FÉCONDATION ARTIFICIELLE
On désigne sous le nom de fécondation artificielle une opération qui consiste à injecter du sperme dans la cavité
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utérine. Les indications de cette manœuvre sont assez imprécises et on peut même la considérer comme physiologiquement très discutable.
En effet, dans le coït normal le sperme est projeté dans les culs-de-sac vaginaux et sur le museau de tanche, mais nullement dans la cavité utérine, sauf peut-être dans cer tains cas de béance anormale du col coïncidant avec une rétroversion ou rétroflexion suffisante pour que l’axe de;. L utérus soit dans le prolongement de celui du vagin.
Il n'est pas démontré que l’utérus puisse, comme on l’a prétendu, aspirer une quantité quelconque de sperme au moyen d'une dilatation de son corps succédant à une contraction, telle une poire en caoutchouc que l’on veut remplir de liquide. Il semble probable au contraire que seuls, les spermatozoïdes pénètrent, grâce à leurs mouvements propres, dans le canal cervical, puis utérin pour gagner de là les trompes en luttant victorieusement contre les cils vibra tiles de l’épithélium utéro-salpingien qui tendent à les repousser en sens inverse. On sait, d’autre part, que, pour que la fécondation soit possible, il n’est pas nécessaire que le sperme soit déposé dans le vagin, il suffit qu'il soit projeté sur la vulve. En l’injectant dans la cavité utérine, on se propose de franchir un obstacle siégeant dans le canal cervical (sténose, barrière glaireuse résultant d'une cervicite, flexion, etc.). Mais il est alors beaucoup plus logique de traiter d’abord directement ces causes de stérilité pour ne recourir à la fécondation artificielle qu’après l’échec d’une thérapeutique plus rationnelle.
11 serait également indiqué de l’employer, si l’on constatait chez une femme comme cause unique de stérilité une acidité permanente des sécrétions vaginales. On sait eu effet que les spermatozoïdes sont rapidement tués par les acides.
Enfin nous trouvons encore des indications dans les cas où le coït est impossible soit du fait de la femme (vaginisme, etc.), soit du fait du mari. Dans ce dernier cas, il
THÉRAPEUTIQUE OBSTETRICALE
faudrait : 1° qu’il soit possible d’obtenir des éjaculations ; 2° que le sperme renferme des spermatozoïdes.
Nous devons faire remarquer que dans ces différentes hypothèses, où il y a impossibilité du coït, il n’est nullement nécessaire d’aller injecter le sperme dans l’utérus, il suffit de le déposer sur le museau de tanche.
En résumé, les indications de la fécondation artificielle nous paraissent très restreintes. Nous allons brièvement indiquer sa technique.
11 faut d’abord s’assurer que le sperme à injecter contient des spermatozoïdes. S’il n'en renferme pas, on se gardera de faire part de cette découverte aux intéressés, mais on les dissuadera de l’opération projetée sous un prétexte • quelconque.
Les périodes les plus favorables à la fécondation sont les jours qui précèdent ou qui suivent immédiatement les règles.
L’instrumentation peut se réduire à peu de chose; il existe bien des seringues spéciales, de Roubaud.de Pajot, etc., mais il nous paraît inutile d’employer autre chose qu’une seringue ordinaire à injections hypodermiques toute en verre et une sonde en gomme à bout coupé n° 8 ou 9 de la filière Charrière.
La meilleure manière de recueillir le sperme est de coiffer la verge d’un condom incomplètement enfoncé. Quand l’éjaculation est terminée, on le retire et, en donnant un coup de ciseaux à l’extrémité du cul-de-sac, on recueille aisément le sperme dans un petit récipient quelconque (verre de montre par exemple).
Tous les objets qui serviront à recueillir, puis à injecter le sperme, doivent être stérilisés par ébullition dans de l’eau salée physiologique à 8 grammes pour 1.000, puis amenés et maintenus à une température aussi voisine que possible de 37° centigrades. Point n’est besoin pour cela d’une étuve spéciale, il suffit de les déposer sur une couche assez épaisse de coton hydrophile imbibé d’eau salée à cette température.
THÉRAPEUTIQUE OBSTÉTRICALE
Il csl important de ne se servit' que d’eau salée physiologique, car on sait que l’eau pure est toxique pour les spermatozoïdes.
11 reste à injecter le sperme dans l’utérus. La sonde en gomme (pie l’on a préparée a un pavillon beaucoup trop large pour s’adapter à la seringue hypodermique, il faut avec des ciseaux couper la presque totalité du pavillon et n’en laisser qu’un petit bout en entonnoir juste assez grand pour que la petite extrémité de la seringue y pénètre bien exactement et tienne d’elle-même sans se déplacer au moindre mouvement.
Pour l’injection le mieux est de mettre la pat iente en travers de son lit, les membres inférieurs maintenus fléchis par un procédé quelconque (aides, porte-jambes, chaises, etc.). On introduit un spéculum, puis on nettoie le museau de tanche avec un peu de coton stérilisé monté sur une pince. On peut alors placer doucement la sonde en gomme, qui doit être enfoncée jusqu’à sa rencontre avec le fond de l’utérus. Cette introduction d’une sonde n° 9 est presque toujours des plus faciles ; si l’on craignait de ne pas pouvoir passer, il faudrait mettre l’avant-veille une laminaire qu’on laisserait 12 heures, mais il est préférable d’éviter cette dilatation préalable.
Une fois la sonde mise en place, on aspire le sperme avec la seringue et, après l’avoir adaptée exactement au pavillon de la sonde, on pousse très doucement l’injection.
Il faut éviter d’injecter dans la cavité utérine uni1 trop grande quantité de sperme. Le canal de la sonde en retient environ quatre dixièmes de centimètres cubes; en chargeant la seringue d’un centimètre cube de liquide séminal, on introduit donc dans l’utérus à peu près un demi-centimètre cube de semence, il serait inutile et même nuisible de dépasser ce volume, on risquerait de provoquer des contractions utérines douloureuses.
L’injection terminée, la malade se place dans le décubitus horizontal, le siège légèrement surélevé par un coussin ; elle
devra garder cetle position pendant quelques heures et rester 24 heures au lit.
Chez certaines femmes on peut observer des coliques utérines plus ou moins violentes et parfois, mais rarement, des réllexes cardiaques allant jusqu’à la syncope. Dans le premier cas on prescrira un lavement à conserver composé de :
Laudanum de Sydenham XX gouttes
Antipyrine 1 gramme
Eau tiède un demi-verre
L’état lipothymique ou syncopal sera combattu par le décubitus horizontal, les flagellations, les frictions d’alcool, les injections intra-musculaires d’éther.
On exigera que le mari assiste à toutes les opérations et, autant que possible, on fera devant lui la stérilisation de tous les instruments.
FIBROMES ET PUERPÉRALITÉ
Les fibromes utérins ne sont pas une cause de stérilité, bien qu'on les rencontre de préférence chez les femmes qui n’ont jamais eu d’enfants. Lorsqu’ils existent dans un utérus, qui est devenu gravide, ils subissent le plus souvent des modifications déterminées par la grossesse, ils peuvent
aussi retentir sur l’évolution de cette dernière, sur le travail et même sur les suites de couches.
Clinique. — Sous l’iniluence du développement de l’utérus gravide, les fibromes implantés sur cet organe participent à l’hypertrophie du muscle utérin, aussi peuvent-ils augmenter rapidement et considérablement de volume, surtout lorsque le tissu musculaire prédomine dans leur structure. Leur hypertrophie est moins accusée lorsqu’ils sont constitués par du tissu fibreux. Parfois le développement de la tumeur s’accompagne d'un ramollissement dû à