ANESTHÉSIE EN OBSTÉTRIQUE
L’anesthésie est assez fréquemment indiquée en obstétrique ; l’agent le plus usité est le chloroforme, aussi est-ce surtout l’emploi obstétrical du chloroforme que nous allons exposer. Nous consacrerons un petit paragraphe à la fin de ce chapitre aux autres anesthésiques utilisables.
Le chloroforme est indiqué dans les cas suivants :
1° Pour supprimer la douleur, obtenir la résolution musculaire, atténuer les contractions utérines (palper difficile, toucher manuel, version) et d’une façon générale dans toutes les interventions ayant pour but de terminer l’accouchement (forceps, basiotripsie, opérations sanglantes);
2° Pour calmer les convulsions éclamptiques (voir Eclampsie);
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THÉRAPEUTIQUE ORSTETRICA LE
3° Pour atténuer les douleurs du travail, lorsqu’elle revêtent un caractère d’acuité considérable (chloroforme à la reine).
Les parturientes supportent en général très bien le chloroforme, mais ce n’est pas une raison pour en donner à toutes, car il présente aussi des inconvénients, voire même des dangers.
La conduite de l’anesthésie chloroformique est la même en obstétrique qu’en chirurgie; l’emploi du chloroforme à la reine offre cependant quelques particularités que nous donnerons plus loin. Nous croyons néanmoins utile de rappeler ici brièvement la technique de l’anesthésie chloroformique.
Pour la pratiquer il est nécessaire d’avoir:
1° Du chloroforme très pur, spécialisé de préférence;
2" Quelques mouchoirs ou compresses de toile ;
3° l ne pince à langue, dont on ne se servira qu’en cas d’alerte, un ouvre-bouche, une pince longue avec un tampon de coton monté pour enlever les mucosités buccales et quel (pies autres tampons préparés à l’avance, tous ces objets seront placés à portée de la main pendant la chloroformisation.
On doit éviter sous peine de brûlures de mettre les régions de la compresse imbibées de chloroforme en contact avec la peau du visage ou avec les muqueuses. On y réussit aisément en donnant à la compresse la forme d’un cône à base très large ou encore en interposant constamment deux doigts entre le visage de la parturiente et la compresse.
Il est inutile, sous prétexte de préserver la peau du contact du chloroforme, de la recouvrir de vaseline, car la compresse essuie cette dernière, le chloroforme la dissout et l’on constate au réveil des brûlures inattendues.
Pour verser le chloroforme, un llacon spécial n'est pas nécessaire; si la bouteille a un bouchon de liège, une entaille latérale allant d’un bout à l’autre le transformera en stilligoutte. Dans le cas où le chloroforme est contenu dans une ampoule scellée à la lampe, il n’en coule que quelques gouttes à la fois par l’extrémité effilée préalablement brisée.