MUGUET
Le muguet ou « blauchet » est une affection fréquente chez le nourrisson aLhrepsique. Elle est caractérisée par un semis blanchâtre développé sur la muqueuse de la langue, des lèvres el des joues, d’autres organes du tube digestif comme le pharynx, l’œsophage, l’estomac et l’intestin, sont parfois envahis par le parasite.
D’abord isolés ces grains blancs, puis jaunâtres peuvent se réunir pour constituer une nappe t rès adhérente à la muqueuse sous-jacente; lorsqu’on les enlève, on constate que celle-ci est rouge et vernissée. La difficulté de les détacher de leur point d’implantation el les caractères présentés par la muqueuse sur laquelle ils reposaient permettent de distinguer le muguet des traces de lait qu’on rencontre souvent dans la cavité buccale du nourrisson.
THÉRAPEUTIQUE OBSTÉTRICALE
Le muguet esl une levure, saccharomyces albicans, dont certaines cellules sont filamenteuses, mycéliums, et les autres arrondies, spores. Ce champignon se développe de préférence dans les milieux sucrés ou acides.
Traitement. — Pour faire disparaître le muguet, il faut :
1° Frotter matin et soir les muqueuses linguale et buccale avec un tampon de coton hydrophile trempé dans de la liqueur de Yan Swieten et bien exprimé ;
2° Laver fréquemment la cavité buccale, surtout avant le tétée, avec :
Borate de soude 15 grammes
Eau 150
ou :
Eau de chaux du Codex
ou :
Bicarbonate de soude Borate de soude . .
Glycérine
Eau
j ââ 4 j àâ 20
grammes
Dans les cas graves, ou commencera par nettoyer avec du coton hydrophile stérilisé la muqueuse pour enlever les plaques, puis on la badigeonnera une fois par jour au moyen d’un petit tampon monté sur une pince et imprégné de :
Nitrate d’argent 1 gramme
Eau stérilisée , 50
On neutralisera aussitôt l’excès de nitrate avec un autre tampon trempé dans une solution saturée de chlorure de sodium.
Le mamelon ou la tétine sera lavé avant la tétée avec une solution de borate de soude à 10 p. 100, et après la tétée avec de la liqueur de Yan Swieten dans laquelle on laissera séjourner la tétine. En cas de vomissements, on fera en plus tous les jours un lavage de l’estomac avec :
Bicarbonate de soude 5 grammes
Eau bouillie 100 —
THÉRAPEUTIQUE OBSTETRICALE
NÆGELÉ (BASSIN DE)
Ce bassin est fréquemment dénommé à cause de sa forme bassin oblique ovalaire.
Pour en faire le diagnostic, il faut y penser, car cette malformation pelvienne a peu de signes extérieurs apparents et passe aisément inaperçue, lorsqu’on ne la recherche pas avec soin.
Nous devons rappeler qu elle consiste essentiellement en un arrêt de développement d’un des ailerons du sacrum avec ankylosé de /’ articulation sacro-iliaque correspondante, point capital à retenir au point de vue de l’intervention. La malformation ne porte pas seulement sur la région du détroit supérieur, elle règne clans toute la hauteur de l’excavation et par conséquent la progression de la tête est gênée d’un bout à l’autre du bassin dans le cas où elle est encore possible. Tout le côté du bassin qui correspond à la lésion est déformé comme par un coup de battoir qui aurait été appliqué sur la cavité cotyloïdeet aurait aplati du même coup l’aile iliaque, la ligne innominée et la moitié de l’excavation située au-dessous. La face antérieure du sacrum regarde la lésion et contemple le désastre, la symphyse pubienne est déjetée du côté opposé.
Cliniquement la région externe de la fesse correspondant à la lésion est aplatie, le sillon interfessier est oblique en bas vers le côté sain, le pli sous-fessier est plus haut du côté malade que du côté normal. Le losange de Michaelis est rétréci du côté malade, la distance de l’épine iliaque postéroinférieure à l’apophyse épineuse lombaire correspondante est beaucoup plus courte du côté aplati que du côté sain. Tout cet examen doit être fait sur la femme debout. En plaçant un fil aplomb devant l’abdomen exactement sur la ligne médiane, on constate que la symphyse pubienne est déportée en dehors de la ligne médiane du côté de la fesse non aplatie.
THERAPEUTIQUE OBSTETRICALE
Par le toucher ou explore beaucoup plus facilement la partie rétrécie du bassin que la moitié opposée, mais ici, comme dans tous les cas où l’on veut apprécier une asymétrie pelvienne, il faut examiner la femme en travers de son li( et toucher successivement et comparativement chaque coté du bassin avec la main correspondante.
L'anamnèse fournit chez les multipares des résultats qui peuvent mettre sur la voie du diagnostic, car les accouchements sont habituellement très dystociques et, comme, d’autre part, on ne trouve pas de signes de rachitisme, on est amené à rechercher si le bassin ne présenterait pas quelqu’aulre lésion.
Pratiquement, on passe avec la plus grande facilité à côté du bassin oblique ovalaire sans le voir, aussi se laisse-t-on souvent surprendre par la dystocie. Si le bassin est peu spacieux ou si l’enfant est volumineux, celui-ci succombera ou ne passera qu’après un travail pénible.
Instruit par ce premier échec, on sera en mesure, après examen plus approfondi, de faire un diagnostic précis et par là même de porter le pronostic juste, généralement sombre, car les difficultés iront croissant avec la parité et le volume des enfants.
Actuellement, on peut s’aider dans un cas semblable des ressources mises à notre disposition par la radiographie métrique.
Traitement. — Pour être correct et efficace, le traitement de la dystocie résultant du bassin oblique ovalaire ne doit pas être improvisé au cours du travail. Avant tout, il v a une grosse faute à éviter, c’est de faire une svmphyséolomie ou une pubiotomie au petit bonheur pour agrandir, espère-t-on, le bassin. Ces opérations ne doivent jamais être entreprises sans s’être assuré au préalable de l’intégrité des articulations sacro-iliaques. Si l’une d’elles est ankylosée, on ne peut plus compter que sur un agrandissement tout à fait insuffisant du bassin.
Ceci dit, si l’on juge que l’accouchement peut être aban-
THÉRAPEUTIQUE OBSTÉTRICALE
donné aux forces naturelles, il faut chercher à orienter l’occiput du côté large du bassin et pour cela faire, s’il y a lieu, une version.
L’accouchement prématuré provoqué est à rejeter, il ne donne que de mauvais résultats.
Si l’on décide une opération, il faut avoir recours soit à l’ischio-puhiotom ie, soit de préférence à l’opération césarienne.