‹ Clinique et thérapeutique obstétricales du praticienChapitre 218 sur 268 · RADIOGRAPHIE · texte numérisé non relu

RADIOGRAPHIE

La radiographie est susceptible d’applications obstétricales intéressantes; elle est limitée actuellement à l’étude des viciations pelviennes et surtout de celles qui sont localisées au détroit supérieur, ce sont les plus fréquentes.

On a bien essayé de l’utiliser pour le diagnostic de la grossesse, de l’attitude du fœtus, de la gémellité, mais il ne

RURAUX

THÉRAPEUTIQUE OBSTETRICALE

semble pas que jusqu’ici ces diverses applications soient entrées dans la pratique, il faudra probablement bien des perfectionnements avant que la radiographie puisse remplacer un palper bienfait et une auscultation attentive.

Par contre, quand il s’agit de reconnaître et même de mesurer un rétrécissement dubassin, d'apprécier son asymétrie, la radiographie pratiquée par des mains exercées peut donner de bons résultats et d’une précision bien supérieure à celle qu’on obtient par les procédés cliniques d’exploration pelvienne.

De semblables constatations ne peuvent être faites qu’en appliquant les méthodes de radiographie métrique. Si en effet on se borne à regarder le cliché pur et simple d’un bassin, les déformations résultant de la dispersion du faisceau de rayons X et de la position de l’ampoule ne peuvent qu’induire en erreur sur la forme véritable de ce bassin.

La radiographie ne peut donc être qu’un intermédiaire grâce auquel ou pourra tracer, en corrigeant les déformations inévitables, un graphique exact représentant le diagramme du détroit supérieur en vraie grandeur.

Le cadre de cet ouvrage ne nous permet que d’indiquer sommairement le principe de la méthode sans entrer dans les détails techniques.

La radiographie doit être prise la patiente étant couchée sur le ventre, seul moyen d’avoir une image nette du promontoire; l’ampoule est placée à environ 50 centimètres audessus de la racine des cuisses. Pour que la radiographie soit métrique, on place la malade dans un cadre de bois pourvu sur chacun de ses côtés d’une lame de plomb dentelée comme une scie, la pointe de chaque dent étant à un centimètre de ses voisines.

Ce cadre estlixé de façon à être aussi exactement que possible dans le plan du détroit supérieur.

Quand le cliché est obtenu, il résulte de ce dispositif que le détroit supérieur apparaît encadré par quatre scies très nettement visibles. En réunissant par un trait au crayon les

T M ÉR A PE UTIQUE O B ST ET R l CALE

dents correspondantes des scies opposées on obtient un quadrillage, les mailles déformées de ce dernier ne sont pas des carrés, mais des quadrilatères dont chaque côté correspond à 1 centimètre.

Pour transformer celte image déformée en une image correspondant a la réalité et en vraie grandeur, il suffit de « mettre au carré» , c’est-à-dire de reporter carré par carré sur une feuille de papier quadrillée au centimètre le contour du détroit supérieur, opération élémentaire à la portée de tout le monde.

La configuration du détroit supérieur est reconstituée d’une façon absolument exacte, et, lorsque la méthode est correctement appliquée, les erreurs de mensuration ne dépasseraient pas 2 millimètres, approximation qu’aucun procédé clinique ne permet d’atteindre.

On voit par là que dans l’état actuel des choses, qui ne peut que se perfectionner, la radiographie est pour l’accoucheur un auxiliaire sinon indispensable, du moins fort utile.

Ce n’est pas encore une méthode d’application véritablement pratique, mais elle tendra à le devenir à mesure que la radiographie étendra son champ et ses moyens d’action.

Page 1