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II. — Brightisme et grossesse

La grossesse survenant chez une femme atteinte de mal de Bright est presque toujours l’origine d’une aggravation de la lésion rénale et de ses symptômes, de même que l’existence d’une néphrite chronique chez une femme enceinte est la source de complications multiples. Ces complications sont celles que nous avons passées en revue en étudiant l’albuminurie gravidique, elles sont le plus souvent à un degré plus accusé et elles apparaissent d’une façon plus précoce, dès les premiers mois de la gestation. Les principales manifestations sont l’œdème souvent considérable des membres inférieurs accompagné de bouffissure du visage, la céphalée frontale, les vertiges, les troubles de la vue, l’insomnie, fessoufflemept, les palpitations, les congestions pulmonaires en rapport avec des troubles circulatoires, la diminution de la sécrétion urinaire. Nous laisserons de côté les caractères particuliers que présente l’albumine, parce qu’au point de vue clinique ils sont difficiles à apprécier, mais nous signalerons tout particulièrement le bruit de galop, constaté au niveau du cœur presque toujours hypertrophié. Chaque fois qu’au cours d'une grossesse on constatera de l’albumine dès les premiers mois, même en l’absence de signes antérieurs de brightisme, il faudra songer à une néphrite latente à laquelle la gestation donne un coup de fouet, l’examen des antécédents pathologiques de la malade vient le plus souvent en fournir la preuve.

En dehors des symptômes propres au mal de Bright on constate fréquemment l’apparition rapide et accusée de toutes les manifestations de l’auto-intoxication gravidique, car le foie surchargé de besogne est bientôt insuffisant.

En présence d’une femme atteinte de mal de Bright qui devient enceinte, il faut, même en l’absence d’accidents, prescrire des le début de la grossesse le régime de l’albumi-

THÉRAPEUTIQUE OBSTÉTRICALE

nu rie qui doit être suivi très sévèrement : régime lacté alternant avec le régime végétarien déchloruré, évacuation régulière de l'intestin. Les urines seront recueillies régulièrement; si celles-ci diminuaient de quantité, au-dessous de 1 ,000 grammes, la diète hydrique serait instituée pour vingtquatre ou quarante-huit heures. Les refroidissements devront être évités, aussi la malade devra-t-elle porter une ceinture ou une chemise de flanelle suivant la saison : en hiver elle gardera la chambre, qui sera maintenue à la température constante de 18 à 20°.

Grâce à ces précautions la grossesse peut parfois aller jusqu’à ternie; on ne serait autorisé à l'interrompre artificiellement que si, malgré un régime bien suivi, la quantité d’urines de\cnait inférieure à 800 grammes, si la quantité d’albumine augmentait et enfin si l’on constatait l’apparition des signes précurseurs de l’éclampsie.

Dans le cas où l'accouchement spontané ou provoqué donne naissance à un enfant vivant, l'allaitement sera interdit.

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