ADDISON
faut, en effet, se rappeler que l’aconit a une action dépressive très marquée.
L’aconit trouve encore des indications dans certaines affections cardiaques; il régularise les battements du cœur. Blache père l’associait à la digitale, dont il mitige l’action trop énergique.
Par ses propriétés sédatives sur la circulation, l’aconit peut être employé contre les hyperthermies des fièvres éruptives, et par ses propriétés anesthésiantes il trouvera son emploi dans bien des affections douloureuses.
En résumé, l’aconit sous forme d’alcoolaturede racines est un excellent médicament, et son usage rend de très grands services dans la thérapeutique infantile, principalement dans les affections des voies respiratoires à caractère spasmodique.
Potions.
¥ Alcoolature de racine d’aconit...... Va XV gouttes.
•Cognac.. 10 à 30 grammes.
Julep gommeux. .]20
par cuillerée à café de vingt 2i Alcoolature de racine d’aconit. ....
Teinture de digitale.
Sirop de codéine...
Julep gommeux......
par cuillerée à café d’heure ei
vingt minutes.
V à XV gouttes.
VI à XII —
12 grammes.
1 heure.
Alcoolature de racine d’aconit... V à XV gouttes.
Teinture de belladone. IV à X —
Sirop de tolu.. 20 grammes.
Eau distillée...... -lao —
par cuillerée à café d'heure en heure.
Addison (Maladie d’). — Affection intéressante et grave qui a été observée assez souvent chez l’enfant (Monti, 12 cas; Leyg, 1 cas; Pye-Smith, 1 cas).
lÉNITBS
Malheureusement, cette maladie a un pronostic des plus sombres, et jusqu’à ce jour la thérapeutique n’a rien pu faire contre elle.
Adénites.
Adénites aiguës. — Elles peuvent être traumatiques, consécutives à une lésion de voisinage ou relever d’une infection générale aiguë (bubons scarlatineux).
Elles devront être traitées dès le début, afin de combattre et de prévenir la suppuration.
On mettra l’enfant au repos et, s’il y a une plaie causale, elle serapansée antiseptiquement. Le traitement symptomatique variera avec les cas (fièvre, troubles digestifs, etc.).
Quant à l’adénite elle-même, elle sera combattue par des onctions mercurielles belladonées employées avec prudence. On a vanté comme abortifs au début les badigeonnages de teinture d’iode, les petits vésicatoires volants. Jadis on employait les cataplasmes; aujourd’hui on leur préfère, quand c’est possible, des bains prolongés faiblement antiseptiques; les pansements humides avec des solutions d’acide borique ou de liqueur de Van-Swieten dédoublée.
En Allemagne, certains médecins vont jusqu’à con- , seiller des injections intra-ganglionnaires abortives.
Tel est le traitement médical des adénites aiguës ; il doit être fait le plus tôt possible, car nous avons ainsi obtenu souvent d’excellents résultats. Malheureusement, il ne permet pas toujours d’éviter la suppuration. Le traitement devient alors chirurgical et nous n’y insistons pas.
Adénite chronique simple. — Cette variété a été l’objet de nombreuses discussions. Tour à tour admise et rejetée, elle semble aujourd’hui acceptée par les cliniciens et les bactériologistes (Lejaes).
8 ADÉNITES
L’évaluation et l’étiologie de cette affection montrent que le traitement rationnel doit s’adresser à la cause.
En faisant disparaître cette dernière, on voit les lésions ganglionnaires diminuer et guérir. Dans certains cas cependant, la résorption est très lente à se faire ; on agira alors localement par la compression, les révulsifs légers, les pommades iodurées, etc.
Adénites scrofuleuses. — Le traitement devra être d’abord préventif; en effet, on peut prévenir par une hygiène bien comprise l’apparition de la scrofule dont l’adénite estune des manifestations les plus fréquentes. Dans ce but, il faut conseiller l’allaitement au sein, un sevrage tardif et prudent, une surveillance attentive de l’alimentation de l’enfant pendant les premières années. Nous n’y insistons pas plus longuement dans cet article, car cette question de prophylaxie sera traitée en détail à l’article scrofule.
Le point capital du traitementde l’adénite scrofuleuseréside dans le traitement général. Nous ajouterons même que la médication est impuissante si elle n’est pas secondée par une excellente hygiène. On s’attachera dès le début à mettre l’enfant dans les meilleures conditions hygiéniques possibles (habitations saines, aérées, propreté du corps, vêtements chauds, exercice en plein air, bonne nourriture). Tous ces détails ont leur importance. Les enfants scrofuleux devront être suralimentés et les aliments riches en graisse seront très utiles.
C’est dans ce sens qu’agit en partie l’huile de foie de morue, mais elle n’est indiquée qu’en l’absence de la fièvre et de tout trouble digestif. On a préconisé avec raison de compléter tous ces soins d’hygiène générale par le séjour à la campagne, aux bords de la mer : Bercksur-Mer. Les bains seront également des plus utiles, bains de sel, bains sulfureux.
Dans certains cas, on retirera de grands bénéfices
ADÉNITES
d’une saison à Salins-du-Jura, à Salies-de-Béarn, à Uriage, à Lavey (Suisse).
En résumé, nous avons de grandes ressources pour traiter les adénites scrofuleuses, mais tous ces soins devront être dirigés avec prudence. En effet, on ne saurait traiter tous les cas de la même façon; par exemple, on ne soignera pas un enfant chétif, fiévreux, pâle, par des exercices trop violents, par l’hydrothérapie froide, immodérée. Il faudra agir selon le tempérament du malade. A côté de ces soins d’hjgiène générale, d’ailleurs très importants, la scrofule réclame une thérapeutique médicale suivant les cas et les résultats obtenus; on ordonnera les préparations iodées (sirop d’iodure de fer, saccharure de fer, iodure de potassium, 0'f,50).
La teinture d’iode donnée par gouttes est également un excellent résolutif (Blache). L’arsenic sera employé plus tard, ainsi que les eaux minérales iodées et arsenicales.
Nous ordonnons volontiers dans les cas de scrofule ganglionnaire le vin ou le sirop antiscorbutiques, le cresson, le houblon, et les amers, qui agissent en activant les fonctions digestives.
Dans tous les cas, il faut éviter d’instituer des traitements débilitants (vomitifs, purgatifs, etc.).
Enfin il ne faut pas oublier le traitement local ; il viendra compléter le traitement général et répondra à certaines indications spéciales (rougeur, douleur, etc.). Les onctions avec des pommades iodurées (iodure de plomb, iodure de potassium) seront le plus souvent employées. On a conseillé dans ces dernières années des pommades iodoformées. Quant aux massages, nous croyons qu’ils sont plus nuisibles qu’utiles.
Enfin il nous reste à signaler un traitement curatif local qui a donné de nombreux succès : ce sont les
ADENITES
injections intraganglionnaires d’éther iodoformé, de naphtol camphré, de teinture d’iode, de chlorure de zinc (Lannelongüe). Ces injections seront indiquées quand l’engorgement ganglionnaire est très développé, et quand la régression ne se fait pas. Mais elles ne peuvent s’adresser qu’aux ganglions superficiels. Parfois, ces ganglions suppurent; on instituera alors un traitement chirurgical approprié.
, Pommades résolutives.
^ Onguent napolitain... 2 à 6 grammes.
Extrait de belladone. 3 —
Lanoline. 6 —
Vaseline. 15 —
En onctions matin et soir.
^ lodure de potassium. 3 grammes.
lodure de plomb.... i —
Lanoline.,
Vaseline..
En onctions.
I ûù, 10 —
P Teinture d’iode..
lodure de potassium
Lanoline...
Vaseline.
à XV gouttes.
3 grammes.
ùà 15 . —
Adénopathie trachéo-bronchique. — Cette affection comprend de nombreux états pathologiques des ganglions du médiastin et péritrachéo-bronchiques (adénite hypertrophique, inflammatoire, tuberculeuse, cancéreuse, etc.). Parmi ces différentes lésions, les plus fréquentes et les plus intéressantes à étudier chez l’enfant sont les engorgements simples résultant des congestions et inflammations de l’appareil respiratoire (J. Simon). Nous nous occuperons donc ici des adénites simples.
Le traitement de cette affection comprend plusieurs points: le traitement symptomatique d’abord, essayer d’agir sur la lésion ensuite, puis enfin soigner l’état
lDKNITES
général. On combattra ainsi les causes de l’affection, ce qui constituera un excellent traitement préventif.
La toux et certains autres symptômes fonctionnels sont une cause de fatigue et d’épuisement pour l’enfant. Cette toux, qui est toujours coqueluchoïde, sera combattue par les antispasmodiques; la teinture de belladone seule ou associée à l’alcoolature d’aconit est très utile dans ces cas; S à 10 gouttes par jour. On peut employer également les bromures, le sirop d’éther, le sirop de chloral. L’opium et ses dérivés seront réservés pour des enfants âgés. M. J. Simon emploie chez eux du sirop de codéiije ou diacode (une cuillerée à café le soir au moment du coucher). Si les quintes se prolongent malgré le traitement, certains auteurs ont conseillé d’employer alors le sulfate de quinine, la teinture de digitale ou le bromure de sodium. On pourra essayer dans quelques cas rebelles les inhalations d’air ozonisé qui nous ont donné de bons résultats.
On essayera d’agir dès le début sur la lésion ellemême, on cherchera à faire disparaître l’hypertrophie ganglionnaire. Tous les auteurs sont d’accord pour dire que la médication est très utile, qu’elle donne de nombreux succès, mais qu’elle doit être longuement poursuivie. En effet, les résultats sont très lents à se produire (Granchbr, J. Simon, Baréty, G. de Mussy, etc.).
Le professeur Grancher préconise l’huile de foie de morue à doses croissantes allant jusqu’à 6 et 8 cuillerées par jour; mais il insiste comme nous sur la nécessité absolue de commencer par de petites doses. Le traitement curatif comprend surtout l’emploi des préparations indurées; teinture d’iode : 3 à 10 gouttes par jour (G. de Müssy, Blache). Deux bonnes préparations sont l’iodure de fer et l’iodure de potassium. Nous conseillons de faire en même temps usage d’eaux sulfureuses, telles que les eaux du Mont-Dore, d’Eaux