VlLatTèment au lait t>’ animal
Dans la pratique le seul lait employé d’une façon courante esl le lait de vache, les autres laits constituent des modes d’alimentation exceptionnels.
Le lait d’ânesse rend des services pour nourrir les nouveau-nés débiles dans le cas où ils 11e peuvent être alimentés ni par leur mère, ni par une nourrice ; mais son usage ne peut pas être continué bien longtemps. On peut encore y avoir recours dans les cas de montée laiteuse retardée soit naturellement, soit sous 1’intluence d’une cause pathologique, ou en attendant l’arrivée de la nourrice, lorsqu’on désire ne prendre cette dernière qu’au bout d’une dizaine de jours. Les inconvénients du lait d’ânesse, en dehors de son prix d’achat relativement élevé et des difficultés de se le procurer, sont sa pauvreté en beurre et les dangers qu’il peut présenter en s’altérant, car il ne peut être ni bouilli ni stérilisé.
Le lait de chèvre a une composition très différente de celle du lait féminin, aussi entraîne-t-il assez rapidement des troubles digestifs chez le nourrisson.
TtlÉRAPÉtJTIOUË OlîSTËTRICALE
Ouant aux laits dits humanisés et maternisés, ce sont des laits de vache modifiés par des manipulations destinées à les rapprocher le plus possible du lait de femme ; ils ne donnent pas de résultats supérieurs à ceux qu’on obtient avec le lait de vache stérilisé.
Le lait de Backhaus ou lait digéré est surtout destiné aux nourrissons malades, son emploi est par cela même très limité. (Voir art. Lait.)
Précautions à prendre dans l’emploi du lait de vache. —
L’idéal de l’allaitement artificiel serait de donner à l’enfant le lait immédiatement après la traite, à la condition que les vaches laitières aient été soumises à la réaction de la tuberculine et que le lait ait été recueilli aseptiquement, lavage des pis et des mains de la personne chargée de traire^ récipient bouilli ou stérilisé. Malheureusement en pratique cet idéal ne peut être réalisé ; dans les grandes villes le lait, qui vient presque toujours de la campagne, ne peut, dans la plupart des cas, être livré au plus tôt que plusieurs heures après la traite. Pendant ce temps les nombreux micro-organismes qu’il renferme ont le temps de s’y développer, développement d’autant plus rapide que la température extérieure est plus élevée. Ils sont un danger non seulement par leur présence, car ils continueront à vivre et à pulluler dans le tube digestif du nourrisson, mais encore par les toxines qu’ils sécrètent; il peut donc y avoir à la fois infection et intoxication. Pour remédier à ces inconvénients souvent graves, et nous ne parlons pas des fraudes si fréquentes dans le commerce, on est obligé de soumettre le lait à l’action de la chaleur: pour obtenir une stérilisation parfaite cette dernière devrait être effectuée immédiatement après la traite. C’est ainsi qu’on opère dans la stérilisation industrielle, le lait stérilisé à l’autoclave est ensuite bouché hermétiquement et cacheté; aussi peut-il être conservé pendant un temps assez long tant qu’il reste à l’abri de l’air, mais il est susceptible de s’altérer rapidement dès que les flacons sont débouchés.
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Dans la pratique il n’existe que deux procédés : l’ébullition et la stérilisation au moyen d’appareils inventés pour cet usage; lune et l’autre doivent être pratiquées à une époque très rapprochée de la traite. L’ébullition doit durer cinq minutes au moins; il faut avoir la précaution au moment où le lait monte (80 degrés) de crever la pellicule formée à la surface.
La stérilisation à domicile esl effectuée au moyen d’un appareil du type Soxldet, composé d'une marmite avec couvercle renfermant un porte-bouteille. Chaque bouteille, qui servira plus tard de biberon, est remplie de la quantité de liquide, lait et eau bouillie, que doit boire l’enfant à chaque tétée et munie de son obturateur. Elles sont ensuite placées dans le porte-bouteille et celui-ci dans la marmite, on verse de l’eau dans cette dernière jusqu’à un niveau dépassant légèrement le niveau du lait dans les bouteilles. La marmite munie de son couvercle est mise sur le feu; après trois quarts d’heure d’ébullition (ne pas confondre avec trois quarts d’heure de chauffage) on enlève le récipient du feu et on le laisse refroidir doucement.
Sous l'influence de la condensation de l’air la pression atmosphérique applique les obturateurs sur les goulots et assure le bouchage hermétique. Chaque bouteille ne sera
ouverte qu’au moment de la tétée et ne devra servir qu’à une seule tétée.
Les bouteilles seront rincées, brossées et bouillies tous les jours avant d’être remplies de lait.
Le lait ainsi stérilisé est sans aucun doute un lait modifié dans sa constitution chimique et biologique : un certain nombre de produits vivants sont détruits, plusieurs substances chimiques qui le composent sont transformées. Il doit nécessairement en résulter des modifications dans la digestion et dans la nutrition du nourrisson ; l'aspect de ce dernier est en effet différent de l’aspect de l’enfant nourri au sein ; sans parlerdes troubles digestifs, qui accompagnent fréquemment ce mode d’alimentation, l’enfant, bien que plus gros en
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apparence, est d’ordinaire plus pâle, moins ferme et surtout moins résistant. Mais ces inconvénients doivent être reprochés plus à la provenance du lait (lait de vache) qu’à la stérilisation ; celle-ci a au moins pour avantage de mettre le nourrisson à l’ahri des nombreuses infections qui le guettent et qui ne manqueraient pas de se développer dans son tube digestif, si le lait n’avait pas été soumis à l’action de la chaleur.
Un autre reproche qu’il est permis d’adresser à ce lait, c’est de déterminer des selles épaisses, dures, volumineuses que les enfants ont parfois beaucoup de peine à expulser, aussi la constipation est-elle fréquente chez les enfants élevés artificiellement.
Manière de faire bouillir le lait. — Si l’allaitement artificiel est mis en pratique dans les premiers mois, il est préférable de s’adresser au biberon plutôt qu’au verre ou à la cuillère.
On se servira de la bouteille graduée la plus simple et de la tétine modèle Genlile; bon teille et tétine seront bouillies une fois par jour dans un récipient couvert consacré uniquement à cet usage. Après chaque tétée elles seront rincées avec de l’eau bouillie et laissées à demeure dans le récipient rempli d’eau bouillie.
On emploiera de préférence le lait stérilisé industriellement ou le lait qu’on stérilisera soi-même avec un des nombreux appareils indiqués précédemment. Dans les milieux où il n’est pas possible d’avoir recours à ces moyens, on conseillera de faire bouillir le lait aussitôt reçu et de le conserver dans le récipient où il aura bouilli ; on aura soin de le protéger du contact de l’air extérieur par un couvercle, de le tenir au frais, surtout pendant la saison chaude, et de le consommer dans la journée.
Le lait sera toujours donné coupé suivant les proportions indiquées plus loin, il sera sucré avec un demi-morceau de sucre de taille moyenne pendant la première semaine et avec un morceau de sucre entier pendant le premier mois, la proportionest environ lügrammesde sucre pour 100 grammes de liquide. Il faut éviter le sucre en poudre du commerce
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souvent falsifié j le sucre peut être remplacé par la lactose si l’enfant est constipé.
Si on stérilise le lait soi-même, il faut le faire dès qu’il est livré. On met dans chaque bouteille bien rincée le sucre et les quantités de lait et d’eau que l’enfant doit prendre à chaque tétée; il y aura donc sept biberons, qui après la stérilisation seront tout prêts à servir. Il suffira d'enlever le bouchon et de le remplacer par la tétine.
Si l’on fait usage de lait stérilisé industriellement ou de lait bouilli, on préparera le biberon aussitôt avant de le donner à l’enfant. La bouteille ne sera retirée du récipient dans lequel elle est plongée, qu’après s’être savonné les mains avec soin. Cette précaution une fois prise, on mettra dans la hou teille d'abord le lail, puis l’eau bouillie; on y ajoutera le sucre et on adaptera la tétine sur le goulot.
Le biberon ainsi préparé sera chauffé au bain-marie pour faire tiédir le lait avant de le donner à l’enfant.
La deuxième journée, le nouveau-né prendra toutes les ti'ois heures 10 grammes d’un mélange à parties égales de lait et d’eau bouillie, mélange qui sera continué pendant les huit premiers jours.
Il recevra toutes les trois heures un biberon de lait coupé par moitié, les quantités seront:
4e jour 10 grammes par biberon, 7 tétées 70 grammes par 24 heures 3° — 15 — — — 105
A partir du S1' jour, le mélange sera constitué par deux tiers de lait et un tiers d’eau bouillie et on suivra la progression suivante :
9e jour 50 grammes par biberon, 7 tétées 330 grammes par 24 heures 10° — 55 — — — 385 —
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Il sera bon de s’arrêter quelque temps à cette quantité pour surveiller les fonctions digestives, on n’atteindra 70 grammes que le 20° jour et 80 grammes au commencement du second mois*
11 arrive fréquemment que les enfants eleves au lait de vache sont très constipés; pour combattre cette constipation on pourra remplacer le sucre par la lactose , a la dose d’une cuillerée à café par biberon.
Le lait de vache demandant plus de temps pour être digéré, il y a avantage à ne donner les biberons que toutes les trois heures.
2e mois 7 biberons de 80 = 500 grammes
A partir du neuvième mois, c’est-à-dire à huit mois révolus un des biberons sera remplacé par une bouillie préparée avec lot) grammes de lait pur, 15 grammes de sucre et une farine blanche, froment, orge, avoine, arrov-root, etc. ; il faut éviter au début les/ farines chocolatées.