TH ÉR A PEUT IOIJE ORST ET R I( IA L E
braneux une solution de continuité, rupture prematuree spontanée ou rupture prématurée artificielle des membranes.
La rupture prématurée spontanée ne siège pas toujours au niveau du pôle inférieur de l'œuf; elle se produit parfois eu un point plus élevé dans la zone moyenne et meme supérieure, comme on peut le constater eu reconstituant l’œuf membraneux après la délivrance.
Dans tous les cas d'hydrorrhée amniotique la pathogénie de l’infection est facile à expliquer : le liquide amniotique est un excellent milieu de culture et l’ascension des nombreux microorganismes du vagin est facilitée par la disparition du bouchon muqueux du col. Toutes les conditions se trouvent alors réunies pour permettre leur développement rapide et pour augmenter leur virulence : air, chaleur, humidité. Nous laissons de côté pour le moment l’infection de l’œuf lorsque le fœtus est mort, car il se produit dans ces circonstances de la putréfaction fœtale avec physométrie. Nous limitons cette étude à l’infection survenant dans un œuf dont l’enfant est vivant.
Il est plus difficile d’expliquer la pathogénie de l’infection amniotique lorsque les membranes sont intactes; quoique rare, cette variété d’infection existe et mérite d’èlre connue.
Les membranes ne constituent un barrage imperméable qu’à la condition que leur constitution soit normale et que leurs rapports réciproques ne soient pas modifiés. Eu dehors des cas pathologiques, endométrite, hémorragies par décollement du placenta inséré sur le segment inférieur, etc., il existe toujours pendant le travail une dissociation des membranes, le chorion abandonne la totalité ou une partie seulement de la caduque dans toute la zone correspondant au segment inférieur afin de constituer la poche des eaux.
Parfois même le chorion se rompt seul après formation d une poche amnio-choriale et il ne reste comme enveloppe au liquide amniotique que famnios, dont la perméabilité a eh* reconnue expérimentalement. Des microorganismes
4si«;
THERAPEUTIQUE O B ST ET R ICA LE
peuvent donc traverser cette membrane et infecter le contenu liquide de l’œuf.
Les signes qui caractérisent l’infection amniotique sont, au premier rang, Lodeur et l’aspect du liquide amniotique. Celui-ci est plus ou moins fétide suivant le degré de l’infection et la variété microbienne; on sait en effet que certains microbes et en particulier les anaérobies donnent naissance à des produits fétides. Cette odeur n’est pas, comme dans la putréfaction fœtale, perceptible à distance ; elle n’est révélée que parle toucher digital ou, au moment de l’accouchement, par la fétidité qui émane de l'enfant. Le liquide est ordinairement sirupeux, il a parfois même la consistance d’une purée épaisse, sa couleur est verdâtre ou noirâtre. Le fœtus, à sa sortie des organes génitaux, est recouvert d’un enduit de même coloration qui dégage une odeur plus ou moins fétide.
Cette variété d’infection amniotique ne s’accompagne pas toujours d’infection générale immédiate ; bien souvent on constate une température normale et un pouls ayant son rythme habituel. [I n’en est cependant pas toujours ainsi, la température monte parfois à 39° et le pouls s’accélère pour atteindre 120, quelquefois même de petits frissons apparaissent. Ces accidents fébriles, qui cessent fréquemment avec l’évacuation utérine, peuvent cependant persister et même s’aggraver après l’accouchement.
Du côté du fœtus les dangers sont plus grands ; si le travail traîne en longueur, les battements cardiaques s’accélèrent d’abord, puis ils se ralentissent ou s’affaiblissent.
Lorsque la mort de l’enfant survient avant son expulsion, la putréfaction fœtale éclate presque toujours et, fait important, dans un espace de temps extrêmement court. Quelques heures suffisent pour voir apparaître le ballonnement abdominal dû à la physométrie et cette odeur pénétrante de putréfaction cadavérique, qui se dégage dans la pièce occupée par la parturiente et qui imprègne tous les linges et objets en contact avec le liquide sanieux et irritant s’écoulant des organes génitaux*
THERAPEUTIQUE OBSTETRICALE
L’enfant peut naître vivant, mais il est exposé, dans les jours qui suivent sa naissance, à de nombreuses complications infectieuses, qui se localisent de préférence sur lé tube digestif ou sur les voies respiratoires.
D’autres organes peuvent cependant être le vsiège des accidents infectieux : peau, tissu cellulaire sous-cutané, yeux, etc.
L'infection amniotique a bien souvent une influence fâcheuse sur les suites de couches, elle est le point de départ des accidents infectieux dits puerpéraux. Ceux-ci revêtent alors de préférence la forme généralisée, véritable septicémie ; on rencontre aussi des manifestations locales du côté de l’utérus, des annexes ou du péritoine.
Traitement. — Dans tous les cas de rupture prématurée ou précoce des membranes, il faut pendant le travail exagérer les précautions antiseptiques, savonnage des organes génitaux externes, injections vaginales, pansements occlusifs vulvaires avec du coton stérilisé, et s’abstenir le plus possible de pratiquer le toucher vaginal. À moins d’indications absolues, il est bon délaisser l'accouchement se terminer spontanément. Enfin, si la rupture des membranes a précédé de plusieurs jours le début du travail, il est prudent de faire aussitôt après l’accouchement une injection sous-cutanée de iO à 60 centimètres cubes de sérum antistreptococcique de l’Institut Pasteur. Voilà pour le traitement prophylactique.
L'infection amniotique existe-t-elle, les mêmes précautions antiseptiques doivent être prises pendant le travail. Si la température s’élève et si la dilatation du col est lente, il y a avantage à accélérer le travail en introduisant dans l'utérus un ballon de Champetier de Ribcs. Aussitôt après l’expulsion ou l’extraction de fœtus, on pratiquera une large irrigation de la cavité ovulaire avec la solution iodée suivante :
Teinture d’iode. . . .
Iodure de potassium.
pour un litre d'eau bouillie.
10 grammes.
RÜDAUX.
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On fera passer 4 à 6 litres de cette solution dans l’intérieur de l’œuf.
Vprès la délivrance on pratiquera un nouveau lavage intrautérin en employant la solution iodée précédente étendue de deux fois son volume d’eau et on injectera 40 centimètres cubes de sérum anti-streptococcique dans le tissu cellulaire sous-cutané le premier jour et 20 centimètres cubes les quatre jours suivants.
L’enfant sera l’objet de soins tout spéciaux : les yeux seront lavés dès son expulsion et recevront quelques gouttes du collyre au nitrate d’argent classique :
Nitrate d’argent Ogr. 10
Eau distillée 10 gr. »
Le corps tout entier sera savonné, de préférence avec un savon antiseptique, aniodol, lusoforme, lavé à plusieurs eaux, puis frictionné avec une solution formulée:
Formol. . 5 grammes.
Alcool j -n
Glycérine j ad
Los cavités naturelles, nez, oreilles, bouche, seront nettoyées avec une solution d’oxvcvanurc de mercure à
Le cordon sera badigeonné à la teinture d’iode étendue de son volume d’alcool non seulement au niveau de la tranche de section, mais encore sur toute sa périphérie jusqu’au niveau du bourrelet cutané. Le cordon sera ensuite entouré de gaze stérilisée. Dès que le sillon d’élimination commencera à se creuser, on touchera tous les jours ce sillon avec la même solution iodée, et, à la chute du cordon, on agira de même au niveau de la plaie ombilicale.
L'enfant sera saupoudré- de la poudre suivante :
Poudre de talc stérilisé 100 grammes.
Poudre d’aniodol 20 —
et le linge de corps sera changé Ions les jours; on emploiera
THERAPEUTIQUE OBSTETRICALE
de préférence, chaque fois que cela sera possible, du linge
. té ri 1 i sé.