INJECTION INTRA-UTÉRINE
L’injection intra-utérine est une intervention facile, mais elle réclame de grandes précautions dans son exécution. Si celles-ci ne sont pas prises, elle peut devenir beaucoup plus nuisible qu’utile ; c’est le cas de la technique classique. Les règles générales de cette dernière sont les suivantes :
« Introduire l’index et le médius de la main droite dans le vagin, aller à la recherche du col, pénétrer dans son orifice interne... Glisser ensuite sur les doigts formant gouttière la sonde qui sera poussée dans le col de, etc.
Cette manœuvre présente de nombreux inconvénients, elle est aveugle, difficile et par cela même dangereuse lorsqu’elle est pratiquée par un opérateur inexpérimenté, d’autant plus que pour se conformer aux règles modernes de l’asepsie il aura dû protéger ses mains par des gants de caoutchouc. Le reproche le plus grave, qui peut être fait à cette technique, c’est qu’elle est en opposition avec les lois élémentaires de l’antisepsie.
S’il s'agit d’une infection des suites découches, indication la plus fréquente, la sonde \a forcément entrer en contact avec des régions dont il est impossible d obtenir l’asepsie parfaite, vulve, vagin, col. Le plus souvent, dans le cas que nous venons d’envisager, il existe à leur niveau des plaies infectées fréquemment recouvertes de fausses membranes très riches en micro-organismes, ces foyers d'infection n’auront été en rien modifiés par l'injection Aaginale qui doit
THÉRAPEUTIQUE OBSTÉTRICALE
toujours précéder l’introduction de la canule intra-utérine dans le col. Celle-ci va donc entraîner et ensemencer dans la cavité utérine des microbes dont l’espèce peut fort bien ne pas y exister ; peut-être même n’est-ce pas l’utérus qui esl en cause dans les accidents infectieux.
Que penserait-on d’un médecin qui pratiquerait encore le ca thétérisme vésica Isous les d iaps ? O n le, consi dcrera i t co mine étant d’un autre âge. Pénétrer dans l’utérus en suivant la méthode classique, c’est agir de la même façon. Toute injection intra-utérine pratiquée pendant les suites de couches, surtout s’il existe des accidents infectieux , doit être faite à ciel ouvert.
Placez la femme en position obstétricale en travers d’un lit, après en a\oir recouvert le bord avec une toile imperméable dont une extrémité tombe dans un grand récipient, seau, bain de pied, etc. , chaque membre inférieur fléchi reposera sur une chaise ou sera maintenu par un aide.
Sa\oimez toute la région vulvaire, irriguez le vagin avec un liquide antiseptique, puis introduisez un spéculum (genre spéculum de Collin) ou deux valves spéciales maintenues par un ressort en lil d’acier très fort, l’anse du ressort dirigée du coté du mont de Vénus. Saississez le col avec une pince à deux grilles pour le maintenir en place ou même pour l’abaisser légèrement, ce qui aura pour avantage de le rendre plus apparent et de redresser le corps utérin souvent fléchi; ne pénétrez jamais dans la cavité cervicale axant de l’avoir bien nettoyée.
Au moyen d’un tampon de coton ou de gaze monté sur une pince jet imprégné de teinture d’iode commencez par faire la toilette de la surface externe du museau de tanche et de l’orifice cervical externe.
Un écouvillon, constitué par de la gaze enroulée autour d’une longue pince à pansements, est trempé dans de la teinture d’iode et introduit ensuite dans le col sur une longueur de 8 à \ centimètres seulement. V ce moment imprimez à votre écouxillon un mouxement de rotation et cnle-
THÉRAPEUTIQUE üRSTETRICALE
vez-le, nous recommencez le même mouvement avec un autre écouvillon semblable, également trempé dans de la teinture d’iode, mais vous l’introduisez plus profondément, 6 à 8 centimètres environ.
C’est seulement après avoir pris ces précautions que vous pourrez introduire votre sonde intra-utérine expurgée dans le col, après avoir eu soin de faire déborder légèrement le siège de la femme sur le bord du lit cl après avoir déprimé la commissure postérieure de la vulve et la paroi posté rieure du vagin avec le doigt ou avec une valve étroite. La sonde* stérilisée n’aura donc subi aucun contact avec les parois vulvo-vaginales lorsqu’elle abordera le col et elle ne pénétrera dans l’utérus qu’en franchissant un canal cervical aussi désinfecté que cela est pratiquement possible.
L’instrumentation nécessaire pour faire une injection intra-utérine dans ces conditions se compose par conséquent, en dehors des objets et instruments habituels, bock, canidés, etc., d’un spéculum pouvant être remplacé avantageusement par deux valves ordinaires ou de préférence, ce qui supprime un aide, par deux valves construites suivant le modèle décrit précédemment, une pince à deux grilles, trois longues pinces à pansement et une paire de ciseaux.
11 faudra, en plus du liquide antiseptique, avoir à sa disposition de la teinture d’iode, qu’on pourrait à la rigueur remplacer par de l’éther iodoformé, et de la gaze aseptique ou antiseptique, de préférence en bande de Om. 10 de largeur.
Avant de commencer on préparera dans une cuvette flambée un tampon gros comme une noix et deux écouvi lions en enroulant la gaze autour d’une pince à pansement.
Indications. — Immédiatement après l’accouchement L injection intra-utérine est indiquée dans les cas de rupture prématurée des membranes précédant de plusieurs jours l’expulsion du fœtus, de rupture précoce avec durée excessive du travail, d’infection amniotique, d’interventions nécessitant l’introduction de la main dans l’utérus, version, embryotomie, basiot ripsie, de délivrance artificielle.
THÉRAPEUTIQUE ‘ OBSTETRICALE
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Dans les heures qui suivent la délivrance, une hémorragie rebelle par inertie utérine peut céder à un lavage intrautérin avec de l’eau à 48°.
Pendant les suites (le couches, il faut pratiquer l’injection intra-uterine lorsque la température s’élève et que les lochies sont fétides ou encore lorsque des accidents fébriles s'accompagner! I d’un arrêt dans l’expulsion des lochies.