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SEINS (COMPLICATIONS DU COTÉ DES

Les lésions du mamelon sont une complication fréquente de T allaitement maternel ; elles prennent parfois de telles proportions qu’elles rendent ce dernier impossible temporairement ou d’une façon permanente. Aussi doit-on toujours y penser, dès que le nouveau-né est mis au sein, soit pour les éviter, soit pour les traiter dès leur apparition.

C’est en effet au début de l’allaitement, du 3" au 5e jour,

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que se produisent les fissures ou les excoriations du mamelon. rarement plus tôt, quelquefois plus tard, 6' au S jour, elles deviennent exceptionnelles après le 8e jour. Les primipares y sont plus exposées que les multipares, mais la différence est peu accusée ; il n’est pas rare de voir des nourrices en présenter à tous leurs allaitements. Ces faits peuvent s’expliquer par l’élude des causes prédisposantes. Il faut placer en première ligne une véritable prédisposition personnelle ; beaucoup plus importante que la teinte des cheveux, fréquence plus grande chez les blondes, a-t-on dit, est la constitution du mamelon, aussi sont-elles bilatérales dans le plus grand nombre des cas.

Tantôt il s’agit de mamelons ombiliqués qui se présentent sous deux formes : les uns sont réductibles par une manœuvre très simple consistant à prendre entre le pouce et l’index le noyau que Ton sent à la partie centrale de l’aréole, à Ténucléer afin de le rendre saillant et de permettre au nouveau-né de le saisir. En répétant à chaque tétée cette petite opération, on voit souvent le mamelon ne plus rentrer et conserver sa configuration normale.

Dans d’autres cas les mamelons ombiliqués sont au contraire irréductibles, ils semblent retenus dans la profondeu r de la mamelle par une sorte de tractus fibreux, par conséquent inextensible, ne permettant pas l’énucléation. Lorsqu’ on tente l’allaitement dans ces conditions, le mamelon rentré paraît attiré avec plus de force dans la profondeur sous l’influence du réflexe produit parla succion; lethélotisme s’exagère en dedans au lieu de se manifester en dehors. L’allaitement est rarement possible dans cette malformation anatomique ; parfois cependant l’enfant arrive à former une sorte de mamelon factice aux dépens de la peau de l’aréole.

Tantôt au contraire il s’agit de gros bouts de sein présentant un aspect framboisé avec des sillons profonds limitant des tubercules exubérants ; souvent même ces mamelons représentent une véritable massue, rattachée au centre de l’aréole par un pédicule plus étroit que l’extrémité libre.

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La véritable cause déterminante est le mode de succion du nouveau-né ; certains enfants semblent avoir la bouche plus dure. Nous avons constaté à plusieurs reprises que des femmes ayant allaité une première fois sans incidents présentaient des crevasses à un autre allaitement, alors que les mêmes précautions avaient été prises. Dans ces cas, l’enfant produit dès les premières tétées des phlyctènes sanguinolentes sur le bout des seins ; ces phlyctènes crèvent aux [tétées suivantes, d’où mise à nu du derme et ulcérations souvent considérables.

A côté de ces causes il faut citer les fautes si souvent commises par les nourrices : ou bien elles ne prennent pas les précautions sur lesquelles nous aurons à revenir plus loin à propos du traitement prophylactique, ou bien elles mettent à tout propos leur enfant au sein, lorsqu’elles ne l’y laissent pas suspendus pendant des heures entières. Sous cette influence l’épiderme subit une véritable macération qui favorise les crevasses.

Quant à l’action de certaines affections buccales du nouveau-né, elle a été très exagérée; ce qui peut agir, c’est l’acidité de la salive, que détermine la fermentation du lait retenu dans la bouche de l’enfant ou qui accompagne les troubles gastriques dus à la suralimentation.

Les lésions du mamelon sont d’ordinaire annoncées par une sensibilité plus ou moins accusée au moment où l’enfant saisit le bout du sein et parfois pendant toute la durée de la tétée. Cette sensibilité va se transformer en douleur dès qu’il y a solution de continuité, gerçure, fissure, crevasse ; celle-ci siège habituellement au sommet du mamelon et ne présente aucune direction bien définie, parfois elle est parallèle ou perpendiculaire au grand axe du tubercule mamillaire ; dans ce dernier cas, lorsqu’elle siège au niveau du point d’attache du mamelon, elle est très tenace.

La douleur peut prendre une acuité telle qu’elle arrache des pleurs et même des cris à la nourrice ; celle-ci recule à l’approche de la bouche de l’enfant. Si elle est encore au lit,

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on la voit s’agiter, se ramasser sur elle-même ; elle parait se raidir pour mieux supporter la douleur angoissante qu’elle connaît et qui offre son maximum au moment où 1 enfant saisit le sein. Elle se reproduit de nouveau avec la même intensité, lorsqu’on veut faire lâcher trop brusquement le mamelon à l'enfant.

Ces crises douloureuses deviennent pour la jeune mère une crainte constante; la tétée une fois terminée, elle pense à la suivante et une demi-heure avant elle commence à s’agitera l’idée qu’elle va avoir à supporter une nouvelle épreuve. Chez certaines névropathes il peut en résulter un tel ébranlement nerveux que l’allaitement doit être abandonné.

La douleur est souvent une cause de diminution dans la sécrétion lactée, et cela pour différentes raisons : action réflexe, moindre durée des tétées (car, si l’enfant vient à lâcher le mamelon, on hésite à le remettre au sein), suppression volontaire d’une ou de plusieurs tétées dans les vingtquatre heures.

En dehors de ces complications, d’où peuvent résulter la nécessité d’abandonner l'allaitement et l’hypogalactie, il faut craindre les infections ayant leur point de départ au niveau de la petite plaie. Elles se manifestent du côté de la mère sous forme de lymphangite, de galactophorite, d'abcès mammaires et du côté du nourrisson sous forme de troubles gastro-intestinaux, car le lait, provenant des mamelons sur lesquels existent des crevasses, est souvent riche en staphylocoques. Nous ne parlons pas du melœna, du à l’absorption de sang par l’enfant au moment de la tétée ; il s’agit d’un faux melœna, melœna spuria, qui ne peut être considéré comme une complication.

Traitement. — Existe -t- il un traitement prophylactique des crevasses ? Peut-on, en prenant certains soins pendant la grossesse, être sur de les éviter? LTn grand nombre de praticiens conseillent des lotions alcoolisées dans les mois qui précèdent l'accouchement ; nous ne croyons pas

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beaucoup à l’efficacité de cette thérapeutique. Ce qui est plus important à notre avis, c’est d’abord d’espacer les tétées ; tant que la montée laiteuse ne s’est pas effectuée, l’enfant ne devra être mis au sein que toutes les quatre heures et il ne devra pas y rester plus de cinq minutes ; c’est ensuite de prendre de grandes précautions de propreté du côté des mamelons après chaque tétée. Les mamelons seront lavés avec un tampon de coton hydrophile trempé dans une solution composée de trois quarts d’eau bouillie et d’un quart d'eau oxygénée chirurgicale, puis recouverts d’une rondelle de gaze stérilisée. Avant la tétée suivante, on aura soin de laver de nouveau le bout du sein avec un peu d’eau bouillie. La bouche de l’enfant devra également être surveillée de très près.

Les crevasses existent, quelle est la thérapeutique qui donne les meilleurs résultats ? Nombreux sont les médicaments préconisés pour atteindre ce but, lotions, solutions, baumes, pommades, etc., les uns sont dangereux, les autres peu efficaces.

En employant la méthode suivante, nous avons obtenu des guérisons rapides, Dès l’apparition des crevasses on lave avec soin, mais aussi avec beaucoup de douceur, l’extrémité du mamelon avec un coton trempé dans un mélange à parties égales d’eau oxygénée à 12 volumes et d’eau bouillie, puis on laisse à demeure des rondelles de tarlatane stérilisée ou de gaze aseptique formées de plusieurs épaisseurs et imprégnées d’une solution d’eau oxygénée au tiers.

Eau oxygénée à 12 volumes 10 grammes.

Glycérine neutre 20

Dans les cas ou les liquides déterminent de la macération du mamelon, on pourra remplacer le liquide par une pommade du genre de celle que nous indiquons plus loin.

Dès que les petites plaies sont en voie de cicatrisation, c’est-à-dire après 24 ou 48 heures de pansement humide, on supprime celui-ci ; la tétée une fois terminée, on lave le

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bout du sein, on l’essuie légèrement avec un tampon de colon hydrophile et on le recouvre d’une légère couche de la pommade qui suit :

Oxvde de zinc 2 grammes.

Teinture de benjoin 6 —

Vaseline \ ..

Lanoline \ aa

On peut aussi le saupoudrer d'acide borique finement pulvérisé et appliquer ensuite un petit carré de gaze stérilisée.

11 faudra surtout recommander à la personne qui fera les pansements d’avoir la précaution de se savonner et de se brosser les mains, puis de les plonger dans une solution de sublimé avant de toucher aux mamelons et aux objets qui doivent entrer en contact avec ces derniers. C’est en suivant cette ligne de conduite qu’on évitera les complications des crevasses, c'est-à-dire la lymphangite et les abcès du sein.

S’il survient de la lymphangite , on supprimera l’allaitement du coté malade, on lavera le mamelon et l’aréole avec de la liqueur de Yan Swieten, on appliquera ensuite autour du bout des seins une couronne de gaze humide chiffonnée afin d’éviter de l’aplatir, puis on recouvrira le sein tout entier de compresses épaisses de tarlatane non empesée, qu’on aura fait bouillir une demi-heure dans:

Acide borique 40 grammes.

Eau 1.000 —

Ces compresses humides seront recouvertes d’un taffetas chiffon et ensuite d’une couche de coton ; le tout sera maintenu par un bandage compressif.

Ce pansement sera renouvelé tous les jours jusqu’à ce que la température, prise régulièrement matin et soir, soit redevenue normale. Ce n’est qu’à ce moment qu’il sera permis de remettre l’enfant au sein tout en continuant à appliquer pendant plusieurs jours des petites compresses humides sur le mamelon.

La galactophorite sera traitée de la même façon, mais il

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faudra en plus faire de l’expression du sein matin et soir. Chaque séance sera suivie d’un lavage du mamelon soit avec :

Eau oxygénée à 12 volumes 1 partie.

Eau bouillie — . . - 2 parties.

soit avec une solution de permanganate de potasse à 1 p. 500.

SÉROTHÉRAPIE

La sérothérapie est une méthode thérapeutique relativement nouvelle. On peut y avoir recours soit au point de vue prophylactique, soit au point de vue curatif.

Il est intéressant de savoirque les sérums an ti- tétanique et anti-dipthéritique injectés au point de vue préventif n’ont aucun retentissement sur l’évolution delà grossesse et sur le fœtus. Il ne faut donc pas hésiter à les employer chez des femmes enceintes, lorsque l’indication se pose.

Le sérum de Houx injecté au cours d’une dipthérie, confirmée par le microscope et par les cultures, paraît d'après les statistiques établies avoir une action favorable sur l'évolution de la grossesse; depuis son emploi, l’avortement et l’accouchement prématuré sont moins fréquents au cours delà maladie.

Dans un cas d’érysipèle de la face propagé au corps, nous n’avons pas hésité à conseiller des injections de sérum antistreptococcique de l'Institut Pasteur; la grossesse, qui était dans les eptième mois, n’a pas été interrompue. \ous pensons donc qu’il y a intérêt à y recourir dans tous les cas d’érysipèle survenant pendant la gravidité.

Dans un grand nombre de maternités parisiennes on fait préventivement des injections de 20 à 40 centimètres cubes de sérum antistreptococcique de l’Institut Pasteur à toutes les femmes ayant une rupture prématurée des membranes. Ces injections sont pratiquées avant l’accouchement et continuées pendant les deux ou trois jours qui suivent.

T I II': R A P E U T I O U E OBSTÉTRICALE

Ce même sérum doit ctre employé pendant les suites de couches dès qu’apparaissent des accidents infectieux d origine puerpérale. Dans ces cas il est bien entendu que cette thérapeutique générale n’exclut pas la thérapeutique locale : injections intra-utérines, curettage, écouvillonnage, etc. 11 ne faut pas oublier d’autre part que, si le streptocoque est l’agent le plus fréquent des accidents infectieux puerpéraux, il n’est pas le seul, le staphylocoque, le coli-bacille, etc. sont aussi capables de provoquer les mêmes accidents, ils sont du l’este souvent associés au streptocoque.

Dans l’infection dite puerpérale, le sérum antistreptococcique sera injecté tous les jours dans le tissu cellulaire souscutané de la partie externe delà cuisse à la dose de 40 à 00 centimètres cubes pendant une semaine environ.

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