INFECTIONS OMBILICALES
La plaie ombilicale est constituée dès que le sillon d’élr mination du cordon se produit, c’est-à-dire dès le troisième ou la quatrième jour qui suit la naissance. Elle ne disparaît qu’après l'épidermisation de la surface d’insertion de la tige funiculaire, la cicatrisation est complète une ou deux semaines après la chute. Pendant cette longue période la plaie peut s’infecter sous l’influence des microbes habituels de la suppuration : staphylocoques, streptocoques, coli-bacilles. Suivant la virulence de ces derniers et suivant les couches tégument ai res envahies, on peut rencontrer différentes formes d’omphalite.
La plus simple est la lymphangite péri-ombilicale caractérisée tantôt uniquement par de la rougeur diffuse, tantôt par de la rougeur, de la chaleur et de la sensibilité; dans ce cas il existe des phénomènes généraux : élévation de température, troubles digestifs, cris, insomnie, diminution de poids parfois considérable.
A un degré plus élevé, il faut placer le phlegmon de l'ombilic; il se présente sous deux aspects, qui ne sont au fond que les deux stades d’une même affection. Dans une première phase, les régions ombilicale et péri-ombilicale sont le siège d’un empâtement dur et douloureux, la peau (pii les recouvre est rouge, parfois même d’un rouge violacé, et les phénomènes généraux communs à toutes les in-
THÉRAPEUTIQUE OBSTETRICALE
fections sont très accentués. L’affection peut ne pas aller jusqu’à la suppuration ; si, au contraire, l’évolution se fait dans le sens de la suppuration (omphalite phlegmoneuse rie Baginsky) à l’induration fait suite un léger ramollissement , la fluctuation est rare; puis on voit le derme de la région tuméfiée prendre un aspect noirâtre ou l’épiderme se soulever par places pour donner naissance à des phlyetènes multiples. Il se produit alors une ou plusieurs ulcérations qui gagnent en surface et en profondeur, les bords se renversent en dehors, le fond se recouvre d’une couenne grisâtre, donnant naissance à un liquide purulent de même couleur. Cette forme s’accompagne toujours de symptômes généraux grav es, hyperthermie, prostration, gêne respiratoire, et se termine rapidement par la mort. Elle a été décrite aussi sous les noms cT omphalite gangréneuse ( Baginsky) ou à' inflammation ulcéro-gangréneuse de l'ombilic (Depaul).
érysipèle ombilical , quoique peu fréquent, l’est cependant un peu plus que les infections précédentes. 11 débute rarement avant le quatrième jour et il se distingue de l’érysipèle de l’adulte par la prépondérance des phénomènes locaux sur les phénomènes généraux, par l’absence ou l'atténuation du bourrelet périphérique, par son caractère ambulant et la rapidité avec laquelle il s’éloigne de son point d’origine. Aussi ne faut-il pas s’étonner de trouver la région ombilicale saine en apparence, bien qu’elle ait été le point de départ de l’éruption, si l’on n’est appelé que quelques jours après le début. C’est ce qui arrive en effel le plus souvent, car les premiers jours les phénomènes généraux soni à peu près nuis, ceux-ci se manifestent alors sous forme de fièvre, d’agitation, de vomissements, de diarrhée fétide, de refus de téter et de sécheresse de la langue. La guérison est extrêmement rare et dans ce cas elle est souvent accompagnée d’un phlegmon delà paroi abdominale.
La mort est déterminée soit par l’infeclion générale, soit par des complications purulentes locales ou à distance: gangrène, péritonite, péricardite, pleurésie, arthrites, etc.
THÉRAPEUTIQUE OBSTETRICALE
Signalons enlin comme autres maladies infectieuses ayant la plaie ombilicale comme porte (Ventrée le tétanos (les nou- \ eau-nés qu’on ne rencontre plus que chez les peuples sauvages et qui est toujours mortel ; Xarlérile et la phlébite des vaisseaux ombilicaux sans infection apparente de l'ombilic, qui sont probablement la cause de certaines septicémies lentes du nouveau-né (Durante), de quelques hémorragies ombilicales tardives et meme de lésions broncho-pulmonaires, péricardiques, cndocardiques et intestinales, dont on n’a pu découvrir l’origine.
Citons également comme accident pouvant succéder à la chute du cordon les fistules urinaires ou stercorales par persistance de la perméabilité de l’ouraque ou par existence d’un diverticule de Mec-kel.
Traitement. — Toute complication infectieuse de la région ombilicale doit être traitée à la façon des plaies infectées. Dès leur apparition elles seront lavées avec une solution de sublimé à 1 p. 2.000 ou avec de l’eau oxygénée chirurgicale coupée de son volume d’eau bouillie. La plaie ombilicale sera touchée légèrement avec un petit tampon de coton monté sur une pince el trempé soit dans de la teinture d’iode fraîche, soit dans de Veau oxygénée pure. Dans certains cas l’ application de quelques pointes du thermocautère à ce niveau donne d’excellents résultats s’il existe de l’infilt ration des régions avoisinant l’ombilic. Enfin il faudra toujours appliquer sur toute la région abdominale un large pansement humide chaud ; celui-ci sera composé d’une épaisse couche de gaze ou de tarlatane non empesée ( 8 à 16 épaisseurs) ayant bouilli dans une solut ion saturée d’acide borique (deux cuillerées à potage d’acide borique pour un litre d’eau). Ce pansement sera renouvelé plusieurs fois dans la journée.
Dans les formes graves, il ne faut pas négliger le traitement générai : chaleur, gavage, alcool, injections sous-cutanées de sérum physiologique ou d’eau de mer (15 à 20 gr.), d’huile camphrée.
THÉRAPEUTIQUE OBSTETRICALE