MORT DU FŒTUS PENDANT LA GROSSESSE
Nombreuses sont les causes capables de déterminer la mort du fœtus pendant la durée de la gestation ; ces causes doivent être bien connues du praticien, car certaines d’entre elles peuvent être évitées grâce à la prescription d’une théra pe utique p rop 1 1 yl act i q ue .
Parmi les causes d’origijie maternelle, nous signalerons par ordre de fréquence : la syphilis, l’albuminurie et les intoxications professionnelles (voir ces affections à chacun des chapitres qui leur sont consacrés).
Assez fréquemment, le père est seul en cause, syphilis, intoxications professionnelles ou vicieuses, et c’est sur lui qu’il faudra agir.
Parfois le fœtus meurt accidentellement : malformations, anomalies du cordon, maladie aiguë de la mère, etc., cette catégorie de causes offre peu d’intérêt au point de vue pratique, car nous n’avons aucune prise sur elles.
En pratique, chaque fois qu’on n’aura pas trouvé la cause véritable de la mort, hémorragies placentaires dans l’albuminurie par exemple, il faudra songer à la syphilis paternelle ou maternelle, diriger son enquête dans cette voie et même en cas de doute instituer un traitement prophylactique au cours d’une grossesse nouvelle.
Nous n’envisagerons ici que la mort du fœtus contenu dans la cavité utérine, car nous avons déjà étudié spécialement la rétention fœtale dans la grossesse extra-utérine.
Pendant les premiers mois de lagrossesse le diagnostic de la mort du fœtus est presque impossible à préciser, mais
THÉRAPEUTIQUE OBSTÉTRICALE
\<>iis devrez toujours \ penser lorsque vous constaterez chez une femme n’ ayant plus ses règles : 1° une augmentation de volume de l’utérus ; 2° un état stationnaire du développement utérin. Les présomptions seront encore plus grandes si la femme accuse la disparition brusque de certains troubles dits sympathiques de la grossesse et une fluxion mammaire, que vous devrez toujours rechercher.
Après quatre mois et demi , il vous sera d’autant plus facile d’affirmer la mort du fœtus que vous aurez eu l’occasion d’établir précédemment un diagnostic ferme de grossesse utérine par la constatation des signes de certitude. La femme vous consultera parce qu’elle ne sent plus remuer depuis quelque temps et qu’elle s’aperçoit quelle ne grossit plus. A l’examen vous remarquerez que l’utérus est plus mou, que le ballottement fœtal est plus difficile, quelquefois même impossible à percevoir; vous ne retrouverez plus les bruits du cœur du fœtus, vous déterminerez parfois de la crépitation au niveau de la tête fœtale et vous ferez sourdre quelques gouttes de lait par la pression du mamelon.
Dans certains cas, ce pendant, vous pourrez être embarrassés; la femme, qui vous consulte, vient à vous pour la première fois, le fœtus est mort depuis un temps plus ou moins long et l’utérus est tellement mou qu’on ne sent rien ou pas grand chose. Ne vous prononcez pas après ce premier examen, demandez à votre cliente de revenir une dizaine de jours plus tard, vous aurez peut-être la chance, au cours d’un de ces examens, de sentir un organe se contracter sous la main qui palpe, c’est l’utérus.
Traitement. — Une fois le diagnostic posé, que faire ? Rien, si l'œuf est intact. Ne vous laissez pas influencer par les pressions qu’on ne manquera pas d’exercer dans Lentonrage. Sachez attendre et à un certain moment, qu'il vous est impossible et que vous ne devrez jamais préciser, la femme sera prise de douleurs et expulsera spontanément en un ou deux temps le contenu de son utérus.
THÉRAPEUTIQUE OBSTÉTRICALE
Si l'œuf est ouvert, il faut agir et se presser par crainte de la putréfaction qui se produit rapidement.
Après une antisepsie rigoureuse de la vulve et du vagin d une part, de vos mains et de vos instruments d’autre part, vous introduirez dans l’utérus un ballon de Champetier de Ribes de petit ou de moyen volume suivant le développement utérin. Ce ballon produira ou activera le travail, il sera expulsé et derrière lui viendront le fœtus et le placenta. Si le ballon était seul chassé par les contractions, il ne faudrait pas hésiter, après un nouveau nettoyage vulvo-vaginal et manuel, à introduire la main dans la cavité utérine pour en extraire le fœtus et ses annexes. Vous terminerez par une injection intra-utérine et une injection sous-cutanée de sérum anti-streptococcique, et vous redoublerez de soins pendant toute la durée des suites de couches.