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MALADIES AIGUES ET GROSSESSE

Lorsqu’une femme enceinte est atteinte d’une maladie infectieuse aiguë, cette maladie prend assez souvent un caractère de gravité qu’elle n’eût pas présenté en dehors de la gestation.

Toutefois il ne semble pas que l'état de grossesse rende les femmes plus sujettes aux maladies infectieuses; on a même prétendu qu’elle leur conférait une certaine immunité, au moins vis-à-vis de quelques maladies, la scarlatine en particulier.

En somme, la femme enceinte n'est pas plus exposée qu’une autre à contracter une maladie infectieuse, mais, si elle est atteinte, elle le sera en général plus sévèrement.

Les maladies aiguës peuvent avoir et ont fréquemment une action néfaste sur la grossesse et sur le produit de conception. Suivant l’époque de la gestation, on peut observer l’avortement ou l'accouchement prématuré, il est rare que le fœtus soit tué in utero par la maladie de sa mère sans être expulsé immédiatement ; le plus souvent il est expulsé vivant.

THÉRAPEUTIQUE OBSTÉTRICALE

11 y a utie corrélation incontestable entre la gravité de la maladie et la fréquence de l’expulsion de l’œuf. Sans vouloir exposer les diverses théories admises pour expliquer ce fait, disons que l’hyperthermie s’accompagne souvent d’expulsion prématurée du produit de conception, peut-être parce que hyperthermie est synonyme de maladie infectieuse grave. C’est ainsi que dans le choléra où l’on observe au contraire de l'hypothermie, les avortements sont particulièrement fréquents.

Dans les maladies aiguës l’accouchement est parfois accompagné ou suivi d’hémorragies plus ou moins impor-

tantes.

Le fœtus, quand il naît viable, peut être absolument indemne de la maladie maternelle, il peut même être immunisé contre elle (variole, vaccine). Par contre, il peut naître porteur des micro-organismes qui ont causé la maladie maternelle et dans ce cas deux éventualités sont possibles : 1° l’enfant naît malade; 2° l’enfant reste en apparence bien portant et, au bout d’un temps variable, il présente des signes de maladie, puis guérit ou succombe. Enfin il peut naître guéri après avoir été malade in utero.

Ces différents faits ont été contrôlés par l’examen bactériologique et par l’observation.

L’enfant né avant terme dans ces différentes conditions est non seulement prématuré, mais en outre il est souvent un débile, un taré qui a de nombreuses chances de succomber et dont l’élevage devra être l’objet de soins particulièrement

attentifs, mais malheureusement souvent infructueux.

Traitement. — La thérapeutique des maladies infectieuses aiguës pendant la grossesse reste dans ses grandes lignes ce qu’elle est en dehors de cet état. Toutefois, il sera bon en pratique de se garder de tout traitement par trop systématique et de se défier des médications violentes auxquelles un entourage prévenu n’aurait que trop de tendance à rattacher les complications d’ordre obstétrical : accouchement prématuré ou mort de l’enfant.

C’est ainsi que les bains par exemple ne seront prescrits qu avec prudence et, pour peu que l’on ne sente pas l’entourage en confiance, seulement après consultation préalable. En tout cas, les bains très froids seront en général écartés, on leur préférera les bains frais a partir de 28° minimum. Les enveloppements froids seront souvent mieux acceptés et plus faciles à appliquer.

La femme enceinte supporte habituellement bien la saignée, les révulsifs, les purgations même très actives, l'enté roclyse, les injections sous-cutanées de sérum, la diète hydrique ou lactée.

En ce qui concerne les médicaments les plus usuels, on peut dire qu’aucun d’eux, sauf l'ergot de seigle ou ses dérivés, n’est contre-indiqué. La quinine, cependant, à moins d’indication formelle, sera donnée avec prudence, peut-être a-t-elle une action excitatrice sur la fibre utérine. 11 faut surveiller attentivement le fonctionnement rénal et éviter les médicaments qui peuvent l’entraver.

Lorsque le Lotus est explusé prématurément mais viable, il faut le traiter comme un prématuré quelconque, mais une question se pose : celle de son allaitement. Il semble que la meilleure conduite à adopter consiste à laisser la mère nourrir son enfant, à moins qu’elle n’ait une insuffisance notoire de la sécrétion lactée ou qu’elle ne soit dans un état grave. Le nourrisson est relativement peu exposé à contracter la maladie maternelle, peut-être parce qu’un certain nombre d’antitoxines passenl dans le lait. Il va saus dire que la durée du contact entre le nourrisson et sa mère sera strictement limitée au temps nécessaire pour chaque tétée, l’enfant doit être aussitôt après déposé dans son berceau, a distance et, si possible, dans une autre chambre que la malade.

Si l’allaitement maternel est impossible, il faudra isoler l’enfant, et de préférence le faire allaiter par une nour-

rice.

Il est en général plus exposé à l’hypothermie qu’à f hyper-

thermie, même quand il est congénitalement malade, aussi la couveuse est-elle particulièrement indiquée.

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