INFECTIONS OBSTÉTRICALES DU NOUVEAU-NE
Par infection obstétricale ■■du nouveau-né il fan I entendre une infection avant eu comme point de départ l'accouchement proprement dit. Elle diffère par conséquent de l’infection congénitale dans laquelle l’enfant est contagionné par sa mère antérieurement à F accouchement, les accidents dans ce cas peuvent exister au moment de la naissance ou apparaître seulement dans les jours suivants, s’il était en période d’incubation lorsque le travail s’est déclaré. La variole de la mère par exemple peut déterminer chez le fœtus une éruption pustuleuse existant à la naissance ou survenant dans les jours qui suivent, c’est là une affection congénitale. Une broncho-pneumonie éclatant dans les premiers jours de la vie d’un enfant, qui a séjourné dans du liquide amniotique infecté, constitue une infection obstétricale; il en esl de même de l’opthalmie purulente déterminée par la pénétration du gonocoque dans les yeux de l’enfant au moment de la traversée vagino-vulvaire, lorsqu’il existe de la vaginite, de la vulvite, de labartholinite gonococcique. Nombreuses sont les localisations de l’infection, aussi les man ifestations pathologiques sont-elles variées ; parfois même plusieurs apparaissent en même temps. Elles sont dues tantôt au même micro-organisme qui se fixe sur plusieurs organes ou appareils, tantôt à des germes différents.
On peut diviser ces infections en infections localisées et en infections généralisées. Les premières sont les plus fréquentes, elles sont dues à des ensemencements directs, les microbes créent des lésions aux points où ils se localisent, et déterminent des formes cl iniques différentes. Les secondes, au contraire, sont plus rares, les micro-organismes ont péné- Ire dans le torrent circulatoire et donnent naissance à Jalorme septicémique ou pvohémique.
THERAPEUTIQUE OBSTETRICALE
Les régions fœtales les plus exposées aux éléments septiques ne sont pas les plus fréquemment atteintes ; les téguments externes, en e Ife I , par leur configuration et leur situation sont plus faciles à nettoyer et à désinfecter aussitôt après la naissance et pendant les jours qui suivent. Il n’en est pas de meme des cavités naturelles ( | u i se continuent avec des conduits plus ou moins longs, les produits septiques ont déjà pu pénétrer profondément et être hors d’atteinte au moment des soins de propreté donnés au nouveau-né. Les ca\ i tés buccale et nasale sont les plus exposées, d’autant plus que dans les cas d’infection d’amniotique, la plus fréquente des causes d’infection obstétricale, le fœtus est exposé à souffrir au cours d’un travail long et à faire des mouvements d’inspiration préma- I urée.
Le liquide septique introduit dans la bouche et le nez pénètre secondairement dans le tube digestif et dans les voies respiratoires et donne naissance à des infections, qui se manifesteront dans les jours qui suivent la naissance.
Les infections de l’appareil digestif se présentent soit sous la forme gastrodntestinale, vomissements, intolérance gastrique, diarrhée, hémorragies intestinales, soit sous la forme hépatique, ictère catarrhal ou ictère grave. L’état général est plus ou moins touché suivant le degré d’infection, suivant la variété microbienne et suivant la résistance du sujet, aussi constate-t-on tantôt de l’hyperthermie, tantôt de l’hypothermie.
Les infections des voies respiratoires sont également très graves, lorsqu’elles ont envahi le poumon, car elles y produisent des broncho-pneumonies souvent mortelles et rapidement mortelles. Ces broncho-pneumonies du nouveau-né ont une allure spéciale, elles se manifestent beaucoup plus par des modifications dans l’état général, abattement, faciès pâle, aspect cachectique, accès de cyanose, refus de téter, hyperthermie ou hypothermie, que par des signes locaux qui sont plutôt rares.
THÉ RA PEUT1 Or E O B. ST ET R IC. \ I. E
ÔOI
Nous signalerons comme autre localisation respiratoire le coryza et la bronchite, dont le pronostic est moins grave.
Les localisations infectieuses externes sont les infections ombilicales, les infections cutanées et sous-cutanées et les infections oculai res.
Les infections ombilicales se traduisent soit par de la suppuration du cordon, soit par de la périomphalite, soit même par de la phlébite de la veine ombilicale. Nous avons du reste étudié toutes ces affections avec détail dans un ar-
ticle consacré aux infections de l’ombilic.
Les infections cutanées se présentent sous des formes variées : plaques érythémateuses, abcès miliaires sous-épidermiques, abcès sous-dermiques, furoncles multiples. La friabilité de la peau, les fissures épidermiques se produisant dans les jours qui suivent la naissance créent des portes d’entrée aux micro-organismes répandus à la surface des tégu-
ments externes.
Les infections oculaires se manifestent sous forme d'ophtalmie primitive, qui a tous les caractères de la conjonctivite gonoccocique, mais elle s’en distingue par son apparition plus précoce.
L’infection amniotique n’est pas seule capable d’engendrer les infections obstétricales. 11 n’est pas rare de constater après des accouchements spontanés ou terminés instrumentalement des plaies au niveau du visage (application de forceps, présentation de la face); ces plaies peuvent s’infecter dans les jours qui suivent la naissance, si elles n’ont, pas élé traitées aseptiquement.
La région ombilicale est également un siège d’infection au cours ou à la suite de la chute du cordon ; un grand nombre de complications infectieuses peuvent survenir à ce niveau : omphalite, péri-omphalite, érysipèle, etc. Nous les avons étudiées dans un article spécial auquel nous renvoyons le lecteur.
Traitement. — Nous n’envisagerons au point de vue thérapeutique que les précautions prophylactiques à pren-
THÉRAPEUTIQUE OBSTÉTRICALE
dre et les soins d’ordre général, cardiaque localisation réclame un traitement qui lui est propre et qui n’est pas particulièrement spécial au très jeune âge du malade.
Dès l’expulsion du fœtus les régions oculaires seront savonnées avec un tampon de coton hydrophile, puis on instillera cidre chaque paupière quelques gouttes d’une solution de ni I rate d’argent à 1 p. 100. La cav i lé buccale sera débarrassée des mucosités septiques qui l’encombrent à l’aide d’un morceau de gaze stérilisée enroulée autour du doigt ; l’arrière-gorge sera désobstruée par aspirations, on se servira pour cela du tube à insufflation de Ribemont-Dessaignes qu’on promènera dans toutes les portions du pharynx buccal.
En agissant vite on évitera que l’enfant ne fasse pénétrer plus profondément dès ses premières inspirations les liquides septiques avalés pendant l’accouchement.
\u moment de la toilette du nouveau-né, on n’emploiera de préférence que de l’eau bouillie, le corps tout entier sera d’abord enduit de vaseline stérilisée, puis savonné avec un morceau de saxon de Marseille, enfin lavé à plusieurs eaux. Le uelto\age terminé, on pratiquera une nouvelle toilette du visage, du cuir chevelu, des cavités naturelles, fosses nasales. oreilles, des régions génitale et péri-anale. On terminera par une friction méthodique du corps et particulièrement des plis de flexion avec la mixture suivante :
Formol 5 grammes.
Alcool. i
Glycérine \ <l( °
et, après assèchement au coton hydrophile, on le saupoudrera avec de la poudre de talc stérilisé.
Le cordon sera badigeonné d’une légère couche de teinture. d’iode, et les jours suivants on touchera avec le meme liquide le sillon qui se creuse au niveau de l’attache du cordon.
Lorsque l’enfant présente à sa naissance des plaies, comme on en rencontre dans certaines présentations, face et parfois
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siège, ou après une extraction à l’aide de forceps, on les panse aseptiquement. S’il survient des accidents infectieux à leur niveau dans lesjours qui suivent la naissance, on les traite par des pansements humides, puis par des pansements secs.