Les alcalins peuvent rendre service dans ces cas.
Localement,on combattra les lésions par des poudres de bismuth, d’oxyde de zinc; les lotions vinaigrées de sublimé contre le prurit ; l’eau chloralée nous réussit souvent.
Erythème noueux ou induré des adolescents. — Ici encore, on a incriminé le lymphatisme, l’anémie, l’arthrytisme, la dentition, le régime. Pour nous, c’est une manifestation rhumatismale. Suivant les cas, on ordonnera les toniques, les alcalins, les iodures ; l’iodure de fer est excellent.
Le traitement local donne lieu rarement à des indications. Le prurit et la douleur seront traités s’il y a lieu.
Erythème ruhéoliforme. — Dans ce groupe, Brocq fait