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ECZÉMA DU NOURRISSON

L'eczéma est une des manifestations de la suralimentation du nourrisson ; il apparaît le plus souvent vers le quatrième ou le cinquième mois aussi bien chez l’enfant élevé au sein que chez l’enfant élevé au lait de vache. Le plus souvent la suralimentation est à la fois quantitative et qualitative, mais elle peut tenir uniquement soit à la quantité, tétées trop copieuses ou trop fréquentes, soit uniquement à la qualité, lait trop riche en beurre. Ce sont presque toujours des nourrissons paraissant très bien supporter cette suralimentation qui en sont atteints, et par conséquent des bébés superbes, volumineux, très admirés pour leur embonpoint. Aussi cet accident est-il relativement assez rare, car la plupart des enfants suralimentés sont d'ordinaire pris très rapidement de vomissements et de diarrhée verte, en un mot de gastroentérite, qui attire l’attention et exige des modifications quantitatives et qualitatives des tétées.

Cette variété d’eczéma reste habituellement localisée au visage, il débute « par les pommettes, sous forme d’une

THÉRAPEUTIQUE OBSTETRICALE

tache diffuse qui vient et qui s’en va, puis devient fixe, chaque jour plus congestive, très prurigineuse » (Sabouraud). A sa surface apparaissent ensuite des points acuminés qui sont mis à nu par le grattage et qui laissent sourdre quelques gouttelettes de liquide séreux. Celui-ci se dessèche et constitue des croûtes minces et jaunâtres que Tentant arrache au moment des crises congestives ; ces dernières se produisent trois ou quatre fois flans les vingt-quatre heures, quelquefois plus souvent, et s’accompagnent de prurit. Ce dernier prend parfois une telle intensité que l’enfant s’agite, crie, cherche à se gratter, si on n’attache pas les mains, et qu’il peut même perdre tout sommeil.

Dans ce cas l’eczéma s’est d’ordinaire généralisé à tout le visage; parti des régions malaires, il a gagné les parties antérieures des oreilles, le dessus des sourcils, le front, les joues, le menton, le cou même; l’enfant paraît alors recouvert d’un véritable masque vernissé, puis parcheminé, rougeâtre, souvent craquelé et surmonté de plaques jaunes, masque laissant indemne les cavités naturelles.

Il est très rare de voir cet eczéma s’étendre sur le thorax, la face antérieure des bras et même plus bas encore.

Une complication fréquente est l’impétigo, qui vient se greffer sur les lésions eczémateuses et qui de là gagne rapidement les régions voisines et particulièrement le cuir chevelu.

Ce qu’il faut bien savoir c’est (pic l’eczéma ne cède à aucun traitement purement externe; des modifications dans l’alimentation sont seules capables de le faire disparaître. Ainsi est expliquée son amélioration spontanée au moment du sevrage. La guérison se produit peu à peu, les crises congestives s’espacent, les plaques diminuent, et la peau reprend son aspect normal sans cicatrices, s’il n’y a pas eu d’infection surajoutée.

Traitement. — La thérapeutique à mettre en œuvre devra s’adresser beaucoup plus à la cause qu’aux lésions cutanées elles-mêmes. On se renseignera sur le mode d’ali-

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mentation de l’enfant ; est-il nourri au sein, on espacera et on diminuera les tétées. La quantité de lait permise à chaque tétée dépendra de l’âge du nourrisson (voir Allaitement).

Est-il nourri au biberon, on suivra la même règle, le lait sera donné en moindre quantité à chaque tétée, celles-ci seront plus espacées : toutes les trois heures, avec repos de dix heures du soir à six ou sept heures du matin; enfin le lait sera coupé. S’il était donné pur, on mettra deux tiers de lait pour un tiers d’eau bouillie ou d’eau de Vais, et on y ajoutera du sucre, environ 1 gramme pour 10 grammes de liquide. Dans certains cas, on peut être obligé de changer le lait qui est trop riche ou de donner du lait écrémé, du babeurre, etc.

Enfin s’agit-il d’un enfant âgé de sept à huit mois et soumis exclusivement au régime lacté, il est alors nécessaire non seulement de se conformer aux prescriptions alimentaires précédentes, mais encore de commencer l’usage des bouillies. Celles-ci seront faites avec de l’eau ou du bouillon de légumes, 150 grammes environ, et avec une farine simple : orge, froment, avoine, riz, arrow-root, on y ajoutera 10 à 15 grammes de sucre; il ne faudra pas au début employer les farines composées très répandues dans le commerce.

Une seule bouillie sera donnée pendant le premier mois, elle remplacera une tétée ; le mois suivant une . deuxième bouillie sera prescrite dans les mêmes conditions.

Quant au traitement local destiné à faciliter la disparition des plaques eczémateuses, il consistera à appliquer à leur niveau une légère couche de la pommade suivante :

Oxyde de zinc 7 grammes

Vaseline . . . \

Lanoline. (àâlO —

Huile d’amandes douces fraîches . . . . )

(Sadouraud.)

Les nettoyages ne seront jamais faits avec du savon, mais avec de l’huile de vaseline.

THÉRAPEUTIQUE OBSTÉTRICALE

S i] existe des infections surajoutées, on lavera les régions malades avec de l’eau d’Alibour ou avec le mélange suivant :

Eau bouillie 2 parties

Eau oxygénée à 12 vol 1 —

EMBRYOTOMIE

Dans le langage obstétrical courant, embryotomie signifie embryotomie rachidienne ou cervicale. C’est dans cette acception que nous emploierons ce mot renvoyant à l’article Basiotripsie pour l’embryotomie céphalique et à Eviscération pour le morcellement réglé ou non du fœtus.

Indications. — On peut dire que l’embryotomie cervicale a pour indication unique la pi'ésentalion de l'épaule avec enfant mort. Toutes les fois que ces deux conditions sont réunies, il faut rejeter la version et se décider d’emblée pour la section du cou. Inversement, chaque fois que dans la présentation de l’épaule l’enfant est vivant , même lorsque la version est impossible, il faut rejeter l’embryotomie el faire une opération césarienne.

La conduiteà tenir serait donc d’une grande simplicité s'il était toujours possible de faire une opération par la voie liante. Malheureusement, en pratique, on peut rencontrer des difficultés d’exécution insurmontables, soit que le milieu rende toute opération abdominale dangereuse, soit qu’on se heurte au veto absolu de la malade et de son entourage. Disons tout de suite qu'il est exceptionnel devoir le fœtus continuer à vivre malgré une rétraction utérine assez marquée pour rendre la version impossible, mais enfin cela peut arriver. Que faire en pareil cas ? Il faut rechercher parle palper et l’inspection les deux signes cardinaux de la rupture imminente : 1° l’encoche utérine au niveau du sillon du cou ; et 2“ la présence d’une bosse œdémateuse profonde au-dessus du pubiseten avant de l’utérus, bossequ’il ne faut pas confondre

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